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French Translation: “Culture entrepreneuriale et empire mondialiste: Crise alimentaire, vol de terres, pauvreté, bidonvilles, dévastation environnementale et résistance”

The following is a French translation of my recent article, “Corporate Culture and Global Empire: Food Crisis, Land Grabs, Poverty, Slums, Environmental Devastation and Resistance.

Translation courtesy of Résistance 71

Empire mondial: Vols, famines, pauvreté, oppression mènent à la résistance…mondiale…

Nous sommes en accord total avec la vision ici développée par Andrew Gavin Marshall. États et corporations sont par essence totalitaires et sortir de leur emprise passe par la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis par notre civilisation occidentale au cours de l’Histoire par le truchement de ces deux entités et la fusion avec les mouvements des peuples colonisés en Amérique du nord et du sud, en Afrique et en Australasie.

L’heure des peuples approche, l’oligarchie le sait et tremble !

– Résistance 71 –

Culture entrepreneuriale et empire mondialiste: Crise alimentaire, vol de terres, pauvreté, bidonvilles, dévastation environnementale et résistance

Andrew Gavin Marshall

Le 7 Janvier 2013

url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/01/07/corporate-culture-and-global-empire-food-crisis-land-grabs-poverty-slums-environmental-devastation-and-resistance/

- Traduit de l’anglais par Résistance 71 -

Le pouvoir des entreprises est immense. La plus grosse des corporations au monde est la Royal Dutch Shell, qui n’est surpassée en richesse que par 24 nations sur terre. Des 150 plus grandes entités économiques au monde, 58% sont des grosses entreprises multinationales. Les entreprises sont totalitaires de manière institutionnelle, le résultat de la résistance du pouvoir à la révolution démocratique, qui fut accepté par la sphère politique, mais refusé par la sphère économique, ainsi empêchant une véritable société démocratique. Les corporations sont motivées par une religion appelée “profits à court terme”. La société entrepreneuriale, une société de capitalisme d’état, s’est épanouie aux Etats-Unis et a géré la transition de la société américaine au début du XXème siècle, de la même manière que les fascistes et les communistes gérèrent les transitions à travers l’Europe. Avec chaque guerre mondiale, la société américaine, son pouvoir politique et économique, a augmenté en influence globale et à la fin de la seconde guerre mondiale, cette société entrepreneuriale fut exportée partout dans le monde.

Ceci représente un empire. L’armée américaine, les agences de renseignement et l’appareil de sécurité de l’état opèrent avec l’intention de servir les intérêts des grosses entreprises américaines et maintenant de plus en plus transnationales et de l’état américain. Guerres, coups d’état, campagnes de déstabilisation, soutien de dictateurs, de tyrans, génocides et oppression sont les produits de l’interaction de l’occident avec le reste du monde.

Dans le même sens que “dieu fit l’Homme à son image”, les corporations ont refaçonné les sociétés en vue de leurs propres intérêts et avec la même arrogance. De grosses entreprises et des banques ont créé ou pris le contrôle de think tanks, de fondations (charitables), d’institutions éducatives, des médias, des relations publiques, de la publicité et des autres secteurs d’activité de la société. Par leur contrôle des institutions, elles étendent leurs idéologies de pouvoir, et les variances en leur sein, à la population, aux autres élites, à la classe “éduquée”, la classe moyenne, les pauvres et la classe laborieuse. Aussi loin que les idées exprimées soutiennent le pouvoir, c’est “acceptable”. Il est possible de critiquer, mais l’analyse institutionnelle n’est pas permise. Les idées qui s’opposent au pouvoir institutionnel sont “idéologiques”, “idéalistes”, “utopiques” et ultimement… inacceptables.

La culture de ces entreprises domine notre société occidentale. Etant de manière inhérente des institutions totalitaires, la culture et ses institutions, deviennent de plus en plus totalitaires. Ceci est la réponse du pouvoir économique privé pour détricoter les succès ayant eu lieu au cours de l’histoire humaine et qui sont venus par une croissance démocratique au sein de la sphère politique. Les corporations et les banques recherchent le contrôle et consument tout sur leur passage, afin de dominer sans partage et sans fin.

La seule raison pour laquelle les corparations furent et sont capables d’être l’institution culturelle de référence aux XXème et XXIème siècles, est à cause de leur puissance économique. Celle-ci est dérivée de l’exploitation: des ressources, de l’environnement, du travail, des consommateurs. Elle est renforcée par la répression: le boulot de l’état dans la société de capitalisme d’état, venant avec des aides massives et des mesures de protectionnisme pour protéger corporations et intérêts financiers. Alors que le pouvoir entrepreneurial s’étendait dans le monde, la destruction rapide de l’environnement et des ressources s’accéléra et les puissances occidentales ont délocalisé la dévastation environnementale que nos sociétés de consommation requèrent, dans les pays du soi-disant tiers-monde. Nous consommons, ils souffrent; un mariage d’inconvénience que nous appelons “civilisation”. Les entreprises et l’état gardent le reste du monde dans un état de pauvreté et de répression notoire, essayant éternellement de bloquer l’inévitable révolution globale pour créer une société humaine qui agit… humainement. Nous étions occupés à acheter plein de trucs et nous ne pouvions pas être dérangés.

Maintenant, ce qui a été fait aux gens dont nous occupons maintenant le territoire, ou qui que ce soit dans le monde, est en train de nous être infligé de manière interne. Tout est à vendre ! Les corporations n’ont jamais fait autant de profits, elles engrangent les centaines de milliards et milliers de milliards de dollars en réserves de liquidité, argent qui n’est pas investi, attendant simplement que vos standard de vie aient été réduits de manière signifiante rendant ainsi votre force de travail et vos ressources bien meilleur marché et donc ultimement, toujours plus bénéficiable pour les mêmes. Ceci est appelé “austérité” ou “réformes structurelles”, des euphémismes politiques pour appauvrissement et exploitation.

Les corporations, les banques et les états ont causé ces dernières années une crise alimentaire massive, spéculativement montant les prix à des records de hausse chaque année depuis 2007. Avec quelques milliards de personne dans le monde vivant avec moins de 2 dollars par jour. La majorité de la population mondiale, dépense ses revenus en nourriture. L’augmentation des prix alimentaires, causés de manière spéculative (les gros joueurs dans ce domaine étant Goldman Sachs, Morgan Stanley et Barclays) a poussé des dizaines de millions de personnes dans toujours plus de pauvreté et plus de malnutrition. Environ un milliard (1/7 de la population mondiale) de personnes vivent dans des bidonvilles et ceci croît rapidement. D’énormes bidonvilles urbains sont développés depuis l’impérialisme des états occidentaux et des corporations et sont imposés au reste du monde, poussant les gens à l’exode rural et les amenant toujours plus nombreux dans les villes, soit à cause de la pauvreté induite ou contraints par les bombes et les violences armées. Le tout étant facturé aux sponsors du terrorisme de l’état occidental impérialiste. Nous avons soutenu et soutenons toujours de petites élites sans scrupules dans les pays que nous dominons ou avons dominé à travers le monde et maintenant nous venons juste de réaliser le cynisme de la règle d’une toute petite “élite” qui domine nos vies personnelles. Leur fonction sociale est celle du parasite: de sucer le sang de la société mondiale.

Les augmentations des prix alimentaires ont aidé à générer une énorme saisie des terres, l’occident (ainsi que les puissances du Golfe et d’Asie) s’appropriant de vastes zones de terres arables, ainsi que l’eau, de par le monde et ce pour une bouchée de pain. Cette saisie a été la plus notoire en Afrique, où ces dernières années, essentiellement des investisseurs occidentaux se sont accaparés des terres dont la superficie est proche de celle de l’Europe de l’Ouest. Ces terres contiennent non seulement de vastes richesses, comme l’eau, le Nil étant à vendre ! mais c’est également le lieu d’habitation de centaines de millions de gens et mondialement, il y a environ 2,5 milliards de personnes impliquées dans le fermage de petite envergure. Ceci est primordialement effectué au travers de terres communautaires, quelque chose que l’occident, avec son culte du “droit divin à la propriété privée”, ne comprend absolument pas. Ainsi dans la loi d’état et d’entreprise internationale, que nous avons créée, nous décrétons que la terre communautaire et utilisée doit devenir la propriété légale de l’état. Nos “investisseurs”: banques, hedge funds, fonds de pensions, entreprises multinationales et états, signent des accords avec des états corrompus du monde pour nous donner des contrats d’exploitation de 40 à 100 ans pour de vastes terres arables, payant peu ou parfois même  pas du tout de loyer. Ensuite, “les terrains vides”, comme nous les appelons, sont nettoyés (de leur ‘vide” soyons-en certains..), chassant les gens vivant sur ces terres depuis des générations et qui dépendent de la terre pour leur subsistance. Ces gens sont forcés de se déplacer vers les villes et finissent dans les nombreux bidonvilles prévus à cet effet.

Voilà ce que nous appelons “une utilisation productive de la terre”. Ensuite, bien sûr nous nous appliquons à la détruire, à évicérer l’environnement, à empoisonner, polluer, extraire, exploiter, piller et profiter de la manne; ou bien nous gardons la terre sans l’utiliser du tout, attendant juste qu’elle monte en valeur de profit. Même des universités américaines comme Harvard sont impliquées dans ce pillage des terres sans précédent en Afrique et ailleurs. Ceci constitue la plus grande saisie de terres de l’histoire depuis la “ruée sur l’Afrique” du XIXème siècle lorsque les Européens ont colonisé presque tout le continent. Quand nous utilisons la terre pour des “raisons productives”, nous disons que cela “va aider le climat” et “réduire les famines”. Comment ? Parce que nous allons produire de la nourriture et du biocarburant. Ce faisant, nous allons utiliser des quantités faramineuses d’engrais, de pesticides, d’insecticides, d’organismes génétiquement modifiés, nous allons faire usage d’une déforestation intensive, de la destruction de la biodiversité et implanter des techniques de fermage hautement mécanisées et lourdes en consommation de carburants. La nourriture que nous produisons, qui ne représente pas grand chose, car nous avons un plus grand intérêt dans le biocarburant, le commerce de bois précieux, les minerais, le pétrole, etc.. est ensuite exportée vers nos pays loin des pauvres qui baignent dans la misère et la famine. Ils perdent leurs terres, deviennent plus pauvres encore, avec en prime, une insécurité alimentaire croissante, la faim, la famine, la croissance des bidonvilles, l’augmentation de la mortalité, des maladies et de la violence. La pauvreté est la violence.

Voilà comment les états occidentaux, les corporations et les organisations internationales s’occupent du problème de la “faim”: en en créant encore plus. Et ironie du sort des plus sinistres, nous appelons tout cela avancer sur “la voie vers la durabilité”. Nous ne nous rendons pas bien compte que les intérêts du pouvoir ont une définition quelque peu différente de “durable”: ils combinent simplement les mots “durable” et “profitable” et l’appellent “durabilité”. Ce mot a déjà une signification pour la plupart des gens, nous n’avons fait que mal interprêter sa signification. Mais il y a des gens qui prennent ce concept très au sérieux, ceux qui font l’expérience des dégâts causés dans une société en banqueroute.

Nous sommes maintenant les témoins d’une grosse résistance à l’échelle mondiale, résistance essentiellement menée par les peuples indigènes, que ce soit en Afrique, en Amérique Latine, en Asie et maintenant en Amérique du Nord. Au Canada, le mouvement “Idle No More” commença avec quatre femmes autochtones de la province du Saskatchewan, qui ont décidées de se rencontrer et de discuter de leurs préoccupations au sujet de la “loi budgétaire” de Stephen Harper, le premier ministre, qui, entre autres, a réduit le nombre de rivières, de fleuves et de lacs protégés au Canada d’environ 2,5 millions (au 4 Décembre 2012) à quelque chose aux alentours de 62 (au 5 Décembre 2012). Maintenant, un très vaste mouvement de contestation, de plus en plus international et en expansion, mené par les natifs aborigènes du Canada, prend place. Il y a deux mois, cela commença avec quatre femmes qui ont eues une discussion…

Les nations indigènes du Canada sont en train de montrer aux Canadiens, et autres personnes dans le monde, comment résister au pouvoir. Ils ont eu pas mal d’entrainement. Pendant plus de 500 ans, nos sociétés occidentales ont opprimés et ont effacé les populations indigènes “à la maison” comme ailleurs. Les autochtones, comme toutes personnes opprimées, sont sur la ligne de front de la nature la plus répressive de notre société: Ils expérimentent et ont expérimenté l’exploitation, la dévastation environnementale, la domination et la décimation.. Avec les peuples natifs prenant la parole, pas seulement au Canada, mais à travers l’Amérique Latine, l’Afrique et ailleurs, il est plus que temps que nous autres en occident commencions à écouter. Il est toujours très important d’écouter ceux qui sont le plus opprimés; l’histoire de nos “victimes” est rarement écrite ou connue, du moins pas de nous. Les victimes elles se souviennent. Il est vraiment important que nous commencions à écouter.

Comment pouvons-nous espérer changer ou savoir quoi et comment changer nos sociétés si nous n’écoutons pas et n’apprenons pas de ceux qui ont l’expérience du pire de celles-ci ? Les peuples indigènes sont en train maintenant de nous donner une leçon de lutte démocratique. Si nous continuons sur notre voie actuelle, les communautés indigènes vont être complètement éliminées et les puissances qui gèrent notre société auront réussi à compléter un génocide commencé il y a 500 ans.

Nous devons donc nous poser la question: Ne devrions nous pas maintenant écouter ces gens, apprendre d’eux et les rejoindre dans la lute commune pour la justice et l’idée d’une société humaine ou… sommes-nous toujours trop occupés à acheter des trucs inutiles ?

Il serait peut-être temps que tous ensemble nous disions: Idle  No More, Plus Jamais Inactif !

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French Translation: “Le cartel de la drogue de la “super-entité” du système bancaire mondialiste : Le “marché libre” du capital financier”

The following is a French translation of my recent article, “The Global Banking ‘Super-Entity’ Drug Cartel: The “Free Market” of Finance Capital,” courtesy of Résistance 71.

Nouvel Ordre Mondial: la « super-entité » du cartel banquier supranational expliquée…

Excellente analyse très détaillée d’Andrew Gavin Marshall, qui nous explique par le menu le fonctionnement du dysfonctionnement sociétaire. La crise économique est planifiée, voulue, pilotée à dessein afin de transformer la société en une société post-industrielle néo-féodale, gérée par la super-entité du cartel supra-national des financiers et industriels les plus riches…

Le pillage, l’exploitation, l’escroquerie, le crime, commis par les oligarques de la haute finance en toute impunité sont simplement effarants ! Nous avons dit à maintes reprises ici que le système est au delà de toute rédemption et doit-être abattu pour être remplacé par une société non-pyramidale, autogérée où les communes libres se fédéreront entr’elles et continueront le schéma de coopération et d’entr’aide mutuelle à une échelle plus importante.

Andrew Marshall nous dépeint ici la raison même du pourquoi il nous faudra y parvenir pour notre salut. Le plus tôt sera le mieux… Solidarité et résistance à la ploutonomie du Nouvel Ordre Mondial ! Les peuples prévaudront !

*  *  *

Cet article de Guillaume de Rouville « L’atlantisme est un totalitarisme » est tout à fait complémentaire sur le plan géopolitique de cet article d’Andrew Gavin Marshall et ces deux articles doivent, à notre sens, être lus l’un après l’autre pour vraiment saisir pleinement la monstruosité qui nous gouverne globalement. Il est plus que temps que nous nous liguions contre cette infamie mondialiste eugéniste et mortifère qui nous mène au chaos et à la ruine totale…

– Résistance 71 –

 

Le cartel de la drogue de la “super-entité” du système bancaire mondialiste : Le “marché libre” du capital financier

Par Andrew Gavin Marshall

Le 28 Octobre 2012

url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2012/10/28/the-global-banking-super-entity-drug-cartel-the-free-market-of-finance-capital/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Je désire vous introduire, vous les lecteurs, à quelques réalités sur le système banquier mondial, fondé sur la réthorique des marchés libres, mais qui fonctionne de fait, comme un cartel global, une “super-entité” dans laquelle toutes les banques majeures du monde se possèdent l’une l’autre et qui possèdent les actions de contrôle des plus grandes mutinationales au monde, qui influencent les gouvernements et leur politique en ayant les politiciens dans leur poche, qui s’engagent de manière coutumière dans la fraude et la corruption, blanchissent des centaines de milliards de dollars d’argent sale de la drogue, sans mentionner les ventes d’armes illégales et le financement terroriste. Ces banques sont “les trop grosses pour échouer” ou les “trop grosses pour mettre en prison”, qui sont au centre de notre économie mondiale, de ce que nous appelons le “libre-échange”, impliquant que les banques mondiales et les entreprises ont “carte blanche” pour faire ce qui leur plait, s’engager dans des activités criminelles ouvertes, voler des milliers de milliards de dollars en richesse qui sont cachées offshore dans des paradis fiscaux, tout en ne recevant qu’une tape sur la main pour leur méconduite. Ceci est le véritable “libre-échange”, un cartel banquier globaliste générant de très hauts profits et fonctionnant comme une mafia financière mondiale.

La recherche scientifique prouve l’existence d’une “super-entité” financière globale

En Octobre 2011, la revue “New Scientist” a rapporté qu’une étude scientifique sur le système financier mondial a été entreprise par trois théoriciens des systèmes complexes du Swiss Federal Institute of Technology de Zürich en Suisse. La conclusion de cette étude révèle ce que bien des théoriciens et des observateurs ont noté depuis des années, des décennies et de fait, des siècles, à savoir: “Une analyse des relations entre 43 000 entreprises transnationales a identifié a groupe relativement restreint d’entreprises, principalement des banques, qui ont un pouvoir totalement disproportionné sur l’économie mondiale”. Comme un des chercheurs l’a formulé: “La réalité est tellement complexe, que nous devons sortir du dogme, que ce soit de la théorie du complot ou du marché de libre-échange… Notre analyse est basée sur la réalité.” Utilisant une base de données listant 37 millions d’entreprises et d’investisseurs dans le monde entier, les chercheurs ont étudié toutes les 43 060 entreprises transnationales (ETN), et ce incluant les co-propriétés les liant entr’elles.[1]

La cartographie du “pouvoir” fut faite par un modèle construit montrant quelles entreprises contrôlaient quelles autres au travers de l’actionnariat. La toile de propriété révéla un noyau dur de 1318 entreprises qui avaient des liens avec deux ou plus autres entreprises. Ce “noyau” fut prouvé posséder environ 80% des revenus mondiaux pour l’ensemble des 43 000 ETN. Ensuite vint ce que les chercheurs référèrent comme étant la “super-entité” de 147 entreprises très étroitement imbriquées les unes avec les autres, qui se possèdent toutes l’une l’autre et qui possèdent collectivement 40% de la richesse totale du réseau entier. Un des chercheurs nota: “De fait, moins de 1% des entreprises étaient capables de contrôler 40% du réseau entier”. Ce réseau pose une grave menace à l’économie mondiale, car “si une entreprise souffre et est en détresse… cela se propage”. L’étude fut faite avec une base de données antérieure à la crise économique, ainsi alors que la crise a forcé certaines entreprises comme Lehman Brothers à mourir et d’autres à merger, la “super-entité” serait maintenant encore plus connectée, concentrée et problématique pour l’économie.[2]

Les 50 top entreprises sur la liste de cette super-entité incorporent (en 2007): Barclays Plc (1), Capital Group Companies Inc (2), FMR Corporation (3), AXA (4), State Street Corporation (5), JP Morgan Chase & Co. (6), UBS AG (9), Merrill Lynch & Co Inc (10), Deutsche Bank (12), Credit Suisse Group (14), Bank of New York Mellon Corp (16), Goldman Sachs Group (18), Morgan Stanley (21), Société Générale (24), Bank of America Corporation (25), Lloyds TSB Group (26), Lehman Brothers Holdings (34), Sun Life Financial (35), ING Groep (41), BNP Paribas (46), et plusieurs autres.[3]

Aux Etats-Unis, cinq banques contrôlent la moitié de l’économie: JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo et Goldman Sachs Group; elles possèdent collectivement 8500 milliards de dollars en avoirs à la fin de 2011, ce qui est équivalent à environ 56% de l’économie des Etats-Unis. Ces données sont conformes à celles divulguées par les banquiers centraux de la réserve fédérale. En 2007, les biens et avoirs des plus grandes banques comptaient pour 43% de l’économie états-unienne. Donc la crise a rendu ces banques plus grosses et plus puissantes que jamais. Parce que le gouvernement a invoqué le vocable de “trop grosses pour échouer”, ce qui veut dire que les grosses banques seront sauvées car elles sont trop importantes économiquement, ces grosses banques ont des intérêts à donc continuer de prendre des risques de plus en plus grands parc e qu’elles savent qu’elles seront sauvées à la fin (NdT: avec les deniers publics). Essentiellement, ceci représente une police d’assurance pour une attitude criminelle à prendre des risques. L’ancien président de la banque de la réserve fédérale de Minneapolis a déclaré: “Les participants du marché pensent que rien n’a changé, que les trop-grosses-pour-échouer sont toujours intactes.” Rappelez-vous que le mot “marché” veut dire “cartel banquier” (ou “super-entité” si vous préférez). Ainsi, ils construisent de nouvelles bulles et achètes des bonds du trésor (de la dette souveraine), rendant le système financier mondial encore plus insécure et à risque d’un plus grand effondrement que celui qui eut lieu en 2008.[4]

Quand les policiens, les économistes et autres réfèrent au “marchés financiers”, ils réfèrent en fait à la “super-entité” des institutions de l’entreprise financière qui dominent, collectivement, l’économie mondiale. Par exemple, le rôle des marchés financiers dans la crise de la dette qui a ravagée l’Europe ces deux dernières années est souvent référé comme étant une “discipline de marché”, qui voit des marchés financiers spéculer contre la capacité des nations à repayer leur dette ou intérêts de leur dette, d’agences de notation financière qui diminuent la valeur du crédit des nations, qui spéculent sur les bons du trésor (plus d’intérêt sur la dette du gouvernement) et qui plongent les pays toujours plus avant dans la crise, forçant la classe politique à imposer des mesures d’austérité et de restructuration afin de restaurer la “confiance des marchés”. Ce processus est appelé la “discipline de marché”, mais de manière plus précise, cela est en fait du “terrorisme financier” ou “une guerre de marché”, avec le terme de “marché” se référant spécifiquement à la “super-entité”. Quelle que soit la terminologie employée, la discipline de marché est de manière ultime une euphémisme pour guerre de classes.[5]

Le supra-gouvernement mondialiste et le “libre-échange”

En Décembre 2011, Roger Altman, l’ancien secrétaire d’état aux finances du gouvernement Clinton écrivit un article dans le Financial Times dans lequel il expliquait que les marchés financiers “agissaient de fait comme un supra-gouvernement mondial”, notant:

 “Ils éliminent des régimes politiques retranchés là où le processus politique normal ne pouvait rien faire. Ils forcent l’austérité, les sauvetages des banques et autres changemens de politique majeurs. Leur influence est enorme comparé aux institutions multilatérales comme le FMI. En fait, laissant de côté l’arsenal nucléaire inutilisable, ils sont devenus les forces les plus puissantes sur terre.”[6]

Altman continuait son explication en disant que lorsque le pouvoir de ce “supra-gouvernement mondialiste” est en branle “l’impact sur la société est immédiat et peut-être douloureux, par une augmentation fréquente  du chômage par exemple et l’échec des gouvernements”. Mais bien sûr en tant qu’ancien officel du ministère des finances, il endorsa ce supra-gouvernement mondial, écrivant: “Les effets à long terme peuvent souvent être transformateurs et positifs”. Puis il conclut : “Que ce pouvoir soit sain ou pas est à côté de la question. Il est permanent…. Il n’y a pas moyen d’arrêter les marchés financiers de gendarmer le monde.”[7] En d’autres termes, le “supra-gouvernement” mondialiste, “super-entité” des marchés financiers pratique l’extorsion financière, renverse des gouvernements et appauvrit les populations, mais ceci est ultimement “positif” et “permanent”, du moins du point de vue d’un ancien haut fonctionnaire du ministère des finances américain. Du point de vue de ceux qui sont de fait appauvris, les populations elles-mêmes, “positif” n’est pas nécessairement le mot qui vient immédiatement à l’esprit.

Dans l’ère de la mondialisation, l’argent ou le capital, passe allègrement au travers des frontières avec les banques, hedge funds et autres institutions financières agissant comme l’avant-garde d’un nouvel ordre international de gouvernance mondiale. Là où va la finance, les entreprises suivent, là où les entreprises s’aventurent, les états puissants protègent leurs intérêts. Notre système mondial est un système de capitalisme d’état où les intérêts de l’état et des entreprises sont interdépendants et mutuellement bénéfiques, du moins pour ceux qui sont au pouvoir. Aujourd’hui, les institutions financières ayant les banques à leur botte, ont atteint un pouvoir sans précédent et une influence gigantesque dans les sociétés à capitalisme d’état. Les banques sont devenues plus grosses que jamais dans l’histoire, préserver par une police d’assurance appelée “trop grosse pour échouer”, ce qui veut dire que malgré leur attitude criminelle et irresponsable, le gouvernement quel qu’il soit leur viendra toujours en aide comme il l’a toujours fait. Les marchés financiers incluent également ces agences de notation, qui déterminent soi-disant la valeur du crédit des banques, des entreprises et de nations entières. Au plus bas la note, au plus risqué l’investissement, et donc au plus haut les intérêts de l’argent emprunté. Les pays qui ne suivent pas les diktats des marchés financiers sont punis avec une baisse de leur note de crédit et donc en découle des intérêts d’emprunt plus importants, des attaques spéculatives et dans le cas de la Grèce et de l’Italie en Novembre 2011, leur gouvernement élu démocratiquement a été enlevé et remplacé par une administration technocratique constituée de banquiers et d’économistes qui poussent ensuite des mesures de réajustement et d’austérité qui appauvrissent et exploitent les populations. Dans l’âge de la “super-entité” d’un “supra-gouvernement”, il n’y a plus de temps pour contester le processus formel de la démocratie libérale, ils parlent business et si vos gouvernement élus ne succombent pas à la “discipline de marché”, ils seront mis à pied et remplacé par ce qui en d’autres circonstances serait appelé un “coup d’état.”

Les banques et les institutions financières donnent la liquidité ou les fonds pour ce que nous appelons le “libre-échange”. Les marchés libres en principe permettraient la concurrence libre entre les entreprises et les pays, chacune produisant son avantage comparatif, produisant ce pour quoi ils sont les meilleurs, et commerçant avec les autres sur le marché international, ainsi toutes les parties progresseraient dans les standards de vie et l’accumulation de richesses ensemble. Le marché libre, le libre-échange, n’est bien sûr que pure mythologie. En pratique, ce que nous appelons le “libre-échange” n’est qu’un système hautement protectionniste, régimenté, régulé et créé pour affaiblir la concurrence et renforcer le monopole. Le “libre-échange”, le “marché libre” sert ce but pour le seul bénéfice de grosses banques et entreprises.

Quand nous utilisons le terme de “libre-échange”, nous nous référons généralement à la “véritable” économie, légitme et légale. Quand on parle de marchés illégitimes, par exemple, le trafic de drogue mondial, nous ne nous référons pas au terme de “libre-échange” ou de “marché libre”, mais plutôt de “marché illégal”, géré par des cartels. Les cartels comme les entreprises, sont des institutions totalitaires organisées et hiérachisées, où décisions et pouvoir s’exercent du haut vers la bas, avec généralemnt pas ou peu d’influence de la base vers le haut. Les grandes entreprises multinationales, comme les grands cartels internationaux, cherchent à contrôler leur secteur de marché particulier dans les nations, les régions et au delà. Bien souvent, une coopération entre les entreprises leur permet de fonctionner de manière oligopolistique, où elles contrôlent de manière collective la totalité d’un marché, se le partageant entr’elles. Les majors du pétrole, les firmes de l’agro-industrie, des télécommunications, de la pharmacie, les contracteurs militaires et les entreprises de gestion de l’eau sont fort connues pour ces types d’activités.

Des cartels ont été reconnus pour s’engager dans une pratique similaire, bien qu’ils soient plus typiquement compétitifs les uns envers les autres. Quand des intérêts sont menacés, ce qui est définit lorsque qu’une entreprise ou un cartel est en passe de perdre sa domination totale sur un marché dans une région particulière, des conflits se font jour, le plus souvent violemment, avec la possibilité de coups d’état, d’assassinats, de campagnes de terreur et même de guerre. Ceci se passe quand l’état intervient pour protéger le marché pour les intérêts du cartel ou des entreprises. Ainsi fonctionne le commerce international de la drogue, de manière similaire à celle de l’économie “légitime”. Le commerce illicite de la drogue est autant un “libre-échange” que celui de l’automobile ou du pétrole. Et bien sûr, l’argent finit sa course au même endroit: dans le supra-gouvernement mondialiste des “marchés financiers”.

Cartel banquier ou de la drogue… Quelle différence ?

En 2009, le bureau des Nations-Unies pour le crime et le traffic de droque a rapporté que des milliards de dollars de l’argent de la drogue avaient sauvé des banques importantes durant la crise financière, leur donnant une liquidité dont elles avaient besoin. Antonio Maria Costa,  le patron de ce bureau de l’ONU a dit que l’argent de la drogue “était le seul capital d’investissement en liquide”, qui était à la disposition des banques au bord de la banqueroute, avec environ 325 milliards de dollars de l’argent de la drogue absorbés par le système financier. Sans identifier des pays ou des banques spécifiques, Costa déclara que “des prêts inter-banques furent financés par de l’argent émanant du traffic de la drogue et d’autres activités illégales… Il y a des indications que certaines banques ont été sauvées de cette façon.”[8]

En 2010, la banque Wachovia (depuis rachetée par la Wells Fargo) a payé la plus grande transaction jamais enregistrée par le US bank secrecy act, payant une amende de 50 millions de dollars et abandonnant 110 millions de dollars de revenus de la drogue, dont la banque a blanchi quelques 378,4 milliards de dollars depuis le Mexique. Le procureur général de l’affaire déclara: “Le mépris évident de la banque Wachovia pour nos lois bancaires a virtuellement donné aux cartels internationaux  du traffic de cocaïne carte blanche pour financer leurs opérations.” L’amende qu’a payée la banque pour avoir lavé des centaines de milliards de dollars du traffic de la drogue représentait moins de 2% du bénéfice total de la dite banque pour l’exercice de 2009. La même semaine qu’eut lieu ce règlement, les actions en bourse de Wells Fargo montèrent. La banque admit dans une déclaration que “Dès 2004, Wachovia avait compris le risque impliqué pour tenir un tel compte, mais malgré les avertissements, Wachovia demeura dans ces affaires.” L’enquêteur en chef sur cette affaire de blanchiment d’argent, Martin Woods, basé à Londres, a découvert que Wachovia avait en fait reçu 6 ou 7000 demandes d’information de la part du gouvernement fédéral concernant ses activités mexicaines, sur lesquelles Woods commenta: “Un chiffre incroyable. On peut se demander à partir de quel chiffre des gens en haut lieu commencent à se poser des questions sur le fait qu’il y a vraisemblablement quelque chose de très, très grave là dessous ?” Woods avait été embauché par la branche Wachovia de Londres comme officier anti-blanchiment d’argent en 2005 et quand en 2007, une enquête officielle fut ouverte sur les opérations mexicaines de Wachovia, Woods fut informé par la banque “qu’il n’avait pas travaillé aux standards requis” et qu’en d’autres termes, il faisait en fait son travail. Au sujet du payment de Wachovia, Woods fit ce commentaire: “

 “Les autorités de régulation ne doivent pas passer plus de temps là dessus et elles ne doivent pas pousser aussi loin qu’un procès pour crime. Elles doivent juste entrer la procédure criminelle et demander pour un arrangement hors cour de justice. Les gens de loi font ce qu’ils sont supposés faire, mais à quoi bon ? tous ces gens gérant tout cet argent provenant du traffic de la drogue et de meurtres et personne ne va pas en prison ?” [9]

Comme l’ancien tsar du bureau contre le crime et le traffic de drogue de l’ONU  Antonio Maria Costa l’avait dit: “La connexion entre le crime organisé et les institutions financières commença à la fin des années 1970, début des années 1980… lorsque la mafia s’est mondialisée”, tout comme les autres marchés. Martin Woods ajouta même  que “Ceci est le fruit de meurtres et de la misère au Mexique et de drogue vendue à travers le monde”, et pourtant personne n’est envoyé en prison, “Quel est le résultat du règlement hors cour pour la lutte contre le traffic de drogue et ses cartels ? Rien ! cela ne rend pas plus facile le travail des forces de l’ordre et cela encourage les cartels et quiconque veut faire de l’argent en blanchissant ces dollars de sang. Où est le risque ? Il n’y en a pas.” Il ajouta: “Est-il dans l’intérêt du peuple américain d’encourager à la fois les cartels de la drogue et les banques de cette manière ? Est-ce dans l’intérêt du peuple mexicain ? C’est simple:  si vous ne voyez pas la relation entre le blanchiment de l’argent par les banques et les 30 000 personnes tuées au Mexique, vous êtes complètement à côté de la plaque.” Woods, qui opère maintenant sa propre entreprise de consultation a dit à l’Observer en 2011 que “ New York et Londres sont devenus les deux plus grosses blanchisseries d’argent sale du crime et de la drogue et paradis fiscaux. Ce ne sont pas les îles Caïmans ou l’île de Man ou Jersey. La grande lessive se passe au beau milieu de la City de Londres et de Wall Street.”[10]

Tout comme le programme du “trop gros pour échouer” est une assurance pour les grosses banques pour qu’elles puissent continuer à s’engager dans des activités criminelles, prenant davantage de risques pris toujours plus grands avec la garantie absolue qu’elles seront protégées, les règlements exta judiciaires et le manque de mises en accusations criminelles pour les banques blanchissant l’argent de la drogue donne l’incentif de continuer à laver plus blanc des milliards de dollars de l’argent de la drogue, parce que tant que l’amende encourue est bien plus petite que les profits accumulés par ces malversations, cela revient toujours à une simple analyse de coût-profit: si le coût d’être pris à laver l’argent sale de la drogue est toujours inférieur au profit, alors il est avantageux de continuer la pratique. La même anlayse coût-profit vaut pour toute activité criminelle perpétrée par les banques, les institutions financières et les industries, que ce soient par la corruption, la fraude, l’escroquerie ou en violant les lois sur l’environnment, du travail ou autres régulations. Aussi loin que la pénalité est moindre que le profit, il n’y a pas de raison que cela cesse.

Un article de l’Observer en Juillet 2012 a référé les banques mondiales comme étant “les services financiers des cartels de la drogue”, notant au passage que HSBC, la plus grande banque du Royaume-Uni, a été sommée devant le sénat américain pour témoigner sur le blanchiment d’argent de la drogue des cartels mexicains, après avoir maintenu un comprte “suspicieux” pendant plus de 4 ans au profit du plus gros cartel de la drogue au monde, le cartel Sinaloa du Mexique.[11], en fait, une enquête s’étalant sur plusieurs années au sein de la HSBC a révélé que la banque était non seulement un conduit du blanchiment pour l’argent mondial de la drogue, mais blanchissait également de l’argent pour des gens liés avec le terrorisme international. En Juillet 2012, alors que le sénat enquêtait publiquement sur HSBC, Antonio Maria Costa déclara: “Je ne peux pas penser aujourd’hui à une seule banque au monde qui n’ait pas été pénétrée par l’argent de la mafia.” Le commerce illégal mondial de la drogue est estimé générer quelques 380 milliards de dollars par an, avec la vaste majorité de l’argent provenant des marchés nord-américains et européens. Utilisant l’exemple du marché américain de 35 milliards de dollars pour la cocaïne seule, environ 1,5% de ces profits sont rétribués aux producteurs de feuilles de coca (pour la plupart de pauvres paysans) en Amérique du Sud (qui est devenu la cible de nos bombardeemnts et campagnes de guerre chimique dans notre soi-disant “guerre contre la drogue”), tandis que les traffiquants internationaux récoltent environ 13% des bénéfices, tandis que les distributeurs engrangent eux environ 85% des bénéfices aux Etats-Unis. HSBC a été accusée de blanchir les bénéfices de ces distributeurs de drogue.[12]

Le rapport du sénat américain a conclu que HSBC a exposé le système financier américain pour “sa large contribution au blanchiment de l’argent du traffic de la drogue et du terrorisme international.” Ceci inclut des milliards de dollars de “revenus de ventes illégales de drogue aux Etats-Unis.” HSBC a reconnu dans une déclaration officielle que” dans le passé, nous avons parfois manqué aux standards fixés par les régulateurs et les clients.” Parmi ces “standards”, auxquels HSBC a “parfois manqué”, se trouvaient des exercices financiers donnés aux banques saoudiennes et du Bengladesh, qui étaient liées avec des organisations terroristes, alors que le régulateur de la banque ne prit aucune sanction contre HSBC.[13] Parmi les organisations terroristes qui recevaient potentiellement une assistance financière de HSBC au travers des banques saoudiennes, se trouvait Al Qaïda. HSBC réserva 700 millions de dollars de fonds pour couvrir de quelconques amendes qui résulteraient de ces activités, ce qui n’est pas du tout une pratique inhabituelle pour une banque. D’autres banques comme ABN Amro, Barclays, Crédit Suisse, Lloyds et ING ont toutes conclu des réglements hors cour de justice après avoir admis des transactions de facilitation financière et s’être engagées dans du blanchiment d’argent pour leurs clients à Cuba, Iran, Libye, Myanmar et Soudan.[14]

Alors que des exécutifs de HSBC comparaissaient devant le sénat, le chef du service de conformité de la banque depuis 2002, David Bagley, démissionna alors qu’il témoignait devant le comité commentant: “Malgré les meilleurs efforts et intentions de professionnels motivés, HSBC n’a pas pu remplir les attentes de nos régulateurs ainsi que les notres.”[15] Comme Ed Vulliamy l’a rapporté dans l’Observer en Mai 2012, un pauvre afro-américain du nom de Edward Dorsey Sr fut condamné pour le deal de 5,5g de cocaïne à Washington DC et fut condamné à 10 ans de prison. Dans le même temps, de l’autre côté de la rivière où Dorsey commît son crime, des exécutifs de la HSBC ont admis devant le sénat avoir blanchi des milliards de dollars d’argent de la drogue, tout comme Wachovia l’avait admis un an plus tôt, et personne ne fut envoyé en prison.[16] La leçon de tout ceci est claire: si vous êtes pauvre, noir et êtes pris avec quelques grammes de crack-cocaïne, vous pouvez vous attendre à aller en prison pour plusieurs années, en l’occurence une décennie, mais si vous êtes riches, blancs, possédez une banque et êtes pris à blanchir des milliards de dollars (voire des centaines de milliards de dollars) de l’argent de la drogue, vous aurez une amende (mais pas importante afin que cela n’empêche pas le bénéfice) et vous aurez peut-être à démissionner. Trop gros pour échouer est simplement une autre façon de dire “trop gros pour emprisonner”.

Il n’est bien sûr pas juste de mettre toute la responsabilité du blanchiment de l’argent de la drogue sur les épaules de HSBC ou de Wachovia, comme Bloomberg l’a rapporté, les cartels de la drogue mexicains ont aussi blanchi de l’argent à travers Bank of America et même au travers de branche banquière d’American Express, de Banco Santander et de Citigroup.[17] Même le FBI a accusé la Bank of America de blanchir les fonds du cartel de la drogue mexicain.[18] Mais les banques ne lavent pas plus blanc seulement l’argent de la drogue, bien d’autres fonds illicites sont blanchis au travers des banques majeures, dont beaucoup ont déjà été mises à l’amende ou son en cours d’investigations pour leurs activités criminelles, ceci incluant JP Morgan, Standard Chartered, Crédit Suisse, Lloyds, Barclays, ING, Royal Bank of Scotland parmi d’autres.[19] Une autre banque suisse importante l’UBS a été très constante dans la fraude et dans son engagement dans des complots divers, dont bon nombre furent dirigés contre des Américains, bien que la banque ait reçu une “immunité conditionnelle” de la part du ministère de la justice américain.[20]

La fraude financière et la carte “n’allez pas en prison”

Les banques les plus importantes au monde ont été prises la main dans le sac de complots pour escroquer de petites villes et de plus grandes aux Etats-Unis, qui autorisèrent des banques comme JP Morgan Chase, GE Capital, UBS, Bank of America, Lehman Brothers, Wachovia, Bear Stearns et d’autres, de voler des milliards de dollars aux écoles, hôpitaux, bibliothèques et maisons de retraite de “vituellement chaque état, district et territoire des Etats-Unis”, d’après un rendu de justice sur le sujet. Le vol fut commis au moyen de la manipulation du processus d’enchères publiques, quelque chose en quoi la mafia est devenue experte en ce qui concerne les contrats d’ordures ménagères et de l’industrie du bâtiment (BTP). En bref, le système bancaire fonctionne comme un système de cartel mafieux, sans mentionner le fait de l’argent pris de la mafia et des cartels eux-mêmes.[21] Des banques comme JP Morgan Chase et Goldman Sachs se sont engagés dans la corruption, la fraude, l’escroquerie et des complots qui ont eus pour résultat de mener à la banqueroute des counties entiers aux Etats-Unis (NdT: Counties = chefs lieu de cantons chez nous).[22] Elles continuent à être respectées par la classe politique qui refuse de les punir pour leur activité criminelle et au lieu de cela les récompenses avec des packages de sauvetage et suivent leurs instructions pour établir une politique.

Durant l’été 2012, un autre scandale banquier majeur a défrayé la chronique, scandale qui concernait la manipulation de taux d’emprunt inter-banques, connu sous le nom d’index Libor. Le taux Libor, expliquait le magazine l’Economist, “détermine les prix que le gens et les entreprises dans le monde entier paient pour leurs emprunts ou reçoivent pour leurs économies”, il est utilisé comme un étalon pour établir les paiements sur un marché dérivatif de 800 mille miliards de dollars, couvrant tout du taux d’intérêt des dérivatifs aux emprunts particuliers. Essentiellement, le Libor est le taux d’intérêt avec lequel les banques se prêtent les unes aux autres sur le court terme et il est établit par un “système d’honneur”  dans lequel 18 banques majeures rapportent leur taux quotidien, depuis lesquels la moyenne est calculée. Cette moyenne devient le taux de Libor et se réfléchit à travers l’économie mondiale, donnant un étalon pour les gigantesques quantités de transactions s’opérant quotidiennement sur les marchés dérivatifs. Bien que ce marché des dérivatifs soit un énorme casino de spéculation totalement dérégulée, le scandale du Libor a révélé que le cartel possède le casino.

Le scandale a commencé avec Barclays, une banque britannique vieille de 300 ans, révélant que plusieurs employés ont été impliqués à traffiquer le taux Libor pour leurs propres intérêts. Plus de banques devinent bientôt impliquées et des pays autour du monde commencèrent à ouvrir des enquêtes à ce sujet et sur le rôle que leurs propres banques aient pu jouer la dedans. Début Juillet, une vingtaine de banques étaient citées dans plusieurs enquêtes ou procès intentés suite à la falsification du Libor.[23]

Parmi les banques importantes qui étaient sous le coup d’une enquête par des procureurs américains, on trouvait la Barclays, Deutsche Bank, Citigroup, JP Morgan chase, Royal Bank of Scotland, HSBC, Bank of America, Bank of Tokyo Mitsubishi, Crédit Suisse, Lloyds banking group, Rabobank, Royal Bank of Canada, Société Générale et d’autres. Des procureurs aux Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada et au Japon enquêtaient sur la collusion entre les banques majeures et les institutions du scandale et un consensus général émergea disant que le taux Libor avait été manipulé depuis au moins 2005, bien que, comme l’écrivit un ancien courtier de Morgan Stanley dans le Financial Times, le bidouillage avait commencé dès 1991, si pas avant. L’association des banquiers britanniques était responsable pour fixer les taux du Libor en sondant 18 banques majeures sur leur taux maximum et minimum quotidien. Ainsi, la tricherie d’une banque demanderait la coopération d’au moins neuf autres pour manipuler les taux de manière signifiante et que cela est effectivement un effet sur le Libor. Douglas Keenan, ancien courtier de la banque Morgan Stanley écrivit que “lIl semblerait que le bidouillage des taux du Libor ait été une pratique courante depuis au moins 1991.”[25]

Rolf Majoen, qui était à la tête d’un hedge fund appelé TFC Capital a dit au magazine allemand Der Spiegel que “la manipulation du Libor est de manière présumée le plus grand scandale financier de l’histoire”. Alors que les régulateurs commençaient à utilser des mots comme “escroquerie organisée” et “banksters” pour décrire le scandale montant, il devint courant de se référer aux banques majeurs comme fonctionnant à la manière de la “mafia” ou d’un “cartel”.[26] Le directeur exécutif de la Barclays, Bob Diamond démissionna en disgrâce, tout comme Marcus Agius, président de la Barclays  (qui sert également de PDG de la BBC et qui est marié au sein de la dynastie banquière Rothschild). Le cartel manipula le Libor pour des raisons multiples, parmi lesquelles, paraître être en meilleure santé en falsifiant leurs taux de crédit vers le haut.[27] Imaginez donner une pile de cartes de crédits à un groupe de repris de justice pour fraude à la carte de crédit tout en établissant un “système sur l’honneur”. Quelqu’un serait-il surpris d’apprendre que cela n’a pas marché ? Et bien le scandale du Libor se basait sur la même logique, à l’exception que les répercussions étaient à l’échelle planétaire.

Des courtiers de la Royal Bank of Scotland ont référencé dans des messages électroniques internes, leur participation à la mise en place d’un “cartel” qui faisait “des sommes incroyables d’argent” par la manipulation des taux d’intérêts; un courtier vétéran de la RBS écrivant quant à lui que des gérants de la banque étaient “tacitement impliqués”. Ce même courtier, qui devint un bouc émissaire de l’affaire, écrivit dans un courriel à un collègue de la Deutsche Bank que “c’est un cartel maintenant à Londres”, là où le Libor est établi.[29]

Le cartel quoi qu’il en soit, n’incluait pas seulement des banques majeures, mais demandait aussi la coopération ou au moins la négligence des régulateurs et des banques centrales. Des documents publiés par la banque de la réserve fédérale de New York et par la Banque d’Angleterre montrent une correspondance entre le présidfent d’alors de la fed de NY Timothy Geithner (qui est maintenant le ministre des finances d’Obama) et du gouverneur de la banque d’Angleterre Mervyn King, discutant du comment la banque Barclays manipulait les taux du Libor pendant la crise financière de 2008. Alors que la banque de la réserve fédérale de NY correspondait avec les deux autres banques Barclays et la banque d’Angleterre sur la reconnaissance de la mainipulation des taux d’intérêts, elle n’a jamais dit à la banque incriminée de cesser sa pratique de falsification. Un officiel de la Barclays a même informé la fed de NY en 2008 que la banque falsifiait à la baisse le taux auquel elle pourait emprunter aux autres banques ainsi Barclays pourrait “éviter le stigmate” d’apparaître moins solide que ses pairs, ajoutant que “d’autres banques participatrices minimisaient également leurs données de Libor.”[30]

Un employé de la Barclays a dit à la banque de la réserve fédérale de NY en Avril 2008 que “Nous savons que nous ne postons pas… Hum… un Libor honnête et bon… nous le faisons parce que, hum, si nous ne le faisions pas, cela attirerait, hum, une attention sur nous que nous ne désirons pas.” L’officiel de la fed de NY répondit: “Vous devez l’accepter… Je comprends, malgré que ce soit contre ce que vous désireriez faire. Je comprends parfaitement.” Plusieurs mois plus tard, un employé de la Barclays déclara à un officiel de la fed de NY que les taux du Libor étaient toujours “complètement bidon”.[31]

Tandis que la banque de la réserve fédérale de NY exprimait sa sympathie et compréhension pour les pauvres banques mondialistes désemparées qui devaient s’engager dans la fraude et l’escroquerie de la manipulation des taux d’intérêts afin de mentir et de pouvoir paraître en meilleure santé qu’elles ne l’étaient vraiment, la Banque d’Angleterre (BA), elle, alla même plus loin quand Paul Tucker, chef du département des marchés à la BA écrivit une note au PDG de la Barclays Bob Diamond en 2008, lui suggérant que la Barclays baisse sa déclaration de son taux de Libor, encourageant par là-même la manipulation, au lieu que de n’exprimer que sa “sympathie” envers le “besoin” de commettre une fraude.[32]

Le plus gros groupe de lobby banquier britannique, la British Bankers Association (BBA), qui est responsable de la supervision du taux du Libor dans son fonctionnement (ceux qui y voit un conflit d’intérêt sont des théoriciens du complot…), a été déchue en Septembre 2012 de son droit de superviser le Libor, elle a été remplacée par un régulateur officiel. La supervison du Libor par la BBA remonte à 1984, lorsque la City de Londres (le Wall Street britannique) a commencé une expérience afin d’établir une nouvelle manière de déterminer les taux d’intérêts, demandant au groupe lobbyiste d’établir le taux en 1986 lorsque le Libor commença.[[33]  Le comité de la BBA pour les devises étrangères et les marchés monnétaires est responsable de determiner le taux du Libor et il se réunit tous les deux mois en secret, sans qu’aucune chronologie des débats ne soit jamais publiée. Qui participe à cette réunion est également tenu secret. Les portes-parole des banques du Crédit Suisse, de la RBS ou de l’UBS ont refusé de faire quelque commentaire que ce soit quant à savoir si un de leur représentant siégeait dans ce comité, tandis que la Barclays, la Deutsche Bank, HSBC, Citigroup et Bank of America n’ont même pas répondu aux courriels les sollicitant de cette question de leur participation dans ce comité, comme Bloomberg l’a rapporté. Un régulateur britannique, dans une des déclarations langue de bois du siècle a déclaré : “Il y a un apparent manque de transparence”, ajoutant à son commentaire: “le comité de la BBA ne semble pas être suffisamment ouvert et transparent pour donner le degré nécessaire de responsabilité aux firmes et aux marchés qui ont un intérêt direct de s’assurer de l’intégrité du taux de Libor établi.”[34] Quand on donne le poulailler à garder au renard, il ne faut pas s’étonner que des poules viennent à manquer.

Dans une réunion ayant eu lieu en Avril 2008 avec des officiels de la BA, Angela Knight, la patronne de la BBA a suggéré que peut-être que la BBA ne devrait plus être responsable de superviser ce qui est “le chiffre le plus important au monde”, qui est devenu une bien trop grosse affaire pour que la BBA le gère. Personne dans la réunion ne fut suffisemment inquiété pour faire quoi que ce soit et donc rien ne changera.[35] Quel était l’incentif à changer le système de toute façon ? Oui, une fraude massive existait, et cela était parfaitememt compris par les banques qui y participaient ainsi que par les régulateurs et les banques centrales qui supervisaient l’affaire. Mais du côté positif, tout le monde en réchappait, donc il n’y avait aucune raison de changer le système. Du point de vue de ceux qui le gérait, le Libor fonctionnait comme il le devait. Un cartel était établi parce qu’un cartel était désiré. Le fait que cela soit hautement illégal, frauduleux et immoral était en fait complètement à côté de la plaque. Les cartels de la drogue mexicains ne se soucient pas de la légalité de leurs opérations, car elles sont par définition illégales. Ils ne sont concernés que par le simple fait d’échapper aux conséquences de leur illégalité. Il en va de même pour les cartels banquiers. Aussi loin qu’ils s’en sortent et ne subissent que des conséquences mineures de leurs opérations illégales, il n’y a pas de raisons de changer le système, en fait, il y a même un sérieux avantage à augmenter et à  faire se retrancher toujours plus les opérations du cartel.

Le régulateur canadien anti-trust a commencé une enquête sur le “cartel international de banques” qui falsifie le Libor, se focalisant sur le rôle joué par des banques comme JP Morgan Chase (NdT: intérêts Rockefeller), la Royal Bank of Scotland, la Deutsche Bank, HSBC, Citigroup (NdT: Rockefeller), parmi d’autres. Un professeur de droit de l’université de Toronto fut engagé par le régulateur pour étudier le cas et commenta que : “les cartels internationaux sont un problème signifiant pour l’économie canadienne.”[36] Nous avons vraiment atteint un niveau circonstantiel d’importance lorsque les régulateurs officiels des banques réfèrent au système bancaire comme à un “cartel international”.

Une procédure judiciaire a été enregistrée par plusieurs propriétaires de maisons aux Etats-Unis, ceux-ci essaient d’attaquer en justice quelques unes des plus grosses banques mondiales pour fraude et escroquerie, puisque la manipulation du taux de Libor a provoqué une hausse de leurs remboursements, résultant en des bénéfices illégaux pour les banques. La procédure enregistrée à New York en Octobre 2012 a accusé des banques comme la Bank of America, Citigroup, Barclays, UBS, JP Morgan chase, Deutsche Bank et d’autres, pour fraude sur une période de 10 ans.[37] Pour les états et municipalités américains qui ont achetés de l’interests-swaps avant la crise financière, la manipulation du Libor a plus que doubler leurs pertes. Des banques ont vendu environ 500 milliards de dollars d’interest-rate swaps sur le marché des dérivatifs aux municipalités avant la crise, avec envrion 200 milliards de dollars de ces swaps liés au Libor. Ainsi que l’a dit à Bloomberg TV un expert spécialiste en études sur les dérivatifs: “Pratiquement tous les interest-rate swaps commencent avec Libor.” Ceci a déclenché une vague d’enquêtes dans différents états américains sur le comment la manipulation du taux du Libor a bien pu les affecter négativement.[38]

Punir la population mondiale avec la pauvreté: La vie sous le cartel mondialiste

Alors que le cartel mondial des banques criminelles manipule les taux, blanchit l’argent sale, finance les terroristes, s’engage dans une vaste corruption, escroque et demande des plans de sauvetage financiers de multi-milliers de milliards de dollars à nos gouvernements (en vendant leur dette pourrie au public essentiellement), pour ensuite s’octroyer de gigantesques bonuses, le cartel demande aussi par le moyen de la “discipline de marché”, que nos gouvernements gèrent nos dettes par le truchement de politiques d’austérité et de “réformes structurelles”, qui sont des euphémismes pour appauvrissement et exploitation. Ainsi, après que le cartel ait largement participé à créer une crise financière énorme et après que nos gouvernements l’aient récompensé de leurs activités criminelles (par les plans de sauvetage), le cartel demande maintenant que nos gouvernements nous punissent par la pauvreté et ouvrent leurs économies, leurs ressources et force de travail à une exploitation facile et pas chère par les banques et les entreprises multinationales. Ceci est appelé “la solution” pour sortir de la “grande récession”, qui est certaine de se transformer en grande dépression. La Grèce est maintenant sous le coup de deux ans et demi de politique d’austérité et de réformes “d’ajustement”, avec la dette augmentant, la pauvreté perçant les plafonds, la misère s’étalant, la santé, l’éducation et les avantages sociaux déclinant rapidement, les suicides et la faim augmentant, alors que le peuple grec est soumis à un programme de “génocide social”. La discipline de marché demande l’austérité et les ajustements structurels, en d’autres termes, la guerre des classes provoquent la pauvreté et l’exploitation.[39]

Les pays qui refusent de mettre en pratique ces programmes d’austérité et d’ajustement sont soumis au terrorisme financier de la part du “cartel international”, alors que les marchés financiers s’engagent dans la “discipline de marché” en utilisant les marchés dérivatifs pour spéculer contre la capacité d’une nation à payer les intérêts de sa dette, faisant ainsi chuter sa note et donc faisant remonter le taux auquel elle devra emprunter, ceci ayant pour effet de plonger le pays dans une crise encore plus profonde. Dans tout autre scenario, ceci serait appeler terrorisme ou dans le moindre des cas, de l’extorsion, du racket: faites ce que je vous dis ou je vais vous punir, vous détruire. Ceci correspond à ce que l’ancien officiel du ministère américain des finances, Roger Altman, appelle le nouveau “supra-gouvernement mondialiste”, qui peut forcer “l’austérité, les plans de sauvetage, et autres changements politiques” et ainsi “est devenu la force la plus puissante sur terre”.[40] Des nations, des régions et des organisations internationales courbent tous l’échine devant les diktats du “cartel international” du “supra-gouvernement mondialiste” et des pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, des organisations comme l’Union Européenne, la Banque Centrale Européenne, de puissants états comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, d’autres organisations internationales comme le FMI, la BIS, et l’OCDE, tous demandent et implémentent des mesures d’austérité et des “réformes structurelles”. Ou bien elles suivent les ordres du “cartel international”, qu’on peut appeler communément “la main invisible” du “libre-échange”, ou bien ils défient directement la plus forte puissance de la planète. Dans une économie mondiale, un petit pays comme la Grèce défiant le “supra-gouvernement mondialiste”, c’est un peu comme le petit restaurant grec de la rue résistant à la mafia de la ville et son racket.

Aux Etats-Unis, les états qui ont été escroqués de milliards de dollars par le cartel et qui prirent une dette massive comme résultat, sont maintenant les fers de lance de l’austerité en Amérique. En 2010, environ une vingtaine d’états de l’union ont commencé à appliquer des mesures d’austérité et leur situation économique a empiré (ce qui est le résultat prévisible de l’austérité). Même les institutions qui sont les plus militantes à demander l’application de mesures d’austérité, comme l’Union européenne ou le FMI, ont reconnu dans des rapports récents, que les nations qui poursuivent une politique d’austérité pour supposément réduire leurs dettes, se retrouvent avec plus de dettes en règle générale et que ces mesures sont en fait très néfastes à l’économie. Ceci n’est pas nouveau bien sûr, il y a un vasre domaine de données sur ces trente dernières années d’austérité forcée et de restructuration à travers l’Afrique,  L’Asie et l’Amérique latine (le tout poussé par le FMI, la banque mondiale et bien sûr le “cartel”), qui montre clairement que l’effet de l’austérité et de la restructuration a été de rapidement augmenter la pauvreté et faciliter l’exploitation. Alors que l’austérité touche plusieurs états aux Etats-Unis, l’emploi chute et la pauvreté augmente, les standards de vie sont sur le déclin, la récession s’approfondit et devient une dépression économique. Les populations sont punies pour les crimes du “cartel internatonal” et les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs, les enseignants et les ouvriers prennent le blâme.[41]

Fin Octobre 2012, les CEO de 80 entreprises majeures et de banques aux Etats-Unis se sont mis en bande (comme le fait tout cartel fonctionnant bien) afin de faire pression sur le congrès, sans considération aucune de qui sera le prochain président des Etats-Unis, afin de poursuivre un agenda d’extrême austérité et de réformes structurelles. Dans une déclaration au congrès signée par les 80 CEO, la branche américaine du cartel international (sa branche la plus significative), a demandé que cette politique soit mise en place immédiatement, mais mise en œuvre graduellement afin de “donner aux Américains ke temps de s’adapter aux changements du budget fédéral”. Parmi ces demandes figure la réforme de la sécurité sociale, Medicare, Medicaid, une augmentation des impôts et une réduction des dépenses. Tout ceci au nom d’un grand programme d’austérité pour couper les dépenses sociales (NdT: ceci marque la fin de “l’état providence” aux Etats-Unis comme ailleurs) et augmenter les impôts de la population, ainsi l’appauvrissant de plus en plus. Ceci, dans les termes de la lettre au congrès “doit être bipartisan et des réformes dans tous les domaines du budget doivent être inclues.”[42] Parmi les signataires de la lettre nous trouvons les PDG de AT&T, Bank of America, Black Rock, Boeing, Caterpillar, Dow Chemical Company, General Electric, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Merck, Microsoft, Motorola, Time Warner et Verizon parmi d’autres.[43]

Ceci est arrivé environ une semaine après qu’un groupe de 15 PDG de banques majeures eut envoyé une lettre au président Obama et au congrès des Etats-Unis donnant une leçon de morale à la classe politique et référant à son “autorité morale”, donnant leurs ordres de manière formelle à l’establishment politique, indépendemment qu’il soit démocrate ou républicain, montrant qu’ils perdent patience avec l’appareil démocratique et l’état et ont mis en garde: “La solvabilité, la capacité productive et la stabilité des Etats-Unis, ainsi que son autorité morale en tant que leader mondial, demandent que ses défis fiscaux soient satisfaits de manière crédible.” Parmi les signataires de la lettre figuraient les PDG de la Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Morgan Stanley et la Wells Fargo. Le Wall Street Journal rapportant au sujet de cette lettre, commenta l’évènement ainsi : “pour une démocratie mourante, il est tres humiliant de voir des banquiers dire à votre gouvernement ce qu’il faut faire.”, mais dans la lettre “nous voyons même des banquiers étrangers dire à notre gouvernement ce qu’il faut faire”, d’autres PDG du cartel bancaire ayant signé la lettre comme ceux de l’UBS, la Deutsche Bank, le Crédit Suisse. “Les conséquences de l’inaction” sur la dette américaine, continue la lettre “seront très graves”. En d’autres termes, la classe politique américaine a reçu une menace directe de la part du cartel banquier international, qu’il est maintenant temps de mettre en action les mesures d’austérité et de réajustement structurel ou de faire face aux conséquences du terrorisme financier.[44]

Planquer le magot: L’économie offshore dans l’âge de la ploutonomie mondialiste

Alors que les gens sont forcés à la pauvreté pour payer de mauvaises dettes de la “super-entité” du cartel mondial de la banque, de celles qui blanchissent l’argent de la drogue et constituent le “supra-gouvernement mondial”, les gens les plus riches du monde ont caché leurs vastes fortunes dans des hâvre fiscaux, toujours bien sûr avec l’aide de ces mêmes banques. James Henry, un ancien économiste pour McKinsey, une grosse firme de consultation financière, a publié un rapport important sur les paradis fiscaux en Juillet 2012 pour le réseau de justice pour les impôts, compilant des rapports de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), du FMI et d’autres entités du secteur privé, qui révèle que les super-riches ont planqué entre 21 et 31 000 milliards de dollars (NdT: vous avez bien lu !! avec les zéros cela fait quelque chose comme cela: 31 000 000 000 000 US$ ) dans des paradis fiscaux pour éviter l’impôt. Henry a fait état de : “Cette économie cachée dans les paradis fiscaux est sufisemment grande pour avoir un impact majeur sur les estimations d’inégalité de richesse et de revenus, sur les estimations de revenus nationaux et ratio par rapport à la dette et de manière plus importante d’avoir des impacts particulièrement négatifs sur les bases de taxation domestiques des pays sources.” John Christensen du Tax Justice Network a commenté : “ L’inégalité est tellement importante, bien pire que les statistiques officielles ne le montrent, mais les politiciens comptent toujours sur la diffusion vers le bas pour redistribuer la richesse vers les plus pauvres… Ces nouvelles données montrent qu’exactement l’inverse s’est produit: depuis trois décennies maintenant, des fortunes colossales ont été siphonnées dans les comptes des paradis fiscaux d’un tout petit nombre de super-riches.” Environ 92 000 personnes, super-riches, possèdent globalement au moins 10 000 milliards de dollars en richesse offshore (paradis fiscaux) Dans bon nombre de cas, la valeur de ces biens excède de loin les dettes des pays dont elles émanent, les mêmes dettes qui sont utilisées pour maintenir ces pays et leurs populations dans la pauvreté et dans un état constant d’exploitation.[45]

Les sommes des richesses planquées sur des comptes dans des paradis fiscaux sont estimées être plus importantes que les PIB combinés des Etats-Unis et du Japon, richesses cachées dans des juridictions financières secrètes comme la Suisse ou les îles Caymans. Le processus de cacher ces richesses est grandement facilité par les banques majeures, qui sont en compétition les unes avec les autres pour attirer ces capitaux des super-riches du monde. James Henry a expliqué que les richesses de ces super-riches “sont protégées par un gang de professionnels de la finance hautement payés, professonnels émanant de la banque, des industries d’investissement, de la comptabilité et du milieu légal, qui tirent grands avantages d’une économie globale sans frontière et ayant de moins en moins de points de friction dans les échanges.”, toujours plus de cette magie du “libre-échange”. Les 10 plus grosses banques au monde, qui incluent l’UBS et le Crédit Suisse aussi bien que Goldman Sachs pour les Etats-Unis, ont géré collectivement environ  6 400 milliards de dollars sur des comptes offshore en 2010. Ainsi que le révèle le rapport “Pour beaucoup de pays en voie de développement, la valeur cumulative de toute la richesse qui s’est exilée de leurs économies depuis les années 1970, serait plus qu’assez pour payer leurs dettes au reste du monde.”, dettes qui sont pour l’essentiel de la dette odieuse, (NdT: c’est à dire illégitime et non redevable par les peuples). Ceci est exacerbé dans les pays riches en pétrole comme le Nigéria, la Russie et l’Arabie Saoudite. Le rapport explique: “Le problème ici est que l’argent est détenu par une poignée d’individus riches alors que la dette elle est soutenue et placée sur les épaules du peuple de ces nations au travers de leurs gouvernements.” Avec environ la moitié des richesses placées dans les paradis fiscaux appartenant aux 92 000 plus riches de la planète, ils représentent 0,001% de la population, une disparité bien plus importante encore que celle affichée par le mouvement Occupy Wall Street et son paradigme des 1%. Henry a commenté: “L’existence même de cette industrie financière des paradis fiscaux et le de facto statut de défiscalisation de ces capitaux énormes investis par ces super-riches clients ne survit que par le secret.”[46] Rappelez-vous, “libre-échange”, “marché-libre” veut dire que ceux qui possèdent le marché (le cartel mondial) font ce qu’ils veulent, ils sont libres de faire ce qu’ils leur plaît.

Un rapport de Citigroup datant de 2005 avait créé le terme de “ploutonomie”, pour décrire des pays “où la croissance économique est poussée et consommée en grande partie par les quelques riches” et spécifiquement identifiée au Royaunme-Uni, au Canada, en Australie et aux Etats-Unis comme étant quatre ploutonomies. Gardant à l’esprit que le rapport fut publié trois ans avant la crise de 2008, le rapport de Citigroup expliquait: “Une augmentation drastique des biens et des dividendes ajoutés à un traitement favorable par des gouvernements tous aussi favorables au marché ont permis aux riches de prospérer et de devenir une bien plus grande partie de l’économie dans des pays ploutonomiques.”, et que “les riches sont en bonne condition financière.”[47] Ce ne sont que les autres qui souffrent, ce qui par définition “est une économie fonctionnant bien”. Comme le rapporta la réserve fédérale américaine “le top 1% des foyers de la nation possède plus de la moitié des actions de la nation entière” et “ils contrôlent également plus de 16 000 milliards de dollards de richesses et de biens, plus que les 90% du bas.” Le terme de “ploutonomie” est spécifiquement utilisé pour “décrire un pays qui est défini par une inégalité massive de revenus et de richesse.” Et ils ont ces trois caractéristiques de base d’après le rapport de la Citigroup:

1. Ils sont tous créés par “des gains en productivité technologiques perturbateurs, des innovations financières, des gouvernements coopératifs amicaux et capitalistes, des immigrants… la loi et des inventions patentées. Souvent ces vagues de richesse impliquent une grande complexité qui est la plus exploitée par les riches et les éduqués de cette période.”

2. Il n’y a pas de “consommaeur moyen” dans les ploutonomies. Il n’y a que les riches et le reste de la population. Les riches comptent pour une portion disproportionnée de la population, tandis que les non-riches ne représentent qu’une petit portion du gâteau national.” (stratège du citigroup Ajay) Kapour estime qu’en 2005, les 20% des plus riches ont été responsables de 60% des dépenses.

3. Les ploutonomies ont pas mal de chances d’être plus importantes dans le futur, nourries par des gouvernements capitalistes, une productivité plus orientée vers la haute technologie et la mondialisation.[48]

Kapour qui est l’auteur de ce rapport de la Citigroup a établi qu’il y avait aussi des risques à la ploutonomie, “ceci incluant la guerre, l’inflation, les crises financières, la fin de la révolution technologique et une pression politique populiste”, mais “les riches auront toujours plus de chances de devenir plus riches et de profiter de toujours plus de part de la richesse globale dans les années à venir”.[49]

En Février 2011, Ajay Kapour, l’auteur de ce rapport de la Citigroup, qui a intégré maintenant la Deutsche Bank, a donné une interview où il explique que “l’économie mondiale est maintenant plus dépendante des dépenses et de la consommation des riches” et que “la consommation ploutonomique est presque 10 fois plus volatile que celle du consommateur moyen.” Il explique plus avant que des niveaux de dettes plus élevés sont un signe de ploutonomies:

 “Nous avons une économie aujourd’hui dont une large fraction de la population ne paie plus d’impôts sur le revenu fédéral, à cause de la demande des droits, nous avons un système de représentation massif sans impôt. D’un autre côté, vous avez des ploutonistes qui protègent leurs acquis et les sommes recueillies par l’impôt ne sont plus suffisantes pour payer les demandes de chacun. Donc je suis arrivé à la conclusion que les déficits budgétaires sont biaisés en faveur de devenir plus gros et encore plus gros. Les déficits budgétaires vont devenir une manifestation de la ploutonomie.”[50]

La ploutonomie est largement caractérisée par le manque d’une classe moyenne vibrante et consumériste. Ceci est une caractéristique qui s’est accélérée ces dernières décennies, particulièrement en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne, où la classe moyenne est très endettée. La classe moyenne a existé comme classe consommatrice, conservant la classe plus basse dans un état de soumission et en maintenant la classe supérieure dans la sécurité et riche en consommant leurs produits, produits avec le travail de la classe inférieure.

Les ploutonomies les plus avancées au monde sont les nations les plus avancées industriellement et technologiquement, où les entreprises et banques majeures sont largement subventionnées et protégées par l’état, comme cela est typique dans une société capitaliste d’état. Alors que les sociétés état-capitalistes industrielles du nord riche ont été capables de s’industrialiser et de faire croître leur richesse grâce à des mesures hautememt protectonnistes, les pauvres natons du sud (Afrique, Asie, Amérique latine) étaient sujettes quant à elles à la politique du “libre-échange”, du “libre-marché”, qui ouvrit leurs économies afin qu’elles soient pillées et exploitées par les riches nations du Nord. Aucun pays n’est jamais devenu une puissance industrielle en mettant en œuvre une politique de “libre-échange”, de “libre-marché”, mais bien au contraire en faisant l’inverse: grosses subventions, protection de l’état pour les industries clés, les technologies et les entités entrepreneuriales.

Alors que le “tiers monde” fut obligé d’embrasser les politiques du “libre-échange” juste pour être capables d’obtenir des prêts, le résultat prévisible s’est produit: appauvrissement de masse et exploitation. Les états du “tiers monde” étaient gérés par une petite élite qui dominait ces pays économiquement et politiquement et qui cachaient leur fortune volée dans des banques étrangères et dans des paradis fiscaux. Maintenant, dans cette crise économique mondiale qui ravage le monde depuis ces quatre dernières années, les pays riches de l’hémisphère nord appliquent eux-mêmes des politiques de “libre-échange” identiques, créées pour soumettre les populations à la “discipline de marché”, tout en augmentant les politiques protectionistes et subventionnées pour les entreprises multinationales et les banques. Il est important ici de noter que la “discipline de marché” et les politiques de “libre-échange” ne sont faites que pour les populations, jamais pour les élites. Les travailleurs, les étudiants, les personnes âgées, les pauvres et le grand nombre sont soumis à la “discipline de marché” tandis que les banques et les multinationales continuent à être lourdement subventionnées (comme étant les récipiendaires de la plus grosse part d’avantages sociaux) et protégées par l’état en général. Ainsi, de la même manière que nos banques et nos entreprises ont pillé le tiers monde avec une vorace rapacité ces trois dernières décennies, maintenant ils vont être capables de le faire avec les populations de nations riches elles-mêmes. L’état va se transformer, comme il l’a fait dans le “tiers monde”, en une institution typiquement totalitaire qui est responsable de protéger les super-riches et de contrôler, d’opprimer ou dans des cas extrêmes de résistance, d’éliminer les “populations à problèmes” (c’est a dire le peuple).

Bienvenus à tous dans la ploutonomie mondiale de l’âge de l’austérité, le résultat de vivre et de tolérer surtout une “super-entité” mondialiste d’un cartel industrio-financier. Vraiment, nous devons faire une pause et pour seulement un moment, apprécier la capacité de ce cartel global de fonctionner si effectivement malgré ses activités criminelles ouvertes sans en subir les moindre répercussions légales. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans une société quand un pauvre noir pris avec 5 grammes de cocaïne va en prison pour 10 ans, tandis que les exécutifs blancs, riches qui blanchissent des centaines de milliards de dollars de l’argent du traffic de la drogue ne reçoivent qu’une amende mineure et une tape gentillette sur la main (et encore…)

La leçon est claire: si vous êtes un voleur, volez des milliards, des milliers de milliards et personne ne peut rien y faire. Si vous êtes dans le commerce de la drogue: faites le dans la zone des milliards ou centaines de milliards de dollars et vous passerez au travers. Si vous ne voulez pas payer d’impôts, soyez un membre du 0,001% des super-rices de ce monde et planquez vos milliards dans des comptes offshore exonérés d’impôts. Si vous en voulez encore plus, créez une crise économique, demandez d’être sauvés par l’état par l’injection de dizaines de milliers de milliards de dollars et ensuite, dites à l’état de punir sa population par la pauvreté afin qu’elle paie pour vos erreurs (vos crimes).

En d’autres termes, si vous voulez réaliser vos fantasmes criminels, volez, mentez, profitez de la mort et de la drogue, dominez et exigez, soyez roi et commandez, devenez le hautement efficace, socialement accepté sociopathe que vous savez avoir toujours voulu être… Pensez en grand ! Pensez BANQUE. Les assassins en série, les braqueurs de banques et les vendeurs de drogue vont en prison; les banquiers reçoivent l’aide publique et une assurance vie appelée “trop gros pour échouer”.

Andrew Gavin Marshall est un chercheur indépendant, écrivain basé à Montréal au Canada. Il est le gérant du projet The People’s Book Project. Il est aussi hôte du show hebdomadaire, “Empire, Power, and People,” on BoilingFrogsPost.com.

Notes

[1]       Andy Coghlan and Debora MacKenzie, “Revealed – the capitalist network that runs the world,” New Scientist, 24 October 2011:

http://www.newscientist.com/article/mg21228354.500-revealed–the-capitalist-network-that-runs-the-world.html

[2]       Ibid.

[3]       Ibid.

[4]       David J. Lynch, “Banks Seen Dangerous Defying Obama’s Too-Big-to-Fail Move,” Bloomberg, 16 April 2012:

http://www.bloomberg.com/news/2012-04-16/obama-bid-to-end-too-big-to-fail-undercut-as-banks-grow.html

[5]       Dean Baker, “The eurozone crisis is not about market discipline,” Al-Jazeera, 18 December 2011:

http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2011/12/2011121874651469307.html

[6]       Roger Altman, “We need not fret over omnipotent markets,” The Financial Times, 1 December 2011:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/890161ac-1b69-11e1-85f8-00144feabdc0.html#axzz1fnNHC8YP

[7]       Roger Altman, “We need not fret over omnipotent markets,” The Financial Times, 1 December 2011:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/890161ac-1b69-11e1-85f8-00144feabdc0.html#axzz1fnNHC8YP

[8]       Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor,” The Observer, 13 December 2009:

http://www.guardian.co.uk/global/2009/dec/13/drug-money-banks-saved-un-cfief-claims

[9]       Ed Vulliamy, “How a big US bank laundered billions from Mexico’s murderous drug gangs,” The Observer, 3 April 2011:

http://www.guardian.co.uk/world/2011/apr/03/us-bank-mexico-drug-gangs

[10]     Ibid.

[11]     Ed Vulliamy, “Global banks are the financial services wing of the drug cartels,” The Observer, 21 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/world/2012/jul/21/drug-cartels-banks-hsbc-money-laundering

[12]     John Paul Rathbone, “Money laundering: Taken to the cleaners,” 20 July 2012:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/702a64a6-d25e-11e1-ac21-00144feabdc0.html#axzz2ALt54B7K

[13]     Agustino Fontevecchia, “HSBC Helped Terrorists, Iran, Mexican Drug Cartels Launder Money, Senate Report Says,” Forbes, 16 July 2012:

http://www.forbes.com/sites/afontevecchia/2012/07/16/hsbc-helped-terrorists-iran-mexican-drug-cartels-launder-money-senate-report-says/

[14]     Roberto Saviano, “Where the Mob Keeps its Money,” The New York Times, 25 August 2012:

http://www.nytimes.com/2012/08/26/opinion/sunday/where-the-mob-keeps-its-money.html?pagewanted=all&_r=0

[15]     Dominic Rushe, “HSBC ‘sorry’ for aiding Mexican drugs lords, rogue states and terrorists,” The Guardian, 17 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/jul/17/hsbc-executive-resigns-senate

[16]     Ed Vulliamy, “Global banks are the financial services wing of the drug cartels,” The Observer, 21 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/world/2012/jul/21/drug-cartels-banks-hsbc-money-laundering

[17]     Michael Smith, “Banks Financing Mexico Gangs Admitted in Wells Fargo Deal,” Bloomberg, 29 June 2010:

http://www.bloomberg.com/news/2010-06-29/banks-financing-mexico-s-drug-cartels-admitted-in-wells-fargo-s-u-s-deal.html

[18]     Alexander Eichler, “Mexican Drug Cartel Laundered Money Through BofA, FBI Alleges,” The Huffington Post, 9 June 2012:

http://www.huffingtonpost.com/2012/07/09/los-zetas-laundered-money-bank-america_n_1658943.html

[19]     Jessica Silver-Greenberg and Edward Wyatt, “In Laundering Case, a Lax Banking Law Obscured Money Flow,” The New York Times, 8 August 2012:

http://www.nytimes.com/2012/08/09/business/how-a-lax-banking-law-obscured-money-flow.html?pagewanted=all;

Jessica Silver-Greenberg and Ben Protess, “

Money-Laundering Inquiry Is Said to Aim at U.S. Banks,” The New York Times, 14 September 2012:

http://www.nytimes.com/2012/09/15/business/money-laundering-inquiry-said-to-target-us-banks.html?pagewanted=all&_r=0

[20]     James B. Stewart, “For UBS, a Record of Averting Prosecution,” The New York Times, 20 July 2012:

http://www.nytimes.com/2012/07/21/business/ubss-track-record-of-averting-prosecution-common-sense.html?pagewanted=all

[21]     Matt Taibbi, “The Scam Wall Street Learned From the Mafia,” Rolling Stone, 21 June 2012:

http://www.rollingstone.com/politics/news/the-scam-wall-street-learned-from-the-mafia-20120620

[22]     William D. Cohan, “How Wall Street Scams Counties Into Bankruptcy,” Bloomberg, 1 July 2012:

http://www.bloomberg.com/news/2012-07-01/how-wall-street-scams-counties-into-bankruptcy.html

[23]     “The Libor Scandal: The Rotten Heart of Finance,” The Economist, 7 July 2012:

http://www.economist.com/node/21558281

[24]     Shahien Nasiripour, “Nine more banks added to Libor probe,” The Financial Times, 26 October 2012:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/6f4e7960-1f1a-11e2-be82-00144feabdc0.html#axzz2ARAog5NE

[25]     Douglas Keenan, “My thwarted attempt to tell of Libor shenanigans,” The Financial Times, 26 July 2012:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/dc5f49c2-d67b-11e1-ba60-00144feabdc0.html#axzz2ARAog5NE

[26]     “The Cartel: Behind the Scenes in the Libor Interest Rate Scandal,” Der Spiegel, 1 August 2012:

http://www.spiegel.de/international/business/the-libor-scandal-could-cost-leading-global-banks-billions-a-847453.html

[27]     Matt Taibbi, “Why is Nobody Freaking Out About the LIBOR Banking Scandal?” Rolling Stone, 3 July 2012:

http://www.rollingstone.com/politics/blogs/taibblog/why-is-nobody-freaking-out-about-the-libor-banking-scandal-20120703

[28]     Raúl Ilargi Meijer, “LIBOR Was A Criminal Conspiracy From The Start,” The Business Insider, 11 July 2012:

http://www.businessinsider.com/libor-was-a-criminal-conspiracy-from-the-start-2012-7

[29]     Steven Swinford and Harry Wilson, “RBS traders boasted of Libor ‘cartel’,” The Telegraph, 26 September 2012:

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/9568087/RBS-traders-boasted-of-Libor-cartel.html

[30]     Jill Treanor and Dominic Rushe, “Timothy Geithner and Mervyn King discussed Libor worries in 2008,” The Guardian, 13 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/jul/13/tim-geithner-mervyn-king-libor

[31]     Mark Gongloff, “New York Fed’s Libor Documents Reveal Cozy Relationship Between Regulators, Banks,” The Huffington Post, 13 July 2012:

http://www.huffingtonpost.com/2012/07/13/new-york-fed-libor-documents_n_1671524.html

[32]     Chris Giles, “Libor scandal puts BoE in line of fire,” The Financial Times, 17 July 2012:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/68605a86-d02a-11e1-bcaa-00144feabdc0.html#axzz2ARAog5NE

[33]     Jill Treanor, “British Bankers’ Association to be stripped of Libor rate-setting role,” The Guardian, 25 September 2012:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/sep/25/bba-libor-setting-role-stripped-banks

[34]     Liam Vaughan, “Secret Libor Committee Clings to Anonymity Following Scandal,” Bloomberg, 21 August 2012:

http://www.bloomberg.com/news/2012-08-20/secret-libor-committee-clings-to-anonymity-after-rigging-scandal.html

[35]     David Enrich and Max Colchester, “Before Scandal, Clash Over Control of Libor,” The Wall Street Journal, 11 September 2012:

http://online.wsj.com/article/SB10000872396390443847404577631404235329424.html

[36]     Andrew Mayeda, “Canada Regulator Says Has Power to Probe Libor ‘Cartel’,” Bloomberg, 22 June 2012:

http://www.bloomberg.com/news/2012-06-22/canada-regulator-says-has-power-to-probe-libor-cartel-.html

[37]     Halah Touryalai, “Banks Rigged Libor To Inflate Adjustable-Rate Mortgages: Lawsuit,” Forbes, 15 October 2012:

http://www.forbes.com/sites/halahtouryalai/2012/10/15/banks-rigged-libor-to-inflate-adjustable-rate-mortgages-lawsuit/

[38]     Darrell Preston, “Rigged Libor Hits States-Localities With $6 Billion: Muni Credit,” Bloomberg, 9 October 2012:

http://www.bloomberg.com/news/2012-10-09/rigged-libor-hits-states-localities-with-6-billion-muni-credit.html

[39]     Andrew Gavin Marshall, “Austerity, Adjustment, and Social Genocide: Political Language and the European Debt Crisis,” Andrewgavinmarshall.com, 24 July 2012:

http://andrewgavinmarshall.com/2012/07/24/austerity-adjustment-and-social-genocide-political-language-and-the-european-debt-crisis/

[40]     Roger Altman, “We need not fret over omnipotent markets,” The Financial Times, 1 December 2011:

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/890161ac-1b69-11e1-85f8-00144feabdc0.html#axzz1fnNHC8YP

[41]     Ben Polak and Peter K. Schott, America’s Hidden Austerity Program,” The New York Times, 11 June 2012:

http://economix.blogs.nytimes.com/2012/06/11/americas-hidden-austerity-program/;

Jason Cherkis, “A Thousand Cuts: Austerity Measures Devastate Communities Around The World,” The Huffington Post, 17 July 2012:

http://www.huffingtonpost.com/2012/07/12/austerity-measures-a-thousand-cuts_n_1666309.html;

Editorial, “The Austerity Trap,” The New York Times, 23 October 2012:

http://www.nytimes.com/2012/10/24/opinion/the-austerity-trap.html?_r=0;

Derek Thompson, “American Austerity: Why the States Cutting Spending Are Doing Worse,” The Atlantic, 21 June 2012:

http://www.theatlantic.com/business/archive/2012/06/american-austerity-why-the-states-cutting-spending-are-doing-worse/258825/

[42]     “CEOs Deficit Manifesto,” The Wall Street Journal, 25 October 2012:

http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203937004578076254182569318.html?mod=googlenews_wsj

[43]     “Executives Who Signed the Fix the Debt Declaration,” The Wall Street Journal, 25 October 2012:

http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203897404578077251928040508.html

[44]     Al Lewis, “Bankers Face the Abyss,” The Wall Street Journal, 21 October 2012:

http://online.wsj.com/article/SB10000872396390444734804578064840879262594.html?mod=googlenews_wsj

[45]     Heather Stewart, “Wealth doesn’t trickle down – it just floods offshore, research reveals,” The Observer, 21 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/jul/21/offshore-wealth-global-economy-tax-havens

[46]     Heather Stewart, “£13tn hoard hidden from taxman by global elite,” The Observer, 21 July 2012:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/jul/21/global-elite-tax-offshore-economy

[47]     We’re living in a plutonomy, The Telegraph, 2 April 2006:

http://www.telegraph.co.uk/finance/2935809/Were-living-in-a-plutonomy.html

[48]     Robert Frank, Plutonomics, The Wall Street Journal, 8 January 2007:

http://blogs.wsj.com/wealth/2007/01/08/plutonomics/

[49]     Ibid.

[50]     Gus Lubin, Deutsche Bank Says The ‘Global Plutonomy’ Is Stronger Than Ever, And That Means 10X More Volatility, Business Insider, 17 February 2011:

http://www.businessinsider.com/ajay-kapur-plutonomy-2011-2

French Translation: Organisation, imagination et action : comment transformer un mouvement étudiant en révolution

The following is a French translation of a recent article, “Organize, Imagine, and Act: How a Student Movement Can Become a Revolution,” translated courtesy of Résistance 71.

Résistance politique: Temps pour les mouvements sociaux de sortir du réformisme et de repenser leur mode d’action…

Nous avons traduit ici un article très récent d’Andrew Gavin Marshall, qui analyse les pièges réformistes dans lesquels tombent les mouvements sociaux les uns après les autres, du mouvement des indignés, à Occupy Wall Street en passant ici par l’étude du mouvement contestataire des étudiants québecois.

Marshall nous suggère un mode d’action à titre d’exemple basé sur l’éducatif et se rapproche en cela à la fois d’un modèle libertaire d’autogestion, mais également de la praxis pour une pédagogie critique si chère aux grands éducateurs que sont (étaient) Paulo Freire, Ira Shor et Peter McLaren.

Le message est clair: ce n’est pas en faisant des compromis avec un système corrompu et bien au delà de toute rédemption qu’on changera quoi que ce soit. Il n’y a pas de solutions au sein du système, nous devons changer notre attitude pour sortir du marasme sans fin de la société spectacle criminelle et mortifère qui n’en finit plus de mourir… Aidons la !…

“L’état est une relation sociale, une façon pour les gens d’interagir avec d’autres. Il peut-être détruit en créant de nouvelles relations sociales, en changeant l’attitude des gens les uns envers les autres.” (Gustav Landauer)

– Résistance 71 –

 

Organisation, imagination et action : comment transformer un mouvement étudiant en révolution

 

Par Andrew Gavin Marshall

 

le 18 août 2012

 

url de l’article original:

http://andrewgavinmarshall.com/2012/08/18/organize-imagine-and-act-how-a-student-movement-can-become-a-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Et donc il semblerait que la grève estudiantine québécoise soit en train de ralentir et de toucher à sa fin, alors que les universitésviennent de voter pour un retour en classe, avec environ 10 000 étudiants en faveur d’une poursuite de la grève – une nette réduction par rapport aux 175 000 étudiants en grève fin avril et début mai. La grève a commencé en février 2012, par opposition à une augmentation prévue de 75% des frais de scolarité. Les étudiants se sont mobilisés en très grand nombre, organisant des protestations de masse et des piquets de grève devant les écoles. Ils ont élargi le problème en un mouvement social plus vaste et ont été constamment confrontés à la violence de l’État, sous forme de police antiémeute, de spray au poivre, de gaz lacrymogène, de coups de matraque et de balles en caoutchouc, se faisant même piétiner par des chevaux et renverser par des voitures de police. Le gouvernement a fait passer une loi intitulée « Bill 78 » qui porte atteinte à la liberté d’expression et le droit de se rassembler librement. Il a également suspendu le semestre scolaire en cours afin de mettre fin aux piquets de grève. Maintenant qu’un nouveau semestre est sur le point de commencer, et que des élections se profilent dans les prochaines semaines, on est en train de rediriger les étudiants des rues vers les isoloirs. Le « Printemps d’érable » s’est métamorphosé en “Automne des élections”.

Entretemps, au Chili, où un mouvement étudiant initié en mai et juin 2011, mobilisé contre un système éducatif  extrêmement privatisé, continue avec une énergie renouvelée. Là-bas, les actions et mobilisations avaient connu des hauts et des bas au cours des 15 derniers mois, mais à la mi-août 2012, on a assisté à leur résurgence, comme les étudiants ont commencé à occuper des lycées, à bloquer les rues et à entreprendre des protestations de masse. Les étudiants participant à des occupations ont été menacés de perdre leur bourse d’étude. En plus d’un an de protestations, les étudiants n’ont pas vu le moindre changement significatif au niveau de leur système éducatif, ni même des signes qui indiqueraient que ceux au pouvoir considéraient leurs requêtesavec quoi que ce soit d’autre que du dédain et du mépris. Pendant longtemps, les étudiants ont été confrontés à la violence de l’État, à travers l’appareil oppressif d’une ancienne dictature militaire, combattant un système éducatifétabli aux alentours de la fin de cette ère. Les unités de police antiémeute s’opposaient souvent aux étudiants par l’usage de gaz lacrymogène, de canons à eau, de matraques, par des arrestations de masse et par d’autres moyens offensifs. Par la suite, la police a envahi les lycées et arrêté plus d’une centaine d’étudiants participant aux occupations – ce qui a provoqué un plus grand engagement de la part des étudiants universitaires, qui ont commencé à occuper la Universidad de Chile, qui ne l’avait pas été depuis le début du mouvement l’année précédente (souvent appelé l’Hiver chilien).

Au Chili, tout comme au Québec, les protestations, les marches et même le droit de manifester sont souvent déclarés illégaux. Dans les deux pays, quand les manifestations ont pris un tour violent (le plus souvent incité par la police elle-même), elles ont été nommées “émeutes”, et utilisées par les médias et le discours politique pour dépeindre le mouvement comme violent, extrémiste, provoqué par des fauteurs-de-trouble, des vandales, et des criminels. Cela est fait pour réduire le soutien du public aux manifestations (ce qui a beaucoup mieux réussi au Québec qu’au Chili), et pour, par la suite, rejeter les demandes des étudiants. Il existe, en réalité, bien d’autres similarités et analogies intéressantes entre l’Hiver chilien et le Printemps d’érable. Les étudiants et universitaires du Chili ont même exprimé leur solidarité aumouvement étudiant québécois.

C’est ici que nous nous trouvons face à un problème. Les mouvements étudiants n’ont pas l’air d’obtenir quoi que ce soit de tangible en termes de changement significatif. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont rien accompli; bien au contraire, en fait. Les mouvements étudiants ont réussi à mobiliser un grand nombre de personnes, à organiser des manifestations et, en effet, à politiser une génération, ce qui est leur plus sincère et plus important succès à ce jour. Les étudiants ont subi les campagnes de propagande, une répression violente, des intimidations à caractère légal, et, plus que tout, la détermination d’une élite qui perçoit chaque concession insignifiante sans exception comme le sacrifice le plus impensable qui pourrait anéantir la société En bref, les élites sont plus têtues que les étudiants ne pourront jamais l’être, et elles ont les moyens de maintenir leur position et de dominer les étudiants à l’usure, dans l’éventualité où ils ne pourraient pas simplement les faire obéir par la peur ou les écraser. Par conséquent, même si les actions symboliques et la radicalisation politique sont des progrès nécessaires, la volonté de continuer à agir et l’espoir de manifester des idées radicales s’épuisent, s’usent, perdent de leur optimisme et sont sapés de leur force. Tout cela sera incroyablement difficile à raviver si les circonstances et les plans d’action ne changent pas.

Alors peut-être est-il temps de mettre en place une nouvelle tactique. Au lieu de radicaliser après avoir mobilisé, les étudiants pourraient commencer par effectuer des radicalisations qui guideraient ensuite les mobilisations. Tout mouvement social souhaitant avancer, grandir et devenir autre chose qu’une simple exigence de réformes, ou qu’une simple demande auprès du pouvoir, doit fournir quelque chose aux étudiants, aux communautés et au grand public; il doit créer. Voici la différence entre un mouvement réformiste et un mouvement révolutionnaire. Dans ce contexte, le mot “révolutionnaire” ne sous-entend pas une usurpation du pouvoir étatique avec renversement violent de l’autorité, mais plutôt la transformation radicale de notre conception et de notre participation dans certains secteurs spécifiques ou dans tous les secteurs de la société. Donc, il est essentiel de proposer de nouvelles idées pour l’action, plutôt que de discuter et de débattre les nouveaux termes de la capitulation. Cela peut faire toute la différence entre le peu que les étudiants obtiendront suite à leurs demandes, et ce que nous avons à gagner d’une nouvelle (infra)structure éducative elle-même. Une discussion incluant de nouvelles idées doit remplacer – ou coïncider avec – l’articulation des demandes ignorées.

Comment parvenir à cela? À quoi cela ressemblerait-il?

Pour les étudiants, le problème fondamental, ce sont les études. Pour ce qui est des mouvements étudiants, la croissance est venue d’une expansion du problème à une question sociale plus large, et d’une association avec d’autres organisations et avec d’autres causes. Cela étend son ampleur, et donc, la base de soutien pour un mouvement étudiant. Cependant, les syndicats reconnus ont joué un grand rôle dans la direction (ou les tentatives de direction), le financement et l’organisation en coopération avec des mouvements étudiants. Bien que la cause des travailleurs soit un problème qui doit être envisagé, les syndicats qui ont survécus jusqu’ici, environ trente ans dans l’ère de la mondialisation néolibérale, ont survécu uniquement car ils fonctionnent sur un principe de coopération avec les pouvoirs établis de la société, à savoir l’État et les corporations. Ce sont des institutions corporatistes.

Il y a plus de cent ans, les syndicats étaient extrêmement radicaux, organisés, énormes, et révolutionnaires. Les actions et les idées en rapport avec un travail radicalement organisées sont ce qui mena à la journée de 8 heures, aux weekends, aux retraites, à la sécurité de l’emploi, aux allocations diverses, à la fin du travail des enfants, et à bien d’autres choses encore. Par la suite, les syndicats durent faire face à approximativement un siècle de brutalité, de violence, de cooptation, et de destruction. Ceux qui ont tenu le coup ne sont pas radicaux, mais juste légèrement réformistes. Je dis “légèrement” parce qu’ils ne se mobilisent pas pour combattre pour de nouvelles idées ou causes, mais uniquement pour conserver les réformes antérieurement mises en place suite à une agitation radicale des travailleurs. Donc, les représentants syndicaux servent de pare-chocs pour la police brutale de l’État et les intérêts des corporations et du capital organisé qui cherchent constamment à saper et à exploiter les travailleurs. Les principaux syndicats servent généralement à amortir le choc des coups portés à la main-d’oeuvre quand l’élite abaisse le marteau. Dans ce système-là, tous les droits, toutes les allocations, tous les acquis en matière de sécurité et toutes les protections se font progressivement miner puis supprimer. Lorsque les syndicats officiels fournissent fonds et guidance aux mouvements étudiants, ils le font en les détournant des voies radicales ou révolutionnaires, et promeuvent une direction extrêmement réformiste, qui ne peut être envisagée qu’à travers des négociations et une capitulation envers l’État et les intérêts des corporations. Voilà qui nous a amené là où nous en sommes.

Quand il s’agit d’engagement et d’interaction, de solidarité, de coopération avec les travailleurs, ce devrait être les étudiants les plus radicaux – et les plus radicalement organisés – qui redirigent les syndicats vers une direction plus radicale, pour les ramener à leurs origines, à une époque où ils accomplissaient de bonnes choses au lieu d’adoucir leurs échecs. Si ceux-ci refusent d’être radicaux, alors les étudiants doivent encourager et essayer de trouver des moyens de soutenir de nouvelles organisations des travailleurs: fournir de l’assistance, de la guidance, des idées, ainsi qu’un soutien physique et moral. Les étudiants pourraient se mobiliser dans les rues pour défendre aussi bien les droits des travailleurs que leurs propres droits.

Ce qui est à retenir ici, c’est que pour rendre un mouvement plus radical et pour le rendre révolutionnaire, ce dernier doit coopérer avec, soutenir, et être soutenu par d’autres mouvements et organisations révolutionnaires. Si la force dominante est réformiste, officialisée, et corporatiste (termes que j’utilise pour qualifier une chose dont l’idéologie de fonctionnement est tolérante envers l’État et envers une société dominée par le cartel des industries), alors les organisations qui en font partie essayeront de récupérer, rediriger, et détourner votre mouvement vers une “zone sûre” pour les élites, si elles ne réussissent pas à le saper complètement et à l’éliminer. Ce comportement ne provient pas nécessairement d’un désir insidieux de détruire vos mouvements étudiants, mais plutôt d’une idéologie insidieuse enchâssée dans chacune des fonctions de leurs organisations. Donc, l’intégration, le soutien mutuel, la dépendance et l’interaction avec d’autres mouvements sociaux doit se situer à un niveau radical et révolutionnaire si vous souhaitez maintenir le potentiel et le désir qui réside au sein de votre propre mouvement. C’est malheureux, parce que cela rend les choses plus difficiles, mais c’est la réalité des choses.

Par conséquent, ce qu’il faut, ce sont des idées radicales au niveau de l’organisation, pour que les associations d’étudiants et les autres associations avec lesquelles elles interagissent soient obligées de rendre plus de comptes à leurs membres, et ce de manière directe. Au lieu d’avoir des délégués ou des représentants qui prennent toutes les décisions (ce qui est le mode de fonctionnement de notre gouvernement), ces dernières doivent être prises par les membres, et les représentants ne devraient jouer un rôle que dans leur mise en pratique et que dans leur organisation. Les associations étudiantes, au Québec et ailleurs, fonctionnent davantage de cette façon, alors que les autres groupes, notamment de travailleurs, ne le font en général pas. Si les associations d’étudiants ne fonctionnent pas comme cela, c’est le premier problème à régler: soit il faut exiger que les associations changent, soit il faut en créer de nouvelles et de cette façon rendre obsolètes celles qui ne sont pas représentatives de la volonté de leurs membres. Donc, pour qu’un mouvement étudiant devienne révolutionnaire, la première étape est une radicalisation de l’organisation.

À présent, passons à quelque chose de plus intéressant: comment radicaliser les idées et les actions dans l’enseignement lui-même. Cette nouvelle étape traite de la radicalisation de l’action. Alors que la première étape, à bien des égards – la radicalisation de l’organisation – avait été franchie par bien des mouvements étudiants, les actions elles-mêmes manquaient de radicalisation. Elles étaient grossièrement limitées à des manifestations de masse, à des piquets de grève, à des occupations d’écoles, et à la rébellion des jeunes contre la violence et la répression avérées de l’État. Toutes ces actions ont leur importance propre: établir la solidarité, s’unir pour avoir plus de force, être présent sur l’espace public, démontrer volonté et pouvoir, développer l’”estime de soi” du mouvement social. Elles sont nécessaires, mais si elles n’évoluent pas, le mouvement lui-même ne peut pas évoluer. Donc, ce qu’il faut à ce stade est une discussion pour trouver de nouvelles idées d’action. Assez typiquement, comme c’est le cas pour le moment au Québec, on dit aux étudiants de dégager les rues et d’aller voter, là où un “réel” changement peut être opéré. Ceci est illusoire et ne sert à rien. À moins qu’il n’existe un parti radical, le mieux que l’on puisse espérer est de retarder l’inévitable dégradation de l’enseignement, ou peut-être d’obtenir une meilleure concession, qui tiendrait probablement plus de l’insulte que de l’encouragement.

De nouvelles propositions d’action doivent venir des étudiants eux-mêmes et de nombreuses initiatives pourraient être à la fois discutées et entreprises. En gros, au lieu de demander quelque chose du pouvoir, créez quelque chose de nouveau. Si l’enseignement est ce que vous voulez, commencez à le développer vous-mêmes. Dans le cas de l’occupation des écoles, pourquoi les étudiants ne commenceraient-ils pas à débattre des problèmes, à partager leur savoir, à inviter des professeurs, des universitaires et d’autres personnes qui soutiennent le mouvement pour venir parler avec eux et partager ce qu’ils savent?

Cela ne doit pas forcément se dérouler que dans les écoles occupées, même si ce serait assez symbolique, mais cela pourrait essentiellement prendre place dans n’importe quel espace public. L’initiative fonctionnerait comme un genre de système éducatif populaire, conçu pour partager et développer le savoir, par pour fabriquer de la main-d’oeuvre. Les occasions d’emploi des jeunes sont déjà en train de disparaître partout, et elles continueront à le faire au fur et à mesure que la crise économique empire. Ce genre de “forums éducatifs” pourrait éventuellement être conçu de telle manière à instruire et à partager des connaissances sur des questions pertinentes pour les mouvements étudiants eux-mêmes: l’histoire de l’enseignement, l’histoire des protestations et des mouvements sociaux, le pouvoir politique, la répression, le système économique – capitalisme, néolibéralisme, etc. Cela pourrait – et devrait – s’étendre à des questions de plus ample importance et à des champs de savoir plus vastes, comprenant l’art, les sciences, la philosophie, etc. Il y a déjà des gens dans la société qui ont obtenu des connaissances à travers les institutions éducatives, et donc, il y a déjà des gens capables d’apporter ces connaissances dans un nouveau forum, et d’une façon nouvelle.

Pour donner un exemple, imaginez un “cours” (ou un forum) sur l’histoire des luttes sociales. Tout d’abord, il faut trouver un espace physique, il faut donc s’installer dans un parc, se donner rendez-vous dans un endroit public, louer un espace, ou occuper un espace (tel que le hall d’une école). Il faudra aussi que les étudiants discutent au préalable – probablement via des réseaux sociaux – quels intellectuels et autres individus ils souhaiteraient inviter pour venir leur parler du problème en question. Les interlocuteurs invités partageraient alors leurs connaissances sur l’histoire des luttes sociales, encourageraient la discussion, débattraient l’un avec l’autre, et lieraient directement conversation avec les étudiants. Pour chaque interlocuteur extérieur invité, un étudiant devrait aussi être invité à parler, pour partager ses propres connaissances et pour pouvoir répondre sur un même pied d’égalité. Le principe qui veut que les étudiants ne soient là que pour apprendre et pas pour enseigner est une mauvaise conception à laquelle il conviendrait de remédier. Il faudrait aussi laisser le grand public participer à ces forums. Le but devrait être de diffuser le savoir et de favoriser le débat au sein de la population tout entière, pas juste entre les étudiants. Mais ce sont les étudiants qui sont capable d’apporter ce forum à la population dans son ensemble. Il faudrait aussi: que ces forums soient diffusés via les médias sociaux, qu’ils soient filmés et enregistrés pour être regardés sur Internet, à la fois en direct et en rediffusion. Les étudiants pourraient créer des “coopérations à thèmes”, éventuellement avec un groupe d’étudiants organisés un peu comme les associations estudiantines plus grandes (avec une démocratie directe), qui superviseraient l’organisation de chaque sujet ou de chaque problème: l’histoire des mouvements sociaux, l’économie politique, les études en communication, etc. Chaque “coopération” pourrait monter son propre site Internet, où la communauté entière serait appelée à prendre la parole, à apporter son soutien, à proposer des interlocuteurs, des problèmes et des rencontres, à regarder des forums archivés ou retransmis en direct, à débattre sur des forums en ligne, où elle serait informée des événements et des interlocuteurs [qui vont être invités]  et où on lui fournirait de quoi s’instruire, des choses à lire, etc. Les étudiants pourraient écrire des articles qui seraient ensuite publiés ouvertement sur de tels sites, pour promouvoir la discussion et utiliser réellement les connaissances au lieu d’écrire des articles pour recevoir une note [par le professeur, N.d.T.], ce qui est une notion assez absurde. Les sites Web créés pourraient avoir une rubrique “Nouvelles” qui donnerait les nouvelles et les changements du monde entier qui sont en rapport avec le problème dont ils traitent. La coopération elle-même – à la fois au sein de la communauté et sur Internet – devient alors un forum pour le développement et l’expansion des connaissances à une part bien plus large de la société, à l’échelle locale et à l’échelle mondiale.

C’est là que le fait d’agir devient encore plus important. Pour qu’un mouvement social survive et s’agrandisse en un mouvement révolutionnaire, il ne doit pas s’isoler, et il doit entrer en contact et interagir directement avec la population dans sa globalité. La meilleure façon d’accomplir cela, qui a aussi l’effet nécessaire d’accroître le soutien de la population envers le mouvement, est de rendre un service ou de satisfaire un besoin. Dans le cas d’un mouvement étudiant, ce besoin est l’instruction. La simple “ouverture” de forums au grand public pourrait ne pas suffire. Les étudiants ou les “coopérations à thème” pourrait organiser, individuellement, de plus petites réunions et discussions, dans leur voisinage et en se donnant rendez-vous dans toute la ville, dans toute la région ou dans tout le pays, au cours desquelles les étudiants parleraient eux-mêmes avec et au public des problèmes que leurs études les ont formés à analyser.

Au Québec, où les étudiants ont été sans cesse catalogués par les médias et par les élites comme des “sales gosses favorisés “, cette stratégie pourrait nous permettre de partager nos soi-disant “droits” avec la population tout entière, et sans que cela leur coûte un sou. Ainsi, lorsque les étudiants augmentent leurs connaissances, ils peuvent les partager avec autrui. Par exemple, quelques étudiants en histoire pourraient tenir un petit forum dans un café ou dans un lieu public de petite taille dont ils auront au préalable fait la publicité dans le voisinage ou via des médias sociaux, invitant les gens à venir écouter et participer gratuitement à une discussion sur un sujet d’histoire bien précis. Bien entendu, dans de telles circonstances, il ne faut pas simplement déployer des connaissances abstraites ou difficiles à comprendre, mais des connaissances qui soient d’intérêt pour ceux qui en discutent. Par conséquent, si la discussion porte sur “l’histoire des mouvements sociaux”, les étudiants devraient partager ce qu’ils savent à ce sujet, mais en faisant le parallèle avec le mouvement social en cours, avec les conditions sociales de la population dans son ensemble, en posant des questions et en discutant avec les autres personnes présentes lors de la rencontre, favorisant la discussion et le débat. Ainsi, au lieu que le public ne voie les étudiants comme “des favorisés”, il pourrait en arriver à les voir comme “responsables”.

Ce genre de tactique devrait surtout être utilisé au sein des communautés pauvres, ou opprimées, où les étudiants auraient la volonté d’écouter et d’apprendre davantage qu’ils n’auraient tendance à parler et à enseigner. Cela est dû au fait que pour beaucoup de mouvements étudiants, simplement par leur position d’étudiants, viennent généralement de couches plus favorisées de la société que les communautés réellement pauvres, minoritaires, constituées d’immigrants ou autrement opprimées. Ces dernières n’interviennent pas, pour la plupart, dans les mouvements étudiants eux-mêmes. Cela doit changer, et pour une raison très fondamentale: il y a beaucoup à apprendre de ces communautés. Les peuples opprimés ont vécu et connu pendant une période beaucoup plus longue ce que la majorité des étudiants ne font que commencer à apprendre et à expérimenter, à savoir la vraie nature et les vrais intérêts du pouvoir, l’appareil étatique violent et oppressif, le point faible du système économique, la réalité de la vie sociale pour beaucoup de gens. En bref, ce serait un moyen de sensibiliser les étudiants à des problèmes plus profonds sur les dissensions sociales, en écoutant et en parlant directement à et avec ceux qui vivent au coeur de sphères sociales opprimées.

Mais on ne peut prendre sans donner, et donc même si les communautés opprimées désirent éventuellement partager leurs connaissances avec les étudiants et engager la discussion et le débat, les étudiants doivent leur donner quelque chose en échange. Il y a un moyen très simple de commencer à appliquer ce principe : demandez-leur ce dont elles ont le plus besoin. Par exemple, si une communauté cite le coût et la qualité de la nourriture comme problème principal, les étudiants pourraient alors quitter la première réunion en ayant l’intention de s’organiser et de faire des plans concernant ce problème. Les étudiants pourraient avoir leurs propres discussions, réunions, débats, et pourraient partager leurs idées quant à la solution à ce problème précis dans cette communauté en particulier. Ils pourraient par la suite proposer une variété d’idées aux dirigeants de ces communautés. Ces idées seraient soumises à leur critique, à leur rejet, à leur soutien, etc. avant d’être remises à l’étude accompagnées de nouvelles suggestions, ou avant que l’on ne se mette au travail, mettant les idées en pratique.

Donc par rapport au problème de l’alimentation, par exemple, les étudiants pourraient peut-être s’organiser autour de l’idée de créer un jardin communautaire pour cultiver des denrées alimentaires, proposer cette idée à la communauté, et, si cette idée est acceptée et soupesée, ils pourraient trouver un terrain, le soutien et le matériel dont ils ont besoin, et travailler avec les membres de la communauté à lancer et établir un tel jardin, afin de contribuer à l’avancement vers une forme d’alimentation durable, proposée gratuitement ou à bas prix aux gens habitant l’endroit. Éventuellement, on pourrait organiser une association étudiante chargée de promouvoir et de partager son savoir dans des domaines bien précis – horticulture, nutrition, etc., et celle-ci se déplacerait pour venir partager son savoir, aider à la tâche, elle pourrait même faire de cette pratique une caractéristique essentielle de son fonctionnement, à savoir d’aller vers d’autres communautés pour les aider à établir une alimentation durable.

Ce ne sont, bien sûr, que des idées d’action, il n’y a aucune raison de suivre ce plan spécifique. Le simple but de ceci est de promouvoir une discussion sur ce concept: les actions, les organisations, et les objectifs qui seront le fruit d’une radicalisation de l’action ont des chances d’être beaucoup plus variés, intéressants, et efficaces que ces seules suggestions. Cela dit, j’ai utilisé ces exemples d’actions et d’idées pour montrer comment un mouvement étudiant protestant contre quelque chose (comme l’augmentation des frais de scolarité), peut devenir un mouvement révolutionnaire visant à obtenir quelque chose.

Ces actions sont révolutionnaires parce qu’elles obligent les gens à remettre en cause et à réévaluer leur conception de l’enseignement, de l’éducation, de sa manière de se dérouler, de son but final, de son institutionnalisation, de la philosophie, etc. Les actions elles-mêmes impliquent directement les gens, elles puisent dans la population et apportent quelque chose à la population, dans son ensemble. Par cet effet, non seulement le soutien augmente, mais il y a aussi un renforcement des idées et des actions des étudiants eux-mêmes. À ce point, qui est concevable, ce mouvement ne serait plus qualifié d’estudiantin, mais ne pourrait être identifié que comme un mouvement social bien plus vaste, qui aiderait à radicaliser la société elle-même à une échelle plus large, ce qui apporterait à son tour de nouvelles idées et actions aux étudiants; la solidarité à la fois en parole et en actions.

Ces actions sont révolutionnaires parce qu’elles tentent de contourner les structures du pouvoir au lieu de dépenser toute leur énergie à les combattre de manière directe. En évitant la structure du pouvoir – l’État, les écoles, les corporations, etc. – les étudiants créeraient une structure éducative parallèle au sein même de la société, rendant la structure existante de plus en plus obsolète. Une fois fait, le poids de l’État et d’autres institutions serait réduit dans les négociations, parce que les étudiants ne dépendraient plus exclusivement d’eux pour recevoir une éducation. L’État tenterait très probablement de réprimer un tel mouvement, ou peut-être même d’offrir des récompenses et des concessions beaucoup plus importantes. Il pourrait même accepter les exigences antérieures des étudiants pour les faire retourner à l’école et les réintégrer à un système éducatif contrôlé par le pouvoir. L’État est bien adapté pour gérer les confrontations directes: c’est pour cela que la police, les armées, les armes à feu, les insignes et les avocats sont faits. Peu importe qui vous êtes, ce que vous exigez, ou bien où vous l’exigez, l’État peut tout simplement vous attaquer au gaz lacrymogène, vous effrayer, vous disperser, et vous avoir à l’usure. Mais quand on passe autour de la structure du pouvoir, que l’on crée et que l’on établit quelque chose de nouveau, sans contrôle ni directives de la part des institutions établies du pouvoir, ce dernier devient très nerveux et se sent mis en danger.

Il serait stupide de penser que les structures du pouvoir ne réagiront pas encore plus violemment qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent – elles le feront plus que probablement. La différence principale, cependant, sera que le soutien du public au mouvement aura, en théorie, explosé, et dans l’éventualité d’une violence accrue, il explosera de colère et de désaccord contre l’État. En bref, alors qu’il est probable que l’Etat accroisse ses tentatives d’intimidation et sa brutalité, la réponse du public sera probablement plus puissante qu’elle ne l’aura jamais été. Nous avons déjà été témoins d’un exemple de cela au Québec, quand le gouvernement fit passer la loi “Bill 78″; une bien plus grande proportion de la population se mobilisa en opposition au gouvernement. Cependant, cet effet s’est maintenant largement évanoui, et il faut se refocaliser sur la différence entre se mobiliser contre quelque chose, et se mobiliser pour quelque chose. De la différence entre l’opposition et la proposition, entre le fait d’exiger et le fait d’agir.

L’idée centrale que je défends, c’est que pour transformer un mouvement estudiantin en mouvement révolutionnaire, on doit transformer ses exigences en matière d‘éducation en actions pour l’éducation. Si le problème est l’éducation, la solution est l’éducation. L’incapacité des mouvements étudiants à faire respecter leurs exigences révèle un défaut profondément enraciné dans notre société, à savoir que les institutions ne représentent pas et ne répondent pas aux exigences de leurs membres supposés – fait qui les rend illégitimes. Cette faille se manifeste dans toute la société. Si même le gouvernement, qui est censé “représenter” ses citoyens, ne reflète ni les intentions ni les intérêts populaires, alors il est illégitime. La plupart des institutions ne donnent même pas à leurs membres leur mot à dire quant aux personnes qui les dirigent. Certaines d’entre elles, comme les gouvernements, proposent parfois des élections par lesquelles les gens peuvent choisir des candidats, mais après cela toutes les décisions leur sont enlevées des mains. D’autres, comme les écoles, les corporations, les banques, les médias, etc. ne permettent même pas à leurs membres de choisir qui sera aux commandes, ne parlons même pas des directives et de l’action. Les conseils d’administration des universités sont peuplés de banquiers, d’anciens élus du gouvernement, de cadres d’entreprise, d’officiels dans des fondations, et d’autres membres des élites de l’establishment. Par conséquent, sous leurs commandes, les universités sont dirigées de telle manière à rencontrer les intérêts de l’élite. Ce mode de fonctionnement est défaillant et mauvais. Cependant, parce que la plupart des institutions fonctionnent d’une cette manière dans la société entière, on a tendance à ne pas le remarquer et à accepter simplement que “c’est comme ça”.

Les étudiants doivent maintenant se demander: La situation doit-elle obligatoirement être comme cela? Quelle serait l’alternative? Que faudrait-il changer? Comment pourrait-on le changer? Quel est le but des études? Ces questions mènent à d’autres questions, plus vastes, concernant la société dans son ensemble et, par conséquent, elles rendent nécessaires à plus large échelle une radicalisation, une organisation et une révolution de la société elle-même. C’est une vaste idée, mais je pense qu’elle est aussi logique. Comme la situation socio-économique de la plupart des gens continuera à se dégrader dans un futur proche – et peut-être d’autant plus rapidement que la crise économique mondiale s’accélère – de telles idées et de telles actions deviendront de plus en plus nécessaires et récolteront beaucoup plus de soutien.

Depuis le début de la crise économique en 2007 et 2008, le monde a vu s’accélérer rapidement les mouvements de résistance, les protestations, et les luttes révolutionnaires. Le monde est en train de se réveiller d’un long sommeil paisible bercé de consommation et de consentement, au moment où la situation de la crise révèle de profonds défauts dans les structures, dans l’idéologie et dans les agissements du pouvoir. Nous sommes en train d’assister à la prolifération rapide de mouvements de résistance à l’échelle mondiale, mais il leur en faudra encore bien plus avant que de devenir des mouvements révolutionnaires à l’échelle mondiale. Cela ne fait que commencer, mais il faut de nouvelles idées et de nouvelles actions pour avancer. Il serait peut-être très difficile d’entreprendre de telles actions maintenant, mais au moins, les mouvements étudiants devraient commencer à avancer dans leurs discussions, à débattre de la direction à prendre, et à favoriser l’émergence de nouvelles idées. Ce sont, après tout, les compétences que l’enseignement est censé nous donner.

Peut-être est-il temps de mettre notre savoir en pratique.

 

Andrew Gavin Marshall est un chercheur et un auteur indépendant qui vit à Montréal, Canada. Son site Web (www.andrewgavinmarshall.com) contient un certain nombre d’articles et d’essais basés sur une analyse du pouvoir et de la résistance dans les domaines politique, social et économique. Il est chef de projet pour The People’s Book Project, et est actuellement en pleine rédaction d’un livre sur la crise économique mondiale et les mouvements de résistance émergents dans le monde. Pour l’aider à mener son livre à terme, nous vous remercierions d’envisager de faire un don via son site Web ou via Indiegogo.

146 Greek Academics Shows Solidarity With Quebec Students / Message de solidarité de la communauté académique grecque aux étudiants en lutte au Québec

The following is a message of solidarity for the students of Quebec signed by nearly 150 Greek academics. They provided French and English versions of their message of support (both listed below), along with a list of signatories.

Message de solidarité de la communauté académique grecque aux étudiants en lutte au Québec

Nous, enseignants aux universités grecques, expriment notre solidarité à la mobilisation extraordinaire des étudiants au Québec : la grève étudiante la plus longue et la plus massive dans l’ histoire de l’Amérique du Nord qui est en train de devenir une des campagnes les plus importantes dans le monde contre l’austérité.

La communauté académique en Grèce suit avec indignation, mais aussi avec espoir, la lutte des étudiants afin de bloquer l’augmentation des droits de scolarité universitaire et résister à l’attaque néolibérale sans précédent aux charges sociales.

Nous suivons avec indignation, parce que la répression draconniene exercée par le gouvernement a menacé non seulement la libre expression et les droits démocratiques, mais aussi la vie même des étudiants en lutte, ainsi que celle des enseignants, du personnel  administratif des universités et d’autres citoyens solidaires. Les lois qui limitent fermement le droit de manifester menacent la démocratie et tentent de bâillonner toute voix qui résiste aux réformes néolibérales de l’éducation. Quand la démocratie est en jeu, la désobéissance devient une obligation.

Et nous suivons avec espoir, parce que la voix du mouvement étudiant de Québec donne au monde entier des leçons précieuses de combativité et de persévérance contre la marchandisation de l’éducation et pour la défense d’une éducation publique et démocratique.

Dans cette lutte, nous sommes nombreux. Notre mobilisation est trop forte pour contenir. Du Québec à Londres et à Rome, de Santiago à Vienne et à Athènes, la communauté académique mène le même combat. En Grèce, nous avons déjà réussi en 2006 à bloquer un amendement da la Constitution qui visait à abolir le caractère exclusivement public des universités. Ensuite, en 2011-2012, nous avons réussi à délégitimer et rendre inactive une loi qui visait une réforme néolibérale de l’éducation supérieure. Nous sommes nombreux et dès lors optimistes et confiants. Tous ensemble continuons le combat pour que l’éducation redevienne un bien public dans le monde entier.

Nous, les universitaires Grecs, déclarons notre solidarité à vos luttes magnifiques, qui sont nos luttes.

Message of solidarity of the Greek academic community to the students in struggle in Quebec

We, academics in the Greek universities, express our solidarity to the extraordinary student mobilization in Quebec: the longest and largest student strike in the history of North America, which is now evolving into one of the most powerful anti-austerity campaigns in the world.

The Greek academic community is watching in indignation but also in hope the struggle of Quebec’s students to block the tuition increases and to resist an unprecedented neoliberal attack on social welfare.

We are watching in indignation, because draconian government repression has threatened not only freedom of expression and democratic rights, but also the life itself of students, faculty and administrative staff as well as of other citizens who express their solidarity. The law-and-order administration, which restricts the freedom of protest, threatens democracy and attempts to silence every voice resisting neoliberal education reforms. When democracy is at stake, disobedience is a duty.

And we are watching in hope, because the voice of the student movement of Quebec offers valuable lessons to the world concerning resistance to education commoditization and the defense of public and democratic education.

In this struggle we are many. Our mobilization has become too strong to contain. From Quebec to London and Rome, from Santiago to Vienna and Athens, the academic community gives the same fight. In Greece, we were successful in 2006 in blocking a constitutional amendment aiming at abolishing the exclusively public character of universities. Recently, we managed to delegitimize and inactivate a law aiming at a neoliberal restructuring of higher education. We are many and therefore optimistic and confident. All together, let us continue the fight for rendering education a public good in the whole world.

We, Greek academics, declare our solidarity to your wonderful struggle, which is our struggle!

LIST OF SIGNATURES

1.            Kyrkos Doxiadis, Professor of Social Theory, National and Kapodistrian University of Athens

2.            Vassilis Anastassopoulos, Professor, Department of Physics, University of Patras,

3.            Nikos Barkas, Associate Professor, Department of Architecture Engineers, Dimokritos University of Thrace

4.            Lela Gogou, Professor, Dimokritos University of Thrace

5.            Konstantinos Kavoulakos, Associate Professor of Philosophy, University of Crete.

6.            Dr Angeliki Spiropoulou, Lecturer in Modern European Literature and Theory, University of the Peloponnese

7.            Evangelos Nikolaidis, Assistant Professor, University of Crete

8.            Athina Stavridou, Lecturer, School of Architecture, National Technical University of Athens

9.            Dimitrios S. Patelis, Assistant Professor, Dept. of Sciences, Technical University of Crete

10.            Kostas Bassioukas, Associate Professor of Dermatology, University of Ioannina

11.            Leonidas Oikonomou, Assistant Professor, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

12.            George Tsimouris, Assistant Professor, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

13.            Tasos Anastopoulos, Associate Professor, Department of Chemistry, Aristotle University of Thessaloniki

14.            Kostas Stamatis, Professor, School of Law, Aristotle University of Thessaloniki

15.            Dr. Yeoryios Stamboulis, Lecturer, Department of Economics, University of Thessaly

16.            Maria Karamessini, Associate Professor, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

17.            Iphigenia Kamtsidou, Professeur Assistante de Droit Constitutionnel, Université Aristote de Thessalonique

18.            Marianna Kondyli, Associate Professor, University of Patras

19.            Dimitris Seremetis, Assοciate Professor, Department of Applied Economics, University of the Aegean

20.            Kostas Gavroglu, Professor of History of Science, National and Kapodistrian University of Athens

21.            Michalis Psimitis, Associate Professor, University of the Aegean

22.            Vassilis Christophides, Professeur, Université de Crète

23.            Dr. Alexandros Kioupkiolis, Lecturer, School of Political Sciences, Aristotle University of Thessaloniki

24.            Spyros Karavas, Associate Professor, Department of Social Anthropology and History, University of the Aegean

25.            Stavros Stavrides, Assistant Professor, School of Architecture, National Technical University of Athens

26.            Christina K. Kitsaki
 Assistant Professor, Agricultural University of Athens

27.            Dimitris Psillos, Professor, School of Education, Aristotle University of Thessaloniki

28.            Alexandros Baltzis, Assistant Professor, Aristotle University of Thessaloniki

29.            Dr. Christina Adamou, Lecturer in Film Theory, Film Department School of Fine Arts, Aristotle University of Thessaloniki

30.            Maria Giannisopoulou, Université de Crete

31.            Pandelis Kiprianos,Professeur, Université de Patras

32.            Alexandra Ioannidou, Associate Professor, National and Kapodistrian University of Athens

33.            Dimitris Papalexopoulos, Professor, School of Architecture, National Technical University of Athens

34.            Dimitris Fassouliotis, Assistant Professor, Department of Physics, National and Kapodistrian University of Athens

35.            Andreas Notaras, Lecturer, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

36.            Dimitris Damigos, Assistant Professor, National Technical University of Athens

37.            Aspasia Velissariou, Professor, School of Philosophy, National and Kapodistrian University of Athens

38.            Eliza Anna Delveroudi, Professor, University of Crete

39.            George Xylomenos, Assistant Professor, Athens University of Economics and Business

40.            Rania Astrinaki, Lecturer, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

41.            Dimitrios Anastassopoulos, Assistant Professor of Physics, University of Patras

42.            Dimitris A.Sevastakis, Assistant Professor, National Technical University of Athens

43.            Yannis N. Krestenitis, Professor, Aristotle University of Thessaloniki (AUTH), President of The Union of Academic Teachers of AUTH

44.            Alkis Rigos, Professor Emeritus, Department of Political Science and History, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

45.            Dimitris Dialetis, Professor, Department of Philosophy and History of Science, National and Kapodistrian University of Athens

46.            Stavros Konstantakopoulos, Assistant Professor, Department of Political Science & History, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

47.            Polymeris Voglis, Assistant Professor of History, University of Thessaly

48.            Ilias Santouridis, Associate Professor, Technological Educational Institute of Larissa

49.            Ada Dialla, Assistant Professor of History, Athens School of Fine Arts

50.            Athena Athanasiou, Assistant Professor, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

51.            Katia Fotinopoulou, Assistant professor, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

52.            Anastasia Politou, Medical School, University of Ioannina

53.            Spyros Georgatos, Medical School, University of Ioannina

54.            Helen A.Thanopoulou, Associate Professor, Department of Shipping, Trade and Transport, University of the Aegean

55.            Pavlos Pantazis, Assistant Professor in Clinical Social Psychology, School of Film, Faculty of Fine Arts, Aristotle University of Thessaloniki

56.            Iraklis Mavridis, Lecturer, Department of Social Policy, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

57.            Efthymios Papataxiarchis, Professor of Social Anthropology, University of the Aegean

58.            Spyros Marchetos, Assistant Professor, School of Political Sciences, Aristotle University of Thessaloniki

59.            Takis Geros, Lecturer, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

60.            Nikos Kotaridis, Associate Professor, Department of Sociology, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

61.            Panagis Karazeris, Assistant Professor, Department of Mathematics, University of Patras

62.            Panos Papadopoulos, Assistant Professor, Department of Physics, University of Patras

63.            Georgios Agelopoulos, Assistant Professor, Department of Balkan, Slavic and Oriental Studies, University of Macedonia, Thessaloniki

64.            Fragkiskos Kalavasis, Professor, Department of Preschool Education and Educational Design, Aegean University

65.            Sia Anagnostopoulou, Associate professor, Department of Political Science & History, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

66.            Maria Papadopoulou, Department of Early Childhood Education, University of Thessaly

67.            Xenia Chryssochoou Professor, Department of Psychology, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

68.            Riki van Boeschoten, Associate Professor, University of Thessaly

69.            Harris Athanasiades, Associate Professor of History of Education, University of Ioannina

70.            Maria Paradeisi, Asssistant Professor, Department of Media, Communication and Culture, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

71.            Maria Markou, Lecturer, School of Architecture, National Technical University of Athens

72.            Rena Klabatsea, National Technical University of Athens

73.            Sofia Avgerinou, National Technical University of Athens

74.            Yiannis Theotokas, University of the Aegean

75.            Gerassimos Kouzelis, Professor, Department of Political Sciences, National and Kapodistrian University of Athens

76.            Giorgos Papakonstantinou, Department of Architecture, University of Thessaly

77.            Spyros Benetatos, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

78.            Angeliki Dimitrakopoulou, Vice-Rector, University of the Aegean

79.            Pothiti Hantzaroula, University of the Aegean

80.            Tonia Kioussopoulou, Associate Professor, Department of History and Archaeology, University of Crete

81.            Efi Avdela, Professor, Department of History and Archaeology, University of Crete

82.            Alexandros Koutsouris, Associate Professor, Agricultural University of Athens

83.            Anna Matthaiou, University of Thessaly,

84.            Cimon Anastassiadis, Professor, Technical Education Institute of Athens

85.            Aliki Angelidou, Lecturer, Department of Social Anthropology, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

86.            Elena Tzelepi, Doctor of Philosophy

87.            Anna Chronaki, University of Thessaly

88.            Eugenios Angelopoulos, Professor Emeritus of Mathematics, National Technical University of Athens

89.            Manolis Dafermos, University of Crete

90.            Spiros Kriwas, University of Patras

91.            Yiannis Papatheodorou, Assistant Professor of Modern Greek Studies, University of Ioannina

92.            Christos Dermentzopoulos, Assistant Professor of Anthropology of Art University of Ioannina – Dept. of Fine Arts and Sciences of Art

93.            Giota Touloumi, Medical School, National and Kapodistrian University of Athens

94.            Socrates Petmezas, University of Crete

95.            Giorgos Divaris, Associate Professor of Faculty of Fine Art, Aristotle University of Thessaloniki

96.            Maria Nikolakaki, Assistant Professor, University of Peloponnese

97.            Takis Politis, University of Thessaly

98.            Ria kalfakakou, Aristotle University of Thessaloniki

99.            Anna Spyrtou, Assistant Professor, School of Education Department of Primary Education University of Western Macedonia

100.            Vicky Iakovou, Lecturer, University of the Aegean

101.            Panagiotis A. Kanellopoulos, Assistant Professor of Music Education, Department of Early Childhood Education, School of the Humanities, University of Thessaly

102.            Nikos Belavilas, Assistant Professor, School of Architecture, National Technical University of Athens

103.            Zambia Katsanevaki, (laboratory teaching staff) National Technical University of Athens

104.            Tassis Papaioannou, Architect-Professor School of Architecture, National Technical University of Athens

105.            Giorgos Fourtounis, Assistant Professor, Department of Political Science & History, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

106.            Aglaia Kasdagli, University of Crete

107.            Georgia Aslani, University of Ioannina

108.            Michalis Spourdalakis, Professor Dept. of Political Science & Public Administration, National and Kapodistrian University of Athens

109.            Rea Delveroudi, Professeure Associée, Departement de Langue et de Litterature francaises, Universite d’Athenes

110.            Aristotle Tympas, Assistant Professor, National and Kapodistrian University of Athens

111.            Emmanuel Angelidis, Professor, Department of Political Science & History, Panteion University of Social & Political Sciences, Athens

112.            Antoniou Katerina, Assistant Professor of Pharmacology, Medical School, University of Ioannina

113.            Savvas Christoforidis, Assistant Professor, University of Ioannina

114.            Rosa-Maria Polymeni, Assistant Professor, Sect. of Zoology-Marine Biology, Dept. of Biology, National and Kapodistrian University of Athens

115.            Arvanitakis Alekos, Associate Professor, Department of Mathematics, National Technical University of Athens

116.            Nikitas Mylopoulos, Department of Civil Engineering, University of Thessaly

117.            Filareti Zafiropoulos, Ass. Professor, Dept. of Mathematics, University of Patras

118.            Alexandra Koronaiou, Professor, Department of Psychology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens

119.            Rika Benveniste, Professeur, Dpt d’Histoire, Archéologie et Anthropologie Sociale, Universite de Thessalie

120.            Thanasis Daradoumis, Assistant Professor, Department of Cultural Technology and Communication, University of the Aegean

121.            Androniki Dialeti, Department of History, Archaeology and Social Anthropology, University of Thessaly

122.            Fotini Vaki, Lecturer, Department of History, Ionian University

123.            Alexandra Mouriki, Associate Professor, Department of Educational Science and Early Childhood, University of Patras

124.            Demosthenes Stamatis, Professor, Department of Information Technology, Technical Education Institute of of Thessaloniki

125.            Giorgos Plakotos, Lecturer, Department of Social Anthropology and History, University of the Aegean

126.            Lina Venturas, Professor, University of Peloponnese

127.            Evgenia Sifaki, Lecturer, University of Thessaly

128.            Dimitris Chassapis, Professor, National and Kapodistrian University of Athens

129.            Stephanos Dimitriou, Associate Professor of Political Philosophy, University of Ioannina

130.            Jina Politi, Professor Emeritus, Aristotle University of Thessaloniki

131.            John Milios, Professor of Political Economy, National Technical University of Athens

132.            Nikos Pasadakis, Associate Professor, Technical University of Crete

133.            Angeliki Konstantakopoulou, Associate Professor of Balkan History, University of Ioannina

134.            Theophanes Grammenos, Lecturer, Department of Civil Engineering, University of Thessaly

135.            Stavros Goutsos, Department of Mechanical Engineering and Aeronautics, University of Patras

136.            Theano Fotiou professor  National Techical University of Athens, School of Architecture

137.            Evangelia  Antoniou Lecturer of Midwifery, Midwifery Department,  Technological education institution of Athens

138.            Stratos Georgoulas, Assistant Professor, University of the Aegean

139.            Ioannis K. Zarkadis, Assoc. Prof. School of Medicine University of Patras.

140.            Leonidas Maroudas, Professor University of Patras

141.            Kanellaki Sofia Assistant Professor of Psychology. Panteion University

142.            Dimitris Papageorgiou, University of the Aegean

143.            Emmanuel M. Papamichael, Associate Professor, University of Ioannina,

144.            Costas Gaganakis, University of Athens

145.            Alexis Benos, AUTH Medicla School, Thessaloniki, Greece

146.            Tina Zormbala Department of Mathematics University of the Aegean

 

French Translation: De l’anarchie: Une Interview

The following is a French translation of an interview I did on Anarchism, conducted by Devon D.B. See the original here: “On Anarchy: An Interview.

Translation by Résistance 71.

De l’anarchie: Une Interview

Sur l’anarchisme: une interview avec Andrew Gavin Marshall effectuée par Devon DB.

Ceci est la transcription d’une interview faire par courriel que j’ai faite d’Andrew Gavin Marshall, le directeur de projet du People’s Book Project. Dans cette interview nous discutons de l’anarchisme, remontons à ses origines, fouillons dans son histoire à la fois aux Etats-Unis et dans le monde et nous concluons sur une discussion sur le comment l’anarchisme affecte aujourd’hui le mouvement Occupy.

Devon DB: Pouvez-vous nous donner une définition de l’anarchisme?

Mr. Marshall: L’anarchisme est difficile à définir simplement parce qu’il représente une philosophie très diverse, qui contient pas mal de variantes. Ainsi les définitions de l’anarchisme tendent à différer avec ses différentes branches. Quoi qu’il en soit, au cœur de l’affaire, l’anarchisme, par ses racines grecques, veut simplement dire “être sans chef” ; ceci allant à l’encontre de la pensée libérale traditionnelle, comme celle articulée par la notion de Hobbes qui veut que l’anarchie soit un “état naturel”, exemplifié dans les conflits et les guerres, justifiant la nécessité d’un état afin de maintenir l’ordre. Un des premiers penseurs anarchistes, Pierre Joseph Proudhon, contra cette notion en disant que “L’anarchie c’est l’ordre”. Malgré la connotation de “désordre” et de “chaos” qu’à le mot “anarchie”, l’anarchisme et la société anarchiste sont hautement organisées et ordonnées. La différence centrale entre la conception anarchiste de l’ordre et les autres, est que l’anarchie retire la notion de structures de l’autorité, de façon à ce que la société puisse être organisée par l’association libre et une organisation non-hiérarchique. Elle fait la promotion à la fois de l’individu et du collectif de manière simultanée. Ceci est en opposition avec la pensée libérale qui insiste presque exclusivement sur l’individu ou la pensée socialiste qui promeut le collectif par dessus tout. L’un des penseurs les plus influents de l’anarchisme, Michel Bakounine, a décrit la pensée anarchiste lorsqu’il écrivit: “Nous sommes convaincus que la liberté sans le socialisme n’est que privilège et injustice et que le socialisme sans liberté n’est qu’esclavage et brutalité.” Ceci a souvent mené l’anarchisme a être assimilé à ce qu’on appelle le “socialisme libertaire” ; ceci constituant la racine du libertaire, certaines branches s’en écartant néanmoins. Finalement, ce qui caractérise la pensée anarchiste et ce qui lui est sous-jacent, c’est une remise en question et une critique hautement formulée du pouvoir et de l’autorité : à savoir, si une source autoritaire ne peut pas légitimer son existence, elle ne devrait pas exister.

Devon DB: Qui est et de où est originaire la pensée anarchiste ? Quel était le contexte sociétaire d’où émergea originellement la pensée anarchiste ?

Mr. Marshall: L’anarchisme n’est pas comme le marxisme ou le libéralisme ou toute autre forme d’idée concrète dont on peut clairement identifier d’où elle provient. De la même manière que l’anarchisme épouse le concept de ne pas avoir de leader, une grande partie de son développement historique est demeurée “sans leader”.La pensée anarchiste s’est développée, à des degrés divers, à travers l’histoire de l’humanité, dans des temps et en des lieux différents, souvent sans contact entre les différentes civilisations. En ce sens, l’anarchisme est une idée organique qui peut avoir ses origines dans n’importe quel contexte. La première évolution des idées anarchistes a été identifiée comme provenant de la Chine ancienne, parmi les taoïstes. Peter Marshall a écrit dans son livre essentiel: “En demandant l’impossible : une histoire de l’Anarchie” que, “au travers de l’histoire répertoriée, l’esprit anarchiste peut être vu émerger du clan, de la tribu, de communautés villageoises, de villes indépendantes, des guildes et des syndicats”. L’anarchisme a émergé de façon différente dans la pensée de la Grèce antique, puis plus tard dans l’ère chrétienne, le plus spécifiquement avec les révoltes paysannes du Moyen-Age. Ceci s’est passé bien avant que l’anarchisme ne se définisse comme une idéologie ou une philosophie de ou par lui-même.

Ce processus s’est déroulé après la fin du féodalisme, avec la montée du capitalisme et mis en lumière largement à la fois dans la période de la Renaissance et la période des Lumières. La Renaissance a amené l’idée de l’individu et la période des Lumières a conceptualisé le progrès social. Ceci s’est ainsi développé en une philosophie distincte et cohérente en réaction au développement des états centralisés, du nationalisme, de l’industrialisation et du capitalisme de la fin du XVIII siècle. Peter Marshall a écrit: “L’anarchisme a ainsi relevé le double défi de renverser à la fois le capital et l’État”. William Godevin est souvent considéré comme “le père de l’anarchisme” en ayant articulé le désir de la fin de l’État, le philosophe allemand Max Stirner lui emboîta le pas, mais ce fut Pierre Joseph Proudhon qui depuis la France, fut le premier à se nommer un “anarchiste”. Proudhon développa un certain nombre d’idées anarchistes et de slogans qui ont toujours une très forte résonnance aujourd’hui, tel ce concept qui veut que “tout comme l’homme recherche la justice dans l’égalité, la société recherche l’ordre dans l’anarchie”, ainsi que ses slogans populaires : “L’anarchie c’est l’ordre” et “La propriété c’est le vol”.

Ensuite vint le révolutionnaire russe Michel Bakounine, le père du “socialisme libertaire” et l’homme qui devint l’opposant idéologique principal de Karl Marx. Un autre Russe, Pierre Kropotkine, fut un des philosophes les plus influents de l’anarchisme dans l’histoire, le developpant en une philosophie sociale plus systémique. Aux Etats-Unis, Benjamin Tucker fut parmi les premiers penseurs anarchistes, y ajoutant une dimension individualiste particulière. D’autres penseurs anarchistes importants incluent : Léon Tolstoï, qui y amena un élément religieux et Emma Goldman, qui développa la branche féministe de l’anarchisme. Tous ces penseurs ont collectivement façonné le développement de la pensée anarchiste au XIXème siècle et pavé la route pour son évolution au XXème siècle.

Devon DB : Quelle forme a d’abord pris l’anarchisme ? Comment l’État et la population y ont-ils réagi en premier lieu ?

Mr. Marshall: L’anarchisme a pri différentes formes selon les temps et les lieux. Dans l’histoire moderne, et ce manière indépendante de l’endroit, l’État a toujours réagi défensivement et souvent violemment. Comme l’un des tenants principaux de l’anarchisme est l’abolition de l’État, celui-ci a recherché à son tour (avec sans conteste plus de succès) l’abolition de l’anarchisme. Les anarchistes ont été diabolisés, infiltrés, espionnés, déportés, tués et ont eu des mouvements entiers complètement et violemment détruit. L’anarchisme a été plus représenté dans les mouvements ouvriers et immigrants et l’activisme au XIXème siècle et au début du XXème, fut particulièrement fort au sein des syndicats et des immigrants juifs d’Europe de l’Est. Des immigrants juifs pauvres, fuyant les pogroms russes de la fin du XIXème siècle importèrent avec eux une idéologie qui avait une profonde affinité avec le concept d’un peuple sans État, une philosophie qui reflétait une vison de solidarité mondiale sans État.. Beaucoup parmi les juifs qui s’échappèrent étaient des socialistes et des marxistes, et des radicaux de tout poil, mais la force prévalente était celle de l’anarchisme. Ces émigrants radicaux  aidèrent à divulguer les idées anarchistes en Europe de l’Ouest, à Londres, en France, en Espagne, aux Etats-Unis ainsi qu’à aider à créer un grand mouvement anarchiste en Argentine, bien plus grand que le mouvement communiste local.

Les émigrants juifs radicaux qui divulgaient les philosophies anarchistes produisirent généralement deux réaction de la part de leur nouveau pays de résidence : les pauvres et la classe laborieuse de ces pays accueillirent à bras ouverts ces radicaux, qui luttaient pour les droits de tous et qui étaient souvent en première ligne des mouvements pour la justice sociale, les droits du travail, les mouvements anti-guerre et le pouvoir du peuple ; d’un autre côté, l’État et les médias qui faisaient la critique et la promotion de l’idée de “dangereux étrangers” et qui souvent promouvaient des concepts antisémites afin de pousser cette idée. Ainsi, la réaction des populations en général, en tous cas des pauvres et des classes laborieuses, fut d’estomper l’antisémitisme et de promouvoir une solidarité à travers les différentes ethnies, alors que l’État et les pouvoirs établis eux, continuèrent à faire la promotion de l’antisémitisme, des lois anti-immigration et de développer une réponse policière au problème perçu. Ceci favorisa la coopération et la coordination des polices des différents états de l’europe de l’Ouest aux Etats-Unis en passant par l’Argentine.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il évolué avec le temps et comment s’est-il propagé ?

Mr. Marshall: Comme mentionné précédemment, une grande partie de la diffusion des idées anarchistes fut facilitée par l’émigration de masse de juifs radicaux d’Europe de l’Est et de Russie à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. L’histoire de l’anarchisme moderne est intrinsèquement liée à l’histoire juive moderne, à une histoire récente de l’antisémitisme et même à l’histoire du sionisme. Ceci a eu à la fois un effet positif et un effet négatif et  a promulgué deux stéréotypes majeur pour les juifs. D’un côté, cela a promu le stéréotype du juif émigrant radical, qui reçut un bon accueil au sein des population opprimées, mais aussi pas mal d’angoisse, de xénophobie, d’antisémitisme et de racisme parmi les classes dirigeantes. D’un autre côté, les juifs furent soumis au stéréotype du capitaliste rapace, souvent en faisant référence à la famille banquière Rothschild.

Bon nombre de ces stéréotypes existent toujours aujourd’hui, mais il leur manque leur contexte historique inhérent. Par exemple, les Rothschild de Londres furent très concernés par ces juifs immigrants qui arrivèrent en Angleterre et dans d’autres pays européens depuis l’Europe de l’Est. Ces juifs manifestaient dans les rues et organisaient des grèves à Londres et dans d’autres villes européennes, en cela menaçait les intérêts dans lesquels les Rothschilds avaient beaucoup investi. La première impulsion fut d’imposer des restrictions migratoires plus importantes, mais ceci serait perçu de la même manière que les expulsions d’Europe de l’Est, ainsi une nouvelle stratégie était nécessaire. Ce fut à cette époque que les Rothschild commencèrent à s’intéresser au sionisme Le sionisme lui-même a plusieurs courants de pensée et a évolué avec le temps. Il était à l’origine très radical et socaliste. Les idées de Tolstoï et de Kropotkine furent très influentes parmi les juifs émigrants en Palestine au début du XXème siècle, ceux-là même qui établirent le mouvement des kibboutzim, une communauté socialiste libertaire de Palestine, basée originellement sur l’agriculture, rejetant l’idée d’un état-nation juif et qui promulgait au contraire la solidarité arabo-juive.

Les Rotschilds avaient refusé pendant de nombreuses années de soutenir à la fois idéologiquement et financièrement, le mouvement sioniste et ce pour un bon nombre de raisons : les idées socialistes radicales développées par le mouvement étaient à l’opposé de la nature même du comment les Rothschild étaient devenus les Rothschilds et peut-être de manière plus importante, parce que les Rothschilds avaient peur que s’ils faisaient la promotion de l’idée d’une nation juive, ils seraient obligé de quitter l’Europe de l’Ouest et de s’installer dans cette nation. Comme les circonstances changèrent quoi qu’il en soit, les Rothschilds commencèrent à faire la promotion d’un sionisme à la vision non radicale, non socialiste et non anarchiste, mais très distinctement occidentale et capitaliste. Ceci devint une opportunité de pousser le radicalisme juif dans une idéologie plus contrôlable et au lieu de relocaliser les juifs radicaux, de soutenir une immigration dans un nouvel endroit (les Rotschild en furent les financiers principaux en pourvoyant personnellement les moyens de transport des juifs vers la Palestine).

Il y eut bien sûr d’autres représentations de l’anarchisme. En Russie, le mouvement anarchiste était très profond et avait une base de soutien très forte. Pendant la révolution russe, il y avait trois factions essentielles qui luttaient : Les “rouges” (communistes), les “blancs” (soutenus par l’occident comme étant des démocrates libéraux) et souvent oubliés de l’histoire : les anarchistes. A la fois les rouges et les blancs recherchèrent à attaquer et détruire les anarchistes pendant la révolution russe et la guerre civile. Trotsky lui-même mena les armées contre les factions anarchistes russes. Les blancs et les rouges se battaient pour le contrôle de l’état, tandis que les anarchistes eux, luttaient pour une société sans état. Ils furent ultimement détruit dans cette bataille.

La représentation la plus importante de l’anarchisme dans l’histoire moderne fut, et de loin, en Espagne. Comme Peter Marshall l’écrivit : “Jusqu’à aujourd’hui, l’Espagne est le seul pays de l’ère moderne où l’anarchisme peut être dit de manière crédible qu’il s’est développé en un mouvement social majeur et qui a sérieuse menacé l’existence mème de l’état.” L’Espagne était très propice à cette expérience dû à sa longue histoire datant du Moyen-Age, qui a vu les communes indépendantes avec leur propres lois locales. L’anarchisme en Espagne est devenu populaire au sein de la majorité paysanne pauvre du XIXème siècle, celle-ci incitant souvent à des insurrections locales contre le pouvoir. Avec le temps, la philosophie s’est répandue au sein de la communauté des mines et des communautés ouvrières de Barcelone et de Madrid. L’anarchisme devint populaire au sein des jeunes intellectuels radicaux et séduisirent également des gens comme Pablo Picasso. L’anarchisme espagnol était une lutte essentiellement contre l’église et l’état ; tout comme en France dans les années 1890, l’anarchisme espagnol a souvent eu une expression violente avec son lot d’attentats à la bombe et d’assassinats, ainsi qu’une réaction brutale du gouvernement sous la forme d’une répression sanglante.

Avec le temps, il devint clair que le terrorisme ne pouvait pas renverser l’état et au lieu de la violence, la propagande devint la tactique d’usage, celle de propager la philosophie au sein des paysans et des ouvriers. En 1907, au milieu de troubles sociaux industriels, les syndicats libertaires de Catalogne formèrent une organisation syndicaliste, Solidaridad Obrera (Solidarité Ouvrière) et appela à la grève générale en 1909. Des batailles de rue s’engagèrent au cours desquelles environ 200 ouvriers trouvèrent la mort ; suite à cela, les syndicats décidèrent de former une organisation plus grande, plus forte ; ainsi vit le jour la Confederacion Nacional del Trabajo (CNT), la Confédération Nationale du Travail, qui dès 1919 avait plus d’un million d’adhérents. Elle organisa entre 1917 et 1923 des grèves révolutionnaires à travers l’Espagne. En 1919, la CNT adopta les principes du “communismo libertario” ou communisme libertaire, comme son idéologie principale, unifiant beaucoup de syndicats et de travailleurs en opposition au socialisme autoritaire d’état.

La structure hautememt décentralisée de la CNT la rend plus imperméable à la répression, tout comme plusieurs groupes anarchistes durant la révolution russe et la guerre civile. A la fin des années 1920 et au début des années 1930, les modérés et les réformistes furent poussés hors de la CNT et la Federacion Anarquista Iberica (FAI), Fédération anarchiste Espagnole, plus radicale, pris plus d’importance. Les travaileurs et paysans anarchistes tentèrent de former des communes insurrectionnelles à travers le territoire espagnol au début des années 1930, ce qui mena souvent à une répression féroce de l’état. Plus de grèves et d’insurrections furent tentées, l’une d’entr’elles impliqua la grève de 70 000 mineurs en 1934, grève qui fut sévèrement réprimée (avec l’aide de troupes marocaines), des centaines perdirent la vie. Les deux années qui suivirent virent l’Espagne doucement glisser vers la guerre civile. En 1936, une vision pour une société nouvelle fut définie au congrès national de la CNT, qui représentait 500 000 ouvriers à cette époque, promouvant le communisme libertaire dans une société de communes, basée sur l’association libre syndicaliste, reliées entr’elles par des fédérations régionales et nationale, dénuées de hierarchie sociale.

L’individuel et le collectif étaient promus de la même manière, ainsi l’un ne pâtirait pas de l’autre, mais les deux se soutenaient l’un l’autre. La diversité était non seulement acceptée mais encouragée, avec la compréhension que les communes pourraient prendre différentes formes et représenter différentes façons de voir. L’éducation insisterait sur l’alphabétisme et la pensée de façon à ce que les gens puissent penser par eux-mêmes et il n’y avait plus de distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel. Les cours de justice et les prisons étaient obsolètes. Ces résolutions, adoptées au congrès de 1936 ne furent pas un modèle mais au contraire “un point de départ pour l’humanité vers son émancipation intégrale”. Entre le temps du congrès et la fin de l’année, les membres de la CNT grossirent de 500 000 à 1,5 millions. Franco se rebella contre la république espagnole en Juillet 1936, mais ses forces furent rapidement désarmées par les milices populaires.

Franco parvint néanmoins à prendre le contrôle de la moitié du pays, bien que les anarcho-syndicalistes géraient Barcelone et toute la Catalogne était essentiellement une “république” indépendante. Ultimement, le concept de la révolution sociale fut peu à peu sacrifié afin de lutter contre Franco et ses factions fascistes. Les ouvriers et les paysans étaient toujours organisés afin de gérer leurs propres affaires et le communisme libertaire n’était pas seulement possible, il était devenu une réalité. Les anarchistes et d’autres groupes formèrent des milices pour combattre contre Franco. George Orwell, qui lutta en Espagne contre Franco (NdT: Avec le POUM, marxiste non stalinien), aida à rectifier les perceptions données à propos des anarchistes, expliquant les résultats incroyables de l’anarchisme espagnol.

En 1937, environ 3 millions de personnes vivaient dans des communes rurales collectives. Beaucoup de villages furent créés où l’argent fut aboli, la terre collectivisée, l’analphabétisme éliminé et où les assemblées populaires incluaient souvent les femmes et les enfants, responsables pour élire un comité administratif, qui rendait compte directement aux assemblées populaires. Il y avait aussi des communes “individualistes”, où des gens travaillaient leur lot de terre individuellement, tandis que Barcelone devenait le centre de la “collectivisation urbaine”. Les services publics et les industries étaient remarquablement autogérés dans une grande ville faite de diversité. Entre Juillet et Octobre 1936, “virtuellement toute la production et la distribution étaient sous contrôle ouvrier”. Mais la révolution sociale fut ternie par la lutte contre Franco, ainsi qu’avec la lutte grandissante avec d’autres factions  comme les communistes autoritaires d’état (NdT: marxistes, stalinistes ou non).

Quelques leaders anarchistes furent cooptés dans le gouvernement et la CNT devint inefficace de ce fait. Alors que les autres factions recevaient de l’aide étrangères, les communistes recevant de l’aide de l’URSS, Franco de Mussolini et Hitler et les autres factions des états libéraux occidentaux, la CNT pensa qu’elle devait s’incorporer avec l’état pour recevoir également une aide afin de pouvoir gagner la guerre. Ainsi, mi-1937, écrivit Peter Marshall : “La plus grande expérience anarchiste de l’histoire était virtuellement finie, elle dura près d’un an”. Les communistes avaient commencé à remplacer les anarchistes grâce à leur soutien de l’URSS, qui organisa également une police secrète et un règne de la terreur, le plus souvent contre les groupes anarchistes et éventuellement, le gouvernement lui-même écrasa la résistance anarchiste et imposa une censure sur la CNT.

Le conflit entre les anarchistes et les communistes fut sans doute la raison principale pour laquelle les républicains perdirent la guerre contre Franco, qui reconquît l’Espagne en 1939, établissant une dictature fasciste qui dura jusqu’en 1976 et qui causa le départ pour l’exil de plus d’un demi million d’Espagnols. Ainsi l’Espagne représente le meilleur et le pire résultat de l’anarchisme au XXème siècle.

Bien que le mouvement lui-même fut largement déraciné durant la guerre froide, les idées continuèrent à évoluer et de nouveaux mouvement émergèrent tel l’anarchisme écologique et mème l’anarcho-capitalisme (NdT: ce qui est nommé essentiellement en amérique du nord le mouvement “libertarien” à ne pas confondra avec libertaire, le mouvement “libertarien” est un mouvement ultralibéral sur un plan économique qui est certes contre l’état, mais ne voit de solution que dans le libre marché total, c’est un mouvement ultra capitaliste), qui devint une force derrière le mouvement américain libertarien.

Devon DB Quel rôle a joué l’anarchisme dans le mouvement ouvrier du XIXème siècle ? Comment fut reçu l’anarchisme dans le mouvement ouvrier de manière générale et par les peuples ?

Mr. Marshall: Au XIXème siècle aux Etats-Unis, les luttes sociales étaient un développement historique constant. Alors que l’anarchisme devint une idée et une philosophie, avec le marxisme et le socialisme, ces philosophies radicales devinrent de plus en plus associées avec les mouvements ouvriers, spécifiquement dans la formation et l’action des syndicats. Dans les années 1860, deux fédérations anarchistes se formèrent aux Etats-Unis, la New England Labor Reform League et l’American Labor Reform League, qui d’après William Reichert, “furent la source de la vitalité radicale en Amériqiue pour plusieurs décennies.” L’anarchiste américain le plus influent de son époque, Benjamin Tucker, traduisit les travaux de Proudhon en 1875 et commença ses propres publications anarchistes périodiques.

A partir des années 1880, beaucoup d’émigrants aux Etats-Unis, comme Emma Goldman, aidèrent à faciliter la popularité montante de l’anarchisme. Les idées anarchistes avaient une base dans le mouvement ouvrier révolutionnaire de Chicago dans la période des années 1870, 1880, avec spécifiquement l’affaire de Haymarket en 1886, qui fut connecté avec la lutte pour les huit heures de travail quotidien. Dans le pays, le 1er Mai 1886, environ un demi milion d’ouvriers manifestèrent pour soutenir cette idée ; le cas le plus extrème ayant eu lieu à Chicago où eurent lieu les grèves et les plus grosses manifestations. Trois jours plus tard le 4 Mai, une bombe fut lancée dans une manifestation qui eut lieu sur la place Haymarket à Chicago, tuant plusieurs policiers et menant à la mort par et à de nombreux blessés parmi les ouvriers manifestant, sous le feu des forces de police.

L’attentat, bien que son origine demeure un mystère, mena à une croisade de l’élite en place à Chicago contre les mouvements révolutionnaires ouvriers. Plus de 200 membres de l’International Working People’s Association (IWPA) arrêtés et plusieurs jugés avec le procureur déclarant : “c’est le procès de l’anarchie”. Après l’affaire du Haymarket, les organisations ouvrières et les syndicats devinrent de plus en plus radicaux, beaucoup d’entr’eux adoptant des principes distinctement anarchistes dans leur organisation et leur idéologie, en retour, la répression de l’état devint plus prononcée et violente. La raison pour laquelle les syndicats radicaux n’ont pas survécu la décennie qui suivit n’est pas dûe à quelque esprit américain “d’individualisme forcené” comme l’affirme la mythologie nationale, mais cela fut dû à la violence constante de la répression de l’état. Suite à cela, le 1er Mai a été célébré dans le monde entier comme la fête du travail et comme le jour international des travailleurs, sauf aux Etats-Unis et au Canada de manière ironique.

Ce mouvement radical qui émergea de Chicago à cette époque fut souvent référé comme étant un mélange de marxisme et d’anarchisme, comme étant “anarcho-syndicaliste”, “socialiste révolutionnaire” ou même “communiste-anarchiste”. Il eut un impact profond sur les luttes ouvrières dans la période qui s’ensuivit, à la fois sur l’organisation et les grèves, mais aussi sur l’organisation des syndicats et leur idéologie. Quoi qu’il en soit, au cours du XXème siècle, les syndicats ont été progressivement écrasés, cooptés, infiltrés, démembrés, ainsi, au lieu d’avoir des fédérations internationales unifiées, ils devinrent spécifiques à une industrie voire même à une entreprise, ils devinrent réformistes et non plus révolutionnaires et ils devintent même corporatistes, dans la mesure où ils essayèrent de travailler avec les grosses entreprises et le gouvernement au lieu  de lutter contre eux.

Ceci est le plus emblématique aujourd’hui dans l’organisation et l’idéologie de la plus grande fédération syndicale des Etats-Unis : l’AFL-CIO, dont les chefs sont membres de la… commission trilatérale et parlent régulièrement au CFR et son impliqués dans la politique impérialiste étrangère de l’Amérique, soutenant les Etats-Unis dans leur soudoyage financier en règle des nations pauvres afin d’organiser les travailleurs selon la ligne de conduite corporatiste, les écartant en cela de la ligne radicale et révolutionnaire tant dans leur organisation que leur idéologie.

Devon DB: Comment la philosophie anarchiste a t’elle été déformée avec le temps ?

Mr. Marshall:  Ceci est une question très importante. L’anarchisme est souvent considéré comme synonyme de violence et chaos, alors qu’en réalité, il a bien plus à faire avec l’ordre et le pacifisme. L’anarchisme a été très facile à décrier à cause de sa nature diverse. Il n’a pas eu de structure rigide de pensée et d’action, Oui, il y a eu des anarchistes violents, de l’agitation violente, du terrorisme, des assassinats et ceci a jeté pas mal de discrédit sur un monde incroyablement divers dans son mode de pensée philosophique, mais il y a bien plus aux idées et actions des anarchistes. L’histoire de l’anarchisme est souvent écrite en dehors des histoires officielles, comme par exemple durant les révolutions russe ou espagnole, tout comme en Argentine et la diffusion par les émigrants juifs. Même aujourd’hui, beaucoup de gens dans les médias “alternatifs” diabolisent les anarchistes.

Les groupes anarchistes étaient parmi les premiers cas documentés d’infiltration policière à Londres vers la fin du XIXème siècle. L’infiltration des groupes anarchistes continue le plus souvent à être effectuée, ou plus communément, des infiltrés dans les manifestations simplement paraissent être des “anarchistes”, qui sont souvent associés avec le Black Bloc, tout de noir vêtus, visages dissimulés derrière des balaclavas ou des bandanas. Beaucoup dans la presse alternative blâme la police et ses infiltrés pour la violence dans les manifestations, ce qui est une mauvaise représentation des faits, ils font également le portrait des anarchistes comme ceux du black bloc, comme n’étant constitués que d’infiltrés de la police, ce qui est également une mauvaise représentation des faits. A leur tour, l’état et les médias dressent un portrait de ces mêmes groupes anarchistes comme étant des voyous violents et des criminels, justifiant ainsi la répression d’état contre les manifestants.

Maintenant, bien que des infiltrations de ces groupes aient été documentées, nous ne pouvons pas pour autant en conclure que tout le groupe et tous ses membres sont des infiltrés. Ceci est particulièrement vrai pour les organisations anarchistes, qui rejettent toute organisation hiérarchique et sont de ce fait plus difficile à retourner et coopter et contrôler avec des moyens traditionnels. Alors qu’il se peut qu’il y ait des infiltrés, ceci ne veut pas dire que des groupes entiers sont menés par ces individus de plus ces groupes sont le plus souvent si peu hiérachisés qu’ils n’ont pas une organisation traditionnelle comme nous l’entendons de manière typique. Quoi qu’il en soit, ces groupes sont sujets à la propagande de tous les côtés et ceci a grandement participé à la diabolisation de l’anarchisme comme mouvement.

A Montréal par exemple, les anarchistes ont souvent été blâmés pour la plupart de la violence ou du vandalisme, alors qu’en fait c’est la police (en uniforme officiel), qui a été la plus violente et destructrice contre le mouvement étudiant bourgeonnant qui a commencé en Février de cette année. Si vous regardez la violence “anarchiste”, elle consiste essentiellement en des actes de vandalisme sur des banques, tels que casser des vitres, ou lancer des pierres à la police. D’autres parmi les manifestants ont aussi participé à ces actions, qui sont le plus souvent des réactions contre la brutalité policière qui a bien eu lieu. En lisant des déclarations d’étudiants manifestants qui étaient présents à la manifestation du 4 Mai à Victoriaville au Québec, où plusieurs étudiants ont été atteints au visage par des balles en caoutchouc tirées par la police et furent presque tués, nous pouvons voir un autre côté du Black Bloc. Des étudiants ont décrit avoir été gazés puis être tombés au sol alors que la police anti-émeute approchait. Ce furent ensuite des membres du Black Bloc (ou du moins identifiés comme faisant apparamment partie du mouvement, puisqu’il n’y a pas de liste des membres), leurs visages protégés par des lunettes spéciales qui assistèrent les étudiants tombés, les sortirent de l’endroit, ont soignés leurs yeux, ont renvoyés les containers de gaz vers les forces de police et emmenés les étudiants blessés vers des infirmiers. Dans beaucoup de manifestations, et devant les violences policières il apparaît que ce sont ces individus qui sont en première ligne ; et bien que leurs actions particulières ne peuvent pas être tolérées, force est de constater qu’elles représentent une colère qui monte à travers de larges segments de la population étudiante. Ainsi en termes de la diabolisation des anarchistes ou d’actions très spécifiques violentes des anarchistes, il y a une différence entre tolérer les actes et condamner la colère.

Simplement parce que l’acte lui-même n’est peut-être pas utile en termes de gagner un soutien populaire pour une cause, ou parce que cela “justifie” la répression policière en retour, cela ne veut pas dire, comme beaucoup dans la presse alternative le disent, que les anarchistes “travaillent pour l’état”, sont des agents provocateurs ou des  infiltrés. Bien que cela soit parfois le cas, c’est faire fausse-route que de dire que cela est systématiquement le cas et cela implique des situations, des circonstances et des réactions par ailleurs compliquées. Quand un fourgon de police roula dans un groupe d’étudiants à Victoraiville le 4 Mai, ce fut un petit groupe de manifesants usuels qui prirent des cailloux pour caillasser le fourgon.

La très grande majorité des étudiants fut pacifique devant la violence policière et la répression, mais le fait que certains vont réagir violemment n’est pas une raison pour renier, mais un point important à comprendre : cela nous informe que la situation est bien plus extrême, que la réaction est plus intense, que les circonstances sont plus difficiles. De la même façon que lorsque vous coincer un animal, il devient à la fois le plus vulnérable et le plus méchant ; nous voyons ceci émerger dans bien des mouvements de manifestations et parmi des manifestants à travers le monde. Le fait de simplement blâmer les “anarchistes” fait peu pour aténuer la violence et les troubles et fait égalememt beaucoup de tort à la bonne compréhension de ces situations et de la meilleure façon de les résoudre. De manière ironique, alors que les anarchistes de Montréal ont été accusés de la plupart des violences dans les manifestations qui se sont tenues ici ces 15 dernières semaines, l’évènement le plus organisé qui fut et le plus ouvertement admis anarchiste fut une foire aux livres.

L’anarchisme est toujours un but intellectuel et à cause de son refus de devenir une idéologie rigide, parce qu’il accepte la diversité, il y aura toujours des éléments plus radicaux et des tactiques plus violentes, mais au bout du compte, c’est une philosophie, construite autour du concept de solidarité et de coopération, de l’association libre, de la liberté et de la paix. L’argument le plus commun contre l’anarchisme pour ceux qui ne savent pas réellement ce qu’il est, est de dire que sans une forme “d’autorité”, le monde serait chaotique, les gens s’entretueraient et nous aurions le désordre et la destruction.

La réponse la plus simple à ceci est de demander à la personne ce que nous avons dans le monde aujourd’hui: nous vivons dans un monde d’extrême autorité, de plus d’autorité globale dans tout secteur d’action et d’interaction humaines que nous n’avons jamais eu dans l’histoire de l’humanité, et pourtant le monde vit dans le chaos, le désordre, la destruction, la guerre, la famine, la décimation, la division, la ségrégation, l’exploitation et la domination. Ce n’est pas un manque d’ordre et d’autorité qui a amené tout cela, mais plutôt l’exercice de l’autorité au nom de l’ordre. Les gens regardent l’anarchie comme un paradoxe sans même voir et reconnaître le paradoxe de l’idéologie envers la réalité du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ceci a été le plus grand succès à déformer la philosophie de l’anarchisme.

Devon DB: Comment l’anarchisme a t’il été utilisé dans d’autres endroits du monde comme moyen de résistance ?

Mr. Marshall: Historiquement, l’anarchisme est arrivé à Londres, en France, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis, et spécifiquement en Argentine et en Amérique latine, de façon exemplaire. Alors qu’il fut largement détruit en tant que mouvement puissant à la fin de deux guerres mondiales, Il a ré-émergé avec la montée de la nouvelle gauche des années 1960. La nouvelle gauche fut instrumentale dans l’agitation politique et les mouvements de protestation en Europe et aux Etats-unis à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Elle aida à revigorer une idéologie anti-capitaliste, une pensée et dans certains cas, accoucha elle-même d’une idéologie anarcho-capitaliste. A;lors que le mouvement environnementaliste émergeait, ainsi émergeait également une branche anarchisme environnementaliste. Ainsi, quelques nouveaux mouvements et une agitation sociale émergèrent puis éruptèrent, de nouveaux modèles et de nouvelles idées sur l’anarchisme commencèrent à s’adapter et à évoluer selon les circonstances changeantes, tout comme cela s’était déjà produit au fil de l’histoire humaine.

Devon DB: Quelle est votre opinion sur l’anarchisme moderne, spécifiquement sur les anarchistes qui font partie du mouvement Occupy ?

Mr. Marshall: Les anarchistes modernes sont tout simplement trop divers pour les englober dans une seule opinion. Cela revient toujours au même point, la reconnaissance de la diversité et former une opinion sur les différents groupes et différentes tactiques. Comme je l’ai dit plus tôt, je ne tolérerais peut-être pas les actes, mais je ne pourrais pas condamner la colère. Il y a eu un temps ou moi aussi j’aurai décrit toute violence comme destructrice et sans fondement et aurai probablement pointé ceux qui la commettent comme des infiltrés ou des agents provocateurs. Mais après avoir été témoin et avoir été pris dans le feu de l’action d’une rebellion étudiante en éruption dans la province canadienne du Québec ces 15 dernières semaines, après avoir été le témoin de la campagne de propagande contre les étudiants et la répression violente étatique quotidienne, cela ne me surprends pas de voir des gens se résoudre à des actes de violence dans leur résistance. Cela n’aide pas le mouvement étudiant, alors que cela le diabolise et le coupe du soutien populaire. Mais ce que j’ai appris à comprendre, est que cela n’est qu’un symptôme d’une colère bien plus grande et qui monte, d’une frustration et d’un mécontentement.

La violence et la terreur sont des actions de désespérés, donc au lieu de diaboliser les actes eux-mêmes, nous devons comprendre le désespoir. Car si nous voulons des manifestations non-violentes, pacifiques, nous devons comprendre l’origine des réactons violentes. Les groupes anarchistes et les idées ré-émergent dans le monde à un degré de vitesse et d’importance qui était peut-être impensable. Nous voyons des anarchistes dans les mouvements de protestations en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce, au Québec, aux Etats-Unis, dans le mouvement Occupy, en Islande, en Italie. Les tactiques et les spécifiques de mouvement variant d’un endroit à l’autre et de personne à personne bien sûr. Par exemple en Italie, il y a eu un cas récent d’un groupe anarchiste qui a pris la responsabilité d’estropier un dirigeant d’entreprise nucléaire italienne et a menacé de plus de flingages. Je pense que l’on peut s’attendre à une sorte de parallèle avec ce qu’il s’est passé dans les années 1880 dans bien des endroits du monde, où on a vu des actes de violence ou de terreur attribuées à des factions anarchistes et alors que ces tactiques sont présentées comme étant contre-productives et problématiques, il y aura peut-être une tendance à renoncer à toute forme de violence et à se concentrer sur l’éducatif et la “propagande”, ce qui est du reste ce que fait déjà la vaste majorité des anarchistes.

Par contraste, alors qu’il se pourrait qu’un groupe anarchiste ait blessé un industriel italien, par ailleurs, un intellectuel anarchiste, Noam Chomsky, a parlé éloquemment et de manière douce pendant des décennies, écrivant, lisant et en agitant non pas avec ses poings mais avec des mots. Au bout du compte, Chomsky a fait bien plus pour faire avancer des idées anarchistes ou l’anarchisme que n’importe quel acte de violence ne l’aurait pu. Ceci est la direction qui doit être prise au sein de l’organisation anarchiste. Si vous regardez le mouvement Occupy par lui-même il y a un grand nombre de structures anarchistes en son sein : pas de hiérarchie, les assemblées générales, les librairies publiques etc… Les librairies sont un cas fascinant, spécifiquement en ces temps d’austérité économique où les librairies ont une tendance à voir leurs fonds de soutien de l’état fondre comme neige au soleil.

Ce que les groupes du mouvement Occupy ont montré est que si l’état supprime les librairies, les gens peuvent tout simplement organiser les leurs. En Grèce, l’état a demandé qu’un hôpital ferme à cause de la coupure de budget. Les travaileurs de cet hôpital l’ont occupé et ont commencé à le faire tourner en autogestion. Il y a aussi certains rapports faisant état qu’en Grèce, quelques communautés sont en train de développer leur propre système d’échange et de commerce. Dans le monde, nous voyons de plus en plus d’ouvriers occuper les usines et s’occuper de les gérer collectivement, démontrant par là même l’inutilité de managers professonnels ou de patrons (qui prennent tout le profit) ainsi que la capacité extraordinaire des travailleurs à être à la fois des producteurs et des preneurs de décisions. Ces cas ne sont pas rapportés ou discutés souvent simplement parce qu’ils représentent le problème d’une trop bonne idée et d’autres personnes pourraient en prendre de la graine. En ce sens, nous ne devons pas stigmatiser les actions violentes du petit nombre, mais au lieu de cela, si nous examinons et comprenons l’anarchisme dans sa vaste diversité de philosophie et de tactiques qu’il représente vraiment, alors nous sommes capables de voir l’énorme degré d’espoir et de progrès que ce mouvement réserve pour le futur.

Là où l’État, les entreprises et les banques travaillent contre les peuples (ce qui est partout sur cette planète), là où ils ferment les usines, repossèdent les maisons, coupent les budgets de l’éducation et de sécurité sociale, demandent des coûts supplémentaires à faire payer aux gens tout en diminuant les impôts des riches, il y a toujours des réponses et des possibilités anarchistes. En ce qui concerne là où je vis au Québec, où un mouvement énorme d’étudiants s’est déclanché après une augmentation de 75% des frais  de scolarité, nous souffrons sous le joug d’un vieux paradigme éducatif, politique, social et économique qui bénéficie le plus petit nombre aux dépends de la vaste majorité. Alors que la première réaction est de défendre le système éducatif qui existe déjà, la solution sur le long terme est de complètement refonder et réorienter notre conception et l’organisation de l’éducation elle-même. Par exemple, lorsque le système universitaire débuta au Moyen-Age, il y avait deux modèles initiaux d’éducation universitaire: le modèle de Paris et le modèle de Bologne.

A Paris, l’école était gérée par des administrations et des élites culturelles régionales. Au fil du temps, alors que l’état-nation et le capitalisme se développaient, ceux-ci devinrent les patrons et administrateurs des universités. A Bologne en Italie, l’école était gérée par les étudiants et son personnel. Pour des raisons évidentes, le modèle de Paris gagna, mais devant la crise actuelle sociale, économique et politique, il serait grand temps pour que le modèle de Bologne gagne sa bataille historique de résurrection. La notion que les élèves et le personnel gèrent et dirigent eux-même l’école est distinctivement anarchiste, de la même manière que les ouvriers autogèrent leur usine. Comme Proudhon le déclara : “L’anarchie c’est l’ordre” et dans un monde où règne tant de chaos, de destruction et d’autorité, il est peut-être temps d’y mettre un peu d’anarchie et d’ordre.

A Message from Chile: “The struggles of Quebec students, academics and workers are also our struggles”

NOUS SOMMES TOUS DES QUÉBÉCOIS! WE ARE ALL QUEBECERS! ¡TODOS SOMOS QUEBEQUENSES!

Santiago, Chile: July 14, 2011

 

The following is a Declaration of Chilean academics and student leaders in solidarity with the Quebec student movement, written in French, English, and Spanish.

For a look at the similarities between the Chilean and Quebec student movements, see my recent article: “From the Chilean Winter to the Maple Spring.”

 

French Version

Les soussignés, lesquels sont des professeurs et des dirigeants étudiants chiliens, dénoncent devant l’opinion publique nationale et internationale la persécution envers le mouvement étudiant qui a lieu au Québec, au Canada, laquelle trouve son expression dans la Loi 78, adoptée le jeudi 19 mai par le gouvernement du premier ministre Jean Charest.

La Loi 78, surnommée la « loi matraque », est la plus dure à avoir été adoptée depuis la Loi des mesures de guerre d’octobre 1970; elle a été dénoncé par le président du Barreau de la province, ainsi que par Amnistie Internationale, la Ligue des droits de l’Homme, les quatre principales centrales syndicales et diverses institutions académiques. Elle limite les libertés fondamentales des citoyens du Québec et restreint certains aspects fondamentaux de la liberté d’expression, de la liberté de manifester et de la liberté d’association inscrites dans la Constitution et la Charte québécoise des droits et libertés.

Cette loi ne concerne pas seulement les étudiants en grève depuis quinze semaines contre la hausse des frais de scolarité, mais aussi tous les citoyens, en particulier les enseignants, les professeurs et les travailleurs, dont les droits d’expression et d’association sont touchés. Parmi ces mesures, nous dénonçons : celles qui empêchent les manifestations spontanées de tout groupe de plus de cinquante personnes; l’interdiction de manifester à moins de cinquante mètres des écoles; le renforcement du pouvoir des forces policières qui leur permet de décider si une manifestation est légale ou illégale, à tout moment, ou si quelqu’un en est l’instigateur. De même, toute expression publique de soutien aux manifestations se voit également punie.

Maintenant, par exemple, nul ne peut, au Québec, lors d’un conflit, empêcher des étudiants d’entrer dans les collèges et les universités, sous peine d’amendes individuelles et d’amendes pour l’association étudiante dont est membre cette personne, ainsi que pour les dirigeants syndicaux et étudiants. Ces sanctions varient de 1 000 à 125 000 dollars.

Les directions des associations étudiantes ont annoncé qu’elles iraient en appel de cette loi qu’elles jugent inconstitutionnelle et elles ont appelé à la solidarité de tous les citoyens.

Le peuple québécois a appuyé le peuple chilien pendant bon nombre d’années par sa solidarité active, et c’est pourquoi, aujourd’hui, nous ressentons le besoin d’exprimer et de manifester toute notre solidarité avec les organisations étudiantes et leurs dirigeants, ainsi qu’avec les centrales syndicales et l’ensemble du mouvement citoyen.

Nous le faisons par solidarité, mais aussi parce que nous percevons que toute attaque contre la liberté, et ce, peu importe l’endroit dans le monde où celle-ci se produit, constitue une attaque contre nos libertés. La « loi Hinzpeter » adoptée par le gouvernement chilien s’inscrit dans la même perspective répressive et antidémocratique.

La lutte des étudiants, des professeurs et des travailleurs du Québec est aussi notre lutte.

Le 24 mai 2012, Santiago de Chile

Premiers signataires :

1.     Sergio Grez Toso, historien, professeur à l’Université du Chili.

2.     María Eugenia Domínguez, journaliste, professeur à l’Université du Chili.

3.     Gabriel Boric, président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

4.     Camila Vallejo Dowling, vice-président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

5.     Felipe Ramírez, secrétaire général de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

6.     Andrés Fielbaum, secrétaire aux communications de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

7.     Pablo Soto Arrate, directeur exécutif du centre d’études de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

8.     Rodrigo Cárdenas Cabezas, secrétaire général de la Fédération étudiante de l’Université de Magallanes, à Punta Arenas.

9.     Sebastián Aylwin Correa, vice-président du centre étudiant de l’École de droit de l’Université du Chili.

10.  Francisco Figueroa, ancien vice-président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) pour 2011.

11.  Loreto Fernández, ancien président du centre étudiant de la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili (2011) et actuel délégué à la protection de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

12.  Conseil des étudiants en santé de l’Université du Chili.

13.  Eloísa González Domínguez, porte-parole de l’Assemblée étudiantes du lycée Manuel de Salas, porte-parole de l’Assemblée de coordination des étudiants secondaires de Santiago (ACES).

14.  Gabriel González, président du centre des élèves de l’Institut national (CAIN) 2012, Santiago.

15.  Álvaro Fernández, président du gouvernement étudiant du Lycée professionnel (GELA) pour 2011-2012, à Santiago.

16.  Matías Cárdenas, ancien porte-parole pour 2011 du Lycée professionnel, et actuel secrétaire exécutif du gouvernement étudiant du Lycée professionnel (GELA) pour 2011-2012, à Santiago.

17.  Tamara Castro, présidente du centre étudiant du Lycée Carvajal de Prat, à Providencia, à Santiago.

18.  Diego Bautista Cubillos Polo, secrétaire exécutif du centre des éleves Internado Nacional Barros Arana, à Santiago.

19.  Jorge Silva, président du centre des élèves de Liceo José Victorino Lastarria, à Providencia, à Santiago.

20.  Camila Hernández, présidente du centre étudiant, à Liceo Tajamar 2012, Providencia, Santiago.

21.  Moisés Paredes, ancien porte-parole du Lycée Arturo Alessandri Palma, a Providencia, à Santiago, actuel représentant des élèves expulsés et sans matricule de ce collège.

22.  Camila Fuentes, présidente du centre des élèves du Lycée 7, à Providencia (CELIS), à Santiago, pour 2012.

23.  Sebastián Vielmas, secrétaire général (2011) de la Fédération étudiante de l’Université catholique du Chili (FEUC).

24.  Pablo Oyarzún Robles, philosophe, professeur à l’Université du Chili.

25.  Eduardo Flores Retamal, président du centre étudiant de médecine vétérinaire de l’Université du Chili.

26.  Carlos Ruiz Encina, sociologue, professeur à l’Université du Chili.

27.  José Aylwin, avocat, professeur à l’Université australe du Chili, à Valdivia.

28.  Manuel Loyola, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.

29.  Ariel Russel García, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) de la Faculté des sciences agronomiques.

30.  Diego Corvalán, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH) et ancien secrétaire général du centre étudiant de la Faculté des sciences agronomiques.

31.  Faride Zerán, journaliste, professeur à l’Université du Chili, Prix national de journalisme.

32.  Felipe Portales Cifuentes, sociologue, professeur à l’Université du Chili.

33.  Alexis Meza Sánchez, historien, ancien dirigeant de la Fédération des étudiants de l’Université de Concepción.

34.  Carlos Ossandón Buljevic, philosophe, professeur à l’Université du Chili.

35.  Pedro Rosas Aravena, historien, directeur à l’École d’histoire et des sciences sociales de l’Université ARCIS.

36.  Jonás Chnaidemann, biologiste, professeur à l’Université du Chili et sénateur universitaire de cette même université.

37.  Marcelo Santos, communicateur social, éducateur et conseiller en communication et démocratie.

38.  Pierina Ferretti, sociologue, professeure à l’Université de Valparaíso.

39.  Luis Casado, ingénieur du CESI, à Francia, expert-conseil de la Confédération minière du Chili.

40.  Mario Matus González, historien, professeur à l’Université du Chili.

41.  Jorge Pinto Rodríguez, historien, professeur à l’Université de la Frontera, à Temuco.

42.  Ignacio Díaz Concha, secrétaire général du centre étudiant du baccalauréat à l’Université du Chili.

43.  Víctor de la Fuente, journaliste, directeur de l’édition chilienne du Monde Diplomatique.

44.  Carlos Sandoval Ambiado, historien, professeur de l’Université de Los Lagos et de l’Université Viña del Mar.

45.  Germán F. Westphal, linguiste, citoyen chilien et canadien.

46.  Isabel Cassigoli, sociologue, professeur à l’Université ARCIS.

47.  Margarita Iglesias Saldaña, historienne, professeur à l’Université du Chili.

48.  Ángela Vergara, historienne, professeur à l’Université d’État de Californie, à Los Angeles, aux États-Unis

49.  Jorge Chuaqui K., sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso, président de l’Association nationale des usagers des services de santé mentale (ANUSSAM).

50.  Félix J. Aguirre D., sociologue et politicologue, professeur à l’Université de Valparaíso.

51.  Julio Pinto Vallejos, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.

52.  Mauricio Barría Jara, dramaturge, professeur à l’Université du Chili.

53.  Darcie Doll Castillo, docteure en littérature, professeur à l’Université du Chili.

54.  Carlos Molina Bustos, médedin chirurgien et historien, professeur d’histoire à l’École de santé publique de l’Université du Chili et de l’Université Viña del Mar.

55.  Francisco de Torres, porte-parole générale de l’Assemblée des étudiants diplômés de la faculté de philosophie et des sciences sociales de l’Université du Chili..

56.  Isabel Jara, historienne, professeure à l’Université du Chili.

57.  Pedro Bravo Elizondo, docteur en littérature, professeur à l’Université d’État de Wichita, au Kansas, au États-Unis.

58.  José del Pozo, historien, professeur à l’Université du Québec à Montréal, au Canada.

59.  Marco Rodríguez W., sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.

60.  Igor Goicovic Donoso, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili.

61.  Gabriel Muñoz, coordonnateur de l’Assemblée des étudiants d’histoire de l’Université du Chili.

62.  Bárbara Brito, conseillère de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté de philosophie et des sciences sociales.

63.  Benjamín Infante, conseiller de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté de philosophie et des sciences sociales.

64.  Manuel Jesús Hidalgo Valdivia, économiste.

65.  Juan Carlos Gómez Leyton, politicologue, professeur à l’Université ARCIS.

66.  Iván Ljubetic Vargas, historien, ancien professeur à l’Université du Chili, campus de Temuco.

67.  Rodrigo Contreras Molina, anthropologue, professeur à l’Université de la Frontera, à Temuco.

68.  Marcelo Garrido Pereira, géographe, chef du cours de géographie de l’Université académique d’humanisme chrétien.

69.  Javier Sandoval Ojeda, ancien président de la Fédération étudiante de l’Université de Concepción, pour 1996-1997.

70.  Mario Valdés Vera, historien, professeur de l’Université de Concepción.

71.  Pablo Aravena Núñez, professeur à l’Université de Valparaíso.

72.  César Cerda Albarracín, historien, professeur à l’Université métropolitaine de technologie.

73.  Paz López, coordinatrice académique en chef des études culturelles à l’Université ARCIS.

74.  María Soledad Jiménez, historienne, professeure à l’Université académique d’humanisme chrétien.

75.  Mario Garcés Durán, historien, professeur à l’Université de Santiago du Chili, directeur de ECO Comunicaciones.

76.  Rodrigo Zúñiga Contreras, philosophe, professeur à l’Université du Chili.

77.  Sergio Rojas Contreras, philosophe, professeur à l’Université du Chili.

78.  Carmen Gloria Bravo Quezada, historienne, professeure à l’Université de Santiago du Chili.

79.  Miguel Valderrama, historien, professeur à l’Université ARCIS.

80.  Kevin Villegas, sociologue, professeur à l’Université Pedro de Valdivia, campus de Chillán.

81.  Alonso Serradell Díaz, maître en citoyenneté et droits de l’Homme : éthique et politique, Université de Barcelone.

82.  Catherine Valenzuela Marchant, enseignante, étudiante au doctorat en histoire, Université du Chili.

83.  Viviana Bravo Vargas, historienne, doctorante en études latinoaméricaines à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

84.  Enrique Fernández Darraz, sociologue et historien.

85.  Florencia Velasco, baccalauréat en littérature et étudiant à la maîtrise en littérature de l’Université du Chili, responsable de la rédaction de Lom Ediciones.

86.  Blaise Pantel, membre du corps professoral du département de sociologie et de science politique, Université catholique de Temuco.

87.  Sebastián Ríos Labbé, avocat, professeur à l’Université du Chili.

88.  Oscar Zapata Cabello, délégué étudiant du cours de chimie, faculté des sciences de l’Université du Chili.

89.  Evelin Ledesma Cruz, bénévole et militante pour le Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL), Montréal, Québec, Canada.

90.  Laureano Checa, Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.

91.  Lorena Antezana Barrios, professeure à l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.

92.  Milton Godoy Orellana, historien, professeur à l’Université académique d’humanisme chrétien.

93.  José Miguel Labrín, professeur de l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.

94.  Ximena Poo Figueroa, professeure à l’Institut universitaire de la communication et de l’image (ICEI) à l’Université du Chili.

95.  José Alberto de la Fuente, docteur en littérature, professeur à l’Université catholique Cardinal Raúl Silva Henríquez.

96.  Jorge Gonzalorena Döll, sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.

97.  Sandra Oyarzo Torres, sage-femme, professeure à l’Université du Chili.

98.  Luis Castro, historien, professeur à l’Université de Valparaíso.

99.  Patricio Troncoso Ovando, ingénieur de production, ancien président de la Fédération des étudiants de l’Université technique Federico Santa María (FEUTFSM), campus de Talcahuano, de 2001 à 2003.

100.  Gonzalo Ojeda Urzúa, sociologue, professeur à l’Université de Valparaíso.

101.  Valentina Saavedra, ancienne présidente du Centre des étudiants d’architecture et actuelle conseillère de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH), faculté d’architecture et d’urbanisme.

102.  Cristián Pozo, sociologue.

103.  Francisco Herrera, philosophe, professeur à l’Université du Chili.

104.  Eleonora Reyes, historienne, professeure à l’Université du Chili.

105.  Jorge Weil, économiste, professeure à l’Université du Los Lagos, Osorno.

106.  Aldo González Becerra, biologiste, professeure à l’Université Autonome de Madrid et chercheur au Haut Conseil de Recherches Scientifiques (CSIC), Espagne.

107.  Luis Mundaca, dirigeant syndical de la Fédération des syndicats de Heineken – CCU Chili, secrétaire général du Centre des Parents et Gardiens du Lycée professionnel (GELA), Santiago

108.  Rodrigo Roco, ancien Président de la Fédération étudiante de l’Université du Chili (FECH).

109.  Virginia Vidal, auteur.

English Version

Santiago, Chile: July 14, 2011


The undersigned Chilean academics and student leaders denounce before the national and international public opinion the persecution of the Quebec student movement in Canada, as expressed in Bill 78, enacted on Saturday May 19 by the Provincial Government of Premier Jean Charest.

Bill 78, the “truncheon law”, is the most severe piece of legislation since the War Measures Act was used during the October Crisis in 1970, and has been denounced by the President of the Quebec Bar Association, Amnesty International, the League for Human Rights, four major unions, and various academic bodies. The bill infringes on Quebec citizens’ freedoms by restricting fundamental aspects of their freedoms of expression, protest, and association, consecrated in the Canadian Constitution and the Quebec Charter of Human Rights and Freedoms.

This bill not only affects the students who have been on strike protesting against the tuition hike for the past 15 weeks; it also severely affects the rights of all citizens – especially professors, academics, and workers – whose rights to expression and association are also being affected. Among the measures, we denounce those that prevent the spontaneous demonstrations of any group of more than fifty people, the prohibition of protests within fifty meters of any academic institution, strengthening the power of police forces by allowing them to decide whether a protest is legal or not at any moment, or whether an individual is an instigator.

Similarly, it punishes all public expressions of support for these mobilizations. For example, no one may restrict students’ entry to schools and universities during times of conflict under penalty of heavy fines for individuals, the student associations to which they may belong, as well as for workers’ and student union leaders. These fines vary from $1,000 to $125,000.

The leaders of student associations have announced that they will file legal motions against Bill 78 for its unconstitutional nature and they have called for the solidarity of all citizens.

The people of Quebec have supported the Chilean people for many long years through their active solidarity. Today, we feel compelled to express and demonstrate our full solidarity with their student associations and leaders, unions, and citizens’ movement.

We do this not only in solidarity, but also because we understand that any attack against freedoms in any part of this globalized world, is an attack against our own freedoms. The Chilean government’s so-called “Hinzpeter law” adopts the same repressive and undemocratic measures as Bill 78.

The struggles of Quebec students, academics and workers are also our struggles.

Santiago, Chile, May 24, 2012

Signed

1.     Sergio Grez Toso, historian, faculty member of the University of Chile.

2.     María Eugenia Domínguez, journalist, faculty member of the University of Chile.

3.     Gabriel Boric, President, University of Chile Student Federation (FECH).

4.     Camila Vallejo Dowling, Vice-President, University of Chile Student Federation (FECH).

5.     Felipe Ramírez, General Secretary, University of Chile Student Federation (FECH).

6.     Andrés Fielbaum, Communications Secretary, University of Chile Student Federation (FECH).

7.     Pablo Soto Arrate, Executive Director of the Learning Centre of the University of Chile Student Federation (FECH).

8.     Rodrigo Cárdenas Cabezas, General Secretary, University of Magallanes Student Federation, Punta Arenas.

9.     Sebastián Aylwin Correa, Vice-President, Law School Student Centre, University of Chile.

10.  Francisco Figueroa, former Vice-President, University of Chile Student Federation (FECH).

11.  Loreto Fernández, former President, Faculty of Social Science Student Centre, University of Chile (2011); current Delegate for Well-being, University of Chile Student Federation (FECH).

12.  Health Students Council, University of Chile.

13.  Eloisa González Dominguez, Spokesperson, Manuel de Salas High School Student Assembly; Spokesperson, Secondary-School Students of Santiago, Coordination Assembly (ACES).

14.  Gabriel González, President, National Institute Alumni Centre (CAIN) 2012, Santiago.

15.  Álvaro Fernández, President, Vocational High School Student Government (GELA), 2011-2012, Santiago.

16.  Matías Cárdenas, former Spokesperson (2011),Vocational High School; current Executive Secretary, Vocational High School Student Government (GELA), 2011-2012, Santiago.

17.  Tamara Castro, President, Carmela Carvajal de Prat High School Student Centre, Providencia, Santiago.

18.  Diego Bautista Cubillos Polo, Executive Secretary, Barros Arana Internado Nacional Student Centre, Santiago.

19.  Jorge Silva, President, José Victorino Lastarria High School Student Centre, Providencia, Santiago.

20.  Camila Hernández, President, Tajamar High School Student Centre, Providencia, Santiago.

21.  Moisés Paredes, former Spokesperson,  Arturo Alessandri Palma High School, Providencia, Santiago; current representative of students who have been expelled and have lost their scholarship to this high school.

22.  Camila Fuentes, President, Providencia 7 High School Student Centre (CELIS) 2012, Santiago.

23.  Sebastián Vielmas, former General Secretary (2011), Catholic University of Chile Student Federation (FEUC).

24.  Pablo Oyarzún Robles, philosopher, faculty member of the University of Chile.

25.  Eduardo Flores Retamal, President, University of Chile Veterinary School Student Centre.

26.  Carlos Ruiz Encina, sociologist, faculty member of the University of Chile.

27.  José Aylwin, lawyer, faculty member of the University Austral of Chile, Valdivia.

28.  Manuel Loyola, historian, faculty member of the University of Santiago de Chile.

29.  Ariel Russel García, Advisor, University of Chile Student Federation (FECH) from the Faculty of Agricultural Sciences.

30.  Diego Corvalán, Advisor, University of Chile Student Federation (FECH); former General Secretary of the University of Chile Social Sciences Student Centre.

31.  Faride Zerán, journalist, faculty member of the University of Chile, winner of the National Award for Journalism (2007).

32.  Felipe Portales Cifuentes, sociologist, faculty member of the University of Chile.

33.  Alexis Meza Sánchez, historian, former leader of the University of Concepción Student Federation.

34.  Carlos Ossandón Buljevic, philosopher, faculty member of the University of Chile.

35.  Pedro Rosas Aravena, historian, Director of the University ARCIS School of History and Social Sciences.

36.  Jonás Chnaidemann, biologist, faculty member and university senator of the University of Chile.

37.  Marcelo Santos, social communications, educator and consultant in communications and democracy.

38.  Pierina Ferretti, sociologist, faculty member of the University of Valparaíso.

39.  Luis Casado, engineer with CESI (France), advisor of the Mining Confederation of Chile.

40.  Mario Matus González, historian, faculty member of the University of Chile.

41.  Jorge Pinto Rodríguez, historian, faculty member of the University of la Frontera, Temuco.

42.  Ignacio Díaz Concha, General Secretary, University of Chile Baccalaureate Student Centre.

43.  Víctor de la Fuente, journalist, Director of the Chilean edition of Le Monde Diplomatique.

44.  Carlos Sandoval Ambiado, historian, faculty member of the University of Los Lagos and of the University Viña del Mar.

45.  Germán F. Westphal, linguist, Chilean-Canadian citizen.

46.  Isabel Cassigoli, sociologist, faculty member of the University ARCIS.

47.  Margarita Iglesias Saldaña, historian, faculty member of the University of Chile.

48.  Ángela Vergara, historian, faculty member of California State University, Los Angeles, USA.

49.  Jorge Chuaqui K., sociologist, faculty member of the University of Valparaiso, President of the National Association of Mental Health Services Beneficiaries (ANUSSAM).

50.  Félix J. Aguirre D., sociologist and political scientist, faculty member of the University of Valparaiso.

51.  Julio Pinto Vallejos, historian, faculty member of the University of Santiago de Chile.

52.  Mauricio Barría Jara, playwright, faculty member of the University of Chile.

53.  Darcie Doll Castillo, PhD in Literature, faculty member of the University of Chile.

54.  Carlos Molina Bustos, surgeon and historian, faculty member of history in the School of Public Health in the University of Chile and the University of Viña del Mar.

55.  Francisco de Torres, General Spokesperson for the Faculty of Philosophy and Humanities Postgraduate Student Assembly at the University of Chile.

56.  Isabel Jara, historian, faculty member of the University of Chile.

57.  Pedro Bravo Elizondo, PhD in Literature, faculty member of Wichita State University, Kansas, USA.

58.  José del Pozo, historian, faculty member of the Université de Québec à Montreal, Canada.

59.  Marco Rodríguez W., sociologist, faculty member of the University of Valparaiso.

60.  Igor Goicovic Donoso, historian, faculty member of the University of Santiago de Chile.

61.  Gabriel Muñoz, Coordinator, History Students Assembly of the University of Chile.

62.  Bárbara Brito, Advisor, University of Chile Student Federation (FECH), Faculty of Philosophy and Humanities.

63.  Benjamín Infante, Advisor, University of Chile Student Federation (FECH), Faculty of Philosophy and Humanities.

64.  Manuel Jesús Hidalgo Valdivia, economist.

65.  Juan Carlos Gómez Leyton, political scientist, faculty member of the University ARCIS.

66.  Iván Ljubetic Vargas, historian, former faculty member of the University of Chile campus in Temuco.

67.  Rodrigo Contreras Molina, anthropologist, faculty member of the University of la Frontera, Temuco.

68.  Marcelo Garrido Pereira, geographer, Head of the Geography Department at the University Academy of Christian Humanism.

69.  Javier Sandoval Ojeda, former President of the University of Concepción Student Federation, (1996-1997).

70.  Mario Valdés Vera, historian, faculty member of the University of Concepción.

71.  Pablo Aravena Núñez, faculty member of the University of Valparaiso.

72.  César Cerda Albarracín, historian, faculty member of the Metropolitan Technological University.

73.  Paz López, Academic Coordinator, Masters in Cultural Studies, University ARCIS.

74.  María Soledad Jiménez, historian, faculty member of the University Academy of Christian Humanism.

75.  Mario Garcés Durán, historian, faculty member of the University of Santiago de Chile, Director of ECO Communications.

76.  Rodrigo Zúñiga Contreras, philosopher, faculty member of the University of Chile.

77.  Sergio Rojas Contreras, philosopher, faculty member of the University of Chile.

78.  Carmen Gloria Bravo Quezada, historian, faculty member of the University of Santiago de Chile.

79.  Miguel Valderrama, historian, faculty member of the University ARCIS.

80.  Kevin Villegas, sociologist, faculty member of the University Pedro de Valdivia campus in Chillán.

81.  Alonso Serradell Díaz, Master in Citizenship and Human Rights: Ethics and Policy, University of Barcelona.

82.  Catherine Valenzuela Marchant, profesor, doctoral student in History at the University of Chile.

83.  Viviana Bravo Vargas, historian, doctoral student in Latin American Studies at the National Autonomous University of Mexico (UNAM).

84.  Enrique Fernández Darraz, sociologist and historian.

85.  Florencia Velasco, BA in Literature and masters student in Literature at the University of Chile,  Universidad de Chile, editor of Lom Editions.

86.  Blaise Pantel, faculty member in the Department of Sociology and Political Science, Catholic University of Temuco.

87.  Sebastián Ríos Labbé, lawyer, faculty member of the University of Chile.

88.  Oscar Zapata Cabello, student delegate for the School of Chemistry, Faculty of Sciences at the University of Chile.

89.  Evelin Ledesma Cruz, volunteer and activist with the Committee on Human Rights in Latin America (CDHAL), Montreal, Quebec, Canada.

90.  Laureano Checa, faculty member of the Communication and Image Institute (ICEI) of the University of Chile.

91.  Lorena Antezana Barrios, faculty member of the Communication and Image Institute (ICEI) of the University of Chile.

92.  Milton Godoy Orellana, historian, faculty member of the University Academy of Christian Humanism.

93.  José Miguel Labrín, faculty member of the Communication and Image Institute (ICEI) of the University of Chile.

94.  Ximena Poo Figueroa, faculty member of the Communication and Image Institute (ICEI) of the University of Chile.

95.  José Alberto de la Fuente, PhD in Literature, faculty member of the Cardinal Raúl Silva Henríquez Catholic University.

96.  Jorge Gonzalorena Döll, sociologist, faculty member of the University of Valparaíso.

97.  Sandra Oyarzo Torres, matron, faculty member of the University of Chile.

98.  Luis Castro, historian, faculty member of the University of Valparaíso.

99.  Patricio Troncoso Ovando, production engineer, former President of the Federico Santa María Technical University Student Federation (FEUTFSM) at the Talcahuano campus (2001-2003).

100.        Gonzalo Ojeda Urzúa, sociologist, faculty member of the University of Valparaíso.

101.        Valentina Saavedra, former President of the Architecture Students’ Centre, current Advisor for the University of Chile Student Federation (FECH) Faculty of Architecture and Urbanism.

102.        Cristián Pozo, sociologist.

103.        Francisco Herrera, philosopher, faculty member of the University of Chile.

104.        Eleonora Reyes, historian, faculty member of the University of Chile.

105.        Jorge Weil, economist, faculty member of the University of Los Lagos, Osorno.

106.        Aldo González Becerra, biologist, faculty member of the Autonomous University of Madrid, researcher with the Superior Council for Scientific Research (CSIC), Spain.

107.        Luis Mundaca, union leader of the Heineken Union Federation – CCU Chile, General Secretary of the Vocational High School Parents and Guardians Centre, Santiago.

108.        Rodrigo Roco, former President of the University of Chile Student Federation (FECH), (1997).

109.        Virginia Vidal, author.

Spanish Version

Santiago, Chile: June 30, 2011

Los abajo firmantes, académicos y dirigentes estudiantiles chilenos, denunciamos a la opinión pública nacional e internacional la persecución contra el movimiento estudiantil del Quebec, Canadá, expresada en la Ley 78, promulgada el jueves 19 de mayo por el gobierno del Primer Ministro Jean Charest.

La ley 78, llamada “Ley matraca”, es la más dura desde la Ley de Medidas de Guerra en Octubre de 1970 y ha sido denunciada por el mismísimo Presidente de la Orden de Abogados de esa provincia, así como por Amnistía International, la Liga de Derechos Humanos, las cuatro principales centrales sindicales y diferentes cuerpos académicos. Ella coarta las libertades fundamentales de los ciudadanos del Quebec, restringe en sus aspectos fundamentales la libertad de expresión, la libertad de manifestar y la libertad de asociación consagradas por la Constitución y por la Carta de Derechos del Quebec.

Esta Ley afecta no sólo a los estudiantes en huelga desde hace quince semanas contra el alza de aranceles, sino también al conjunto de la ciudadanía, particularmente profesores, académicos y trabajadores cuyo derechos de expresión y de asociación están siendo afectados. Dentro de estas medidas denunciamos aquellas que impiden las manifestaciones espontáneas de todo grupo de más de cincuenta personas; la prohibición de manifestar a menos de cincuenta metros de  los establecimientos escolares; el  reforzamiento del poder de las fuerzas policiales al permitirles decidir si una  manifestación es legal o ilegal en cualquier momento, o si alguien es instigador.

Del mismo modo, se castiga toda expresión pública de apoyo a las movilizaciones.  Ahora, por ejemplo, nadie en Quebec puede durante un conflicto impedir la entrada de  los estudiantes a colegios y universidades, so pena de multas individuales y a la asociación estudiantil a la que pertenezcan, o a los líderes sindicales y estudiantiles. Estas multas varían de mil a 125 mil dólares.

Las directivas estudiantiles han anunciado que apelaran jurídicamente de esta ley por su inconstitucionalidad y han demandado la solidaridad de toda la ciudadanía.

El pueblo quebequense ha acompañado al pueblo chileno durante largos años con su solidaridad activa, es por ello que hoy nos sentimos convocados a expresar y demostrar nuestra más amplia solidaridad con sus organizaciones estudiantiles y sus dirigentes, con sus centrales sindicales y con todo su movimiento ciudadano.

Lo hacemos por solidaridad, pero también porque entendemos que cualquier ataque en contra de las libertades en cualquier lugar del mundo globalizado, es una ataque contra nuestras libertades. La llamada “ley Hinzpeter” impulsada por el gobierno chileno se inscribe en la misma perspectiva represiva y antidemocrática.

La lucha de los estudiantes, académicos y trabajadores quebequenses es también nuestra lucha.

Santiago de Chile, 24 de mayo de 2012.

Primeros firmantes:

Sergio Grez Toso, historiador, académico de la Universidad de Chile.

María Eugenia Domínguez, periodista, académica de la Universidad de Chile.

Gabriel Boric, Presidente de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Camila Vallejo Dowling, Vice-Presidenta de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Felipe Ramírez, Secretario General de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Andrés Fielbaum, Secretario de Comunicaciones de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Pablo Soto Arrate, Director Ejecutivo del Centro de Estudios de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Rodrigo Cárdenas Cabezas, Secretario General de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Magallanes, Punta Arenas.

Sebastián Aylwin Correa, Vicepresidente del Centro de Estudiantes de la Escuela de Derecho de la Universidad de Chile.

Francisco Figueroa, ex Vicepresidente de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH), 2011.

Loreto Fernández, ex Presidenta del Centro de Estudiantes de la Facultad de Ciencias Sociales de la Universidad de Chile (2011) y actual delegada de Bienestar de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH).

Consejo de Estudiantes de la Salud de la Universidad de Chile.

Eloísa González Domínguez, Vocera de la Asamblea de Estudiantes de Liceo Manuel de Salas, Vocera de la Asamblea Coordinadora de Estudiantes Secundarios de Santiago (ACES).

Gabriel González, Presidente del Centro de Alumnos del Instituto Nacional (CAIN) 2012, Santiago.

Álvaro Fernández, Presidente del Gobierno Estudiantil del Liceo de Aplicación (GELA) 2011-2012, Santiago.

Matías Cárdenas, ex-vocero 2011 del Liceo de Aplicación, actual Secretario Ejecutivo del Gobierno Estudiantil del Liceo de Aplicación (GELA) 2011-2012, Santiago.

Tamara Castro, Presidenta del Centro de Estudiantes del Liceo Carmela Carvajal de Prat, Providencia, Santiago.

Diego Bautista Cubillos Polo, Secretario Ejecutivo del Centro de Alumnos Internado Nacional Barros Arana, Santiago.

Jorge Silva, Presidente Centro de Alumnos del Liceo José Victorino Lastarria, Providencia, Santiago.

Camila Hernández, Presidenta del Centro de Estudiantes Liceo Tajamar 2012, Providencia, Santiago.

Moisés Paredes, ex vocero del Liceo Arturo Alessandri Palma, Providencia, Santiago,actual representante de los alumnos expulsados y sin matrícula de ese colegio.

Camila Fuentes, Presidenta del Centro de Alumnas del Liceo 7 de Providencia (CELIS), 2012, Santiago.

Sebastián Vielmas, ex Secretario General (2011) de la Federación de Estudiantes de la Universidad Católica de Chile (FEUC).

Pablo Oyarzún Robles, filósofo, académico de la Universidad de Chile.

Eduardo Flores Retamal, Presidente del Centro de Estudiantes de Medicina Veterinaria de la Universidad de Chile.

Carlos Ruiz Encina, sociólogo, académico de la Universidad de Chile.

José Aylwin, abogado, académico de la Universidad Austral de Chile, Valdivia.

Manuel Loyola, historiador, académico de la Universidad de Santiago de Chile.

Ariel Russel García, consejero de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH) de la Facultad de Ciencias Agronómicas.

Diego Corvalán, Consejero de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH) y ex Secretario General del Centro de Estudiantes de Ciencias Sociales de la Universidad de Chile.

Faride Zerán, periodista, académica de la Universidad de Chile, Premio Nacional dePeriodismo.

Felipe Portales Cifuentes, sociólogo, académico de la Universidad de Chile.

Alexis Meza Sánchez, historiador, ex dirigente de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Concepción.

Carlos Ossandón Buljevic, filósofo, académico de la Universidad de Chile.

Pedro Rosas Aravena, historiador, Director de la Escuela de Historia y Ciencias Sociales de la Universidad ARCIS.

Jonás Chnaidemann, biólogo, académico de la Universidad de Chile y senador universitario de la misma casa de estudios.

Marcelo Santos, comunicador social, educador y consultor en comunicación y democracia.

Pierina Ferretti, socióloga, académica de la Universidad de Valparaíso.

Luis Casado, ingeniero del CESI, Francia, asesor de la Confederación Minera de Chile.

Mario Matus González, historiador, académico de la Universidad de Chile.

Jorge Pinto Rodríguez, historiador, académico de la Universidad de la Frontera, Temuco.

Ignacio Díaz Concha, Secretario General del Centro de Estudiantes de Bachillerato de la

Universidad de Chile.

Víctor de la Fuente, periodista, Director de la edición chilena de Le MondeDiplomatique.

Carlos Sandoval Ambiado, historiador, académico de la Universidad de Los Lagos y de la Universidad Viña del Mar.

Germán F. Westphal, lingüista, ciudadano chileno canadiense.

Isabel Cassigoli, socióloga, académica de la Universidad ARCIS.

Margarita Iglesias Saldaña, historiadora, académica de la Universidad de Chile.

Ángela Vergara, historiadora, académica de California State University, Los Ángeles, Estados Unidos.

Jorge Chuaqui K., sociólogo, académico de la Universidad de Valparaíso, Presidente de la Agrupación Nacional de Usuarios de Servicios de Salud Mental (ANUSSAM).

Félix J. Aguirre D., sociólogo y cientista político, académico de la Universidad de Valparaíso.

Julio Pinto Vallejos, historiador, académico de la Universidad de Santiago de Chile.

Mauricio Barría Jara, dramaturgo, académico de la Universidad de Chile.

Darcie Doll Castillo, Dra. en Literatura, académica de la Universidad de Chile.

Carlos Molina Bustos, médico-cirujano e historiador, académico de Historia de la Escuela de Salud Pública de la Universidad de Chile y de la Universidad Viña del Mar.

Francisco de Torres, vocero general de la Asamblea de Estudiantes de Postgrado de la Facultad de Filosofía y Humanidades de la Universidad de Chile.

Isabel Jara, historiadora, académica de la Universidad de Chile.

Pedro Bravo Elizondo, Dr. en Literatura, académico de Wichita State University, Kansas, Estados Unidos.

José del Pozo, historiador, académico de la Université de Québec à Montreal, Canadá.

Marco Rodríguez W., sociólogo, académico de la Universidad de Valparaíso.

Igor Goicovic Donoso, historiador, académico de la Universidad de Santiago de Chile.

Gabriel Muñoz,  coordinador de la Asamblea de Estudiantes de Historia de la Universidad de Chile.

Bárbara Brito, consejera de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH), Facultad de Filosofía y Humanidades.

Benjamín Infante, consejero de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH), Facultad de Filosofía y Humanidades.

Manuel Jesús Hidalgo Valdivia, economista.

Juan Carlos Gómez Leyton, cientista político, académico de la Universidad ARCIS.

Iván Ljubetic Vargas, historiador, ex académico de la Universidad de Chile sede Temuco.

Rodrigo Contreras Molina, antropólogo, académico de la Universidad de la Frontera, Temuco.

Marcelo Garrido Pereira, geógrafo, Jefe de la carrera de Geografía de la Universidad Academia de Humanismo Cristiano.

Javier Sandoval Ojeda,  ex Presidente de la Federación de Estudiante de la Universidad de Concepción, período 1996-1997.

Mario Valdés Vera, historiador, académico de la Universidad de Concepción.

Pablo Aravena Núñez, académico de la Universidad de Valparaíso.

César Cerda Albarracín, historiador, académico de la Universidad Tecnológica Metropolitana.

Paz López, Coordinadora Académica Magíster en Estudios Culturales, Universidad ARCIS.

María Soledad Jiménez, historiadora, académica Universidad Academia de Humanismo Cristiano.

Mario Garcés Durán, historiador, académico de la Universidad de Santiago de Chile, Director de ECO Comunicaciones.

Rodrigo Zúñiga Contreras, filósofo, académico de la Universidad de Chile.

Sergio Rojas Contreras, filósofo, académico de la Universidad de Chile.

Carmen Gloria Bravo Quezada, historiadora, académica de la Universidad de Santiago de Chile.

Miguel Valderrama, historiador, académico de la Universidad ARCIS.

Kevin Villegas, sociólogo, académico de la Universidad Pedro de Valdivia, sede Chillán.

Alonso Serradell Díaz, Máster en Ciudadanía y Derechos Humanos: Ética y Política, Universidad de Barcelona.

Catherine Valenzuela Marchant, profesora, estudiante de Doctorado en Historia, Universidad de Chile.

Viviana Bravo Vargas, historiadora, doctorante en Estudios Latinoamericanos en la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).

Enrique Fernández Darraz, sociólogo e historiador.

Florencia Velasco, Licenciada en Literatura y estudiante de Magíster en Literatura de la Universidad de Chile, responsable de edición editorial Lom Ediciones.

Blaise Pantel, docente del Departamento de Sociología y Ciencia Política, Universidad Católica de Temuco.

Sebastián Ríos Labbé, abogado, académico de la Universidad de Chile.

Oscar Zapata Cabello, delegado estudiantil de la Carrera de Química, Facultad de Ciencias de la Universidad de Chile.

Evelin Ledesma Cruz, voluntaria y militante del Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine (CDHAL), Montréal, Québec, Canadá.

Laureano Checa, académico del Instituto de la Comunicación y de la Imagen (ICEI) de la Universidad de Chile.

Lorena Antezana Barrios, académico del Instituto de la Comunicación y de la Imagen (ICEI) de la Universidad de Chile.

Milton Godoy Orellana, historiador, académico de la Universidad Academia de Humanismo Cristiano.

José Miguel Labrín, académica del Instituto de la Comunicación y de la Imagen (ICEI) de la Universidad de Chile.

Ximena Poo Figueroa, académica del Instituto de la Comunicación y de la Imagen (ICEI) de la Universidad de Chile.

José Alberto de la Fuente, Dr. en Literatura, académico de la Universidad Católica

Cardenal Raúl Silva Henríquez.

Jorge Gonzalorena Döll, sociólogo, académico de la Universidad de Valparaíso.

Sandra Oyarzo Torres, matrona, académica de la Universidad de Chile.

Luis Castro, historiador, académico de la Universidad de Valparaíso.

Patricio Troncoso Ovando, ingeniero en Producción, ex presidente de la Federación de Estudiantes de la Universidad Técnica Federico Santa María (FEUTFSM) sede Talcahuano, periodo 2001 al 2003.

Gonzalo Ojeda Urzúa, sociólogo, académico de la Universidad de Valparaíso.

Valentina Saavedra, ex Presidenta del Centro de Estudiantes de Arquitectura y actual consejera de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (FECH)  de la Facultad de Arquitectura y Urbanismo.

Cristián Pozo, sociólogo.

Francisco Herrera, filósofo, académico de la Universidad de Chile.

Eleonora Reyes, historiadora, académica de la Universidad de Chile.

Jorge Weil, economista, académico, Universidad de Los Lagos, Osorno.

Aldo González Becerra, biólogo, académico de la Universidad Autónoma de Madrid e investigador del Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC), España.

Luis Mundaca, dirigente sindical de la Federación de Sindicatos de Heineken – CCU Chile y Secretario General del Centro de Padres y Apoderados del Liceo de Aplicación, Santiago.

Rodrigo Roco, ex Presidente de la Federación de Estudiantes de Chile (FECH) (1997).

Virginia Vidal, escritora.

French Translation: Un court message pour l’humanité: nous voulons être libres !

Un court message pour l’humanité: nous voulons être libres !

Par Andrew Gavin Marshall

The following is a French translation of my article, “A Brief Message for Humanity: We Want to be Free!“, originally published on October 14, 2011

Translation by Résistance 71

Pouvez-vous l’entendre ? Pouvez-vous le sentir ? le goûter ? le voir ? Le toucher ?… Pouvez-vous le percevoir ?… que les citoyens du monde se réveillent, se soulèvent, agissent, ne baissent plus les bras, mais au contraire, se redressent, escaladent la montagne, observent… Dans le monde, partout, dans tous les cas, toutes les situations, circonstances et altercations, les pouvoirs de notre monde, assis fermement sur leur position, au dessus des institutions qui nous dominent, qui profèrent les idées de notre endoctrinement, de notre confusion mentale, de notre division, contrôle, récupération, de notre écrasement, repression, surpassement, diminution et causes de détresse.. a tous ces gens, de partout, qui regardent le futur avec de nouveaux yeux, qui crient au monde et à eux-mêmes, “nous voulons être libres” !

Aucun cri, retentissant à travers l’éternité, pour la circonstance passée et présente, n’a jamais été porteur d’autant d’à propos que ce “Nous voulons être libres !”

Aucune idée passée ou future n’a un tel pouvoir de suggestion, un tel pouvoir d’espoir, un telle capacité de résonnance insurpassable avec un tel potentiel de permanence éternelle que ce “Nous voulons être libres !”

De la Tunisie à l’Egypte en passant par l’Irak, l’Afghanistan, La Somalie, Le Yémen, la Palestine… La Grèce, La France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, L’Islande et l’Italie, jusqu’aux pays d’Asie, le mer elle-même, le Canada, l’Amerique (même du sud), le Honduras, Chili, Brésil, Vénézuéla, Bolivie, Argentine, jusqu’au berceau de l’humanité dans ce continent au delà des océans, cette grande et magnifique masse terrestre peuplée de ces gens magnifiques: l’Afrique. Partout, les peuples crient la même chose: “Nous voulons être libres !”

Partout, de tout temps et en tout lieu, il y a ceux parmi nous, véritablement humains, qui ont perdus le nord, jetés leur cœur au quatre vents, n’aiment qu’eux-mêmes et leur compte en banque, qui ne cherchent qu’à dominer, bousculer, éradiquer, la terre qu’ils pillent, et qui méprisent le reste d’entre nous, les contrôlent, les corrompent et les devastent. Leur seule cause est le profit et le pouvoir, leurs moyens sont le mensonge et la déshumanisation mais malgré cela, leur plus grande faiblesse est leur propre dissociation, démoralisation sans fin et dévastation sans pitié. Tout ce qu’ils touchent et contrôlent, n’a aucune chaleur humaine, aucun espoir de bonheur, aucune joie porteuse d’amour, de celle qui peut être trouvée dans le plus petit pays, dans le plus pauvre des villages, dans la famille la plus pauvre à l’histoire la plus triste et la vie la plus dure. C’est dans les plus grandes tragédies que les Hommes s’unissent les uns aux autres et se retrouvent les uns les autres dans leur cœur et leur esprit, espoirs et reves, actions et interactions.

Ne haïssez pas, ne méprisez pas ceux qui sont en haut de la pyramide, car dans leurs tours de désespoir, dans leurs prison de profit, leurs cellules de contrôle, ils paient quotidiennement dans leur vie le prix du pouvoir. En s’isolant eux-mêmes du reste du monde, ils se privent eux-mêmes de toute l’humanité qu’ils pourraient expérimenter, apprendre et aimer. Ne la haîsez pas car ils sont faibles et insignifiants. Ayez pitié d’eux pour leur isolation auto-infligée, aimez les pour leurs faiblesses humaines, que nous partageons tous et toutes. Toute position de pouvoir peut retourner le plus simple être humain en un tyran malicieux. Ce n’est pas l’humain qui est dépravé, mais la société bâtie autour de lui, qui le déprave. Ne haïssez pas les gens, aidez-les ! Car ils ne connaissent pas non plus la saveur, les odeurs, les sons, les visions et sentiments de la liberté. Montrons-leur la voie, unissons-nous et crions à tout jamais: “Nous voulons être libres !”

Laissons les nous entendre, avoir peur de nous, nous haïr, nous pousser, nous écraser, nous maudire et laissons les contempler notre redressement, regarder au delà de leur misérable et insignifiante condition et crier “Nous voulons être libres !” Laissons les contempler ce que l’humanité peut créer au lieu de détruire. Laissons les contempler comment l’humanité peut coopérer et non pas ostraciser. Laissons les contempler et trembler et trébucher et échouer et que lorsqu’ils viendront s’écraser de nouveau sur la terre basse, terre sur laquaelle nous sommes tous debout et qui nous donne les nécessités de base de la vie, donnons leur la main, relevons les pour qu’ils rejoignent le cri de “Nous voulons être libres !”

Ceci n’est pas le commencement de la fin, ceci est la fin du commencement.. Cette lutte ne sera pas faite et gagnée dans les rues de New York, dans les sables du Moyen-Orient, dans les montagnes d’Asie ou les plaines de l’Afrique. Cette lutte se fera et sera gagnée à l’intérieur de chaque individu sur cette planète, dans notre cœur et notre esprit. Nous nous rassemblons en ces jours nouveaux et magnifiques, pour nous rencontrer, comme une première fois, et de ressentir ce que c’est que “d’être humain”, d’être debout les uns à côté des autres, criant “Assez ! Assez de guerres, assez d’injustice, assez de racisme, assez de militarisme, de haine de déshumanisation, assez de pillages, de destruction, assez d’isolation, d’ostracisme, assez d’empires et de domination, assez d’institutions et d’exécutions, assez de divisions et de privations. Assez ! Assez! Nous voulons être libres !”

Nous voulons être libres !

Nous voulons être libres !

Et un jour, pas aujourd’hui, peut-être pas demain, pas cette année ou l’année prochaine, peut-être pas dans mon temps de vie sur terre, mais un jour… libres nous le serons. Nous pouvons le sentir aujourd’hui, partout, toujours. C’est en chacun de nous et entre nous. C’est là, il faut juste le voir, le prendre et le faire notre.

Dans notre lutte pour la liberté, notre lutte pour briser les chaines qui nous entravent, nous devenons l’idée qui nous unifie tous. L’acte de demander, de rechercher la liberté demande tous les efforts de lâcher prise de toutes ces chaînes qui retiennent notre esprit et nous fait penser qu’il n’y a pas de voie, pas de chance, pas de sens à la lutte. Le simple cri de “Nous voulons être libres” est un acte de liberté. Toutes les institutions, les idées de pouvoir qui ont été bâtis autour de nous individuellement et collectivement, l’ont été pour nous empêcher de simplement crier de la sorte, pour que nous ne nous dressions jamais devant eux, pour que nous ne parlions jamais avec notre cœur et agissions d’instinct.

Si vous voulez la liberté, soyez la liberté. La seule façon de l’obtenir est d’agir comme si vous l’aviez déjà. Et en fait, vous l’avez.

Alors levez-vous, unissez-vous et appellez le monde comme il vous appelle. “Nous voulons être libres !”

Et un jour, bientôt, nous le serons.

 

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