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French Translation: De la dépression économique globale a la gouvernance mondiale


De la dépression économique globale a la gouvernance mondiale

Par Andrew Gavin Marshall

This is a French translation of my article, “From Global Depression to Global Governance,” originally published on October 19, 2010.

Translated by Resistance 71

Nous sommes maintenant au bord de l’abysse de la finance globale, celui de la “grande dépression de la dette globale”, ou les nations, minées par une dette extrême, commencent a instaurer des politiques “d’austérité fiscale” pour réduire leurs déficits, ce qui aura pour résultat ultime un génocide social global, ou la classe moyenne disparaitra et ou les institutions sociales sur lesquelles sont fondées les nations seront balayées. Comment en sommes nous arrivés la ? Qui nous a amené la ? Ou mene ce chemin ? Je vais essayer ici de répondre brièvement a ces questions.

Au coeur de la politique économique globale se tient le système des banques centrales. Les banques centrales sont responsables de l’impression de la monnaie des nations et de fixer les taux d’intérêts, ainsi de déterminer la valeur de chaque monnaie. Ceci devrait être dans l’ombre d’un doute une prérogative de tout gouvernement, néanmoins, les banques centrales sont d’une nature très trompeuse, par laquelle, bien qu’investie de l’autorité gouvernementale, elles sont en fait la propriété des principales banques privées mondiales et sont donc par la-même, des institutions a but lucratif. Comment ces banques centrales font-elles leur profit ? La réponse est simple: comment toutes les banques font-elles leurs profits ?… Par l’intérêt sur la dette. Des prêts sont faits, des taux d’intérêts établis, et des profits sont réalisés. C’est un système basé sur la dette; l’économie impérialiste a son meilleur niveau.

Aux Etats-Unis, le président Woodrow Wilson a signé la loi sur la Réserve Fédérale en 1913, créant ainsi le système de la réserve fédérale, avec son bureau directeur a Washington, appointé par le président, mais ou la véritable puissance exécutrice demeura avec les 12 banques régionales, dont principalement la banque de réserve fédérale de New York. Les banques régionales étaient des banques privées, propriété en actionnariat avec les banques principales de la région, élisant les membres du comité directeur qui les représentait et qui lui-même partageait le pouvoir avec la banque fédérale de Washington.

Au début des années 1920, le Conseil des Relations Etrangeres (Council on Foreign Relations ou CFR) fut fondé aux Etats-Unis, comme étant le premier conseil de politique étrangère de la nation; il était dominé par les intérêts banquiers les plus puissants. En 1930, la Bank for International Settlements (BIS) fut créée pour gérer les paiements de la dette de guerre de l’Allemagne, mais elle eut aussi un autre rôle, bien moins connu, mais bien plus signifiant. Elle devait être le coordinateur des opérations des banques centrales a travers le monde. Essentiellement, elle est la banque centrale, le QG, des banques centrales mondiales, dont les opérations sont tenues strictement confidentielles. Ainsi l’historien Carroll Quigley écrivit:

“Les puissances du capitalisme financier eurent un autre but plus développé, rien de moins que de créer un système financier mondial de contrôle dans des mains privées et qui serait capable de dominer le système politique de chaque nation et l’économie mondiale dans sa totalité. Ce système se devait d’être contrôlé de façon féodale par les banques centrales mondiales agissant de concert par arrangements secrets auxquels elles parviennent au gré des conférences et meetings privés organisés. Le noyau central de ce système devait être la BIS, basée a Bâle en Suisse, une banque privée, propriété et contrôlée par les banques centrales mondiales qui elles mêmes sont des corporations privées.”

En 1954, fut créé le groupe Bilderberg comme étant un conseil secret global, incluant des intellectuels, des financiers, des exécutifs industriels, des politiciens, des militaires et l’élite des médias de l’Europe de l’Ouest, de l’Amérique du Nord; incluant également des banquiers puissants comme David Rockefeller, ainsi que des membres des familles royales européennes, comme la famille royale hollandaise, qui est l’actionnaire le plus important de la Royal Dutch Shell, dont le PDG est présent a chaque réunion Bilderberg. Ce groupe d’environ 130 “individus de l’élite” se rencontre en secret annuellement pour discuter et débattre des affaires internationales et fixer des buts et des agendas au fil de leurs réunions variées. Le groupe a été créé a l’origine pour faciliter et promouvoir l’intégration européenne dans une Union. Le meeting de 1956 discuta d’une intégration européenne et d’une monnaie unique. De fait, le chairman actuel du groupe Bilderberg avoua l’an dernier aux médias européens que l’Euro fut débattu et créé lors de meetings Bilderberg.

En 1973, David Rockefeller, chairman et PDG de la Chase Manhattan Bank et président du CFR, membre du comité directeur du groupe Bilderberg, forma la Commission Trilatérale avec son protégé et intellectuel du CFR Zbigniew Brzezinski. La même année, le choc pétrolier créa une vaste richesse avec l’argent du pétrole. Ceci fut discuté au meeting du Bilderberg cette année la, 5 mois avant le choc pétrolier; l’argent fut canalisé a travers les banques occidentales, qui “prêtèrent au tiers monde”, désespéré d’obtenir des prêts pour pousser leur développement industriel.

Quand Jimmy Carter devint président des Etats-Unis en 1977, il appointa plus de deux douzaines de membres de la commission trilatérale dans son cabinet, incluant lui-même et bien sûr, son chef conseiller a la sécurité nationale Brzezinski. En 1979, Carter nomma l’ex-aide de Rockefeller, Paul Volcker, qui a eut plusieurs fonctions a la banque fédérale de New York et au trésor national, membre de la commission trilatérale, comme président de la banque Fédérale US. Quand un autre choc pétrolier eut lieu en 1979, Volcker décida de remonter les taux d’intérêts qui étaient a 2% depuis la fin des années 70, a 18% au début des années 1980. L’effet immédiat fut que les pays endettés eurent a payer des intérêts énormes sur l’argent emprunté et en 1982, le Mexique annonça qu’il ne pouvait plus rembourser l’intérêt de la dette et il la renia, ce qui déclencha la crise de la dette des années 1980, faisant s’effondrer l’économie des nations endettées a travers l’Amérique latine, l’Afrique et une partie de l’Asie.

Ce fut bien sûr le FMI et la Banque Mondiale qui vinrent a la rescousse des pays du tiers monde en difficultés avec leurs programmes d’ajustement structurel, qui forcèrent les pays demandant assistance a privatiser toutes leurs industries d’état et leurs ressources, dévaluer leur monnaie, libéraliser leur économie, démanteler leur système de santé, d’éducation et de services sociaux; ceci ayant pour résultat une recolonisation du tiers monde par le rachat de ces biens et richesses nationales par les industries et les banques occidentales; ce qui créa finalement les conditions d’un génocide social, avec l’émergence d’une pauvreté galopante, ainsi que d’élites corrompues assujetties aux intérêts de l’élite industrielle et financière occidentale. Les peuples de ces nations se révoltèrent, provoquant rébellion et émeutes, que les gouvernements en place réprimèrent férocement avec police et armée.

En occident, les industries et les banques virent des profits records très rapidement. Ce fut l’époque de l’émergence de la “globalisation”. Alors que les profits s’envolèrent, les salaires des peuples occidentaux n’en firent rien. Ainsi pour consommer dans une économie ou les prix grimpent, les citoyens durent s’endetter. Ceci marqua l’ere de la consommation record par carte de crédit et la classe moyenne devint une classe exclusivement basée sur sa dette.

Les années 1990 virent la naissance du “nouvel ordre mondial”, avec les Etats-Unis dominant l’économie globale, des accords de libre-échanges commencèrent a intégrer les marchés régionaux et internationaux pour le profit exclusif des banques et industries globalistes; la spéculation commença a dominer l’économie.

La crise économique globale se développa suite a des décennies d’impérialisme global, seulement récemment connu sous le nom de “globalisation”, et la montée inconsidérée de la spéculation, des marchés dérivatifs et une explosion de la dette. Alors que la crise fit tâche d’huile, les nations du monde, particulièrement les Etats-Unis, sauvèrent les banques principales (qui auraient dû être laissées a leur sort de faillite en regle a cause de leur corruption et gourmandise); ainsi maintenant, l’occident a pour ainsi dire privatisé les profits des banques et socialisé les risques et les pertes. En d’autres termes, les nations ont acheté la dette des banques avec des deniers publics et les peuples doivent maintenant payer pour les dettes privées des banques. Les peuples de leur côté, sont immergés dans leur propre dette personnelle a un tel degré aujourd’hui que le Canadien de base possede une dette moyenne de 39,000 dollars et que les étudiants sortent des universités pour affronter un marché ou le travail se fait rare, avec des dettes de départ de dizaines voire de centaines de milliers de dollars de prêts éducatifs, qu’ils ne pourront jamais repayer. Ainsi, nous sommes maintenant confronté a un problème de dette global.

Pour gérer la crise économique, le G20 fut instauré comme le forum international majeur, représentant les 20 plus grosses économies mondiales, incluant les principales économies dominantes et émergentes telles l’Inde, le Brésil, la Chine et l’Afrique du Sud. Durant la crise financière, les banques centrales chinoise et russe commencèrent a appeler pour une monnaie unique globale pour remplacer le dollar US comme monnaie de réserve mondiale. Cette proposition fut endossée par l’ONU et le FMI. Il doit être noté ici que les banques centrales russe et chinoise coopèrent avec la BIS, dont le gouverneur de la banque centrale européenne Jean Claude Trichet dit récemment que cela était le forum de principe pour la coopération a la gouvernance de la banque centrale et que le G20 était le groupe principale pour “la gouvernance économique mondiale”.

En 2009, le FMI déclara que la BIS était “le plus vieux et plus central point de focalisation pour la coordination des arrangements de gouvernance mondiale”. Le président de l’Union Européenne Herman Van Rupuy, nommé a ce poste apres avoir participé a un meeting Bilberberg, déclara que 2009 était “la première année de la gouvernance mondiale”. Le meeting Bilderberg 2009 reporta sur le désir de créer une trésorerie globale ou une banque centrale globale, pour gérer l’économie mondiale. En 2009, en fait avant le meeting Bilderberg, le G20 mit en marche des plans pour établir le FMI comme une sorte de banque centrale mondiale, créant et même imprimant sa propre monnaie, appelée Special Drawings Rights (SDRs), qui serait évaluée sur un panier de monnaies courantes. En Mai 2010, Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI déclara que “la crise est une opportunité” et que si les SDRs était un pas dans la bonne direction, ce qui serait nécessaire dans le futur sera “Une monnaie globale imprimée par une banque globale avec une robuste gouvernance et caractéristiques institutionnelles”. De la sorte, nous voyons l’émergence d’un processus vers la formation d’une banque centrale globale et d’une monnaie unique globale, dont aucun peuple du monde n’aura contrôle et qui sera totalement contrôlé par les intérêts banquiers et financiers privés globaux.

En 2010, la Grece fut plongée dans une crise de la dette, une crise qui a maintenant fait tâche d’huile en Europe et au Royaume Uni et qui déferlera éventuellement sur le Japon et les Etats-Unis. Si nous regardons la Grece, nous voyons la nature même de la crise. La dette est due a des banques majeures européennes et nord-américaines. Pour payer juste les intérêts de cette dette, la Grece a dû emprunter a la Banque Centrale Européenne (BCE) et le FMI, qui ont forcés le pays a accepter des mesures d’austérité fiscale comme conditions a ces prêts, mettant la Grece sous pression de commettre un génocide social. En même temps, les banques européennes et américaines spéculent contre la dette grecque, plongeant plus avant le pays dans la crise économique et sociale. Le prêt est accordé pour payer l’intérêt de la dette, mais ceci ne fait qu’ajouter a la dette totale, car un nouveau priée veut dire de nouveaux interêts a payer. Ainsi la Grece est maintenant prise dans le même cercle vicieux que les pays du tiers monde re-colonisés.

Au recent meeting du G20 a Toronto, les nations dominantes du monde se sont mises d’accord pour appliquer des politiques d’austérité, ou en d’autres termes, de commettre un génocide social, au sein de leur nation, dans ce qui est un véritable programme d’ajustement structurel selon le modele du FMI. Maintenant, nous allons assister aux débuts de la “Grande Dépression de la Dette Globale”, dans laquelle les nations occidentales vont couper dans les dépenses sociales, créer un chômage massif en démantelant le système de santé, d’éducation et de services sociaux. De plus, les infrastructures nationales telles que les ponts, les routes, les aéroports, les ports, les chemins de fer, les hôpitaux, les prisons, les services de distribution d’énergie (électricité, gaz etc..), le service de distribution de l’eau courante, vont être privatisées ainsi les banques privés et corporations industrielles choisies posséderont l’ensemble des biens et ressources nationales. Simultanément bien sûr, les impôts directs et indirects vont augmenter a un niveau jusqu’ici encore jamais vu. La BIS a dit que les taux d’intérêts devront augmenter en même temps, ce qui veut dire que les intérêts sur la dette vont drastiquement augmenter a la fois a l’échelle individuelle que nationale, forçant ainsi les gouvernements a emprunter au FMI, certainement sous la forme de la nouvelle monnaie globale, simplement pour payer les intérêts galopant, ce qui provoquera bien sûr plus de dette, et donc plus d’intérêts pour les banques. Simultanément, la dette de la classe moyenne sera réclamée, et comme la classe moyenne n’existe que sur une illusion, cette illusion cessera d’exister.

Déjà, des villes, des états a travers les Etats-Unis entreprennent des actions drastiques pour reduire leur dette, comme par exemple, fermer les brigades de pompiers, réduire le ramassage des ordures ménagères, éteindre les lumières publiques, arrêter certains services de transport, fermer les bibliothèques publiques, les écoles publiques raccourcissant les jours, semaines, mois, année scolaires. De maniere simultanée, ceci se passe avec une augmentation dramatique de la privatisation ou de partenariats public-privé dans lesquels même les bibliothèque sont privatisées.

Pas étonnant donc que ce mois-ci, Dominique Strauss Kahn, le patron du FMI, a averti que les Etats-Unis et l’Europe, au milieu d’une crise épouvantable du travail, la pire depuis la grande depression des années 1930, peuvent faire face a une explosion sociale. L’Europe a vécu ce mois-ci une vague de protestation massive en opposition aux “mesures d’austérité”, avec une greve générale en Espagne qui a mis dans la rue des millions de persons, ainsi qu’une marche sur le QG de l’UE a Bruxelles de plus de 100,000 personnes. Alors que les troubles sociaux se généralisent, les gouvernements vont réagir, comme nous l’avons vu au G20 de Toronto, avec des mesures répressives d’état. Ici, nous voyons le veritable but du renforcement des “sécurités nationales”, censées protéger les citoyens contre les “terroristes”; en fait cela n’a été fait que pour renforcer la securité des puissants contre leurs peuples.

Alors bien que les choses n’aient jamais paru si pessimistes, il y a une faible lueur d’espoir, en ce que Brzezinski a nommément appelé la plus grande menace pour les intérêts de l’élite globale, le “réveil politique global”. Ceci est représentatif en cela que pour la première fois dans l’Histoire, l’humanité est politiquement éveillée, bouge, s’active, et prend conscience d’une maniere générale des inégalités globales, de l’exploitation et du manque de respect des “élites” a son égard. Ce réveil est largement dû a la révolution de l’information, ainsi révélant la nature contradictoire du projet de globalisation, dans la mesure ou au fur et a mesure qu’il globalise la puissance et l’oppression, il globalise aussi la prise de conscience et l’opposition. Ce réveil massif des peuples est la plus grande menace aux intérêts de l’élite partout en ce monde. Ce réveil, qui a pris racine dans les pays du sud globalisés de force, et dont les populations ont déja été soumises a l’exploitation massive et a la destruction, est maintenant en train de se propager en occident et va s’intensifier a mesure que l’économie s’effondre. La classe moyenne va réaliser que sa consommation n’était qu’une illusion de richesse, elle va chercher des réponses et demander un véritable changement, pas celui inspiré et labellisé par Wall Street du “Obama change Inc”, mais un véritable changement, inspiré et rendant le pouvoir aux peuples.

En 1967, Martin Luther King délivra un discours dans lequel il parla contre la guerre du Vietnam et l’impérialisme américain, et il dit a cette occasion que: “Il semble que nous soyons du mauvais côté d’une révolution mondiale”. Il semblerait que le temps est venu pour que tout ceci change.

 

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