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French Translation: Fermons la réserve fédérale mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin!


Fermons la réserve fédérale mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin!

Par Andrew Gavin Marshall

The following is a French translation of my article, “End the Fed… but don’t stop there!

Originally published on October 4, 2011

French translation by Résistance 71

En solidarité avec le mouvement Occupy Wall Street, un mouvement Occuppy the Fed (en référence au système de la banque fédérale aux Etats-Unis) s’est développé. Je désirerais ici faire quelques commentaires sur ce nouveau mouvement, car je pense que mettre fin au système de la réserve fédérale est très important (avec tout le système des banques centrales du reste), mais néanmoins, beaucoup de ceux qui sont partisans de “mettre fin à la Fed”, souvent présentent cela comme la solution miracle, comme si mettre fin au système de la banque centrale allait en finir avec tous les problèmes auxquels fait face l’humanité à cet instant précis. J’espère pouvoir faire partager quelque lumière sur cette notion incorrecte.

La Fed est certainement un aspect intégral du système, tout comme l’est l’entièreté du système de banque centrale. Mais ceci fut en lui-même un produit du système et cela ne veut pas dire que l’Amérique et le reste du monde étaient des modèles utopiques de liberté, d’égalité et de justice avant que ce système ne fut mis en place. Ceci ne fut que la manifestation d’une étape logique supplémentaire dans les structures du pouvoir. Le problème dès lors, ne réside pas en la réserve fédérale ou le système des banques centrales à lui seul (bien qu’il faille y mettre un terme), mais la véritable lutte, et le véritable source du changement, ne peut venir que d’une grande lutte contre “l’institution” elle-même. Que ce soit une banque centrale, une banque privée, un État, une corporation industrielle, une institution financière internationale, l’ONU, le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, l’OTAN, l’armée, les fondations philanthropiques, la psychiâtrie, l’église, les médias, l’éducation, etc… C’est “l’institution” et “l’idée d’institution” qui doit être défiée. Les idées sont très puissantes et quand elles sont institutionalisées, elles deviennent corosives, oppressives, ségrégatives, divisives, enclines aux contrôle et à la déshumanisation. L’institution cherche à définir l’humanité et ainsi force l’humanité à se conformer à sa définition, à entrer dans le moule des structures institutionnelles mondiales. Au lieu de cela, nous devons créer une société qui se conforme à la nature humaine. Comment pouvons-nous faire cela?

Dans un premier temps, nous devons decouvrir notre véritable nature humaine. Aussi longtemps que la “civilisation” a existé, l’humain a été défini, contrôlé et oppressé par différentes idées et institutions. De la sorte, notre nature n’a pu être observée qu’au sein du confinement de la structure qui nous contrôle. Quand vous étudiez des souris dans un labyrinthe, peu importe le temps d’observation ou de quoi est fait le labyrinthe, vous ne pouvez pas séparer la nature de la souris du contexte induit du labyrinthe. Pour comprendre la véritable nature de la souris, vous devez enlever le labyrinthe, attendre et observer alors que la vie recherche et prend une nouvelle tournure, une nouvelle opportunité, exploration, découverte, créativité et but. En un mot: la liberté. Nous devons abattre les murs, abattre le labyrinthe, les institutions et les idées qui cherchent à définir et contrôler l’humanité. Nous devons rendre l’humanité libre afin de comprendre notre vraie nature et par là-même, construire une société basée sur cette nature. Simultanément à la désintitutionalisation de la société, nous devons construire des alternatives à travers les communautés, les regroupements collectifs, les associations volontaires de coopération d’individus et de localités, où les gens contrôlent et opèrent d’eux-mêmes l’économie, la politique, la société elle-même. Cela ne requiert aucune hiérarchie, institutions, autorité et coercition. Cela ne requiert que la volonté et la capacité de voir le système en sa totalité et d’agir en fonction.

Quelle est la possibilité ? Quelles types d’idées peuvent donc nous faire aller de l’avant ? Beaucoup de personnes vont peut-être coincer, repousser la notion “d’anarchie”, mais leurs préjugés en ce qui concerne l’anarchie mènent à ce qu’un bon nombre associe par réflexe avec la notion d’anarchie, à savoir le chaos, la violence et le non-droit. En fait, l’anarchie est simplement le concept de dire que la responsabilité de faire preuve est sur la structure du pouvoir et que si cette structure n’a aucune légitimité, elle ne doit simplement pas exister. L’anarchie est là où a véritable liberté et la véritable démocratie s’épanouissent, où les gens ne cherchent pas à se combattre les uns les autres ou cherchent le contrôle et la domination, mais où au contraire ils coopèrent, intègrent, communiquent, libèrent et grandissent ensemble. La technologie ne serait pas l’ennemi, mais le moyen par lequel nous établissons, maintenons et fertilisons une nouvelle philosophie de libération globale à travers laquelle les gens et les communautés de monde peuvent interagir et communiquer directement les uns avec les autres et non pas au travers une focale particulière du pouvoir; mais en tant qu’individus, en tant qu’êtres tous égaux. Ils peuvent apprendre l’un de l’autre et grandir ensemble. L’anarchie est la compréhension que la liberté pour un demande la liberté pour tous, se démarquant de tout ce qui définit, contrôle et oppresse l’humanité.

Jamais auparavant le but d’une telle société globale n’a été possible, mais c’est justement par la technologie, la communication et l’information, qu’un tel concept peut devenir une réalité pratique et plausible. C’est précisément parce que tout le monde peut voir, communiquer et comprendre autrui et notre lutte collective en tant qu’êtres humains que cela nous permettra de comprendre que ce sont les structures, les idées et les institutions du pouvoir qui doivent être mises de côté. Si vous changez une institution par une autre, changez le drapeau, usurpez le pouvoir sur l’institution, quel qu’en soit l’intention, le désir, l’espoir… L’institution va corrompre ceux qui sont à son sommet. Toute l’histoire humaine n’en est que la preuve.

Les humains n’étaient pas faits pour vivre dans un système où le petit nombre est capable de contrôler le grand nombre. Le pouvoir n’était pas fait pour être centralisé et de la sorte retiré, aliéné des gens. La psychologie individuelle en est la preuve. Le pouvoir est nécessaire dans la vie des individus, le pouvoir de vivre sa propre vie et de rechercher sa propre destinée, propres idées, avoir l’expérience de sa créativité, de découvrir et d’être qui nous sommes au meilleur de nos capacités. Quand ce pouvoir sur notre propre vie nous a été retiré, nos sociétés sont devenues malades. Le social est le reflet du psychologique et le psychologique est le reflet du social, de la même manière que le ciel reflète l’océan et l’océan reflète le ciel. Pour être libre, personnellement, individuellement, psychologiquement, émotionnellement, politiquement, économiquement, socialement et réellement… Nous ne pouvons plus accepter ce système perverti que nous appellons “civilisation”.

L’Humanité est toujours dans son adolescence, où nous demeurons dépendant de ce qui nous a amené là. Maintenant il est temps d’utiliser les outils que nous avons acquis au gré de notre histoire d’enfance et d’adolescence historiques collectives de façon à ce que l’humanité entière puisse maintenant “grandir” et créer une société en adéquation avec un individu libre penseur et agissant.

Alors oui, mettons un point d’arrêt à la réserve fédérale; mais pour l’amour de l’humanité, ne nous arrêtons pas là !…

Pour plus d’information à ce sujet, veuillez lire mon article: Against the Institution: A Warning for ‘Occupy Wall Street’

Pour une plus large perspective du système institutionnel et les moyens d’en créer un nouveau, lisez mon rapport: A Revolutionary Idea for a Revolutionary Time: A Plan of Action for the Global Political Awakening

Andrew Gavin Marshall est un chercheur et écrivain indépendant basé à Montréal, Canada. Il est le gérant de projet du  The People’s Book Project.

 

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