Andrew Gavin Marshall

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French Translation: De l’anarchie: Une Interview

The following is a French translation of an interview I did on Anarchism, conducted by Devon D.B. See the original here: “On Anarchy: An Interview.

Translation by Résistance 71.

De l’anarchie: Une Interview

Sur l’anarchisme: une interview avec Andrew Gavin Marshall effectuée par Devon DB.

Ceci est la transcription d’une interview faire par courriel que j’ai faite d’Andrew Gavin Marshall, le directeur de projet du People’s Book Project. Dans cette interview nous discutons de l’anarchisme, remontons à ses origines, fouillons dans son histoire à la fois aux Etats-Unis et dans le monde et nous concluons sur une discussion sur le comment l’anarchisme affecte aujourd’hui le mouvement Occupy.

Devon DB: Pouvez-vous nous donner une définition de l’anarchisme?

Mr. Marshall: L’anarchisme est difficile à définir simplement parce qu’il représente une philosophie très diverse, qui contient pas mal de variantes. Ainsi les définitions de l’anarchisme tendent à différer avec ses différentes branches. Quoi qu’il en soit, au cœur de l’affaire, l’anarchisme, par ses racines grecques, veut simplement dire “être sans chef” ; ceci allant à l’encontre de la pensée libérale traditionnelle, comme celle articulée par la notion de Hobbes qui veut que l’anarchie soit un “état naturel”, exemplifié dans les conflits et les guerres, justifiant la nécessité d’un état afin de maintenir l’ordre. Un des premiers penseurs anarchistes, Pierre Joseph Proudhon, contra cette notion en disant que “L’anarchie c’est l’ordre”. Malgré la connotation de “désordre” et de “chaos” qu’à le mot “anarchie”, l’anarchisme et la société anarchiste sont hautement organisées et ordonnées. La différence centrale entre la conception anarchiste de l’ordre et les autres, est que l’anarchie retire la notion de structures de l’autorité, de façon à ce que la société puisse être organisée par l’association libre et une organisation non-hiérarchique. Elle fait la promotion à la fois de l’individu et du collectif de manière simultanée. Ceci est en opposition avec la pensée libérale qui insiste presque exclusivement sur l’individu ou la pensée socialiste qui promeut le collectif par dessus tout. L’un des penseurs les plus influents de l’anarchisme, Michel Bakounine, a décrit la pensée anarchiste lorsqu’il écrivit: “Nous sommes convaincus que la liberté sans le socialisme n’est que privilège et injustice et que le socialisme sans liberté n’est qu’esclavage et brutalité.” Ceci a souvent mené l’anarchisme a être assimilé à ce qu’on appelle le “socialisme libertaire” ; ceci constituant la racine du libertaire, certaines branches s’en écartant néanmoins. Finalement, ce qui caractérise la pensée anarchiste et ce qui lui est sous-jacent, c’est une remise en question et une critique hautement formulée du pouvoir et de l’autorité : à savoir, si une source autoritaire ne peut pas légitimer son existence, elle ne devrait pas exister.

Devon DB: Qui est et de où est originaire la pensée anarchiste ? Quel était le contexte sociétaire d’où émergea originellement la pensée anarchiste ?

Mr. Marshall: L’anarchisme n’est pas comme le marxisme ou le libéralisme ou toute autre forme d’idée concrète dont on peut clairement identifier d’où elle provient. De la même manière que l’anarchisme épouse le concept de ne pas avoir de leader, une grande partie de son développement historique est demeurée “sans leader”.La pensée anarchiste s’est développée, à des degrés divers, à travers l’histoire de l’humanité, dans des temps et en des lieux différents, souvent sans contact entre les différentes civilisations. En ce sens, l’anarchisme est une idée organique qui peut avoir ses origines dans n’importe quel contexte. La première évolution des idées anarchistes a été identifiée comme provenant de la Chine ancienne, parmi les taoïstes. Peter Marshall a écrit dans son livre essentiel: “En demandant l’impossible : une histoire de l’Anarchie” que, “au travers de l’histoire répertoriée, l’esprit anarchiste peut être vu émerger du clan, de la tribu, de communautés villageoises, de villes indépendantes, des guildes et des syndicats”. L’anarchisme a émergé de façon différente dans la pensée de la Grèce antique, puis plus tard dans l’ère chrétienne, le plus spécifiquement avec les révoltes paysannes du Moyen-Age. Ceci s’est passé bien avant que l’anarchisme ne se définisse comme une idéologie ou une philosophie de ou par lui-même.

Ce processus s’est déroulé après la fin du féodalisme, avec la montée du capitalisme et mis en lumière largement à la fois dans la période de la Renaissance et la période des Lumières. La Renaissance a amené l’idée de l’individu et la période des Lumières a conceptualisé le progrès social. Ceci s’est ainsi développé en une philosophie distincte et cohérente en réaction au développement des états centralisés, du nationalisme, de l’industrialisation et du capitalisme de la fin du XVIII siècle. Peter Marshall a écrit: “L’anarchisme a ainsi relevé le double défi de renverser à la fois le capital et l’État”. William Godevin est souvent considéré comme “le père de l’anarchisme” en ayant articulé le désir de la fin de l’État, le philosophe allemand Max Stirner lui emboîta le pas, mais ce fut Pierre Joseph Proudhon qui depuis la France, fut le premier à se nommer un “anarchiste”. Proudhon développa un certain nombre d’idées anarchistes et de slogans qui ont toujours une très forte résonnance aujourd’hui, tel ce concept qui veut que “tout comme l’homme recherche la justice dans l’égalité, la société recherche l’ordre dans l’anarchie”, ainsi que ses slogans populaires : “L’anarchie c’est l’ordre” et “La propriété c’est le vol”.

Ensuite vint le révolutionnaire russe Michel Bakounine, le père du “socialisme libertaire” et l’homme qui devint l’opposant idéologique principal de Karl Marx. Un autre Russe, Pierre Kropotkine, fut un des philosophes les plus influents de l’anarchisme dans l’histoire, le developpant en une philosophie sociale plus systémique. Aux Etats-Unis, Benjamin Tucker fut parmi les premiers penseurs anarchistes, y ajoutant une dimension individualiste particulière. D’autres penseurs anarchistes importants incluent : Léon Tolstoï, qui y amena un élément religieux et Emma Goldman, qui développa la branche féministe de l’anarchisme. Tous ces penseurs ont collectivement façonné le développement de la pensée anarchiste au XIXème siècle et pavé la route pour son évolution au XXème siècle.

Devon DB : Quelle forme a d’abord pris l’anarchisme ? Comment l’État et la population y ont-ils réagi en premier lieu ?

Mr. Marshall: L’anarchisme a pri différentes formes selon les temps et les lieux. Dans l’histoire moderne, et ce manière indépendante de l’endroit, l’État a toujours réagi défensivement et souvent violemment. Comme l’un des tenants principaux de l’anarchisme est l’abolition de l’État, celui-ci a recherché à son tour (avec sans conteste plus de succès) l’abolition de l’anarchisme. Les anarchistes ont été diabolisés, infiltrés, espionnés, déportés, tués et ont eu des mouvements entiers complètement et violemment détruit. L’anarchisme a été plus représenté dans les mouvements ouvriers et immigrants et l’activisme au XIXème siècle et au début du XXème, fut particulièrement fort au sein des syndicats et des immigrants juifs d’Europe de l’Est. Des immigrants juifs pauvres, fuyant les pogroms russes de la fin du XIXème siècle importèrent avec eux une idéologie qui avait une profonde affinité avec le concept d’un peuple sans État, une philosophie qui reflétait une vison de solidarité mondiale sans État.. Beaucoup parmi les juifs qui s’échappèrent étaient des socialistes et des marxistes, et des radicaux de tout poil, mais la force prévalente était celle de l’anarchisme. Ces émigrants radicaux  aidèrent à divulguer les idées anarchistes en Europe de l’Ouest, à Londres, en France, en Espagne, aux Etats-Unis ainsi qu’à aider à créer un grand mouvement anarchiste en Argentine, bien plus grand que le mouvement communiste local.

Les émigrants juifs radicaux qui divulgaient les philosophies anarchistes produisirent généralement deux réaction de la part de leur nouveau pays de résidence : les pauvres et la classe laborieuse de ces pays accueillirent à bras ouverts ces radicaux, qui luttaient pour les droits de tous et qui étaient souvent en première ligne des mouvements pour la justice sociale, les droits du travail, les mouvements anti-guerre et le pouvoir du peuple ; d’un autre côté, l’État et les médias qui faisaient la critique et la promotion de l’idée de “dangereux étrangers” et qui souvent promouvaient des concepts antisémites afin de pousser cette idée. Ainsi, la réaction des populations en général, en tous cas des pauvres et des classes laborieuses, fut d’estomper l’antisémitisme et de promouvoir une solidarité à travers les différentes ethnies, alors que l’État et les pouvoirs établis eux, continuèrent à faire la promotion de l’antisémitisme, des lois anti-immigration et de développer une réponse policière au problème perçu. Ceci favorisa la coopération et la coordination des polices des différents états de l’europe de l’Ouest aux Etats-Unis en passant par l’Argentine.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il évolué avec le temps et comment s’est-il propagé ?

Mr. Marshall: Comme mentionné précédemment, une grande partie de la diffusion des idées anarchistes fut facilitée par l’émigration de masse de juifs radicaux d’Europe de l’Est et de Russie à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. L’histoire de l’anarchisme moderne est intrinsèquement liée à l’histoire juive moderne, à une histoire récente de l’antisémitisme et même à l’histoire du sionisme. Ceci a eu à la fois un effet positif et un effet négatif et  a promulgué deux stéréotypes majeur pour les juifs. D’un côté, cela a promu le stéréotype du juif émigrant radical, qui reçut un bon accueil au sein des population opprimées, mais aussi pas mal d’angoisse, de xénophobie, d’antisémitisme et de racisme parmi les classes dirigeantes. D’un autre côté, les juifs furent soumis au stéréotype du capitaliste rapace, souvent en faisant référence à la famille banquière Rothschild.

Bon nombre de ces stéréotypes existent toujours aujourd’hui, mais il leur manque leur contexte historique inhérent. Par exemple, les Rothschild de Londres furent très concernés par ces juifs immigrants qui arrivèrent en Angleterre et dans d’autres pays européens depuis l’Europe de l’Est. Ces juifs manifestaient dans les rues et organisaient des grèves à Londres et dans d’autres villes européennes, en cela menaçait les intérêts dans lesquels les Rothschilds avaient beaucoup investi. La première impulsion fut d’imposer des restrictions migratoires plus importantes, mais ceci serait perçu de la même manière que les expulsions d’Europe de l’Est, ainsi une nouvelle stratégie était nécessaire. Ce fut à cette époque que les Rothschild commencèrent à s’intéresser au sionisme Le sionisme lui-même a plusieurs courants de pensée et a évolué avec le temps. Il était à l’origine très radical et socaliste. Les idées de Tolstoï et de Kropotkine furent très influentes parmi les juifs émigrants en Palestine au début du XXème siècle, ceux-là même qui établirent le mouvement des kibboutzim, une communauté socialiste libertaire de Palestine, basée originellement sur l’agriculture, rejetant l’idée d’un état-nation juif et qui promulgait au contraire la solidarité arabo-juive.

Les Rotschilds avaient refusé pendant de nombreuses années de soutenir à la fois idéologiquement et financièrement, le mouvement sioniste et ce pour un bon nombre de raisons : les idées socialistes radicales développées par le mouvement étaient à l’opposé de la nature même du comment les Rothschild étaient devenus les Rothschilds et peut-être de manière plus importante, parce que les Rothschilds avaient peur que s’ils faisaient la promotion de l’idée d’une nation juive, ils seraient obligé de quitter l’Europe de l’Ouest et de s’installer dans cette nation. Comme les circonstances changèrent quoi qu’il en soit, les Rothschilds commencèrent à faire la promotion d’un sionisme à la vision non radicale, non socialiste et non anarchiste, mais très distinctement occidentale et capitaliste. Ceci devint une opportunité de pousser le radicalisme juif dans une idéologie plus contrôlable et au lieu de relocaliser les juifs radicaux, de soutenir une immigration dans un nouvel endroit (les Rotschild en furent les financiers principaux en pourvoyant personnellement les moyens de transport des juifs vers la Palestine).

Il y eut bien sûr d’autres représentations de l’anarchisme. En Russie, le mouvement anarchiste était très profond et avait une base de soutien très forte. Pendant la révolution russe, il y avait trois factions essentielles qui luttaient : Les “rouges” (communistes), les “blancs” (soutenus par l’occident comme étant des démocrates libéraux) et souvent oubliés de l’histoire : les anarchistes. A la fois les rouges et les blancs recherchèrent à attaquer et détruire les anarchistes pendant la révolution russe et la guerre civile. Trotsky lui-même mena les armées contre les factions anarchistes russes. Les blancs et les rouges se battaient pour le contrôle de l’état, tandis que les anarchistes eux, luttaient pour une société sans état. Ils furent ultimement détruit dans cette bataille.

La représentation la plus importante de l’anarchisme dans l’histoire moderne fut, et de loin, en Espagne. Comme Peter Marshall l’écrivit : “Jusqu’à aujourd’hui, l’Espagne est le seul pays de l’ère moderne où l’anarchisme peut être dit de manière crédible qu’il s’est développé en un mouvement social majeur et qui a sérieuse menacé l’existence mème de l’état.” L’Espagne était très propice à cette expérience dû à sa longue histoire datant du Moyen-Age, qui a vu les communes indépendantes avec leur propres lois locales. L’anarchisme en Espagne est devenu populaire au sein de la majorité paysanne pauvre du XIXème siècle, celle-ci incitant souvent à des insurrections locales contre le pouvoir. Avec le temps, la philosophie s’est répandue au sein de la communauté des mines et des communautés ouvrières de Barcelone et de Madrid. L’anarchisme devint populaire au sein des jeunes intellectuels radicaux et séduisirent également des gens comme Pablo Picasso. L’anarchisme espagnol était une lutte essentiellement contre l’église et l’état ; tout comme en France dans les années 1890, l’anarchisme espagnol a souvent eu une expression violente avec son lot d’attentats à la bombe et d’assassinats, ainsi qu’une réaction brutale du gouvernement sous la forme d’une répression sanglante.

Avec le temps, il devint clair que le terrorisme ne pouvait pas renverser l’état et au lieu de la violence, la propagande devint la tactique d’usage, celle de propager la philosophie au sein des paysans et des ouvriers. En 1907, au milieu de troubles sociaux industriels, les syndicats libertaires de Catalogne formèrent une organisation syndicaliste, Solidaridad Obrera (Solidarité Ouvrière) et appela à la grève générale en 1909. Des batailles de rue s’engagèrent au cours desquelles environ 200 ouvriers trouvèrent la mort ; suite à cela, les syndicats décidèrent de former une organisation plus grande, plus forte ; ainsi vit le jour la Confederacion Nacional del Trabajo (CNT), la Confédération Nationale du Travail, qui dès 1919 avait plus d’un million d’adhérents. Elle organisa entre 1917 et 1923 des grèves révolutionnaires à travers l’Espagne. En 1919, la CNT adopta les principes du “communismo libertario” ou communisme libertaire, comme son idéologie principale, unifiant beaucoup de syndicats et de travailleurs en opposition au socialisme autoritaire d’état.

La structure hautememt décentralisée de la CNT la rend plus imperméable à la répression, tout comme plusieurs groupes anarchistes durant la révolution russe et la guerre civile. A la fin des années 1920 et au début des années 1930, les modérés et les réformistes furent poussés hors de la CNT et la Federacion Anarquista Iberica (FAI), Fédération anarchiste Espagnole, plus radicale, pris plus d’importance. Les travaileurs et paysans anarchistes tentèrent de former des communes insurrectionnelles à travers le territoire espagnol au début des années 1930, ce qui mena souvent à une répression féroce de l’état. Plus de grèves et d’insurrections furent tentées, l’une d’entr’elles impliqua la grève de 70 000 mineurs en 1934, grève qui fut sévèrement réprimée (avec l’aide de troupes marocaines), des centaines perdirent la vie. Les deux années qui suivirent virent l’Espagne doucement glisser vers la guerre civile. En 1936, une vision pour une société nouvelle fut définie au congrès national de la CNT, qui représentait 500 000 ouvriers à cette époque, promouvant le communisme libertaire dans une société de communes, basée sur l’association libre syndicaliste, reliées entr’elles par des fédérations régionales et nationale, dénuées de hierarchie sociale.

L’individuel et le collectif étaient promus de la même manière, ainsi l’un ne pâtirait pas de l’autre, mais les deux se soutenaient l’un l’autre. La diversité était non seulement acceptée mais encouragée, avec la compréhension que les communes pourraient prendre différentes formes et représenter différentes façons de voir. L’éducation insisterait sur l’alphabétisme et la pensée de façon à ce que les gens puissent penser par eux-mêmes et il n’y avait plus de distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel. Les cours de justice et les prisons étaient obsolètes. Ces résolutions, adoptées au congrès de 1936 ne furent pas un modèle mais au contraire “un point de départ pour l’humanité vers son émancipation intégrale”. Entre le temps du congrès et la fin de l’année, les membres de la CNT grossirent de 500 000 à 1,5 millions. Franco se rebella contre la république espagnole en Juillet 1936, mais ses forces furent rapidement désarmées par les milices populaires.

Franco parvint néanmoins à prendre le contrôle de la moitié du pays, bien que les anarcho-syndicalistes géraient Barcelone et toute la Catalogne était essentiellement une “république” indépendante. Ultimement, le concept de la révolution sociale fut peu à peu sacrifié afin de lutter contre Franco et ses factions fascistes. Les ouvriers et les paysans étaient toujours organisés afin de gérer leurs propres affaires et le communisme libertaire n’était pas seulement possible, il était devenu une réalité. Les anarchistes et d’autres groupes formèrent des milices pour combattre contre Franco. George Orwell, qui lutta en Espagne contre Franco (NdT: Avec le POUM, marxiste non stalinien), aida à rectifier les perceptions données à propos des anarchistes, expliquant les résultats incroyables de l’anarchisme espagnol.

En 1937, environ 3 millions de personnes vivaient dans des communes rurales collectives. Beaucoup de villages furent créés où l’argent fut aboli, la terre collectivisée, l’analphabétisme éliminé et où les assemblées populaires incluaient souvent les femmes et les enfants, responsables pour élire un comité administratif, qui rendait compte directement aux assemblées populaires. Il y avait aussi des communes “individualistes”, où des gens travaillaient leur lot de terre individuellement, tandis que Barcelone devenait le centre de la “collectivisation urbaine”. Les services publics et les industries étaient remarquablement autogérés dans une grande ville faite de diversité. Entre Juillet et Octobre 1936, “virtuellement toute la production et la distribution étaient sous contrôle ouvrier”. Mais la révolution sociale fut ternie par la lutte contre Franco, ainsi qu’avec la lutte grandissante avec d’autres factions  comme les communistes autoritaires d’état (NdT: marxistes, stalinistes ou non).

Quelques leaders anarchistes furent cooptés dans le gouvernement et la CNT devint inefficace de ce fait. Alors que les autres factions recevaient de l’aide étrangères, les communistes recevant de l’aide de l’URSS, Franco de Mussolini et Hitler et les autres factions des états libéraux occidentaux, la CNT pensa qu’elle devait s’incorporer avec l’état pour recevoir également une aide afin de pouvoir gagner la guerre. Ainsi, mi-1937, écrivit Peter Marshall : “La plus grande expérience anarchiste de l’histoire était virtuellement finie, elle dura près d’un an”. Les communistes avaient commencé à remplacer les anarchistes grâce à leur soutien de l’URSS, qui organisa également une police secrète et un règne de la terreur, le plus souvent contre les groupes anarchistes et éventuellement, le gouvernement lui-même écrasa la résistance anarchiste et imposa une censure sur la CNT.

Le conflit entre les anarchistes et les communistes fut sans doute la raison principale pour laquelle les républicains perdirent la guerre contre Franco, qui reconquît l’Espagne en 1939, établissant une dictature fasciste qui dura jusqu’en 1976 et qui causa le départ pour l’exil de plus d’un demi million d’Espagnols. Ainsi l’Espagne représente le meilleur et le pire résultat de l’anarchisme au XXème siècle.

Bien que le mouvement lui-même fut largement déraciné durant la guerre froide, les idées continuèrent à évoluer et de nouveaux mouvement émergèrent tel l’anarchisme écologique et mème l’anarcho-capitalisme (NdT: ce qui est nommé essentiellement en amérique du nord le mouvement “libertarien” à ne pas confondra avec libertaire, le mouvement “libertarien” est un mouvement ultralibéral sur un plan économique qui est certes contre l’état, mais ne voit de solution que dans le libre marché total, c’est un mouvement ultra capitaliste), qui devint une force derrière le mouvement américain libertarien.

Devon DB Quel rôle a joué l’anarchisme dans le mouvement ouvrier du XIXème siècle ? Comment fut reçu l’anarchisme dans le mouvement ouvrier de manière générale et par les peuples ?

Mr. Marshall: Au XIXème siècle aux Etats-Unis, les luttes sociales étaient un développement historique constant. Alors que l’anarchisme devint une idée et une philosophie, avec le marxisme et le socialisme, ces philosophies radicales devinrent de plus en plus associées avec les mouvements ouvriers, spécifiquement dans la formation et l’action des syndicats. Dans les années 1860, deux fédérations anarchistes se formèrent aux Etats-Unis, la New England Labor Reform League et l’American Labor Reform League, qui d’après William Reichert, “furent la source de la vitalité radicale en Amériqiue pour plusieurs décennies.” L’anarchiste américain le plus influent de son époque, Benjamin Tucker, traduisit les travaux de Proudhon en 1875 et commença ses propres publications anarchistes périodiques.

A partir des années 1880, beaucoup d’émigrants aux Etats-Unis, comme Emma Goldman, aidèrent à faciliter la popularité montante de l’anarchisme. Les idées anarchistes avaient une base dans le mouvement ouvrier révolutionnaire de Chicago dans la période des années 1870, 1880, avec spécifiquement l’affaire de Haymarket en 1886, qui fut connecté avec la lutte pour les huit heures de travail quotidien. Dans le pays, le 1er Mai 1886, environ un demi milion d’ouvriers manifestèrent pour soutenir cette idée ; le cas le plus extrème ayant eu lieu à Chicago où eurent lieu les grèves et les plus grosses manifestations. Trois jours plus tard le 4 Mai, une bombe fut lancée dans une manifestation qui eut lieu sur la place Haymarket à Chicago, tuant plusieurs policiers et menant à la mort par et à de nombreux blessés parmi les ouvriers manifestant, sous le feu des forces de police.

L’attentat, bien que son origine demeure un mystère, mena à une croisade de l’élite en place à Chicago contre les mouvements révolutionnaires ouvriers. Plus de 200 membres de l’International Working People’s Association (IWPA) arrêtés et plusieurs jugés avec le procureur déclarant : “c’est le procès de l’anarchie”. Après l’affaire du Haymarket, les organisations ouvrières et les syndicats devinrent de plus en plus radicaux, beaucoup d’entr’eux adoptant des principes distinctement anarchistes dans leur organisation et leur idéologie, en retour, la répression de l’état devint plus prononcée et violente. La raison pour laquelle les syndicats radicaux n’ont pas survécu la décennie qui suivit n’est pas dûe à quelque esprit américain “d’individualisme forcené” comme l’affirme la mythologie nationale, mais cela fut dû à la violence constante de la répression de l’état. Suite à cela, le 1er Mai a été célébré dans le monde entier comme la fête du travail et comme le jour international des travailleurs, sauf aux Etats-Unis et au Canada de manière ironique.

Ce mouvement radical qui émergea de Chicago à cette époque fut souvent référé comme étant un mélange de marxisme et d’anarchisme, comme étant “anarcho-syndicaliste”, “socialiste révolutionnaire” ou même “communiste-anarchiste”. Il eut un impact profond sur les luttes ouvrières dans la période qui s’ensuivit, à la fois sur l’organisation et les grèves, mais aussi sur l’organisation des syndicats et leur idéologie. Quoi qu’il en soit, au cours du XXème siècle, les syndicats ont été progressivement écrasés, cooptés, infiltrés, démembrés, ainsi, au lieu d’avoir des fédérations internationales unifiées, ils devinrent spécifiques à une industrie voire même à une entreprise, ils devinrent réformistes et non plus révolutionnaires et ils devintent même corporatistes, dans la mesure où ils essayèrent de travailler avec les grosses entreprises et le gouvernement au lieu  de lutter contre eux.

Ceci est le plus emblématique aujourd’hui dans l’organisation et l’idéologie de la plus grande fédération syndicale des Etats-Unis : l’AFL-CIO, dont les chefs sont membres de la… commission trilatérale et parlent régulièrement au CFR et son impliqués dans la politique impérialiste étrangère de l’Amérique, soutenant les Etats-Unis dans leur soudoyage financier en règle des nations pauvres afin d’organiser les travailleurs selon la ligne de conduite corporatiste, les écartant en cela de la ligne radicale et révolutionnaire tant dans leur organisation que leur idéologie.

Devon DB: Comment la philosophie anarchiste a t’elle été déformée avec le temps ?

Mr. Marshall:  Ceci est une question très importante. L’anarchisme est souvent considéré comme synonyme de violence et chaos, alors qu’en réalité, il a bien plus à faire avec l’ordre et le pacifisme. L’anarchisme a été très facile à décrier à cause de sa nature diverse. Il n’a pas eu de structure rigide de pensée et d’action, Oui, il y a eu des anarchistes violents, de l’agitation violente, du terrorisme, des assassinats et ceci a jeté pas mal de discrédit sur un monde incroyablement divers dans son mode de pensée philosophique, mais il y a bien plus aux idées et actions des anarchistes. L’histoire de l’anarchisme est souvent écrite en dehors des histoires officielles, comme par exemple durant les révolutions russe ou espagnole, tout comme en Argentine et la diffusion par les émigrants juifs. Même aujourd’hui, beaucoup de gens dans les médias “alternatifs” diabolisent les anarchistes.

Les groupes anarchistes étaient parmi les premiers cas documentés d’infiltration policière à Londres vers la fin du XIXème siècle. L’infiltration des groupes anarchistes continue le plus souvent à être effectuée, ou plus communément, des infiltrés dans les manifestations simplement paraissent être des “anarchistes”, qui sont souvent associés avec le Black Bloc, tout de noir vêtus, visages dissimulés derrière des balaclavas ou des bandanas. Beaucoup dans la presse alternative blâme la police et ses infiltrés pour la violence dans les manifestations, ce qui est une mauvaise représentation des faits, ils font également le portrait des anarchistes comme ceux du black bloc, comme n’étant constitués que d’infiltrés de la police, ce qui est également une mauvaise représentation des faits. A leur tour, l’état et les médias dressent un portrait de ces mêmes groupes anarchistes comme étant des voyous violents et des criminels, justifiant ainsi la répression d’état contre les manifestants.

Maintenant, bien que des infiltrations de ces groupes aient été documentées, nous ne pouvons pas pour autant en conclure que tout le groupe et tous ses membres sont des infiltrés. Ceci est particulièrement vrai pour les organisations anarchistes, qui rejettent toute organisation hiérarchique et sont de ce fait plus difficile à retourner et coopter et contrôler avec des moyens traditionnels. Alors qu’il se peut qu’il y ait des infiltrés, ceci ne veut pas dire que des groupes entiers sont menés par ces individus de plus ces groupes sont le plus souvent si peu hiérachisés qu’ils n’ont pas une organisation traditionnelle comme nous l’entendons de manière typique. Quoi qu’il en soit, ces groupes sont sujets à la propagande de tous les côtés et ceci a grandement participé à la diabolisation de l’anarchisme comme mouvement.

A Montréal par exemple, les anarchistes ont souvent été blâmés pour la plupart de la violence ou du vandalisme, alors qu’en fait c’est la police (en uniforme officiel), qui a été la plus violente et destructrice contre le mouvement étudiant bourgeonnant qui a commencé en Février de cette année. Si vous regardez la violence “anarchiste”, elle consiste essentiellement en des actes de vandalisme sur des banques, tels que casser des vitres, ou lancer des pierres à la police. D’autres parmi les manifestants ont aussi participé à ces actions, qui sont le plus souvent des réactions contre la brutalité policière qui a bien eu lieu. En lisant des déclarations d’étudiants manifestants qui étaient présents à la manifestation du 4 Mai à Victoriaville au Québec, où plusieurs étudiants ont été atteints au visage par des balles en caoutchouc tirées par la police et furent presque tués, nous pouvons voir un autre côté du Black Bloc. Des étudiants ont décrit avoir été gazés puis être tombés au sol alors que la police anti-émeute approchait. Ce furent ensuite des membres du Black Bloc (ou du moins identifiés comme faisant apparamment partie du mouvement, puisqu’il n’y a pas de liste des membres), leurs visages protégés par des lunettes spéciales qui assistèrent les étudiants tombés, les sortirent de l’endroit, ont soignés leurs yeux, ont renvoyés les containers de gaz vers les forces de police et emmenés les étudiants blessés vers des infirmiers. Dans beaucoup de manifestations, et devant les violences policières il apparaît que ce sont ces individus qui sont en première ligne ; et bien que leurs actions particulières ne peuvent pas être tolérées, force est de constater qu’elles représentent une colère qui monte à travers de larges segments de la population étudiante. Ainsi en termes de la diabolisation des anarchistes ou d’actions très spécifiques violentes des anarchistes, il y a une différence entre tolérer les actes et condamner la colère.

Simplement parce que l’acte lui-même n’est peut-être pas utile en termes de gagner un soutien populaire pour une cause, ou parce que cela “justifie” la répression policière en retour, cela ne veut pas dire, comme beaucoup dans la presse alternative le disent, que les anarchistes “travaillent pour l’état”, sont des agents provocateurs ou des  infiltrés. Bien que cela soit parfois le cas, c’est faire fausse-route que de dire que cela est systématiquement le cas et cela implique des situations, des circonstances et des réactions par ailleurs compliquées. Quand un fourgon de police roula dans un groupe d’étudiants à Victoraiville le 4 Mai, ce fut un petit groupe de manifesants usuels qui prirent des cailloux pour caillasser le fourgon.

La très grande majorité des étudiants fut pacifique devant la violence policière et la répression, mais le fait que certains vont réagir violemment n’est pas une raison pour renier, mais un point important à comprendre : cela nous informe que la situation est bien plus extrême, que la réaction est plus intense, que les circonstances sont plus difficiles. De la même façon que lorsque vous coincer un animal, il devient à la fois le plus vulnérable et le plus méchant ; nous voyons ceci émerger dans bien des mouvements de manifestations et parmi des manifestants à travers le monde. Le fait de simplement blâmer les “anarchistes” fait peu pour aténuer la violence et les troubles et fait égalememt beaucoup de tort à la bonne compréhension de ces situations et de la meilleure façon de les résoudre. De manière ironique, alors que les anarchistes de Montréal ont été accusés de la plupart des violences dans les manifestations qui se sont tenues ici ces 15 dernières semaines, l’évènement le plus organisé qui fut et le plus ouvertement admis anarchiste fut une foire aux livres.

L’anarchisme est toujours un but intellectuel et à cause de son refus de devenir une idéologie rigide, parce qu’il accepte la diversité, il y aura toujours des éléments plus radicaux et des tactiques plus violentes, mais au bout du compte, c’est une philosophie, construite autour du concept de solidarité et de coopération, de l’association libre, de la liberté et de la paix. L’argument le plus commun contre l’anarchisme pour ceux qui ne savent pas réellement ce qu’il est, est de dire que sans une forme “d’autorité”, le monde serait chaotique, les gens s’entretueraient et nous aurions le désordre et la destruction.

La réponse la plus simple à ceci est de demander à la personne ce que nous avons dans le monde aujourd’hui: nous vivons dans un monde d’extrême autorité, de plus d’autorité globale dans tout secteur d’action et d’interaction humaines que nous n’avons jamais eu dans l’histoire de l’humanité, et pourtant le monde vit dans le chaos, le désordre, la destruction, la guerre, la famine, la décimation, la division, la ségrégation, l’exploitation et la domination. Ce n’est pas un manque d’ordre et d’autorité qui a amené tout cela, mais plutôt l’exercice de l’autorité au nom de l’ordre. Les gens regardent l’anarchie comme un paradoxe sans même voir et reconnaître le paradoxe de l’idéologie envers la réalité du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ceci a été le plus grand succès à déformer la philosophie de l’anarchisme.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il été utilisé dans d’autres endroits du monde comme moyen de résistance ?

Mr. Marshall: Historiquement, l’anarchisme est arrivé à Londres, en France, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis, et spécifiquement en Argentine et en Amérique latine, de façon exemplaire. Alors qu’il fut largement détruit en tant que mouvement puissant à la fin de deux guerres mondiales, Il a ré-émergé avec la montée de la nouvelle gauche des années 1960. La nouvelle gauche fut instrumentale dans l’agitation politique et les mouvements de protestation en Europe et aux Etats-unis à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Elle aida à revigorer une idéologie anti-capitaliste, une pensée et dans certains cas, accoucha elle-même d’une idéologie anarcho-capitaliste. A;lors que le mouvement environnementaliste émergeait, ainsi émergeait également une branche anarchisme environnementaliste. Ainsi, quelques nouveaux mouvements et une agitation sociale émergèrent puis éruptèrent, de nouveaux modèles et de nouvelles idées sur l’anarchisme commencèrent à s’adapter et à évoluer selon les circonstances changeantes, tout comme cela s’était déjà produit au fil de l’histoire humaine.

Devon DB: Quelle est votre opinion sur l’anarchisme moderne, spécifiquement sur les anarchistes qui font partie du mouvement Occupy ?

Mr. Marshall: Les anarchistes modernes sont tout simplement trop divers pour les englober dans une seule opinion. Cela revient toujours au même point, la reconnaissance de la diversité et former une opinion sur les différents groupes et différentes tactiques. Comme je l’ai dit plus tôt, je ne tolérerais peut-être pas les actes, mais je ne pourrais pas condamner la colère. Il y a eu un temps ou moi aussi j’aurai décrit toute violence comme destructrice et sans fondement et aurai probablement pointé ceux qui la commettent comme des infiltrés ou des agents provocateurs. Mais après avoir été témoin et avoir été pris dans le feu de l’action d’une rebellion étudiante en éruption dans la province canadienne du Québec ces 15 dernières semaines, après avoir été le témoin de la campagne de propagande contre les étudiants et la répression violente étatique quotidienne, cela ne me surprends pas de voir des gens se résoudre à des actes de violence dans leur résistance. Cela n’aide pas le mouvement étudiant, alors que cela le diabolise et le coupe du soutien populaire. Mais ce que j’ai appris à comprendre, est que cela n’est qu’un symptôme d’une colère bien plus grande et qui monte, d’une frustration et d’un mécontentement.

La violence et la terreur sont des actions de désespérés, donc au lieu de diaboliser les actes eux-mêmes, nous devons comprendre le désespoir. Car si nous voulons des manifestations non-violentes, pacifiques, nous devons comprendre l’origine des réactons violentes. Les groupes anarchistes et les idées ré-émergent dans le monde à un degré de vitesse et d’importance qui était peut-être impensable. Nous voyons des anarchistes dans les mouvements de protestations en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce, au Québec, aux Etats-Unis, dans le mouvement Occupy, en Islande, en Italie. Les tactiques et les spécifiques de mouvement variant d’un endroit à l’autre et de personne à personne bien sûr. Par exemple en Italie, il y a eu un cas récent d’un groupe anarchiste qui a pris la responsabilité d’estropier un dirigeant d’entreprise nucléaire italienne et a menacé de plus de flingages. Je pense que l’on peut s’attendre à une sorte de parallèle avec ce qu’il s’est passé dans les années 1880 dans bien des endroits du monde, où on a vu des actes de violence ou de terreur attribuées à des factions anarchistes et alors que ces tactiques sont présentées comme étant contre-productives et problématiques, il y aura peut-être une tendance à renoncer à toute forme de violence et à se concentrer sur l’éducatif et la “propagande”, ce qui est du reste ce que fait déjà la vaste majorité des anarchistes.

Par contraste, alors qu’il se pourrait qu’un groupe anarchiste ait blessé un industriel italien, par ailleurs, un intellectuel anarchiste, Noam Chomsky, a parlé éloquemment et de manière douce pendant des décennies, écrivant, lisant et en agitant non pas avec ses poings mais avec des mots. Au bout du compte, Chomsky a fait bien plus pour faire avancer des idées anarchistes ou l’anarchisme que n’importe quel acte de violence ne l’aurait pu. Ceci est la direction qui doit être prise au sein de l’organisation anarchiste. Si vous regardez le mouvement Occupy par lui-même il y a un grand nombre de structures anarchistes en son sein : pas de hiérarchie, les assemblées générales, les librairies publiques etc… Les librairies sont un cas fascinant, spécifiquement en ces temps d’austérité économique où les librairies ont une tendance à voir leurs fonds de soutien de l’état fondre comme neige au soleil.

Ce que les groupes du mouvement Occupy ont montré est que si l’état supprime les librairies, les gens peuvent tout simplement organiser les leurs. En Grèce, l’état a demandé qu’un hôpital ferme à cause de la coupure de budget. Les travaileurs de cet hôpital l’ont occupé et ont commencé à le faire tourner en autogestion. Il y a aussi certains rapports faisant état qu’en Grèce, quelques communautés sont en train de développer leur propre système d’échange et de commerce. Dans le monde, nous voyons de plus en plus d’ouvriers occuper les usines et s’occuper de les gérer collectivement, démontrant par là même l’inutilité de managers professonnels ou de patrons (qui prennent tout le profit) ainsi que la capacité extraordinaire des travailleurs à être à la fois des producteurs et des preneurs de décisions. Ces cas ne sont pas rapportés ou discutés souvent simplement parce qu’ils représentent le problème d’une trop bonne idée et d’autres personnes pourraient en prendre de la graine. En ce sens, nous ne devons pas stigmatiser les actions violentes du petit nombre, mais au lieu de cela, si nous examinons et comprenons l’anarchisme dans sa vaste diversité de philosophie et de tactiques qu’il représente vraiment, alors nous sommes capables de voir l’énorme degré d’espoir et de progrès que ce mouvement réserve pour le futur.

Là où l’État, les entreprises et les banques travaillent contre les peuples (ce qui est partout sur cette planète), là où ils ferment les usines, repossèdent les maisons, coupent les budgets de l’éducation et de sécurité sociale, demandent des coûts supplémentaires à faire payer aux gens tout en diminuant les impôts des riches, il y a toujours des réponses et des possibilités anarchistes. En ce qui concerne là où je vis au Québec, où un mouvement énorme d’étudiants s’est déclanché après une augmentation de 75% des frais  de scolarité, nous souffrons sous le joug d’un vieux paradigme éducatif, politique, social et économique qui bénéficie le plus petit nombre aux dépends de la vaste majorité. Alors que la première réaction est de défendre le système éducatif qui existe déjà, la solution sur le long terme est de complètement refonder et réorienter notre conception et l’organisation de l’éducation elle-même. Par exemple, lorsque le système universitaire débuta au Moyen-Age, il y avait deux modèles initiaux d’éducation universitaire: le modèle de Paris et le modèle de Bologne.

A Paris, l’école était gérée par des administrations et des élites culturelles régionales. Au fil du temps, alors que l’état-nation et le capitalisme se développaient, ceux-ci devinrent les patrons et administrateurs des universités. A Bologne en Italie, l’école était gérée par les étudiants et son personnel. Pour des raisons évidentes, le modèle de Paris gagna, mais devant la crise actuelle sociale, économique et politique, il serait grand temps pour que le modèle de Bologne gagne sa bataille historique de résurrection. La notion que les élèves et le personnel gèrent et dirigent eux-même l’école est distinctivement anarchiste, de la même manière que les ouvriers autogèrent leur usine. Comme Proudhon le déclara : “L’anarchie c’est l’ordre” et dans un monde où règne tant de chaos, de destruction et d’autorité, il est peut-être temps d’y mettre un peu d’anarchie et d’ordre.

On Anarchy: An Interview

On Anarchism

Originally posted at: WhatAboutPeace by Devon DB

On Anarchism: An Interview with Andrew Gavin Marshall, conducted by Devon DB.

This is a transcript of an email interview I had with Andrew Gavin Marshall, Project Manager of The People’s Book Project. In it we discuss anarchism, trace its beginnings, delve into some of its history in both the United States and around the world, and conclude by discussing anarchism’s effect on today’s Occupy movement.

Devon DB: Could you provide a working definition of anarchism?

Mr. Marshall: Anarchism is difficult to define simply because it is such a diverse political philosophy, with so many different variants. So the definition tends to alter as the particular brand of anarchism differs. However, at is core, anarchism – in its original Greek wording – means simply to be “without a leader.” Running in opposition to traditional Liberal thought, such as that articulated by Hobbes’ notion of anarchy as a “state of nature” mired in war and conflict, and thus the State was necessary to maintain order, one of the original anarchist thinkers, Pierre-Joseph Proudhon countered, “Anarchy is Order.” Despite the connotation of the word “anarchy” to that of “chaos” and “disorder,” anarchism and anarchist societies are highly organized and ‘ordered.’ The central difference between an anarchist conception of order and others is that anarchy removes the structures of authority, so that society is organized through free association and non-hierarchical organization. It promotes both the individual and the collective, simultaneously. This is opposed to Liberal thought, which promotes the individual above all else, or socialist thought, which promotes the collective above all else. As one of the most influential anarchist thinkers, Mikhail Bakunin, described anarchist thought when he stated, “We are convinced that liberty without socialism is privilege, injustice; and that socialism without liberty is slavery and brutality.” This has often led anarchism to be synonymous with what is referred to as “Libertarian Socialism,” which is where the root of Libertarianism lies, but has strayed quite far from. Ultimately, what underlies all anarchist thought is a heightened and radical critique and questioning of power and authority: if a source of authority cannot legitimize its existence, it should not exist.

Devon DB: Who and where was anarchism first thought of? What was the societal context that anarchist thought originated from?

Mr. Marshall: Anarchism is not like Marxism or Liberalism or other firm and concrete ideas, where the originators can be properly identified and understood. Just as it espouses a philosophy of being “without a leader” so too does a great deal of its historical development take place “without a leader.” Anarchist thought developed – to various degrees – throughout much of human history, in different times and place, often without any contact between the various civilizations themselves. It is, in this sense, an organic idea that can originate within any context. The first evolution of anarchist ideas has been identified as originating in ancient China, among the Taoists. Peter Marshall wrote in his quintessential, Demanding the Impossible: A History of Anarchism, that, “Throughout recorded history, the anarchist spirit can be seen emerging in the clan, tribe, village community, independent city, guild and union.” It emerged in various strains of thought in ancient Greece, and later during the Christian era, most especially with the peasant revolts of the Middle Ages. This all took place, however, before anarchism came to be defined as an ideology or philosophy in and of itself.

This process took place after the end of feudalism, with the rise of Capitalism, and largely brought about by both the Renaissance and the Enlightenment. The Renaissance brought forth the ideas of the individual, and the Enlightenment conceptualized of social progress. It thus arose as a more coherent and distinct philosophy in reaction to the development of centralized States, nationalism, industrialization and capitalism in the late 18th century. Peter Marshall wrote, “Anarchism thus took up the dual challenge of overthrowing both Capital and the State.” William Godwin is largely considered the “father of anarchism” as having first articulated the desire for an end to the state, the German philosopher Max Stirner closely followed, but it was Pierre-Joseph Proudhon in France who was the first to call himself an “anarchist.” Proudhon articulated a number of anarchist ideas and slogans which still have resonance today, such as the concept that, “Just as man seeks justice in equality, society seeks order in anarchy,” and the popular sayings, “Anarchy is Order” and “Property is Theft.”

Next followed the Russian revolutionary Mikhail Bakunin, the father of “Libertarian Socialism,” and the man who became the principle ideological opponent to Karl Marx. Another Russian, Peter Kropotkin, was one of the most influential anarchist philosophers in history, developing it into a more systematic social philosophy. In the United States, Benjamin Tucker was among the first anarchist thinkers, adding a particularly individualistic character to it. Other prominent anarchist thinkers include Leo Tolstoy, who brought in a religious element, and Emma Goldman, who developed a feminist strand of thought in anarchism. All of these thinkers collectively shaped the development of anarchist thought and practice in the 19th century and paved the way for its evolution over the 20th.

Devon DB:  What form did anarchism first take? How did the state and the populace at large react to it?

Mr. Marshall: Anarchism took different forms in different places and times. Throughout its modern history, regardless of location, the State always reacted defensively and often violently. Since one of the main tenets of anarchism is the abolition of the State, the state has in turn sought (with arguably more success) the abolition of anarchism. Anarchists have been demonized, infiltrated, spied on, deported, killed, or had entire movements violently destroyed. Anarchism was arguably most represented in labour and immigrant movements and activism in the 19th and early 20th centuries, particularly among unions and Jewish emigrants out of Eastern Europe. Poor Jewish emigrants who had to flee Eastern Europe and Russia following the pogroms of the late 19th century took with them an ideology which found a deep grounding in a people without a state, a philosophy which reflected a stateless vision of global solidarity. Many of the Jews who fled were also socialists and Marxists, and radicals of all types, but the most prevalent force was with anarchism. These radical emigrants helped spread the ideas of anarchism into Western Europe, to London, France, Spain, to the United States, and even helping facilitate a massive anarchist movement in Argentina, much larger than the local communist movement.

Radical Jewish emigrants who were articulating anarchist philosophies generally incurred two reactions from their new countries of residence: the poor and working class people and immigrants welcomed these radicals, who struggled for the rights of all, and who were often at the forefront of movements for social justice, labour rights, anti-war, and empowerment; and, on the other hand, the State and media would promote the idea of dangerous “foreigners” and often promoted conceptions of anti-Semitism in order to push this idea. Thus, the reaction from among the general (at least poor and working class) populations was to undermine anti-Semitism and promote cross-ethnic solidarity, while the State and established powers further promoted anti-Semitism, anti-immigration laws, and enhanced police responses. This in turn facilitated police cooperation and coordination between various states, from Western Europe, to the United States and Argentina.

Devon DB: How did anarchism evolve over time and spread?

Mr. Marshall: As previously mentioned, a great deal of the spread of anarchism was facilitated by the mass emigration of radical Jews out of Eastern Europe and Russia in the late 19th and early 20th centuries. The modern history of anarchism is intrinsically linked to modern Jewish history, to a recent history of anti-Semitism, and even to the history of Zionism. This had both negative and positive effects, and promoted two major stereotypes for Jews. On the one hand, it promoted the stereotype of the radical Jewish immigrant, which received a good deal of favour among oppressed populations, but also a great deal of anxiety, xenophobia, anti-Semitism and racism among the ruling classes. On the other hand, Jews were subjected to the stereotype of the rapacious Capitalist, mostly by making reference to the Rothschild banking family.

Many of these stereotypes exist to this very day, but they lack their proper historical context. For example, the Rothschilds in London were very concerned about the radical Jewish emigrants who were entering England and other West European countries from Eastern Europe. These Jews were holding demonstrations and organizing strikes in London and other Western cities, threatening the very interests that the Rothschilds were invested in. The first impulse was to impose immigration restrictions, though this would be perceived as very similar to the expulsions from Eastern Europe, so a new strategy was needed. It was around this time that the Rothschilds became interested in Zionism. Zionism itself had several different brands of thought, and evolved over time. It was originally very radical, and even socialistic. The ideas of Peter Kropotkin and Leo Tolstoy were very influential among many Jewish emigrants in Palestine in the early 20th century, who established the kibbutz movement, a libertarian socialist collective community in Palestine, based originally on agriculture, rejecting the idea of a Jewish nation state and instead promoted Arab-Jewish solidarity.

The Rothschilds had for many years refused to support – whether ideologically or financially – the Zionist movement, and for a number of reasons: it’s radical socialist ideas were opposed to the very nature of how the Rothschilds became the Rothschilds, and perhaps more importantly, because the Rothschilds feared that if they promoted the idea of a Jewish nation, they would be forced to leave Western Europe and go to that very nation. As circumstances changed, however, the Rothschilds promoted a non-radical vision of Zionism, not socialistic or anarchistic, but distinctly Western and capitalistic. It became an opportunity to push the spread of Jewish radicalism into a more controllable ideology, and instead of deporting radical Jews, to support immigration to a new location (the Rothschilds were among the main financiers in personally providing for the means to transport Jews to Palestine).

There were, of course, other representations of anarchism. In Russia, the anarchist movement had a great strength and powerful base of support. During the Russian Revolution, there were three main factions fighting: the Reds (the Communists), the Whites (supported by the West as liberal democrats), and often forgotten from history, the anarchists. Both the Reds and Whites would attack and seek to destroy the anarchist movement during the Russian Revolution and civil war. Trotsky himself led armies against anarchist factions in Russia. The Whites and Reds were fighting for control of the State, while the anarchists were struggling for a society without the state. Ultimately, they were of course destroyed in this battle.

By far the most impressive representation of anarchism in modern history was in Spain. As Peter Marshall wrote, “To date, Spain is the only country in the modern era where anarchism can credibly be said to have developed into a major social movement and to have seriously threatened the State.” Spain was in part specially suited to this because of its long history dating back to the Middle Ages of having many independent communes with their own particular local laws. Anarchism in Spain became popular among the rural poor in the late 19th century, often inciting local insurrections. In time, the philosophy made its way into mining communities and working communities in Barcelona and Madrid. It became popular among young and radical intellectuals, and reportedly even attracted the likes of a young Pablo Picasso. Spanish anarchism was a struggle primarily against both the Church and the State. Just as in France in the 1890s, Spanish anarchism often had violent expressions in bombings and assassinations, met with brutal government repression.

In time, however, the inability of terrorism to overthrow the State became clear, and instead of violence, propaganda became the primary tactic, of spreading the philosophy among workers and peasants. In 1907, in the midst of industrial unrest, libertarian unions in Catalunya, Spain, formed the syndicalist organization, Solidaridad Obrera (Workers’ Unity), and in 1909 it called a general strike. Street battles broke out in which roughly 200 workers were killed, and after which the unions decided to form a stronger and larger organization, the Confederacion Nacional del Trabajo (CNT), which by 1919 had a membership of one million. Between 1917 and 1923 it organized revolutionary strikes all across Spain. In 1919, the CNT adopted the principles of communismo libertario is its main ideology, uniting many unions and workers in opposition to authoritarian socialism.

The highly decentralized structure of the CNT made it resilient to repression, just as several anarchist groups in Russia during the Revolution and Civil War. In the late 1920s and early 1930s, the moderates and reformers were pushed out of the CNT, and the more radical Federacion Anarquista Iberica (FAI) took centre stage. Anarchist workers and peasants attempted to form insurrectional communes across Spain in the early 1930s, often leading to violent state repression. More strikes and insurrections were attempted, one of which included an uprising of 70,000 miners in 1934 which was violently crushed (with the help of Moroccan troops), with hundreds killed. In the following two years, Spain was drifting toward civil war. In 1936, a vision of a new society was outlined at the national congress of the CNT, representing half a million workers by this time, promoting libertarian communism in a society of communes, based on free association syndicalism, linked through regional and national federations, void of social hierarchy.

The individual and collective were simultaneously promoted, so that one was not sacrificed for the other, but rather, both were strengthened in support of one another. Diversity was accepted and promoted, understanding that communes would take on different forms and represent different ideological strands. Education was to be concerned with literacy so that people may think for themselves, and there was no distinction between intellectuals and workers. Courts and prisons were without purpose. These resolutions adopted at the 1936 congress were not to be a blueprint, but rather, “the point of departure for Humanity towards its integral liberation.” Between the time of the congress and the end of the year, the membership of the CNT had grown from 500,000 to 1.5 million. Franco rebelled against the Spanish Republic in July of 1936, was his forces were quickly disarmed by popular militias.

Franco still managed to take control of half the country, though the anarcho-syndicalists were running Barcelona, and Catalunya was essentially an independent republic. Ultimately, however, the concept of the social revolution was being sacrificed in order to fight against Franco and his fascist faction. Still, workers and peasants were being organized to manage their own affairs, and Libertarian Communism seemed not only possible, but actual. Anarchists and other groups formed militias to fight against Franco. George Orwell, who was in Spain fighting against Franco, was also correcting the perceptions given about the anarchists, explaining the incredible achievements of Spanish anarchism.

By 1937, roughly 3 million people were living in collective rural communities. Many villages were established, where money was abolished, collectivizing the land, eradicating illiteracy, and the popular assemblies often included woman and children, responsible for electing an administrative committee which would be accountable to the assemblies. There were also some communities which were ‘individualist’, where people would work their own individual plots of land, while Barcelona became the centre of “urban collectivization.” Public services and industries were run remarkably well in a large and diverse city. Between July and October 1936, “virtually all production and distribution were under workers’ control.” However, the social revolution was undermined by the war against Franco, and the increasing struggle with other factions, such as the Communists.

Some anarchist  leaders were being co-opted into government, and the CNT became increasingly ineffective. As the other factions were receiving foreign support, with the Communists getting support from the Soviet Union, Franco getting support from Hitler and Mussolini, and other factions getting support from Western liberal states, the CNT felt that it would have to incorporate with the state in order to get aid in order to win the war. Thus, by the middle of 1937, wrote Peter Marshall, “the greatest anarchist experiment in history was virtually over; it has lasted barely a year.” The communists had begin to replace the anarchists due to their foreign aid from the Soviet Union, who also organized a secret police which began a reign of terror, largely against anarchist groups, and ultimately the government itself crushed anarchist resistance and imposed censorship of the CNT.

The conflict between the Communists and Anarchists was perhaps the central reason why the Republicans lost the war against Franco, who ultimately conquered Spain in 1939, establishing a fascist dictatorship which lasted until 1976, and which had caused half a million radical Spaniards to flee into exile. Thus, Spain represented both the greatest achievement and failure of anarchism in the 20th century.

Though the movement itself was largely debased during the Cold War, the ideas continued to evolve, and new strands emerged, such as ecological anarchism and even anarcho-Capitalism, which came to be a driving force behind the modern American libertarian movement.

Devon DB: What role did anarchism play in the 19th century labor movement? How was anarchism received in the general labor movement and the regular populace?

Mr. Marshall: In the 19th century United States, labour struggles were a consistent historical development. As anarchism became an articulated idea and philosophy, along with Marxism and Socialism, these radical philosophies became increasingly associated with labour movements, especially in the formation and operation of unions. In the 1860s, two anarchist federations were formed in the United States, the New England Labor Reform League and the American Labor Reform League, which, according to William Reichert, “were the source of radical vitality in America for several decades.” Arguably the most influential American anarchist of his time, Benjamin Tucker, translated the works of Proudhon in 1875, and started his own anarchist publications and journals.

From the 1880s onward, many immigrants to the United States, such as Emma Goldman, helped facilitate the growing popularity of anarchism. Anarchist ideas had some grounding in the revolutionary labour movement in Chicago in the period of the 1870s to the 1880s, noted especially in the Haymarket Affair in 1886, which was connected with the struggle for the eight-hour workday. Across the country on May 1, 1886, roughly half a million workers demonstrated in support of this idea, with the most extreme cases in Chicago, with the largest strikes and demonstrations. Three days later, on May 4, a bomb was thrown at a protest rally in Chicago’s Haymarket Square, killing several police officers and leading to the shooting deaths and injuries of an unknown amount of protesting workers by the police.

The bombing, though its origins remain a mystery, led to the Chicago elite leading a crusade against revolutionary workers movements, with over 200 members of the International Working People’s Association (IWPA) arrested and several tried, with the state prosecutor proclaiming, “Anarchy is on trial.” Following the Haymarket Affair, working class organizations and unions became increasingly radical, many of them adopting distinctly anarchist principles of organization and ideology, and in turn, state repression became more violent and pronounced. The reason why radical unions did not survive the following decades was not due to some intrinsically American spirit of “rugged individualism,” and the national mythology dictates, but rather due to the violent and consistent state repression. Thereafter, and until this very day, May 1 has been celebrated internationally (though ironically not in the United States or Canada) as International Workers’ Day (or May Day).

This radical movement that had emerged out of Chicago in this era has often been referred to as a blending of Marxism and Anarchism, as “anarcho-syndicalist,” “revolutionary socialist,” or even “communistic-anarchist.” It did indeed have a profound impact upon all labour struggles in the following era, upon the agitation and strikes, and upon union organization and ideology. However, as it evolved into the 20th century, unions became increasingly crushed, co-opted, and dismembered, so that instead of united and international federations, they became industry and even company-specific, they became reformist, not revolutionary, and they became even corporatist, in which they sought to work with big business and government instead of against.

This is most emblematic today in the organization and ideology of the largest union federation in the U.S., the AFL-CIO, whose leaders are members of the Trilateral Commission, regularly speak at the Council on Foreign Relations, and are involved in foreign imperial policy for the United States, going with U.S. financial backing to poor nations to organize workers along corporatist lines, drawing them away from radical and revolutionary organization and ideology.

Devon DB: How has anarchist philosophy been distorted over time?

Mr. Marshall: This is a very important question. Anarchism is often considered synonymous with violence and chaos, when in truth, it has far more to do with peace and order. Anarchism has been very easy to dismiss and discredit simply because of its vast diversity. It has had no consistent and rigid structure of thought or action. Yes, there have been violent anarchists and violent agitation, terrorism, and assassinations, and this has done a great deal to discredit an entire and incredibly diverse realm of philosophical thought, but there is much more to anarchist ideas and actions. Anarchist history is often written out of official histories, such as with the Russian and Spanish revolutions, such as with Argentina and the spread of Jewish emigrants. Even today, many in the “alternative” media demonize anarchists.

Anarchist groups were among the first documented cases of having police infiltrators in London in the late 19th century. Infiltration of anarchist groups often still takes place, or more common, is that infiltrators in protests or other demonstrations simply aim to appear like “anarchists”, who are often associated with the Black Bloc, wearing black and with faces covered by masks or bandanas. Many in the alternative press blame police infiltrators for all the violence at protests, which is a misrepresentation, and simultaneously they often portray anarchist groups such as the Black Bloc as entirely consisting of police infiltrators, which is also a misrepresentation. In turn, the state and media portray these same anarchistic groups as violent thugs and criminals, and justify state repression against protesters.

Now, while infiltration of such groups has been documented, we cannot conclude therefore that the entire group or its membership is. This is especially true for anarchist organizations, which reject hierarchical organization, and are therefore more challenging to co-opt or control through traditional means. While certain infiltrators may be present, it does not imply that the entire grouping is being led by such individuals, and the groups are often so loosely-knit that they do not even have a traditional organization as we typically understand it. However, such groups are subject to propaganda from all sides, and this has done a great deal to demonize anarchism as a whole.

In Montreal, for example, anarchists have often been blamed for most of the violence and vandalism, when in fact it is the police (in official uniforms) who have been the most violent and destructive against the burgeoning students movement which began back in February. If you look at the “anarchist” violence, it typically consists of vandalism against bank property, such as smashing bank windows, or throwing rocks at police. Some others among the protesters have also participated in these actions, which are almost always reactions against the police brutality that has been taking place. Reading statements of student protesters who were present on the May 4 protest in Victoriaville, Quebec, where several students were shot in the face with rubber bullets by the police and nearly killed, we see another side to the so-called Black Bloc. Students described being tear gassed and falling to the ground as the riot police approached. Then it was members of the “Black Bloc” (or at least identified as looking like members, since there is hardly a membership roster), with their faces covered and goggles on, who would assist these fallen students, bringing them away from the riot police, treating their eyes, getting them to a medic, kicking the tear gas canisters back to the police. In many protests, when the police violence takes place, it is these individuals who appear to be on the “front lines.” And while their specific actions may not be condoned, they do reflect a popular anger among a rather large segment of the students. So in terms of the demonization of anarchists, or very specific anarchist actions of violence, there is a difference between condoning the act, and condemning the anger.

Simply because the act itself may not be helpful in terms of gaining popular support for a cause, or because it “justifies” police repression in turn, does not mean – as many in the alternative press articulate – that the anarchists are “working for the State,” are all agent provocateurs or infiltrators. Though this is the case at times, it is misleading to portray it as exclusive, and it simplifies rather complex situations, circumstances, and reactions. When a police truck was driven into a group of students at Victoriaville on May 4, it was a small group of average student protesters who picked up rocks to throw at the truck.

The vast majority of students were peaceful in the face of police violence and repression, but the fact that some will react violently is not a reason to dismiss, but an important point of understanding: it informs us that the situation is more extreme, that the reaction is more intense, that the circumstances are more dire. In the same way that when you corner an animal it becomes both its most vulnerable and most vicious, we are seeing this emerge in various protest movements and demonstrations around the world. Simply blaming “anarchists” does little to quell the violence and unrest, and does a great deal of harm to properly understanding these situations and how best to resolve them. Ironically, as anarchists in Montreal have been blamed for most of the violence at protests here over the past 15 weeks, the most organized and openly admitted anarchist event was in holding a large book fair.

Anarchism is still an intellectual pursuit, and because of its refusal to become a rigid ideology, and because of its acceptance of diversity, there will always be more radical and even violent elements and tactics, but ultimately, it is a philosophy built around the concept of solidarity and cooperation, of free association, liberty, and peace. The most common argument against anarchism, from those who typically do not understand what anarchy is, is that without some form of “authority,” the world would be chaos, people would be killing each other, and we would have disorder and destruction.

The simplest answer to this, is to ask the person what we have in the world today: we live in a world of extreme authority, of more globalized authority in every sector of human action and interaction than ever before in human history, yet so much of the world is in chaos, disorder, destruction, war, starvation, decimation, division, segregation, exploitation, and domination. It is not a lack of order and authority that has brought this to be, but rather the exercise of authority in the name of order. People see anarchy as a paradox without acknowledging the paradox of the ideology versus reality of the world we currently live in. This has been the greatest success in distorting the philosophy of anarchism.

Devon DB: How has anarchism been used in other parts of the world as a means of resistance?

Mr. Marshall: Anarchism historically spread to London, France, Spain, Italy, the United States, and especially Argentina in Latin America, as some of its most obvious examples. As it was largely destroyed as a powerful movement following the two World Wars, it had a re-emergence during the rise of the New Left in the 1960s. The New Left was pivotal in the political agitation and protest movements in Europe and the United States in the late 1960s and early 1970s. It helped to re-invigorate an anti-Capitalist ideology and thinking, and in some cases, spawned an anarcho-Capitalist ideology itself. As the environmental movement emerged, so too did an anarchistic brand of environmentalism. Thus, as new movements and social agitation emerged and erupted, new brands and ideas of anarchism would adapt and evolve to the changed circumstances, just as it has through a great deal of human history.

Devon DB: What is your opinion on modern-day anarchism, specifically anarchists who are a part of Occupy?

Mr. Marshall: Modern anarchists are simply too diverse to hold a single opinion. It comes down, as it always has, to recognizing the diversity, and forming diverse opinions on different groups and tactics. As I referenced earlier, I may not condone the act, but I cannot condemn the anger. There was a time when I too would portray all violence as destructive and mindless and would even point as those who committed it as mere infiltrators and agents provocateurs. However, after having been witness to and caught in the midst of the student rebellion erupting in the Canadian province of Québec over the past 15 weeks, after having seen the national propaganda campaign against the students and the violent state repression enacted on a daily basis, it does not surprise me to see some people turning to acts of violence in their resistance. It ultimately is not helpful for the student movement as a whole, as it demonizes them and reduces popular support. But what I have come to understand is that it is a symptom of a large and growing anger, frustration, and discontent.

Violence and terror are reactions of the desperate, so instead of demonizing the act itself, we must come to understand the desperation. For if we truly want peace, and peaceful protests, we must understand the origins of violent reactions. Anarchist groups and ideas are re-emerging around the world to a larger and quicker degree than perhaps thought possible. We see anarchists as part of protest movements in Britain, Spain, Greece, Quebec, the United States, in the Occupy Movement, in Iceland and Italy. The tactics and specifics vary from place to place and person to person, of course. For example, in Italy, there was a recent case in which an anarchist group took responsibility for kneecapping an Italian nuclear company executive, and threatened more shootings. I think it is likely we will see a type of historical parallel to what took place in the 1880s in many places around the world, where we see acts of violence and terror which are attributed to or undertaken by individual or specific anarchist groups, and that as these tactics are presented as unhelpful, as counter-productive and problematic, there may be an increased tendency to renounce all forms of violence and to focus on education and “propaganda,” which the vast majority of anarchists focus on already.

Just as a contrast, while it may be the case that an anarchist group has shot at industry executives in Italy, an anarchist intellectual – Noam Chomsky – has for decades been speaking softly and eloquently, writing and reading and agitating not with fists but words. Ultimately, Chomsky has done more to advance anarchism and anarchist ideas than any act of violence has or could. This is the direction that should be most pursued, and along the lines of anarchistic organization. If you simply look at the Occupy Movement itself, there are many cases of anarchistic structure: the lack of hierarchy, the general assemblies, the public libraries, etc. The libraries are a fascinating case, especially in this time of “economic austerity” in which libraries are increasingly coming under the harsh gaze of the State to have their funding cut.

What the Occupy groups have shown is that if the State takes away the libraries, people can simply organize their own. In Greece, the State demanded that a hospital close down due to budget cuts. Workers at the hospital occupied it and began to run it themselves. There are also reports that some communities in Greece are attempting to form their own currency or trading system. Around the world we increasingly see workers occupying factories and taking over the management collectively, demonstrating the lack of need for professional “managers” (who take all the profits), and the amazing ability of workers to be both decision-makers and producers. These cases are not discussed often or reported frequently, simply because they represent the problem of a good idea: other people might notice. In this sense, if we understand but don’t emphasize the violent actions of a few, and instead if we come to examine and understand anarchism for the vast diversity of philosophy and tactics it truly represents, we are able to see a great degree of hope and progress coming from this movement in the future.

Where the State and corporations and banks work against the people (which is everywhere), where they close factories, foreclose on homes, cut education and health care spending, demand increased costs for people, while decreasing taxes for the rich, there are anarchistic answers and possibilities. In regards to where I currently live in Quebec, with a massive student movement sparked by a 75% increase in tuition, we are suffering under an old paradigm of education, of a political, social, and economic system that benefits the few at the expense of the many. While the first response is to ‘defend’ the educational system as it currently exists, the long-term solution is to radically reorient our conception and organization of education itself. For example, when the university system originated in the Middle Ages, there were two initial brands of university education: the Paris model, and the Bologna model.

In Paris, the school was run by administrations and cultural-regional elites. Over time, as the nation-state and capitalism evolved, these became the patrons and administrators of universities. In Bologna, Italy, the school was run by the students and staff. For obvious reasons, the Paris model won out, but it would seem that in the face of our current global social, political, and economic crises, it is time for the Bologna model to win the historical battle in a resurgence. The notion of students and staff running schools is distinctly anarchistic, in the same way that workers running factories is. As Proudhon declared, “Anarchy is Order,” and in a world of so much chaos and destruction and authority, perhaps it is time for a little anarchy and order.

See original interview here.

Bringing Down the Empire: Challenging the Institutions of Domination

Bringing Down the Empire: Challenging the Institutions of Domination

By: Andrew Gavin Marshall

“Nothing is more powerful than an idea whose time has come.” – Victor Hugo

We have come to the point in our history of our species where an increasing amount of people are asking questions, seeking answers, taking action, and waking up to the realities of our world, to the systems, ideas, institutions and individuals who have dominated, oppressed, controlled, and ensnared humanity in their grip of absolute control. As the resistance to these ideas, institutions, and individuals grows and continues toward taking action – locally, nationally, regionally, and globally – it is now more important than ever for the discussion and understanding of our system to grow in accord. Action must be taken, and is being taken, but information must inform action. Without a more comprehensive, global and expansive understanding of our world, those who resist this system will become increasingly divided, more easily co-opted, and have their efforts often undermined.

So now we must ask the questions: What is the nature of our society? How did we get here? Who brought us to this point? Where are we headed? When will we get to that point? Why is humanity in this place? And what can we do to change the future and the present? These are no small questions, and while they do not have simple answers, the answers can be sought, all the same. If we truly seek change, not simply for ourselves as individuals, not merely for our specific nations, but for the whole of humanity and the entire course of human history, these questions must be asked, and the answers must be pursued.

So, what is the nature of our society?

Our society is one dominated not simply by individuals, not merely by institutions, but more than anything else, by ideas. These three focal points are of course inter-related and interdependent. After all, it is individuals who come up with ideas which are then institutionalized. As a result, over time, the ‘institutionalization of ideas’ affect the wider society in which they exist, by producing a specific discourse, by professionalizing those who apply the ideas to society, by implanting them so firmly in the social reality that they often long outlive the individuals who created them in the first place. In time, the ideas and institutions take on a life of their own, they become concerned with expanding the power of the institutions, largely through the propagation and justification of the ideas which legitimate the institution’s existence. Ultimately, the institution becomes a growing, slow-moving, corrosive behemoth, seeking self-preservation through repression of dissent, narrowing of the discourse, and control over humanity. This is true for the ideas and institutions, whether media, financial, corporate, governmental, philanthropic, educational, political, social, psychological and spiritual. Often the idea which founds an institution may be benevolent, altruistic and humane, but, over time, the institution itself takes control of the idea, makes it rigid and hesitant to reform, and so even the most benevolent idea can become corrupted, corrosive, and oppressive to humanity. This process of the institutionalization of ideas has led to the rise of empires, the growth of wars, the oppression of entire populations, and the control and domination of humanity.

How did we get here?

The process has been a long one. It is, to put it simply, the history of all humanity. In the last 500 years, however, we can identify more concrete and emergent themes, ideas, institutions, individuals and processes which brought us to our current place. Among these are the development of the nation-state, capitalism, and the financial system of banking and central banking. Concurrently with this process, we saw the emergence of racism, slavery, and the transformation of class politics into racial politics. The ideas of ‘social control’ came to define and lay the groundwork for a multitude of institutions which have emerged as dominant forces in our society. Managing the poor and institutionalizing racism are among the most effective means of social control over the past 500 years. The emergence of national education systems played an important part in creating a collective identity and consciousness for the benefit of the state. The slow and steady progression of psychiatry led to the domination of the human mind, and with that, the application of psychology in methods of social engineering and social control.

Though it was in the 19th century that revolutionary ideas and new philosophies of resistance emerged in response to the increasing wealth and domination at the top, and the increasing repression and exploitation of the rest. In reaction to this development, elites sought out new forms of social control. Educational institutions facilitated the rise of a new intellectual elite, which, in turn, redefined the concept of democracy to be an elite-guided structure, defined and controlled by that very same intellectual elite. This led to the development of new concepts of propaganda and power. This elite created the major philanthropic foundations which came to act as “engines of social engineering,” taking a dominant role in the shaping of a global society and world order over the 20th century. Ruthless imperialism was very much a part of this process. By no means new to the modern world, empire and war is almost as old as human social organization. In the late 19th and early 20th centuries, rapid imperial expansion led to the domination of almost the entire world by the Western powers. As the Europeans took control of Africa, the United States took control of the Caribbean, with Woodrow Wilson’s brutal occupations of Haiti and the Dominican Republic.

The two World Wars transformed the global order: old empires crumbled, and new ones emerged. Bankers centralized their power further and over a greater portion of human society. After World War II, the American Empire sought total world domination. It undertook to control the entirety of Latin America, often through coups and brutal state repression, including support to tyrannical dictators. This was done largely in an effort to counter the rise of what was called “radical nationalism” among the peoples of the region.  In the Middle East, the United States sought to control the vast oil reserves in an effort to “control the world.” To do so, the United States had to set itself against the phenomenon of Arab Nationalism. Israel emerged in the context of great powers seeking to create a proxy state for their imperial domination of the region. The birth of Israel was itself marked by a brutal campaign of ethnic cleansing against the domestic Palestinian population, a fact which has scarred forever the image and reality of Israel in the Arab world. The development of the educational system facilitated the imperial expansion, not only in the United States itself, but globally, and largely at the initiative of major foundations like Rockefeller, Carnegie, and Ford.

Who brought us here?

While the ideas and institutions are the major forces of domination in our world, they are all started by individuals. We are ruled, though it may be difficult to imagine, by a small dynastic power structure, largely consisting of powerful banking families, such as the Rothschilds, Rockefellers, and others. The emerged in controlling the financial system, extended their influence over the political system, the educational system, and, through the major foundations, have become the dominant social powers of our world, creating think tanks and other institutions which shape and change the course of society and modern human history. Among these central institutions which extend the domination of these elites and their social group are the Council on Foreign Relations, the Bilderberg Group, and the Trilateral Commission.

Where are we headed, and when will we get there?

We face the possibility of a major global war. Already the Western imperial powers have been interfering in the Arab Spring, attempting to co-opt, control, or outright repress various uprisings in the region, as well as extending their imperial interests by supporting militant and destructive elements in order to implement – through war and destabilization – regime change, such as in Libya. The war threats against Iran continue, not because Iran is seeking a nuclear weapon, but because Iran seeks to continue to develop independent of Western domination and has the capacity to defend itself, an incomprehensible thought for a global empire which believes it has the ‘right’ to absolute world domination. The empire itself is threatened by a ‘Global Political Awakening’ which marks the changing ideas and understandings of humanity about our situation and the possibility for change, even revolutionary if necessary. As the global economic crisis continues to descend into a ‘Great Global Debt Depression,’ we see the increasing development of resistance, leading even to riots, rebellion, and potentially revolution. The middle classes of the West are being plunged into poverty, a condition which the rest of the world has known for far too long, and as a result, the political activation of these classes, along with the radicalization of the student population – left in jobless debt for an eternity – create the conditions for global solidarity and revolution. These conditions also spur on the State to impose more repressive and totalitarian measures of control, even to the possibility of state terror against the domestic population.

Just as the process of resistance and repression increase on a global scale, so too does the process of global centralization and expansion of domination. Through crises, the global elites seek to construct the apparatus of a ‘global government.’ The major think tanks such as the Bilderberg Group have long envisioned and worked toward such a scenario. This ‘new world order’ being constructed is specifically for the benefit of the elite and to the detriment of everyone else, and will inevitably – as by the very nature of institutions – become tyrannical and oppressive. The ‘Technological Revolution’ has thus created two parallel situations: never before has the possibility of absolute global domination and control been so close; yet, never has the potential of total global liberation and freedom been so possible.

Why are we here, and what can we do to change it?

We are here largely due to a lack of understanding of how we have come to be dominated, of the forces, ideas, institutions, and individuals who have emerged as the global oligarchy. To change it, firstly, we need to come to understand these ideas, to understand the origins and ‘underneath’ of all ideas that we even today hold as sacrosanct, to question everything and critique every idea. We need to define and understand Liberty and Power. When we understand these processes and the social world in which we live, we can begin to take more informed actions toward changing this place, and toward charting our own course to the future. We do have the potential to change the course of history, and history will stand in favour of the people over the powerful.

The People’s Book Project seeks to expand this understanding of our world, and the ideas, institutions, and individuals which have come to dominate it, as well as those which have emerged and are still emerging in resistance to it. What is the nature of our society? How did we get here? Who brought us here? Why? Where are we going? When will we get there? And what can we do to change it? These are the questions being asked by The People’s Book Project. The products of this project, entirely funded through donations from readers like you, is to produce a multi-volume book on these subjects and seeking to answer as best as possible, these questions. It is, essentially, a modern history of power, people, and potential. The book itself lays the groundwork for a larger idea, and a plan of action, a method of countering the institutional society, of working toward the empowerment of people, the undermining of power, to make all that we needlessly depend upon irrelevant, to push people toward our true potential as a species, and to inform the action of many so that humanity may learn, discover, try and, eventually, succeed over that which seeks to dominate.

The People’s Book Project depends entirely upon you, the reader, for support, and that support is needed now.

See what others are saying about The People’s Book Project:

The People’s Book Project may be a radical idea for radical times, but it’s an idea whose time has come. With crowd-funding the people finally have the chance to compete with the seemingly unlimited resources of  the financial elite who have traditionally written our history. This  is why I support Andrew Gavin Marshall’s project and hope others will  support it, too. For once the people have the chance to reclaim their own history, and to tell the truth the way it deserves to be told.

James Corbett

The People’s Book Project is a great undertaking for our time. Around the world we have seen a political awakening of the oppressed, exploited, and impoverished that has swept the globe, from Cairo to Melbourne to the imperial capital itself: Washington D.C. The project is so important because by tracing how we got to this point in history and who got us here, it allows us to then use that knowledge to begin to envision and articulate a new global social, political, and economic order and then take concrete steps to see this vision come to fruition.

Devon DB

I am an enthusiastic supporter of the People’s Book Project because our society is in desperate need of creating new Social Architectures.  The Industrial Age is crumbling – but ‘the new’ has yet to be invented.  Thus, we need brilliant young minds to create new possibilities, through the haze of mind numbing commodification of everything.  The People’s Book Project represents incredible discipline and in-depth research by brilliant young minds to discover the futures we need to build together.  Join me in supporting this exploration of our future.

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Andrew Gavin Marshall