Andrew Gavin Marshall

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French Translation: De l’anarchie: Une Interview

The following is a French translation of an interview I did on Anarchism, conducted by Devon D.B. See the original here: “On Anarchy: An Interview.

Translation by Résistance 71.

De l’anarchie: Une Interview

Sur l’anarchisme: une interview avec Andrew Gavin Marshall effectuée par Devon DB.

Ceci est la transcription d’une interview faire par courriel que j’ai faite d’Andrew Gavin Marshall, le directeur de projet du People’s Book Project. Dans cette interview nous discutons de l’anarchisme, remontons à ses origines, fouillons dans son histoire à la fois aux Etats-Unis et dans le monde et nous concluons sur une discussion sur le comment l’anarchisme affecte aujourd’hui le mouvement Occupy.

Devon DB: Pouvez-vous nous donner une définition de l’anarchisme?

Mr. Marshall: L’anarchisme est difficile à définir simplement parce qu’il représente une philosophie très diverse, qui contient pas mal de variantes. Ainsi les définitions de l’anarchisme tendent à différer avec ses différentes branches. Quoi qu’il en soit, au cœur de l’affaire, l’anarchisme, par ses racines grecques, veut simplement dire “être sans chef” ; ceci allant à l’encontre de la pensée libérale traditionnelle, comme celle articulée par la notion de Hobbes qui veut que l’anarchie soit un “état naturel”, exemplifié dans les conflits et les guerres, justifiant la nécessité d’un état afin de maintenir l’ordre. Un des premiers penseurs anarchistes, Pierre Joseph Proudhon, contra cette notion en disant que “L’anarchie c’est l’ordre”. Malgré la connotation de “désordre” et de “chaos” qu’à le mot “anarchie”, l’anarchisme et la société anarchiste sont hautement organisées et ordonnées. La différence centrale entre la conception anarchiste de l’ordre et les autres, est que l’anarchie retire la notion de structures de l’autorité, de façon à ce que la société puisse être organisée par l’association libre et une organisation non-hiérarchique. Elle fait la promotion à la fois de l’individu et du collectif de manière simultanée. Ceci est en opposition avec la pensée libérale qui insiste presque exclusivement sur l’individu ou la pensée socialiste qui promeut le collectif par dessus tout. L’un des penseurs les plus influents de l’anarchisme, Michel Bakounine, a décrit la pensée anarchiste lorsqu’il écrivit: “Nous sommes convaincus que la liberté sans le socialisme n’est que privilège et injustice et que le socialisme sans liberté n’est qu’esclavage et brutalité.” Ceci a souvent mené l’anarchisme a être assimilé à ce qu’on appelle le “socialisme libertaire” ; ceci constituant la racine du libertaire, certaines branches s’en écartant néanmoins. Finalement, ce qui caractérise la pensée anarchiste et ce qui lui est sous-jacent, c’est une remise en question et une critique hautement formulée du pouvoir et de l’autorité : à savoir, si une source autoritaire ne peut pas légitimer son existence, elle ne devrait pas exister.

Devon DB: Qui est et de où est originaire la pensée anarchiste ? Quel était le contexte sociétaire d’où émergea originellement la pensée anarchiste ?

Mr. Marshall: L’anarchisme n’est pas comme le marxisme ou le libéralisme ou toute autre forme d’idée concrète dont on peut clairement identifier d’où elle provient. De la même manière que l’anarchisme épouse le concept de ne pas avoir de leader, une grande partie de son développement historique est demeurée “sans leader”.La pensée anarchiste s’est développée, à des degrés divers, à travers l’histoire de l’humanité, dans des temps et en des lieux différents, souvent sans contact entre les différentes civilisations. En ce sens, l’anarchisme est une idée organique qui peut avoir ses origines dans n’importe quel contexte. La première évolution des idées anarchistes a été identifiée comme provenant de la Chine ancienne, parmi les taoïstes. Peter Marshall a écrit dans son livre essentiel: “En demandant l’impossible : une histoire de l’Anarchie” que, “au travers de l’histoire répertoriée, l’esprit anarchiste peut être vu émerger du clan, de la tribu, de communautés villageoises, de villes indépendantes, des guildes et des syndicats”. L’anarchisme a émergé de façon différente dans la pensée de la Grèce antique, puis plus tard dans l’ère chrétienne, le plus spécifiquement avec les révoltes paysannes du Moyen-Age. Ceci s’est passé bien avant que l’anarchisme ne se définisse comme une idéologie ou une philosophie de ou par lui-même.

Ce processus s’est déroulé après la fin du féodalisme, avec la montée du capitalisme et mis en lumière largement à la fois dans la période de la Renaissance et la période des Lumières. La Renaissance a amené l’idée de l’individu et la période des Lumières a conceptualisé le progrès social. Ceci s’est ainsi développé en une philosophie distincte et cohérente en réaction au développement des états centralisés, du nationalisme, de l’industrialisation et du capitalisme de la fin du XVIII siècle. Peter Marshall a écrit: “L’anarchisme a ainsi relevé le double défi de renverser à la fois le capital et l’État”. William Godevin est souvent considéré comme “le père de l’anarchisme” en ayant articulé le désir de la fin de l’État, le philosophe allemand Max Stirner lui emboîta le pas, mais ce fut Pierre Joseph Proudhon qui depuis la France, fut le premier à se nommer un “anarchiste”. Proudhon développa un certain nombre d’idées anarchistes et de slogans qui ont toujours une très forte résonnance aujourd’hui, tel ce concept qui veut que “tout comme l’homme recherche la justice dans l’égalité, la société recherche l’ordre dans l’anarchie”, ainsi que ses slogans populaires : “L’anarchie c’est l’ordre” et “La propriété c’est le vol”.

Ensuite vint le révolutionnaire russe Michel Bakounine, le père du “socialisme libertaire” et l’homme qui devint l’opposant idéologique principal de Karl Marx. Un autre Russe, Pierre Kropotkine, fut un des philosophes les plus influents de l’anarchisme dans l’histoire, le developpant en une philosophie sociale plus systémique. Aux Etats-Unis, Benjamin Tucker fut parmi les premiers penseurs anarchistes, y ajoutant une dimension individualiste particulière. D’autres penseurs anarchistes importants incluent : Léon Tolstoï, qui y amena un élément religieux et Emma Goldman, qui développa la branche féministe de l’anarchisme. Tous ces penseurs ont collectivement façonné le développement de la pensée anarchiste au XIXème siècle et pavé la route pour son évolution au XXème siècle.

Devon DB : Quelle forme a d’abord pris l’anarchisme ? Comment l’État et la population y ont-ils réagi en premier lieu ?

Mr. Marshall: L’anarchisme a pri différentes formes selon les temps et les lieux. Dans l’histoire moderne, et ce manière indépendante de l’endroit, l’État a toujours réagi défensivement et souvent violemment. Comme l’un des tenants principaux de l’anarchisme est l’abolition de l’État, celui-ci a recherché à son tour (avec sans conteste plus de succès) l’abolition de l’anarchisme. Les anarchistes ont été diabolisés, infiltrés, espionnés, déportés, tués et ont eu des mouvements entiers complètement et violemment détruit. L’anarchisme a été plus représenté dans les mouvements ouvriers et immigrants et l’activisme au XIXème siècle et au début du XXème, fut particulièrement fort au sein des syndicats et des immigrants juifs d’Europe de l’Est. Des immigrants juifs pauvres, fuyant les pogroms russes de la fin du XIXème siècle importèrent avec eux une idéologie qui avait une profonde affinité avec le concept d’un peuple sans État, une philosophie qui reflétait une vison de solidarité mondiale sans État.. Beaucoup parmi les juifs qui s’échappèrent étaient des socialistes et des marxistes, et des radicaux de tout poil, mais la force prévalente était celle de l’anarchisme. Ces émigrants radicaux  aidèrent à divulguer les idées anarchistes en Europe de l’Ouest, à Londres, en France, en Espagne, aux Etats-Unis ainsi qu’à aider à créer un grand mouvement anarchiste en Argentine, bien plus grand que le mouvement communiste local.

Les émigrants juifs radicaux qui divulgaient les philosophies anarchistes produisirent généralement deux réaction de la part de leur nouveau pays de résidence : les pauvres et la classe laborieuse de ces pays accueillirent à bras ouverts ces radicaux, qui luttaient pour les droits de tous et qui étaient souvent en première ligne des mouvements pour la justice sociale, les droits du travail, les mouvements anti-guerre et le pouvoir du peuple ; d’un autre côté, l’État et les médias qui faisaient la critique et la promotion de l’idée de “dangereux étrangers” et qui souvent promouvaient des concepts antisémites afin de pousser cette idée. Ainsi, la réaction des populations en général, en tous cas des pauvres et des classes laborieuses, fut d’estomper l’antisémitisme et de promouvoir une solidarité à travers les différentes ethnies, alors que l’État et les pouvoirs établis eux, continuèrent à faire la promotion de l’antisémitisme, des lois anti-immigration et de développer une réponse policière au problème perçu. Ceci favorisa la coopération et la coordination des polices des différents états de l’europe de l’Ouest aux Etats-Unis en passant par l’Argentine.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il évolué avec le temps et comment s’est-il propagé ?

Mr. Marshall: Comme mentionné précédemment, une grande partie de la diffusion des idées anarchistes fut facilitée par l’émigration de masse de juifs radicaux d’Europe de l’Est et de Russie à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. L’histoire de l’anarchisme moderne est intrinsèquement liée à l’histoire juive moderne, à une histoire récente de l’antisémitisme et même à l’histoire du sionisme. Ceci a eu à la fois un effet positif et un effet négatif et  a promulgué deux stéréotypes majeur pour les juifs. D’un côté, cela a promu le stéréotype du juif émigrant radical, qui reçut un bon accueil au sein des population opprimées, mais aussi pas mal d’angoisse, de xénophobie, d’antisémitisme et de racisme parmi les classes dirigeantes. D’un autre côté, les juifs furent soumis au stéréotype du capitaliste rapace, souvent en faisant référence à la famille banquière Rothschild.

Bon nombre de ces stéréotypes existent toujours aujourd’hui, mais il leur manque leur contexte historique inhérent. Par exemple, les Rothschild de Londres furent très concernés par ces juifs immigrants qui arrivèrent en Angleterre et dans d’autres pays européens depuis l’Europe de l’Est. Ces juifs manifestaient dans les rues et organisaient des grèves à Londres et dans d’autres villes européennes, en cela menaçait les intérêts dans lesquels les Rothschilds avaient beaucoup investi. La première impulsion fut d’imposer des restrictions migratoires plus importantes, mais ceci serait perçu de la même manière que les expulsions d’Europe de l’Est, ainsi une nouvelle stratégie était nécessaire. Ce fut à cette époque que les Rothschild commencèrent à s’intéresser au sionisme Le sionisme lui-même a plusieurs courants de pensée et a évolué avec le temps. Il était à l’origine très radical et socaliste. Les idées de Tolstoï et de Kropotkine furent très influentes parmi les juifs émigrants en Palestine au début du XXème siècle, ceux-là même qui établirent le mouvement des kibboutzim, une communauté socialiste libertaire de Palestine, basée originellement sur l’agriculture, rejetant l’idée d’un état-nation juif et qui promulgait au contraire la solidarité arabo-juive.

Les Rotschilds avaient refusé pendant de nombreuses années de soutenir à la fois idéologiquement et financièrement, le mouvement sioniste et ce pour un bon nombre de raisons : les idées socialistes radicales développées par le mouvement étaient à l’opposé de la nature même du comment les Rothschild étaient devenus les Rothschilds et peut-être de manière plus importante, parce que les Rothschilds avaient peur que s’ils faisaient la promotion de l’idée d’une nation juive, ils seraient obligé de quitter l’Europe de l’Ouest et de s’installer dans cette nation. Comme les circonstances changèrent quoi qu’il en soit, les Rothschilds commencèrent à faire la promotion d’un sionisme à la vision non radicale, non socialiste et non anarchiste, mais très distinctement occidentale et capitaliste. Ceci devint une opportunité de pousser le radicalisme juif dans une idéologie plus contrôlable et au lieu de relocaliser les juifs radicaux, de soutenir une immigration dans un nouvel endroit (les Rotschild en furent les financiers principaux en pourvoyant personnellement les moyens de transport des juifs vers la Palestine).

Il y eut bien sûr d’autres représentations de l’anarchisme. En Russie, le mouvement anarchiste était très profond et avait une base de soutien très forte. Pendant la révolution russe, il y avait trois factions essentielles qui luttaient : Les “rouges” (communistes), les “blancs” (soutenus par l’occident comme étant des démocrates libéraux) et souvent oubliés de l’histoire : les anarchistes. A la fois les rouges et les blancs recherchèrent à attaquer et détruire les anarchistes pendant la révolution russe et la guerre civile. Trotsky lui-même mena les armées contre les factions anarchistes russes. Les blancs et les rouges se battaient pour le contrôle de l’état, tandis que les anarchistes eux, luttaient pour une société sans état. Ils furent ultimement détruit dans cette bataille.

La représentation la plus importante de l’anarchisme dans l’histoire moderne fut, et de loin, en Espagne. Comme Peter Marshall l’écrivit : “Jusqu’à aujourd’hui, l’Espagne est le seul pays de l’ère moderne où l’anarchisme peut être dit de manière crédible qu’il s’est développé en un mouvement social majeur et qui a sérieuse menacé l’existence mème de l’état.” L’Espagne était très propice à cette expérience dû à sa longue histoire datant du Moyen-Age, qui a vu les communes indépendantes avec leur propres lois locales. L’anarchisme en Espagne est devenu populaire au sein de la majorité paysanne pauvre du XIXème siècle, celle-ci incitant souvent à des insurrections locales contre le pouvoir. Avec le temps, la philosophie s’est répandue au sein de la communauté des mines et des communautés ouvrières de Barcelone et de Madrid. L’anarchisme devint populaire au sein des jeunes intellectuels radicaux et séduisirent également des gens comme Pablo Picasso. L’anarchisme espagnol était une lutte essentiellement contre l’église et l’état ; tout comme en France dans les années 1890, l’anarchisme espagnol a souvent eu une expression violente avec son lot d’attentats à la bombe et d’assassinats, ainsi qu’une réaction brutale du gouvernement sous la forme d’une répression sanglante.

Avec le temps, il devint clair que le terrorisme ne pouvait pas renverser l’état et au lieu de la violence, la propagande devint la tactique d’usage, celle de propager la philosophie au sein des paysans et des ouvriers. En 1907, au milieu de troubles sociaux industriels, les syndicats libertaires de Catalogne formèrent une organisation syndicaliste, Solidaridad Obrera (Solidarité Ouvrière) et appela à la grève générale en 1909. Des batailles de rue s’engagèrent au cours desquelles environ 200 ouvriers trouvèrent la mort ; suite à cela, les syndicats décidèrent de former une organisation plus grande, plus forte ; ainsi vit le jour la Confederacion Nacional del Trabajo (CNT), la Confédération Nationale du Travail, qui dès 1919 avait plus d’un million d’adhérents. Elle organisa entre 1917 et 1923 des grèves révolutionnaires à travers l’Espagne. En 1919, la CNT adopta les principes du “communismo libertario” ou communisme libertaire, comme son idéologie principale, unifiant beaucoup de syndicats et de travailleurs en opposition au socialisme autoritaire d’état.

La structure hautememt décentralisée de la CNT la rend plus imperméable à la répression, tout comme plusieurs groupes anarchistes durant la révolution russe et la guerre civile. A la fin des années 1920 et au début des années 1930, les modérés et les réformistes furent poussés hors de la CNT et la Federacion Anarquista Iberica (FAI), Fédération anarchiste Espagnole, plus radicale, pris plus d’importance. Les travaileurs et paysans anarchistes tentèrent de former des communes insurrectionnelles à travers le territoire espagnol au début des années 1930, ce qui mena souvent à une répression féroce de l’état. Plus de grèves et d’insurrections furent tentées, l’une d’entr’elles impliqua la grève de 70 000 mineurs en 1934, grève qui fut sévèrement réprimée (avec l’aide de troupes marocaines), des centaines perdirent la vie. Les deux années qui suivirent virent l’Espagne doucement glisser vers la guerre civile. En 1936, une vision pour une société nouvelle fut définie au congrès national de la CNT, qui représentait 500 000 ouvriers à cette époque, promouvant le communisme libertaire dans une société de communes, basée sur l’association libre syndicaliste, reliées entr’elles par des fédérations régionales et nationale, dénuées de hierarchie sociale.

L’individuel et le collectif étaient promus de la même manière, ainsi l’un ne pâtirait pas de l’autre, mais les deux se soutenaient l’un l’autre. La diversité était non seulement acceptée mais encouragée, avec la compréhension que les communes pourraient prendre différentes formes et représenter différentes façons de voir. L’éducation insisterait sur l’alphabétisme et la pensée de façon à ce que les gens puissent penser par eux-mêmes et il n’y avait plus de distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel. Les cours de justice et les prisons étaient obsolètes. Ces résolutions, adoptées au congrès de 1936 ne furent pas un modèle mais au contraire “un point de départ pour l’humanité vers son émancipation intégrale”. Entre le temps du congrès et la fin de l’année, les membres de la CNT grossirent de 500 000 à 1,5 millions. Franco se rebella contre la république espagnole en Juillet 1936, mais ses forces furent rapidement désarmées par les milices populaires.

Franco parvint néanmoins à prendre le contrôle de la moitié du pays, bien que les anarcho-syndicalistes géraient Barcelone et toute la Catalogne était essentiellement une “république” indépendante. Ultimement, le concept de la révolution sociale fut peu à peu sacrifié afin de lutter contre Franco et ses factions fascistes. Les ouvriers et les paysans étaient toujours organisés afin de gérer leurs propres affaires et le communisme libertaire n’était pas seulement possible, il était devenu une réalité. Les anarchistes et d’autres groupes formèrent des milices pour combattre contre Franco. George Orwell, qui lutta en Espagne contre Franco (NdT: Avec le POUM, marxiste non stalinien), aida à rectifier les perceptions données à propos des anarchistes, expliquant les résultats incroyables de l’anarchisme espagnol.

En 1937, environ 3 millions de personnes vivaient dans des communes rurales collectives. Beaucoup de villages furent créés où l’argent fut aboli, la terre collectivisée, l’analphabétisme éliminé et où les assemblées populaires incluaient souvent les femmes et les enfants, responsables pour élire un comité administratif, qui rendait compte directement aux assemblées populaires. Il y avait aussi des communes “individualistes”, où des gens travaillaient leur lot de terre individuellement, tandis que Barcelone devenait le centre de la “collectivisation urbaine”. Les services publics et les industries étaient remarquablement autogérés dans une grande ville faite de diversité. Entre Juillet et Octobre 1936, “virtuellement toute la production et la distribution étaient sous contrôle ouvrier”. Mais la révolution sociale fut ternie par la lutte contre Franco, ainsi qu’avec la lutte grandissante avec d’autres factions  comme les communistes autoritaires d’état (NdT: marxistes, stalinistes ou non).

Quelques leaders anarchistes furent cooptés dans le gouvernement et la CNT devint inefficace de ce fait. Alors que les autres factions recevaient de l’aide étrangères, les communistes recevant de l’aide de l’URSS, Franco de Mussolini et Hitler et les autres factions des états libéraux occidentaux, la CNT pensa qu’elle devait s’incorporer avec l’état pour recevoir également une aide afin de pouvoir gagner la guerre. Ainsi, mi-1937, écrivit Peter Marshall : “La plus grande expérience anarchiste de l’histoire était virtuellement finie, elle dura près d’un an”. Les communistes avaient commencé à remplacer les anarchistes grâce à leur soutien de l’URSS, qui organisa également une police secrète et un règne de la terreur, le plus souvent contre les groupes anarchistes et éventuellement, le gouvernement lui-même écrasa la résistance anarchiste et imposa une censure sur la CNT.

Le conflit entre les anarchistes et les communistes fut sans doute la raison principale pour laquelle les républicains perdirent la guerre contre Franco, qui reconquît l’Espagne en 1939, établissant une dictature fasciste qui dura jusqu’en 1976 et qui causa le départ pour l’exil de plus d’un demi million d’Espagnols. Ainsi l’Espagne représente le meilleur et le pire résultat de l’anarchisme au XXème siècle.

Bien que le mouvement lui-même fut largement déraciné durant la guerre froide, les idées continuèrent à évoluer et de nouveaux mouvement émergèrent tel l’anarchisme écologique et mème l’anarcho-capitalisme (NdT: ce qui est nommé essentiellement en amérique du nord le mouvement “libertarien” à ne pas confondra avec libertaire, le mouvement “libertarien” est un mouvement ultralibéral sur un plan économique qui est certes contre l’état, mais ne voit de solution que dans le libre marché total, c’est un mouvement ultra capitaliste), qui devint une force derrière le mouvement américain libertarien.

Devon DB Quel rôle a joué l’anarchisme dans le mouvement ouvrier du XIXème siècle ? Comment fut reçu l’anarchisme dans le mouvement ouvrier de manière générale et par les peuples ?

Mr. Marshall: Au XIXème siècle aux Etats-Unis, les luttes sociales étaient un développement historique constant. Alors que l’anarchisme devint une idée et une philosophie, avec le marxisme et le socialisme, ces philosophies radicales devinrent de plus en plus associées avec les mouvements ouvriers, spécifiquement dans la formation et l’action des syndicats. Dans les années 1860, deux fédérations anarchistes se formèrent aux Etats-Unis, la New England Labor Reform League et l’American Labor Reform League, qui d’après William Reichert, “furent la source de la vitalité radicale en Amériqiue pour plusieurs décennies.” L’anarchiste américain le plus influent de son époque, Benjamin Tucker, traduisit les travaux de Proudhon en 1875 et commença ses propres publications anarchistes périodiques.

A partir des années 1880, beaucoup d’émigrants aux Etats-Unis, comme Emma Goldman, aidèrent à faciliter la popularité montante de l’anarchisme. Les idées anarchistes avaient une base dans le mouvement ouvrier révolutionnaire de Chicago dans la période des années 1870, 1880, avec spécifiquement l’affaire de Haymarket en 1886, qui fut connecté avec la lutte pour les huit heures de travail quotidien. Dans le pays, le 1er Mai 1886, environ un demi milion d’ouvriers manifestèrent pour soutenir cette idée ; le cas le plus extrème ayant eu lieu à Chicago où eurent lieu les grèves et les plus grosses manifestations. Trois jours plus tard le 4 Mai, une bombe fut lancée dans une manifestation qui eut lieu sur la place Haymarket à Chicago, tuant plusieurs policiers et menant à la mort par et à de nombreux blessés parmi les ouvriers manifestant, sous le feu des forces de police.

L’attentat, bien que son origine demeure un mystère, mena à une croisade de l’élite en place à Chicago contre les mouvements révolutionnaires ouvriers. Plus de 200 membres de l’International Working People’s Association (IWPA) arrêtés et plusieurs jugés avec le procureur déclarant : “c’est le procès de l’anarchie”. Après l’affaire du Haymarket, les organisations ouvrières et les syndicats devinrent de plus en plus radicaux, beaucoup d’entr’eux adoptant des principes distinctement anarchistes dans leur organisation et leur idéologie, en retour, la répression de l’état devint plus prononcée et violente. La raison pour laquelle les syndicats radicaux n’ont pas survécu la décennie qui suivit n’est pas dûe à quelque esprit américain “d’individualisme forcené” comme l’affirme la mythologie nationale, mais cela fut dû à la violence constante de la répression de l’état. Suite à cela, le 1er Mai a été célébré dans le monde entier comme la fête du travail et comme le jour international des travailleurs, sauf aux Etats-Unis et au Canada de manière ironique.

Ce mouvement radical qui émergea de Chicago à cette époque fut souvent référé comme étant un mélange de marxisme et d’anarchisme, comme étant “anarcho-syndicaliste”, “socialiste révolutionnaire” ou même “communiste-anarchiste”. Il eut un impact profond sur les luttes ouvrières dans la période qui s’ensuivit, à la fois sur l’organisation et les grèves, mais aussi sur l’organisation des syndicats et leur idéologie. Quoi qu’il en soit, au cours du XXème siècle, les syndicats ont été progressivement écrasés, cooptés, infiltrés, démembrés, ainsi, au lieu d’avoir des fédérations internationales unifiées, ils devinrent spécifiques à une industrie voire même à une entreprise, ils devinrent réformistes et non plus révolutionnaires et ils devintent même corporatistes, dans la mesure où ils essayèrent de travailler avec les grosses entreprises et le gouvernement au lieu  de lutter contre eux.

Ceci est le plus emblématique aujourd’hui dans l’organisation et l’idéologie de la plus grande fédération syndicale des Etats-Unis : l’AFL-CIO, dont les chefs sont membres de la… commission trilatérale et parlent régulièrement au CFR et son impliqués dans la politique impérialiste étrangère de l’Amérique, soutenant les Etats-Unis dans leur soudoyage financier en règle des nations pauvres afin d’organiser les travailleurs selon la ligne de conduite corporatiste, les écartant en cela de la ligne radicale et révolutionnaire tant dans leur organisation que leur idéologie.

Devon DB: Comment la philosophie anarchiste a t’elle été déformée avec le temps ?

Mr. Marshall:  Ceci est une question très importante. L’anarchisme est souvent considéré comme synonyme de violence et chaos, alors qu’en réalité, il a bien plus à faire avec l’ordre et le pacifisme. L’anarchisme a été très facile à décrier à cause de sa nature diverse. Il n’a pas eu de structure rigide de pensée et d’action, Oui, il y a eu des anarchistes violents, de l’agitation violente, du terrorisme, des assassinats et ceci a jeté pas mal de discrédit sur un monde incroyablement divers dans son mode de pensée philosophique, mais il y a bien plus aux idées et actions des anarchistes. L’histoire de l’anarchisme est souvent écrite en dehors des histoires officielles, comme par exemple durant les révolutions russe ou espagnole, tout comme en Argentine et la diffusion par les émigrants juifs. Même aujourd’hui, beaucoup de gens dans les médias “alternatifs” diabolisent les anarchistes.

Les groupes anarchistes étaient parmi les premiers cas documentés d’infiltration policière à Londres vers la fin du XIXème siècle. L’infiltration des groupes anarchistes continue le plus souvent à être effectuée, ou plus communément, des infiltrés dans les manifestations simplement paraissent être des “anarchistes”, qui sont souvent associés avec le Black Bloc, tout de noir vêtus, visages dissimulés derrière des balaclavas ou des bandanas. Beaucoup dans la presse alternative blâme la police et ses infiltrés pour la violence dans les manifestations, ce qui est une mauvaise représentation des faits, ils font également le portrait des anarchistes comme ceux du black bloc, comme n’étant constitués que d’infiltrés de la police, ce qui est également une mauvaise représentation des faits. A leur tour, l’état et les médias dressent un portrait de ces mêmes groupes anarchistes comme étant des voyous violents et des criminels, justifiant ainsi la répression d’état contre les manifestants.

Maintenant, bien que des infiltrations de ces groupes aient été documentées, nous ne pouvons pas pour autant en conclure que tout le groupe et tous ses membres sont des infiltrés. Ceci est particulièrement vrai pour les organisations anarchistes, qui rejettent toute organisation hiérarchique et sont de ce fait plus difficile à retourner et coopter et contrôler avec des moyens traditionnels. Alors qu’il se peut qu’il y ait des infiltrés, ceci ne veut pas dire que des groupes entiers sont menés par ces individus de plus ces groupes sont le plus souvent si peu hiérachisés qu’ils n’ont pas une organisation traditionnelle comme nous l’entendons de manière typique. Quoi qu’il en soit, ces groupes sont sujets à la propagande de tous les côtés et ceci a grandement participé à la diabolisation de l’anarchisme comme mouvement.

A Montréal par exemple, les anarchistes ont souvent été blâmés pour la plupart de la violence ou du vandalisme, alors qu’en fait c’est la police (en uniforme officiel), qui a été la plus violente et destructrice contre le mouvement étudiant bourgeonnant qui a commencé en Février de cette année. Si vous regardez la violence “anarchiste”, elle consiste essentiellement en des actes de vandalisme sur des banques, tels que casser des vitres, ou lancer des pierres à la police. D’autres parmi les manifestants ont aussi participé à ces actions, qui sont le plus souvent des réactions contre la brutalité policière qui a bien eu lieu. En lisant des déclarations d’étudiants manifestants qui étaient présents à la manifestation du 4 Mai à Victoriaville au Québec, où plusieurs étudiants ont été atteints au visage par des balles en caoutchouc tirées par la police et furent presque tués, nous pouvons voir un autre côté du Black Bloc. Des étudiants ont décrit avoir été gazés puis être tombés au sol alors que la police anti-émeute approchait. Ce furent ensuite des membres du Black Bloc (ou du moins identifiés comme faisant apparamment partie du mouvement, puisqu’il n’y a pas de liste des membres), leurs visages protégés par des lunettes spéciales qui assistèrent les étudiants tombés, les sortirent de l’endroit, ont soignés leurs yeux, ont renvoyés les containers de gaz vers les forces de police et emmenés les étudiants blessés vers des infirmiers. Dans beaucoup de manifestations, et devant les violences policières il apparaît que ce sont ces individus qui sont en première ligne ; et bien que leurs actions particulières ne peuvent pas être tolérées, force est de constater qu’elles représentent une colère qui monte à travers de larges segments de la population étudiante. Ainsi en termes de la diabolisation des anarchistes ou d’actions très spécifiques violentes des anarchistes, il y a une différence entre tolérer les actes et condamner la colère.

Simplement parce que l’acte lui-même n’est peut-être pas utile en termes de gagner un soutien populaire pour une cause, ou parce que cela “justifie” la répression policière en retour, cela ne veut pas dire, comme beaucoup dans la presse alternative le disent, que les anarchistes “travaillent pour l’état”, sont des agents provocateurs ou des  infiltrés. Bien que cela soit parfois le cas, c’est faire fausse-route que de dire que cela est systématiquement le cas et cela implique des situations, des circonstances et des réactions par ailleurs compliquées. Quand un fourgon de police roula dans un groupe d’étudiants à Victoraiville le 4 Mai, ce fut un petit groupe de manifesants usuels qui prirent des cailloux pour caillasser le fourgon.

La très grande majorité des étudiants fut pacifique devant la violence policière et la répression, mais le fait que certains vont réagir violemment n’est pas une raison pour renier, mais un point important à comprendre : cela nous informe que la situation est bien plus extrême, que la réaction est plus intense, que les circonstances sont plus difficiles. De la même façon que lorsque vous coincer un animal, il devient à la fois le plus vulnérable et le plus méchant ; nous voyons ceci émerger dans bien des mouvements de manifestations et parmi des manifestants à travers le monde. Le fait de simplement blâmer les “anarchistes” fait peu pour aténuer la violence et les troubles et fait égalememt beaucoup de tort à la bonne compréhension de ces situations et de la meilleure façon de les résoudre. De manière ironique, alors que les anarchistes de Montréal ont été accusés de la plupart des violences dans les manifestations qui se sont tenues ici ces 15 dernières semaines, l’évènement le plus organisé qui fut et le plus ouvertement admis anarchiste fut une foire aux livres.

L’anarchisme est toujours un but intellectuel et à cause de son refus de devenir une idéologie rigide, parce qu’il accepte la diversité, il y aura toujours des éléments plus radicaux et des tactiques plus violentes, mais au bout du compte, c’est une philosophie, construite autour du concept de solidarité et de coopération, de l’association libre, de la liberté et de la paix. L’argument le plus commun contre l’anarchisme pour ceux qui ne savent pas réellement ce qu’il est, est de dire que sans une forme “d’autorité”, le monde serait chaotique, les gens s’entretueraient et nous aurions le désordre et la destruction.

La réponse la plus simple à ceci est de demander à la personne ce que nous avons dans le monde aujourd’hui: nous vivons dans un monde d’extrême autorité, de plus d’autorité globale dans tout secteur d’action et d’interaction humaines que nous n’avons jamais eu dans l’histoire de l’humanité, et pourtant le monde vit dans le chaos, le désordre, la destruction, la guerre, la famine, la décimation, la division, la ségrégation, l’exploitation et la domination. Ce n’est pas un manque d’ordre et d’autorité qui a amené tout cela, mais plutôt l’exercice de l’autorité au nom de l’ordre. Les gens regardent l’anarchie comme un paradoxe sans même voir et reconnaître le paradoxe de l’idéologie envers la réalité du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ceci a été le plus grand succès à déformer la philosophie de l’anarchisme.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il été utilisé dans d’autres endroits du monde comme moyen de résistance ?

Mr. Marshall: Historiquement, l’anarchisme est arrivé à Londres, en France, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis, et spécifiquement en Argentine et en Amérique latine, de façon exemplaire. Alors qu’il fut largement détruit en tant que mouvement puissant à la fin de deux guerres mondiales, Il a ré-émergé avec la montée de la nouvelle gauche des années 1960. La nouvelle gauche fut instrumentale dans l’agitation politique et les mouvements de protestation en Europe et aux Etats-unis à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Elle aida à revigorer une idéologie anti-capitaliste, une pensée et dans certains cas, accoucha elle-même d’une idéologie anarcho-capitaliste. A;lors que le mouvement environnementaliste émergeait, ainsi émergeait également une branche anarchisme environnementaliste. Ainsi, quelques nouveaux mouvements et une agitation sociale émergèrent puis éruptèrent, de nouveaux modèles et de nouvelles idées sur l’anarchisme commencèrent à s’adapter et à évoluer selon les circonstances changeantes, tout comme cela s’était déjà produit au fil de l’histoire humaine.

Devon DB: Quelle est votre opinion sur l’anarchisme moderne, spécifiquement sur les anarchistes qui font partie du mouvement Occupy ?

Mr. Marshall: Les anarchistes modernes sont tout simplement trop divers pour les englober dans une seule opinion. Cela revient toujours au même point, la reconnaissance de la diversité et former une opinion sur les différents groupes et différentes tactiques. Comme je l’ai dit plus tôt, je ne tolérerais peut-être pas les actes, mais je ne pourrais pas condamner la colère. Il y a eu un temps ou moi aussi j’aurai décrit toute violence comme destructrice et sans fondement et aurai probablement pointé ceux qui la commettent comme des infiltrés ou des agents provocateurs. Mais après avoir été témoin et avoir été pris dans le feu de l’action d’une rebellion étudiante en éruption dans la province canadienne du Québec ces 15 dernières semaines, après avoir été le témoin de la campagne de propagande contre les étudiants et la répression violente étatique quotidienne, cela ne me surprends pas de voir des gens se résoudre à des actes de violence dans leur résistance. Cela n’aide pas le mouvement étudiant, alors que cela le diabolise et le coupe du soutien populaire. Mais ce que j’ai appris à comprendre, est que cela n’est qu’un symptôme d’une colère bien plus grande et qui monte, d’une frustration et d’un mécontentement.

La violence et la terreur sont des actions de désespérés, donc au lieu de diaboliser les actes eux-mêmes, nous devons comprendre le désespoir. Car si nous voulons des manifestations non-violentes, pacifiques, nous devons comprendre l’origine des réactons violentes. Les groupes anarchistes et les idées ré-émergent dans le monde à un degré de vitesse et d’importance qui était peut-être impensable. Nous voyons des anarchistes dans les mouvements de protestations en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce, au Québec, aux Etats-Unis, dans le mouvement Occupy, en Islande, en Italie. Les tactiques et les spécifiques de mouvement variant d’un endroit à l’autre et de personne à personne bien sûr. Par exemple en Italie, il y a eu un cas récent d’un groupe anarchiste qui a pris la responsabilité d’estropier un dirigeant d’entreprise nucléaire italienne et a menacé de plus de flingages. Je pense que l’on peut s’attendre à une sorte de parallèle avec ce qu’il s’est passé dans les années 1880 dans bien des endroits du monde, où on a vu des actes de violence ou de terreur attribuées à des factions anarchistes et alors que ces tactiques sont présentées comme étant contre-productives et problématiques, il y aura peut-être une tendance à renoncer à toute forme de violence et à se concentrer sur l’éducatif et la “propagande”, ce qui est du reste ce que fait déjà la vaste majorité des anarchistes.

Par contraste, alors qu’il se pourrait qu’un groupe anarchiste ait blessé un industriel italien, par ailleurs, un intellectuel anarchiste, Noam Chomsky, a parlé éloquemment et de manière douce pendant des décennies, écrivant, lisant et en agitant non pas avec ses poings mais avec des mots. Au bout du compte, Chomsky a fait bien plus pour faire avancer des idées anarchistes ou l’anarchisme que n’importe quel acte de violence ne l’aurait pu. Ceci est la direction qui doit être prise au sein de l’organisation anarchiste. Si vous regardez le mouvement Occupy par lui-même il y a un grand nombre de structures anarchistes en son sein : pas de hiérarchie, les assemblées générales, les librairies publiques etc… Les librairies sont un cas fascinant, spécifiquement en ces temps d’austérité économique où les librairies ont une tendance à voir leurs fonds de soutien de l’état fondre comme neige au soleil.

Ce que les groupes du mouvement Occupy ont montré est que si l’état supprime les librairies, les gens peuvent tout simplement organiser les leurs. En Grèce, l’état a demandé qu’un hôpital ferme à cause de la coupure de budget. Les travaileurs de cet hôpital l’ont occupé et ont commencé à le faire tourner en autogestion. Il y a aussi certains rapports faisant état qu’en Grèce, quelques communautés sont en train de développer leur propre système d’échange et de commerce. Dans le monde, nous voyons de plus en plus d’ouvriers occuper les usines et s’occuper de les gérer collectivement, démontrant par là même l’inutilité de managers professonnels ou de patrons (qui prennent tout le profit) ainsi que la capacité extraordinaire des travailleurs à être à la fois des producteurs et des preneurs de décisions. Ces cas ne sont pas rapportés ou discutés souvent simplement parce qu’ils représentent le problème d’une trop bonne idée et d’autres personnes pourraient en prendre de la graine. En ce sens, nous ne devons pas stigmatiser les actions violentes du petit nombre, mais au lieu de cela, si nous examinons et comprenons l’anarchisme dans sa vaste diversité de philosophie et de tactiques qu’il représente vraiment, alors nous sommes capables de voir l’énorme degré d’espoir et de progrès que ce mouvement réserve pour le futur.

Là où l’État, les entreprises et les banques travaillent contre les peuples (ce qui est partout sur cette planète), là où ils ferment les usines, repossèdent les maisons, coupent les budgets de l’éducation et de sécurité sociale, demandent des coûts supplémentaires à faire payer aux gens tout en diminuant les impôts des riches, il y a toujours des réponses et des possibilités anarchistes. En ce qui concerne là où je vis au Québec, où un mouvement énorme d’étudiants s’est déclanché après une augmentation de 75% des frais  de scolarité, nous souffrons sous le joug d’un vieux paradigme éducatif, politique, social et économique qui bénéficie le plus petit nombre aux dépends de la vaste majorité. Alors que la première réaction est de défendre le système éducatif qui existe déjà, la solution sur le long terme est de complètement refonder et réorienter notre conception et l’organisation de l’éducation elle-même. Par exemple, lorsque le système universitaire débuta au Moyen-Age, il y avait deux modèles initiaux d’éducation universitaire: le modèle de Paris et le modèle de Bologne.

A Paris, l’école était gérée par des administrations et des élites culturelles régionales. Au fil du temps, alors que l’état-nation et le capitalisme se développaient, ceux-ci devinrent les patrons et administrateurs des universités. A Bologne en Italie, l’école était gérée par les étudiants et son personnel. Pour des raisons évidentes, le modèle de Paris gagna, mais devant la crise actuelle sociale, économique et politique, il serait grand temps pour que le modèle de Bologne gagne sa bataille historique de résurrection. La notion que les élèves et le personnel gèrent et dirigent eux-même l’école est distinctivement anarchiste, de la même manière que les ouvriers autogèrent leur usine. Comme Proudhon le déclara : “L’anarchie c’est l’ordre” et dans un monde où règne tant de chaos, de destruction et d’autorité, il est peut-être temps d’y mettre un peu d’anarchie et d’ordre.

The U.S. Strategy to Control Middle Eastern Oil: “One of the Greatest Material Prizes in World History”

The U.S. Strategy to Control Middle Eastern Oil: “One of the Greatest Material Prizes in World History”

By: Andrew Gavin Marshall

NOTE: The following is a research sample from The People’s Book Project. It is unedited and in draft format, but is intended as an excerpt of some of the research that is going into the book. This research sample is drawn from a recently written chapter on the history of American imperialism in the Middle East and North Africa. Please support The People’s Book Project by contributing a donation to The People’s Grant to reach the target goal of $1,600 to fund two major chapters in the book on a radical history of race and poverty.

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In the midst of World War II, Saudi Arabia secured a position of enormous significance to the rising world power, America. With its oil reserves essentially untapped, the House of Saud became a strategic ally of immense importance, “a matter of national security, nourishing U.S. military might and enhancing the potentiality of postwar American hegemony.” Saudi Arabia welcomed the American interest as it sought to distance itself from its former imperial master, Britain, which it viewed with suspicion as the British established Hashemite kingdoms in the Middle East – the old rivals of the Saudis – in Jordan and Iraq.[1]

The Saudi monarch, Abdul Aziz bin Abdul Rahman al Saud had to contend not only with the reality of Arab nationalism spreading across the Arab world (something which he would have to rhetorically support to legitimate his rule, but strategically maneuver through in order to maintain his rule), but he would also play off the United States and Great Britain against one another to try to ensure a better deal for ‘the Kingdom’, and ensure that his rivals – the Hashemites – in Jordan and Iraq did not spread their influence across the region. Amir (King) Abdullah of Transjordan – the primary rival to the Saudi king – sought to establish a “Greater Syria” following World War II, which would include Transjordan, Syria, Iraq, Lebanon and Palestine, and not to mention, the Hejaz province in Saudi Arabia. The image and potential of a “Greater Syria” was central in the mind of King Abdul Aziz. The means through which the House of Saud would seek to prevent such a maneuver and protect the ‘Kingdom’ was to seek Western protection. As the United States had extensive oil interests in the Kingdom, it seemed a natural corollary that the United States government should become the ‘protector’ of Saudi Arabia, especially since the British, long the primary imperial hegemon of the region (with France a close second), had put in place the Hashemites in Transjordan and Iraq.[2] For the Saudis, the British could not be trusted.

The Saudi King rose to power and established the Kingdom of Saudi Arabia in 1927 and made formal ties with the United States in 1931. An oil concession was soon granted to the Rockefeller-owned Standard Oil of California, and thereafter, large quantities of oil were discovered in the Kingdom, thus increasing the importance of the Saudi monarch. This was especially true during World War II, when access to and control over petroleum reserves were of the utmost importance in determining the course of the war. In 1943, President Franklin Roosevelt acknowledged as much when he signed Executive Order 8926, which stated that, “the defense of Saudi Arabia [is] vital to the defense of the United States.”[3] United States Secretary of the Interior Harold Ickes, several months earlier, suggested to President Roosevelt that the United States be more involved in organizing oil concessions in Saudi Arabia not only for the war effort, but “to counteract certain known activities of a foreign power which presently are jeopardizing American interests in Arabian oil reserves.” That “foreign power” was Great Britain. In fact, there was immense distrust of British intentions in the Middle East, and specifically in Saudi Arabia, on the part of the State Department’s Division of Near East Affairs (NEA). A great deal of this tension and antagonism, however, emerged from Saudi diplomacy which sought to play off the two great powers against one another in the hopes of securing for itself a better deal.[4]

Anthony Eden, the British Foreign Secretary (and later Prime Minister), wrote to Prime Minister Winston Churchill in September of 1943 that, “our difficulty is to keep the Americans in line,” in relation to Saudi Arabia. As Roosevelt’s Executive Order categorized Saudi Arabia as “vital to the defense of the United States,” this allowed Saudi Arabia to qualify for the Lend-Lease program during the war, reducing Saudi dependency upon the British, and which included arms sales to the Kingdom. Following this event, British Foreign Office officials lamented, “We would not dream of entertaining a direct application for arms from a South American country for example, without at once consulting the American arms representative in London and deferring to his views.” This, of course, was a reference to Latin America in the context of the Monroe Doctrine – America’s “backyard” – and thus, was implying, that the Middle East was Britain’s “backyard.”[5]

Adolf A. Berle, Roosevelt’s Assistant Secretary of State explained to the British the objective of American designs for the Middle East. As Simon Davis summarized, European imperial “spheres of influence were to give way to open political and economic circumstances in which Americans interests were not to be demarcated by other great powers.”[6] In short, it was to be the demise of formal imperialism for the rise of informal empire, led by the United States. The “open political and economic circumstances” desired by American officials were in no small part influenced by petroleum concerns. Technical studies had been undertaken which pointed to the Middle East as the most oil-rich region in the world. At the time, Saudi Arabia was the only country in which American oil interests had established themselves prior to World War II. The British had actually approached the United States on behalf of the House of Saud in the early 1940s to secure funds for the Saudi government, as the British were stretched thin by the war in Europe. The United States had at first rejected the proposals, suggesting that Saudi Arabia was British responsibility. The American Minister in Cairo, Alexander Kirk, complained that such a move suggested to the Arab world that the United States was “resigning to the British all initiative in the Near East generally and in Saudi Arabia particularly.” The Saudis then approached American oil companies for support in 1942, who in turn approached the State Department’s Division of Near East Affairs, raising fears that leaving “responsibility” for the Near East and Saudi Arabia to the British would eventually mean a loss of oil concessions in Saudi Arabia to British interests. At the same time, Saudi officials were also quietly approaching the British to increase their interest in the Kingdom, suggesting that the Americans were attempting to maneuver the British out of the Near East. The Saudi Foreign Minister told a British official in December of 1942 that, “although [King Ibn Saud’s] relations with United States are friendly both in themselves and because United States is Britain’s ally… yet his relations with United States could never be so close and friendly as with His Majesty’s Government with whom he has so many interests in common.”[7]

A deceptive diplomatic game between the United States, Great Britain, and Saudi Arabia ensued. As the Americans shifted their interest in Saudi Arabia in 1943, Gordon Merriam, the assistant chief of the State Department’s Division of Near Eastern Affairs suggested in January of 1943 that the possibility of the British pushing their way into America’s oil concessions in the Kingdom after the war “has been very much on our minds.” Secretary of State Cordell Hull wrote that, “It should be kept clearly in mind that the expansion of British facilities serves to build up their post-war position in the Middle East at the expense of American interests there.”[8]

Britain, however, was not trying to exclude the United States, but to include it in an Anglo-American approach to the region. British Foreign Office documents stressed that the British were “by no means prepared to sacrifice a century of hard-earned political influence in the Middle East to their upstart American cousins,” however, the British sought to “coopt rather than preempt US interests.”[9] Churchill even wrote to Roosevelt to stress “the fullest assurance that we have no thought of trying to horn in upon your interests and property in Saudi Arabia.” The British even acknowledged in their internal correspondence that, “it seems probably that sooner or later the United States will become the foreign power most concerned with Saudi Arabian affairs.” The aim of the British, then, was not to expand their influence at the expense of the Americans, but to maintain their influence as the U.S. increased its own.[10]

In July of 1944, British diplomat Lord Halifax wrote to the United States, “We have made it perfectly plain that we have no wish to oppose increased American influence in Saudi Arabia so long as it does not seek to crowd us out. But it would be helpful if the Americans would realize that they cannot hope to achieve overnight quite the same position that we have built up over long years.” The United States was pressuring Britain to replace their representative in Saudi Arabia, S.R. Jordan, over State Department fears that Jordan was the primary British antagonist of expanding American influence in the Kingdom. Jordan was ironically, at that time, writing in cables to the British that, “Strategically, it would appear that we have little to fear from the presence of increasing US participation in Saudi Arabian affairs.” What became most frustrating to the British, however, was not the expansion of American power, but rather the perspective of Americans at the State Department (with fears stoked by the oil companies and Saudis) that the British were trying to keep the US out of Middle Eastern affairs. As the British Minister of State in the Middle East, Lord Moyne, observed, “I am afraid it is another of the many cases we have had in the Middle East where the local American idea of cooperation is that we should do all the giving and they all the taking.” As the British realized the Saudi role in creating these fears among the Americans, Moyne wrote, “It has subsequently turned out that the Finance Minister and the King’s Syrian advisers have been furnishing misleading figures and exploiting their position for political ends.”[11]

In 1944, President Franklin Roosevelt wrote a memo to the American Director of Economic Operations in the Middle East in which he made clear: “The Middle East is an area in which the United States has a vital interest.” That interest, of course, was oil. Roosevelt made assurances that Middle Eastern oil belonged to the Western imperialist nations and not the Middle East itself, as he wrote that “the objective of the United States” in the Middle East “is to make certain that all nations are accorded equality of opportunity,” and that “special privileges… should not be afforded to any country or its nationals.” This was, of course, indirectly referring to France and especially Great Britain, the imperial hegemons of the Middle East. The “equality of opportunity” to exploit the resources of the Middle East was simply referring to the expansion of America’s “vital interest” in the region.[12]

In 1945, the British were increasingly frustrated with the American approach to Middle East relations. Some internal documents from the British Foreign Office reflected the varied positions of their diplomats:

The Americans are commercially on the offensive… we shall enter a period of commercial rivalry, and we should not make any concession that would assist American commercial penetration into a region which for generations has been an established British market.

For some years the United States have been showing an increasing interest in the Middle East. They worried us by an obstructive and disapproving attitude, the basis and reason of which remained obscure… On the American side there is the lively conviction that the USA have the right to go where they wish and to the extent that they wish… But we, on our side, feel that the Americans, irrespectively of any suspicion on their part that we are trying to exclude them, are trying by means that seem to us both aggressive and unfair to build up a position for themselves at our expense, or at any rate without regard to our established interests.[13]

It seemed, then, that both the Americans and the British feared and suspected each other of attempting the same thing: to increase their own influence in the region and decrease that of the other power. The Saudis, in the middle, were playing a game between two great powers in the hopes of securing their own interests. And they had good leverage which allowed them to play such a game: oil.

There was continuous reference to Britain’s apparent ‘right’ to the Middle East, drawing the comparison to the United States Monroe Doctrine (of 1823) declaring a U.S. ‘right’ to Latin America. As one British official wrote, “The U.S. hasn’t invited us to share her influence in Panama… we are entitled to our Monroe Doctrine in the Arab countries.”[14]

In 1945, President Roosevelt held a formal meeting with the Saudi King aboard the USS Quincy. The issue of Palestine was an important one in discussions, and was viewed as a major challenge to the cause and potential of Arab nationalism across the Middle East. Roosevelt informed Aziz that the U.S. would make “no decision altering the basic situation of Palestine… without full consultation with both Arabs and Jews,” and that, “he would do nothing to assist the Jews against the Arabs and would make no hostile move to the Arab people.” Aziz, in the meeting, also stressed the issue of Syrian and Lebanese sovereignty, seeking to ensure they kept separate from a potential Hashemite “Greater Syria,” to which Roosevelt ensured that if Saudi sovereignty were ever under threat, the United States would undertake “all possible support short of the use of force.”[15]

King Ibn Saud asked Roosevelt, inquiring on the future of Saudi-US ties, “What am I to believe when the British tell me that my future is with them and not with America? They constantly say, or imply, that America’s principal interest in Saudi Arabia is a transitory war-interest… and that America, after the war, will return to her preoccupations in the Western Hemisphere… and that Britain alone will continue as my partner in the future as in the early years of my reign.” To this, Roosevelt assured the King that the United States would maintain an interest and added that the America wanted freedom and prosperity for all, while the British wanted “freedom and prosperity” which was marked: “Made in Britain.” The King replied, “Never have I heard the English so accurately described.”[16]

American interest in Saudi Arabia and the Middle East more broadly did not die with Roosevelt. His successor, Harry Truman, was just as eager to “open the door” to the Middle East. A 1945 memorandum to President Truman written by the Chief of the Division of Near Eastern Affairs in the U.S. State Department, Gordon Merriam, stated: “In Saudi Arabia, where the oil resources constitute a stupendous source of strategic power, and one of the greatest material prizes in world history, a concession covering this oil is nominally in American control.”[17] Adolf A. Berle, one of Franklin Roosevelt’s closest advisers, particularly in relation to the construction of the post-War world, years later remarked that controlling the oil reserves of the Middle East would mean obtaining “substantial control of the world.”[18]

For King Abdul Aziz, his main concerns continued to be focused on his rivals, the Hashemites, and the possibility of “Greater Syria.” This naturally increased his interest in promoting the Palestinian cause of self-determination, and thus also put him at odds with the United States on issues related to Palestine. Abdul Aziz had spoken out against policies in Palestine, and was increasingly framing himself as the leader of the Arab world. The rivalry between the Arab kingdoms of Transjordan and Iraq on one side, and Saudi Arabia on the other, prevented the Arabs from uniting on the issue of Palestine. The American Minister to Saudi Arabia, James Rives Childs, warned that, “Unless we proceed with the utmost circumspection in considering all phases of the possible repercussions of the Palestinian question… we may raise difficulties for ourselves in this most strategic area of vital national interest which will plague the United States constantly in years to come.” However, while King Abdul spoke out publicly against Western interference in Palestine, he privately informed American officials that he intended “never to let Palestine interfere with his relations with the United States… I’m talking big because everyone else is… it seems to be the most effective course.”[19]

King Abdul was increasingly worried about the British possibly supporting Jordan’s King Abdullah in his plan for a “Greater Syria” as they sought to end the British Mandate in Palestine and find a new alternative to the “Palestinian question.” Between 1946 and 1947, Saudi princes relayed the King’s concern to President Truman that there existed a British conspiracy with the Hashemites to depose him and destroy the Saudi dynasty. The State Department informed the Saudis that the United States had no information “which would cause it to believe that the British government was giving support to any scheme for the extension of British influence in the Middle East through the establishment of a Greater Syria.” Abdul Aziz was not convinced, and felt “that the development of strong economic ties with the United States offers the greatest possible available insurance from invasion.” As the British handed the Palestine Mandate to the United Nations in 1947, the Saudi King relayed to the United States that the question of Palestine, and thus ‘Greater Syria,’ was “the only thorn in Saudi-American relations.”[20] However, as the United Nations partitioned Palestine, despite Saudi protests against the United States on the issue, King Abdul Aziz wrote:

I occupy a position of preeminence in the Arab world. In the case of Palestine, I have to make a common cause with the other Arab states. Although the other Arab states may bring pressure to bear on me, I do not anticipate that a situation will arise whereby I shall be drawn into conflict with friendly western powers over this question.[21]

In 1948, after a great deal of diplomatic back-and-forth on the Palestine issue, the Arab states invaded after months of ethnic cleansing of the Palestinian population by militant Zionists in the British Mandate. Saudi Arabia, together with Egypt, Syria, Lebanon, Yemen, and even Jordan and Iraq, invaded Palestine immediately after the Zionists declared the State of Israel in May of 1948. However, as the Arabs were distrustful of one another, their incursion was doomed to failure, and they grossly underestimated the military strength of the Zionists, which was built up under the British Mandate.

The United States took a stated position of neutrality amid the conflict, in order to prevent upsetting its relations with the Arab world, which already were so damaged as a result of recognizing the state of Israel, an act which had created immense protest and condemnation from the State Department. In January of 1949, a cease-fire was signed between Israel and Egypt, and Israel emerged the obvious victor in the 1948-49 war. Thereafter, the United States lifted its arms embargo to the Middle East to provide the Saudis with military aid. The United States had emerged from the birth of Israel with a deeply scarred image in the Arab world, and with that, increased fear over Soviet expansion into the area led the U.S. to conclude that it had to support “strong men” in the region, such as Abdul Aziz. In 1949, a U.S. survey mission was sent to Saudi Arabia to examine the potential for building up a strong Saudi military force. King Abdul desired “a military force equal to or greater than the forces [of] Jordan and Iraq.” The U.S. mission recommended “the training and equipping of a Saudi defensive force totaling 43,000 officers and men, composed of 28,000 combat troops and 15,000 Air Force support and logistic personnel.”[22] Thus, a strong Saudi-American relationship was established as one of the main outposts of U.S. influence in the Middle East, control over oil, and containment of the Soviet Union.

The aim, as articulated by State Department strategists, was to maintain “substantial control of the world” through control of Middle Eastern oil: “one of the greatest material prizes in world history.” In a 1948 State Department Policy Planning Paper written by George Kennan – the architect of the ‘containment’ policy toward the USSR – it was explained that following World War II, America held 50% of the world’s wealth, yet had only 6.3% of the world’s population, a “disparity [which] is particularly great as between ourselves and the peoples of Asia,” thus, destined to create “envy and resentment.” The real task for America, then, wrote Kennan:

is to devise a pattern of relationships which will permit us to maintain this position of disparity without positive detriment to our national security. To do so, we will have to dispense with all sentimentality and day-dreaming; and our attention will have to be concentrated everywhere on our immediate national objectives. We need not deceive ourselves that we can afford today the luxury of altruism and world-benefaction.[23]

 

Contribute to The People’s Grant:

Andrew Gavin Marshall is an independent researcher and writer based in Montreal, Canada, writing on a number of social, political, economic, and historical issues. He is also Project Manager of The People’s Book Project. He also hosts a weekly podcast show, “Empire, Power, and People,” on BoilingFrogsPost.com.

Notes

[1]            Maurice Jr. Labelle, “‘The Only Thorn’: Early Saudi-American Relations and the Question of Palestine, 1945-1949,” Diplomatic History (Vol. 35, No. 2, April 2011), page 257.

[2]            Ibid, pages 257-258.

[3]            Ibid, pages 259-260.

[4]            Barry Rubin, “Anglo-American Relations in Saudi Arabia, 1941-45,” Journal of Contemporary History (Vol. 14, No. 2, April 1979), page 253.

[5]            Simon Davis, “Keeping the Americans in Line? Britain, the United States and Saudi Arabia, 1939-45: Inter-Allied Rivalry in the Middle East Revisited,” Diplomacy & Statecraft (Vol. 8, No. 1, 1997), page 96.

[6]            Ibid, page 97.

[7]            Barry Rubin, “Anglo-American Relations in Saudi Arabia, 1941-45,” Journal of Contemporary History (Vol. 14, No. 2, April 1979), pages 254-255.

[8]            Ibid, page 256.

[9]            Simon Davis, “Keeping the Americans in Line? Britain, the United States and Saudi Arabia, 1939-45: Inter-Allied Rivalry in the Middle East Revisited,” Diplomacy & Statecraft (Vol. 8, No. 1, 1997), pages 97-98.

[10]            Barry Rubin, “Anglo-American Relations in Saudi Arabia, 1941-45,” Journal of Contemporary History (Vol. 14, No. 2, April 1979), pages 257-258.

[11]            Ibid, pages 260-261.

[12]            Letter from President Roosevelt to James M. Landis, American Director of Economic Operations in the Middle East, Concerning the Vital Interest of the United States in the Middle East, Foreign Relations of the United States, The Near East, South Asia, and Africa, 6 March 1944.

[13]            Amikam Nachmani, “‘It’s a Matter of Getting the Mixture Right’: Britain’s Post-War Relations with America in the Middle East,” Journal of Contemporary History (Vol. 18, No. 1, January 1983), pages 120-121.

[14]            Ibid, page 117.

[15]            Maurice Jr. Labelle, “‘The Only Thorn’: Early Saudi-American Relations and the Question of Palestine, 1945-1949,” Diplomatic History (Vol. 35, No. 2, April 2011), pages 260-261.

[16]            Simon Davis, “Keeping the Americans in Line? Britain, the United States and Saudi Arabia, 1939-45: Inter-Allied Rivalry in the Middle East Revisited,” Diplomacy & Statecraft (Vol. 8, No. 1, 1997), pages 125-126.

[17]            Report by the Coordinating Committee of the Department of State, “Draft Memorandum to President Truman,” Foreign Relations of the United States, Diplomatic Papers, The Near East and Africa, Vol. 8, 1945, page 45.

[18]            Lloyd C. Gardner, Three Kings: The Rise of an American Empire in the Middle East After World War II (The New Press, 2009), page 96; Noam Chomsky, “Is the World Too Big to Fail?” Salon, 21 April 2011: http://www.salon.com/2011/04/21/global_empire_united_states_iraq_noam_chomsky/

[19]            Maurice Jr. Labelle, “‘The Only Thorn’: Early Saudi-American Relations and the Question of Palestine, 1945-1949,” Diplomatic History (Vol. 35, No. 2, April 2011), pages 264-265.

[20]            Ibid, pages 266-268.

[21]            Ibid, page 270.

[22]            Ibid, pages 274-279.

[23]            George F. Kennan, “Review of Current Trends U.S. Foreign Policy,” Report by the Policy Planning Staff, 24 February 1948.

Are We Witnessing the Start of a Global Revolution?

Are We Witnessing the Start of a Global Revolution?
North Africa and the Global Political Awakening, Part 1
Global Research, January 27, 2011

For the first time in human history almost all of humanity is politically activated, politically conscious and politically interactive… The resulting global political activism is generating a surge in the quest for personal dignity, cultural respect and economic opportunity in a world painfully scarred by memories of centuries-long alien colonial or imperial domination… The worldwide yearning for human dignity is the central challenge inherent in the phenomenon of global political awakening… That awakening is socially massive and politically radicalizing… The nearly universal access to radio, television and increasingly the Internet is creating a community of shared perceptions and envy that can be galvanized and channeled by demagogic political or religious passions. These energies transcend sovereign borders and pose a challenge both to existing states as well as to the existing global hierarchy, on top of which America still perches

The youth of the Third World are particularly restless and resentful. The demographic revolution they embody is thus a political time-bomb, as wellTheir potential revolutionary spearhead is likely to emerge from among the scores of millions of students concentrated in the often intellectually dubious “tertiary level” educational institutions of developing countries. Depending on the definition of the tertiary educational level, there are currently worldwide between 80 and 130 million “college” students. Typically originating from the socially insecure lower middle class and inflamed by a sense of social outrage, these millions of students are revolutionaries-in-waiting, already semi-mobilized in large congregations, connected by the Internet and pre-positioned for a replay on a larger scale of what transpired years earlier in Mexico City or in Tiananmen Square. Their physical energy and emotional frustration is just waiting to be triggered by a cause, or a faith, or a hatred

[The] major world powers, new and old, also face a novel reality: while the lethality of their military might is greater than ever, their capacity to impose control over the politically awakened masses of the world is at a historic low. To put it bluntly: in earlier times, it was easier to control one million people than to physically kill one million people; today, it is infinitely easier to kill one million people than to control one million people.[1]

– Zbigniew Brzezinski

Former U.S. National Security Advisor

Co-Founder of the Trilateral Commission

Member, Board of Trustees, Center for Strategic and International Studies

An uprising in Tunisia led to the overthrow of the country’s 23-year long dictatorship of President Ben Ali. A new ‘transitional’ government was formed, but the protests continued demanding a totally new government without the relics of the previous tyranny. Protests in Algeria have continued for weeks, as rage mounts against rising food prices, corruption and state oppression. Protests in Jordan forced the King to call on the military to surround cities with tanks and set up checkpoints. Tens of thousands of protesters marched on Cairo demanding an end to the 30-year dictatorship of Hosni Mubarak. Thousands of activists, opposition leaders and students rallied in the capitol of Yemen against the corrupt dictatorship of President Saleh, in power since 1978. Saleh has been, with U.S. military assistance, attempting to crush a rebel movement in the north and a massive secessionist movement growing in the south, called the “Southern Movement.” Protests in Bolivia against rising food prices forced the populist government of Evo Morales to backtrack on plans to cut subsidies. Chile erupted in protests as demonstrators railed against rising fuel prices. Anti-government demonstrations broke out in Albania, resulting in the deaths of several protesters.

It seems as if the world is entering the beginnings of a new revolutionary era: the era of the ‘Global Political Awakening.’ While this ‘awakening’ is materializing in different regions, different nations and under different circumstances, it is being largely influenced by global conditions. The global domination by the major Western powers, principally the United States, over the past 65 years, and more broadly, centuries, is reaching a turning point. The people of the world are restless, resentful, and enraged. Change, it seems, is in the air. As the above quotes from Brzezinski indicate, this development on the world scene is the most radical and potentially dangerous threat to global power structures and empire. It is not a threat simply to the nations in which the protests arise or seek change, but perhaps to a greater degree, it is a threat to the imperial Western powers, international institutions, multinational corporations and banks that prop up, arm, support and profit from these oppressive regimes around the world. Thus, America and the West are faced with a monumental strategic challenge: what can be done to stem the Global Political Awakening? Zbigniew Brzezinski is one of the chief architects of American foreign policy, and arguably one of the intellectual pioneers of the system of globalization. Thus, his warnings about the ‘Global Political Awakening’ are directly in reference to its nature as a threat to the prevailing global hierarchy. As such, we must view the ‘Awakening’ as the greatest hope for humanity. Certainly, there will be mainy failures, problems, and regressions; but the ‘Awakening’ has begun, it is underway, and it cannot be so easily co-opted or controlled as many might assume.

The reflex action of the imperial powers is to further arm and support the oppressive regimes, as well as the potential to organize a destabilization through covert operations or open warfare (as is being done in Yemen). The alterantive is to undertake a strategy of “democratization” in which Western NGOs, aid agencies and civil society organizations establish strong contacts and relationships with the domestic civil society in these regions and nations. The objective of this strategy is to organize, fund and help direct the domestic civil society to produce a democratic system made in the image of the West, and thus maintain continuity in the international hierarchy. Essentially, the project of “democratization” implies creating the outward visible constructs of a democratic state (multi-party elections, active civil society, “independent” media, etc) and yet maintain continuity in subservience to the World Bank, IMF, multinational corporations and Western powers.

It appears that both of these strategies are being simultaneously imposed in the Arab world: enforcing and supporting state oppression and building ties with civil society organizations. The problem for the West, however, is that they have not had the ability to yet establish strong and dependent ties with civil society groups in much of the region, as ironically, the oppressive regimes they propped up were and are unsurprisingly resistant to such measures. In this sense, we must not cast aside these protests and uprisings as being instigated by the West, but rather that they emerged organically, and the West is subsequently attempting to co-opt and control the emerging movements.

Part 1 of this essay focuses on the emergence of these protest movements and uprisings, placing it in the context of the Global Political Awakening. Part 2 will examine the West’s strategy of “democratic imperialism” as a method of co-opting the ‘Awakening’ and installing “friendly” governments.

The Tunisian Spark

A July 2009 diplomatic cable from America’s Embassy in Tunisia reported that, “many Tunisians are frustrated by the lack of political freedom and angered by First Family corruption, high unemployment and regional inequities. Extremism poses a continuing threat,” and that, “the risks to the regime’s long-term stability are increasing.”[2]

On Friday, 14 January 2011, the U.S.-supported 23-year long dictatorship of Tunisian president Ben Ali ended. For several weeks prior to this, the Tunisian people had risen in protest against rising food prices, stoked on by an immense and growing dissatisfaction with the political repression, and prodded by the WikiLeaks cables confirming the popular Tunisian perception of gross corruption on the part of the ruling family. The spark, it seems, was when a 26-year old unemployed youth set himself on fire in protest on December 17.

With the wave of protests sparked by the death of the 26-year old who set himself on fire on December 17, the government of Tunisia responded by cracking down on the protesters. Estimates vary, but roughly 100 people were killed in the clashes. Half of Tunisia’s 10 million people are under the age of 25, meaning that they have never known a life in Tunisia outside of living under this one dictator. Since Independence from the French empire in 1956, Tunisia has had only two leaders: Habib Bourguiba and Ben Ali.[3] The Tunisian people were rising up against a great many things: an oppressive dictatorship which has employed extensive information and internet censorship, rising food prices and inflation, a corrupt ruling family, lack of jobs for the educated youth, and a general sense and experience of exploitation, subjugation and disrespect for human dignity.

Following the ouster of Ben Ali, Prime Minister Mohamed Ghannouchi assumed presidential power and declared a “transitional government.” Yet, this just spurred more protests demanding his resignation and the resignation of the entire government. Significantly, the trade union movement had a large mobilizing role in the protests, with a lawyers union being particularly active during the initial protests.[4]

Social media and the Internet did play a large part in mobilizing people within Tunisia for the uprising, but it was ultimately the result of direct protests and action which led to the resignation of Ben Ali. Thus, referring to Tunisia as a “Twitter Revolution” is disingenuous.

Twitter, WikiLeaks, Facebook, Youtube, forums and blogs did have a part to play. They reflect the ability “to collectively transform the Arab information environment and shatter the ability of authoritarian regimes to control the flow of information, images, ideas and opinions.”[5]

We must also keep in mind that social media has not only become an important source of mobilization of activism and information at the grassroots level, but it has also become an effective means for governments and various power structures to seek to manipulate the flow of information. This was evident in the 2009 protests in Iran, where social media became an important avenue through which the Western nations were able to advance their strategy of supporting the so-called ‘Green Revolution’ in destabilizing the Iranian government. Thus, social media has presented a new form of power, neither black nor white, in which it can be used to either advance the process of the ‘Awakening’ or control its direction.

Whereas America was publicly denouncing Iran for blocking (or attempting to block) social media in the summer of 2009, during the first several weeks of Tunisian protests (which were largely being ignored by Western media), America and the West were silent about censorship.[6] Steven Cook, writing for the elite U.S. think tank, the Council on Foreign Relations, commented on the lack of attention being paid to the Tunisian protests in the early weeks of resistance prior to the resignation of Ben Ali. He explained that while many assume that the Arab “strongmen” regimes will simply maintain power as they always have, this could be mistaken. He stated that, “it may not be the last days of Ben Ali or Mubarak or any other Middle Eastern strongman, but there is clearly something going on in the region.” However, it was the end of Ben Ali, and indeed, “there is clearly something going on in the region.”[7]

France’s President Sarkozy has even had to admit that, “he had underestimated the anger of the Tunisian people and the protest movement that ousted President Zine al-Abidine Ben Ali.” During the first few weeks of protests in Tunisia, several French government officials were publicly supporting the dictatorship, with the French Foreign Minister saying that France would lend its police “knowhow” to help Ben Ali in maintaining order.[8]

Days before the ouster of Ben Ali, Hillary Clinton gave an interview in which she explained how America was worried “about the unrest and the instability,” and that, “we are not taking sides, but we are saying we hope that there can be a peaceful resolution. And I hope that the Tunisian Government can bring that about.” Clinton further lamented, “One of my biggest concerns in this entire region are the many young people without economic opportunities in their home countries.”[9] Her concern, of course, does not spur from any humanitarian considerations, but rather from inherent imperial considerations: it is simply harder to control a region of the world erupting in activism, uprisings and revolution.

The Spark Lights a Flame

Tunisia has raised the bar for the people across the Arab world to demand justice, democracy, accountability, economic stability, and freedom. Just as Tunisia’s protests were in full-swing, Algeria was experiencing mass protests, rising up largely as a result of the increasing international food prices, but also in reaction to many of the concerns of the Tunisian protesters, such as democratic accountability, corruption and freedom. A former Algerian diplomat told Al-Jazeera in early January that, “It is a revolt, and probably a revolution, of an oppressed people who have, for 50 years, been waiting for housing, employment, and a proper and decent life in a very rich country.”[10]

In mid-January, similar protests erupted in Jordan, as thousands took to the streets to protest against rising food prices and unemployment, chanting anti-government slogans. Jordan’s King Abdullah II had “set up a special task force in his palace that included military and intelligence officials to try to prevent the unrest from escalating further,” which had tanks surrounding major cities, with barriers and checkpoints established.[11]

In Yemen, the poorest nation in the Arab world, engulfed in a U.S. sponsored war against its own people, ruled by a dictator who has been in power since 1978, thousands of people protested against the government, demanding the dictator Ali Abdullah Saleh to step down. In the capitol city of Sanaa, thousands of students, activists and opposition groups chanted slogans such as, “Get out get out, Ali. Join your friend Ben Ali.”[12] Yemen has been experiencing much turmoil in recent years, with a rebel movement in the North fighting against the government, formed in 2004; as well as a massive secessionist movement in the south, called the “Southern Movement,” fighting for liberation since 2007. As the Financial Times explained:

Many Yemen observers consider the anger and secessionist sentiment now erupting in the south to be a greater threat to the country’s stability than its better publicised struggle with al-Qaeda, and the deteriorating economy is making the tension worse.

Unemployment, particularly among the young, is soaring. Even the government statistics office in Aden puts it at nearly 40 per cent among men aged 20 to 24.[13]

On January 21, tens of thousands of protesters took to the streets in Albania, mobilized by the socialist opposition, ending with violent clashes between the police and protesters, leading to the deaths of three demonstrators. The protests have been sporadic in Albania since the widely contested 2009 elections, but took on new levels inspired by Tunisia.[14]

Israeli Vice Prime Minister Silvan Shalom stressed concern over the revolutionary sentiments within the Arab world, saying that, “I fear that we now stand before a new and very critical phase in the Arab world.” He fears Tunisia would “set a precedent that could be repeated in other countries, possibly affecting directly the stability of our system.”[15] Israel’s leadership fears democracy in the Arab world, as they have a security alliance with the major Arab nations, who, along with Israel itself, are American proxy states in the region. Israel maintains civil – if not quiet – relationships with the Arab monarchs and dictators. While the Arab states publicly criticize Israel, behind closed doors they are forced to quietly accept Israel’s militarism and war-mongering, lest they stand up against the superpower, America. Yet, public opinion in the Arab world is extremely anti-Israel, anti-American and pro-Iran.

In July of 2010, the results of a major international poll were released regarding public opinion in the Arab world, polling from Egypt, Saudi Arabia, Morocco, Jordan, Lebanon and the United Arab Emirates. Among some of the notable findings: while Obama was well received upon entering the Presidency, with 51% expressing optimism about U.S. policy in the region in the Spring of 2009, by Summer 2010, 16% were expressing optimism. In 2009, 29% of those polled said a nuclear-armed Iran would be positive for the region; in 2010, that spiked to 57%, reflecting a very different stance from that of their governments.[16]

While America, Israel and the leaders of the Arab nations claim that Iran is the greatest threat to peace and stability in the Middle East, the Arab people do not agree. In an open question asking which two countries pose the greatest threat to the region, 88% responded with Israel, 77% with America, and 10% with Iran.[17]

At the Arab economic summit shortly following the ousting of Ben Ali in Tunisia, who was for the first time absent from the meetings, the Tunisian uprising hung heavy in the air. Arab League leader Amr Moussa said in his opening remarks at the summit, “The Tunisian revolution is not far from us,” and that, “the Arab citizen entered an unprecedented state of anger and frustration,” noting that “the Arab soul is broken by poverty, unemployment and general recession.” The significance of this ‘threat’ to the Arab leaders cannot be understated. Out of roughly 352 million Arabs, 190 million are under the age of 24, with nearly three-quarters of them unemployed. Often, “the education these young people receive doesn’t do them any good because there are no jobs in the fields they trained for.”[18]

There was even an article in the Israeli intellectual newspaper, Ha’aretz, which posited that, “Israel may be on the eve of revolution.” Explaining, the author wrote that:

Israeli civil society organizations have amassed considerable power over the years; not only the so-called leftist organizations, but ones dealing with issues like poverty, workers’ rights and violence against women and children. All of them were created in order to fill the gaps left by the state, which for its part was all too happy to continue walking away from problems that someone else was there to take on. The neglect is so great that Israel’s third sector – NGOs, charities and volunteer organizations – is among the biggest in the world. As such, it has quite a bit of power.[19]

Now the Israeli Knesset and cabinet want that power back; yet, posits the author, they “have chosen to ignore the reasons these groups became powerful,” namely:

The source of their power is the vacuum, the criminal policies of Israel’s governments over the last 40 years. The source of their power is a government that is evading its duties to care for all of its citizens and to end the occupation, and a Knesset that supports the government instead of putting it in its place.[20]

The Israeli Knesset opened investigations into the funding of Israeli human rights organizations in a political maneuver against them. However, as one article in Ha’aretz by an Israeli professor explained, these groups actually – inadvertently – play a role in “entrenching the occupation.” As the author explained:

Even if the leftist groups’ intention is to ensure upholding Palestinian rights, though, the unintentional result of their activity is preserving the occupation. Moderating and restraining the army’s activity gives it a more human and legal facade. Reducing the pressure of international organizations, alongside moderating the Palestinian population’s resistance potential, enable the army to continue to maintain this control model over a prolonged period of time.[21]

Thus, if the Israeli Knesset succeeds in getting rid of these powerful NGOs, they sow the seeds for the pressure valve in the occupied territories to be removed. The potential for massive internal protests within Israel from the left, as well as the possibility of another Intifada – uprising – in the occupied territories themselves would seem dramatically increased. Israel and the West have expressed how much distaste they hold for democracy in the region. When Gaza held a democratic election in 2006 and elected Hamas, which was viewed as the ‘wrong’ choice by Israel and America, Israel imposed a ruthless blockade of Gaza. Richard Falk, the former United Nations High Commissioner for Human Rights Inquiry Commission for the Palestinian territories, wrote an article for Al Jazeera in which he explained that the blockade:

unlawfully restricted to subsistence levels, or below, the flow of food, medicine, and fuel. This blockade continues to this day, leaving the entire Gazan population locked within the world’s largest open-air prison, and victimized by one of the cruelest forms of belligerent occupation in the history of warfare.[22]

The situation in the occupied territories is made increasingly tense with the recent leaking of the “Palestinian Papers,” which consist of two decades of secret Israeli-Palestinian accords, revealing the weak negotiating position of the Palestinian Authority. The documents consist largely of major concessions the Palestinian Authority was willing to make “on the issues of the right of return of Palestinian refugees, territorial concessions, and the recognition of Israel.” Among the leaks, Palestinian negotiators secretly agreed to concede nearly all of East Jerusalem to Israel. Further, Palestinian President Mahmoud Abbas (favoured by Israel and America over Hamas), was personally informed by a senior Israeli official the night before Operation Cast Lead, the December 2008 and January 2009 Israeli assault on Gaza, resulting in the deaths of over 1,000 Palestinians: “Israeli and Palestinian officials reportedly discussed targeted assassinations of Hamas and Islamic Jihad activists in Gaza.”[23]

Hamas has subsequently called on Palestinian refugees to protest over the concessions regarding the ‘right of return’ for refugees, of which the negotiators conceded to allowing only 100,000 of 5 million to return to Israel.[24] A former U.S. Ambassador to Israel and Egypt lamented that, “The concern will be that this might cause further problems in moving forward.”[25] However, while being blamed for possibly preventing the “peace process” from moving forward, what the papers reveal is that the “peace process” itself is a joke. The Palestinian Authority’s power is derivative of the power Israel allows it to have, and was propped up as a method of dealing with an internal Palestinian elite, thus doing what all colonial powers have done. The papers, then, reveal how the so-called Palestinian ‘Authority’ does not truly speak or work for the interests of the Palestinian people. And while this certainly will divide the PA from Hamas, they were already deeply divided as it was. Certainly, this will pose problems for the “peace process,” but that’s assuming it is a ‘peaceful’ process in the first part.

Is Egypt on the Edge of Revolution?

Unrest is even spreading to Egypt, personal playground of U.S.-supported and armed dictator, Hosni Mubarak, in power since 1981. Egypt is the main U.S. ally in North Africa, and has for centuries been one of the most important imperial jewels first for the Ottomans, then the British, and later for the Americans. With a population of 80 million, 60% of which are under the age of 30, who make up 90% of Egypt’s unemployed, the conditions are ripe for a repeat in Egypt of what happened in Tunisia.[26]

On January 25, 2011, Egypt experienced its “day of wrath,” in which tens of thousands of protesters took to the streets to protest against rising food prices, corruption, and the oppression of living under a 30-year dictatorship. The demonstrations were organized through the use of social media such as Twitter and Facebook. When the protests emerged, the government closed access to these social media sites, just as the Tunisian government did in the early days of the protests that led to the collapse of the dictatorship. As one commentator wrote in the Guardian:

Egypt is not Tunisia. It’s much bigger. Eighty million people, compared with 10 million. Geographically, politically, strategically, it’s in a different league – the Arab world’s natural leader and its most populous nation. But many of the grievances on the street are the same. Tunis and Cairo differ only in size. If Egypt explodes, the explosion will be much bigger, too.[27]

In Egypt, “an ad hoc coalition of students, unemployed youths, industrial workers, intellectuals, football fans and women, connected by social media such as Twitter and Facebook, instigated a series of fast-moving, rapidly shifting demos across half a dozen or more Egyptian cities.” The police responded with violence, and three protesters were killed. With tens of thousands of protesters taking to the streets, Egypt saw the largest protests in decades, if not under the entire 30-year reign of President Mubarak. Is Egypt on the verge of revolution? It seems too soon to tell. Egypt, it must be remembered, is the second major recipient of U.S. military assistance in the world (following Israel), and thus, its police state and military apparatus are far more advanced and secure than Tunisia’s. Clearly, however, something is stirring. As Hilary Clinton said on the night of the protests, “Our assessment is that the Egyptian government is stable and is looking for ways to respond to the legitimate needs and interests of the Egyptian people.”[28] In other words: “We continue to support tyranny and dictatorship over democracy and liberation.” So what else is new?

According to some estimates, as many as 50,000 protesters turned out in Cairo, Alexandria, Suez and other Egyptian cities.[29] The protests were met with the usual brutality: beating protesters, firing tear gas and using water cannons to attempt to disperse the protesters. As images and videos started emerging out of Egypt, “television footage showed demonstrators chasing police down side streets. One protester climbed into a fire engine and drove it away.”[30] Late on the night of the protests, rumours and unconfirmed reports were spreading that the first lady of Egypt, Suzanne Mubarak, may have fled Egypt to London, following on the heels of rumours that Mubarak’s son, and presumed successor, had also fled to London.[31]

Are We Headed for a Global Revolution?

During the first phase of the global economic crisis in December of 2008, the IMF warned governments of the prospect of “violent unrest on the streets.” The head of the IMF warned that, “violent protests could break out in countries worldwide if the financial system was not restructured to benefit everyone rather than a small elite.”[32]

In January of 2009, Obama’s then-Director of National Intelligence Dennis Blair, told the Senate Intelligence Committee that the greatest threat to the National Security of the U.S. was not terrorism, but the global economic crisis:

I’d like to begin with the global economic crisis, because it already looms as the most serious one in decades, if not in centuries … Economic crises increase the risk of regime-threatening instability if they are prolonged for a one- or two-year period… And instability can loosen the fragile hold that many developing countries have on law and order, which can spill out in dangerous ways into the international community.[33]

In 2007, a British Defence Ministry report was released assessing global trends in the world over the next 30 years. In assessing “Global Inequality”, the report stated that over the next 30 years:

[T]he gap between rich and poor will probably increase and absolute poverty will remain a global challenge… Disparities in wealth and advantage will therefore become more obvious, with their associated grievances and resentments, even among the growing numbers of people who are likely to be materially more prosperous than their parents and grandparents.  Absolute poverty and comparative disadvantage will fuel perceptions of injustice among those whose expectations are not met, increasing tension and instability, both within and between societies and resulting in expressions of violence such as disorder, criminality, terrorism and insurgency. They may also lead to the resurgence of not only anti-capitalist ideologies, possibly linked to religious, anarchist or nihilist movements, but also to populism and the revival of Marxism.[34]

Further, the report warned of the dangers to the established powers of a revolution emerging from the disgruntled middle classes:

The middle classes could become a revolutionary class, taking the role envisaged for the proletariat by Marx.  The globalization of labour markets and reducing levels of national welfare provision and employment could reduce peoples’ attachment to particular states.  The growing gap between themselves and a small number of highly visible super-rich individuals might fuel disillusion with meritocracy, while the growing urban under-classes are likely to pose an increasing threat to social order and stability, as the burden of acquired debt and the failure of pension provision begins to bite.  Faced by these twin challenges, the world’s middle-classes might unite, using access to knowledge, resources and skills to shape transnational processes in their own class interest.[35]

We have now reached the point where the global economic crisis has continued beyond the two-year mark. The social repercussions are starting to be felt – globally – as a result of the crisis and the coordinated responses to it. Since the global economic crisis hit the ‘Third World’ the hardest, the social and political ramifications will be felt there first. In the context of the current record-breaking hikes in the cost of food, food riots will spread around the world as they did in 2007 and 2008, just prior to the outbreak of the economic crisis. This time, however, things are much worse economically, much more desperate socially, and much more oppressive politically.

This rising discontent will spread from the developing world to the comfort of our own homes in the West. Once the harsh realization sets in that the economy is not in ‘recovery,’ but rather in a Depression, and once our governments in the West continue on their path of closing down the democratic façade and continue dismantling rights and freedoms, increasing surveillance and ‘control,’ while pushing increasingly militaristic and war-mongering foreign policies around the world (mostly in an effort to quell or crush the global awakening being experienced around the world), we in the West will come to realize that ‘We are all Tunisians.’

In 1967, Martin Luther King, Jr., said in his famous speech “Beyond Vietnam”:

I am convinced that if we are to get on the right side of the world revolution, we as a nation must undergo a radical revolution of values. We must rapidly begin the shift from a “thing-oriented” society to a “person-oriented” society. When machines and computers, profit motives and property rights are considered more important than people, the giant triplets of racism, materialism, and militarism are incapable of being conquered.[36]

This was Part 1 of “North Africa and the Global Political Awakening,” focusing on the emergence of the protest movements primarily in North Africa and the Arab world, but placing it in the context of a wider ‘Global Awakening.’

Part 2 will focus on the West’s reaction to the ‘Awakening’ in this region; namely, the two-pronged strategy of supporting oppressive regimes while promoting “democratization” in a grand new project of “democratic imperialism.”

Notes

[1]        Zbigniew Brzezinski, The Global Political Awakening. The New York Times: December 16, 2008: http://www.nytimes.com/2008/12/16/opinion/16iht-YEbrzezinski.1.18730411.html; “Major Foreign Policy Challenges for the Next US President,” International Affairs, 85: 1, (2009); The Dilemma of the Last Sovereign. The American Interest Magazine, Autumn 2005: http://www.the-american-interest.com/article.cfm?piece=56; The Choice: Global Domination or Global Leadership. Speech at the Carnegie Council: March 25, 2004: http://www.cceia.org/resources/transcripts/4424.html; America’s Geopolitical Dilemmas. Speech at the Canadian International Council and Montreal Council on Foreign Relations: April 23, 2010: http://www.onlinecic.org/resourcece/multimedia/americasgeopoliticaldilemmas

[2]        Embassy Tunis, TROUBLED TUNISIA:  WHAT SHOULD WE DO?, WikiLeaks Cables, 17 July 2009: http://www.wikileaks.ch/cable/2009/07/09TUNIS492.html

[3]        Mona Eltahawy, Tunisia’s Jasmine Revolution, The Washington Post, 15 January 2011: http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2011/01/14/AR2011011405084.html

[4]        Eileen Byrne, Protesters make the case for peaceful change, The Financial Times, 15 January 2011: http://www.ft.com/cms/s/0/82293e38-20ae-11e0-a877-00144feab49a.html#axzz1C08RDtxu

[5]        Marc Lynch, Tunisia and the New Arab Media Space, Foreign Policy, 15 January 2011: http://lynch.foreignpolicy.com/posts/2011/01/15/tunisia_and_the_new_arab_media_space

[6]        Jillian York, Activist crackdown: Tunisia vs Iran, Al-Jazeera, 9 January 2011: http://english.aljazeera.net/indepth/opinion/2011/01/20111981222719974.html

[7]        Steven Cook, The Last Days of Ben Ali? The Council on Foreign Relations, 6 January 2011: http://blogs.cfr.org/cook/2011/01/06/the-last-days-of-ben-ali/

[8]        Angelique Chrisafis, Sarkozy admits France made mistakes over Tunisia, The Guardian, 24 January 2011: http://www.guardian.co.uk/world/2011/jan/24/nicolas-sarkozy-tunisia-protests

[9]        Hillary Rodham Clinton, Interview With Taher Barake of Al Arabiya, U.S. Department of State, 11 January 2011: http://www.state.gov/secretary/rm/2011/01/154295.htm

[10]      Algeria set for crisis talks, Al-Jazeera, 8 January 2011: http://aljazeera.co.uk/news/africa/2011/01/2011187476735721.html

[11]      Alexandra Sandels, JORDAN: Thousands of demonstrators protest food prices, denounce government, Los Angeles Times Blog, 15 January 2011: http://latimesblogs.latimes.com/babylonbeyond/2011/01/jordan-protests-food-prices-muslim-brotherhood-tunisia-strike-thousands-government.html

[12]      AP, Thousands demand ouster of Yemen’s president, Associated Press, 22 January 2011: http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5g3b2emEy39Bn52Z_haypKxNPGMSw?docId=d324160638a74e84b874baeada16bb4c

[13]      Abigail Fielding-Smith, North-south divide strains Yemen union, The Financial Times, 12 January 2011: http://www.ft.com/cms/s/0/c7c59322-1e80-11e0-87d2-00144feab49a.html#axzz1C08RDtxu

[14]      EurActiv, ‘Jasmine’ revolt wave reaches Albania, 24 January 2011: http://www.euractiv.com/en/enlargement/jasmine-revolt-wave-reaches-albania-news-501529

[15]      Clemens Höges, Bernhard Zand and Helene Zuber, Arab Rulers Fear Spread of Democracy Fever, Der Spiegel, 25 January 2011: http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,741545,00.html

[16]      Shibley Telhami, Results of Arab Opinion Survey Conducted June 29-July 20, 2010, 5 August 2010: http://www.brookings.edu/reports/2010/0805_arab_opinion_poll_telhami.aspx

[17]      Shibley Telhami, A shift in Arab views of Iran, Los Angeles Times, 14 August 2010: http://articles.latimes.com/2010/aug/14/opinion/la-oe-telhami-arab-opinions-20100814

[18]      Clemens Höges, Bernhard Zand and Helene Zuber, Arab Rulers Fear Spread of Democracy Fever, Der Spiegel, 25 January 2011: http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,741545,00.html

[19]      Merav Michaeli, Israel may be on the eve of revolution, Ha’aretz, 17 January 2011: http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/israel-may-be-on-the-eve-of-revolution-1.337445

[20]      Ibid.

[21]      Yagil Levy, Israeli NGOs are entrenching the occupation, Ha’aretz, 11 January 2011: http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/israeli-ngos-are-entrenching-the-occupation-1.336331?localLinksEnabled=false

[22]      Richard Falk, Ben Ali Tunisia was model US client, Al-Jazeera, 25 January 2011: http://english.aljazeera.net/indepth/opinion/2011/01/201112314530411972.html

[23]      Jack Khoury and Haaretz Service, Two decades of secret Israeli-Palestinian accords leaked to media worldwide, Ha’arets, 23 January 2011: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/two-decades-of-secret-israeli-palestinian-accords-leaked-to-media-worldwide-1.338768

[24]      Haaretz Service and The Associated Press, Hamas urges Palestinian refugees to protest over concessions on right of return, Ha’aretz, 25 January 2011: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/hamas-urges-palestinian-refugees-to-protest-over-concessions-on-right-of-return-1.339120

[25]      Alan Greenblatt, Palestinian Papers May Be Blow To Peace Process, NPR, 24 January 2011: http://www.npr.org/2011/01/24/133181412/palestinian-papers-may-cause-blow-to-peace-process?ps=cprs

[26]      Johannes Stern, Egyptian regime fears mass protests, World Socialist Web Site, 15 January 2011: http://www.wsws.org/articles/2011/jan2011/egyp-j15.shtml

[27]      Simon Tisdall, Egypt protests are breaking new ground, The Guardian, 25 January 2011: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/jan/25/egypt-protests

[28]      Ibid.

[29]      MATT BRADLEY, Rioters Jolt Egyptian Regime, The Wall Street Journal, 26 January 2011: http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704698004576104112320465414.html

[30]      Catrina Stewart, Violence on the streets of Cairo as unrest grows, The Independent, 26 January 2011: http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/violence-on-the-streets-of-cairo-as-unrest-grows-2194484.html

[31]      IBT, Suzanne Mubarak of Egypt has fled to Heathrow airport in London: unconfirmed reports, International Business Times, 25 January 2011: http://www.ibtimes.com/articles/104960/20110125/suzanne-mubarak-of-egypt-has-fled-to-heathrow-airport-in-london-unconfirmed-reports.htm

[32]      Angela Balakrishnan, IMF chief issues stark warning on economic crisis. The Guardian: December 18, 2008: http://www.guardian.co.uk/business/2008/dec/16/imf-financial-crisis

[33]      Stephen C. Webster, US intel chief: Economic crisis a greater threat than terrorism. Raw Story: February 13, 2009: http://rawstory.com/news/2008/US_intel_chief_Economic_crisis_greater_0213.html

[34]      DCDC, The DCDC Global Strategic Trends Programme, 2007-2036, 3rd ed. The Ministry of Defence, January 2007: page 3

[35]      Ibid, page 81.

[36]      Rev. Martin Luther King, Beyond Vietnam: A Time to Break Silence. Speech delivered by Dr. Martin Luther King, Jr., on April 4, 1967, at a meeting of Clergy and Laity Concerned at Riverside Church in New York City: http://www.hartford-hwp.com/archives/45a/058.html